Le proverbe populaire affirme que tout ce qui brille n’est pas or. Dans notre cas, tout ce qui porte le nom d’une pierre précieuse n’est pas forcément d’une qualité inestimable. Nos candidats du jour viennent de Suède et le groupe est né de la rencontre sur les bancs de l’école de Victor Olsson et Dino Zuzic. Après des années de recherche et de travail pour trouver des musiciens puis se constituer une identité, un répertoire, SAFFIRE fait ses grands débuts discographiques dès 2007 avec l’enregistrement de plusieurs démos. En 2010, le cap de l’EP est franchi avant que les choses sérieuses ne débutent vraiment en 2013 avec un premier album, From Ashes to Fire, sorti chez Inner Wound Recordings. La machine est lancée, les concerts se multiplient dans leur pays. Très naturellement, le quintet poursuit sa quête et revient avec un deuxième disque sous le bras, For The Greater Good.
SAFFIRE navigue sur des rivages déjà bien connus, un hard-rock/heavy métal mélodique accessible et accrocheur. Les têtes pensantes créatrices se nomment Victor Olsson et Tobias Jansson. A travers ces onze chansons, ils démontrent un savoir-faire évident pour pondre des titres enlevés et très sympathiques. La simplicité a été mise en avant, le groupe ne réinvente pas la poudres et utilisent les ficelles habituelles: quelques riffs bien sentis, des claviers omniprésents (genre orgue hammond), une solide section rythmiques et un chant rock convaincant. Ajoutez à cela les soli de rigueur, quelques choeurs et vous obtenez un hard rock dans la pure tradition d’un DEEP PURPLE. Les suédois ont tenté d’apporter une touche de modernité ici et là mais cela reste assez léger. A l’exception de quelques intros, nous restons dans le très classiques. Les refrains doivent faire mouche et pouvoir être rapidement fredonnés. Mission accomplie la plupart du temps via des compositions courtes et directes, le propos durant rarement plus de quatre minutes. Rien à dire du côté du son et de la production. Il faut dire que le disque a été mixé et partiellement enregistré au Sound Industry Studio par Arnold Lindberg (EVERGREY, GHOST…) et masterisé par Dragan Tanaskovic (IN FLAMES, DARK TRANQUILITY…).
Avec For The Greater Good, SAFFIRE enchaîne les titres sans temps morts et aucun ne s’avère scandaleux. L’enthousiasme béat n’est pas non plus à l’ordre du jour pour un album qui s’avère sympathique mais déjà maintes fois entendu. Aucune chanson n’atteint des sommets inconnus qui permettraient à SAFFIRE de se singulariser. Un bon album d’un bon sérieux et appliqué.
Tracklist (51:53 mn) 01. The Great Escape 02. Casters Of The First Stone 03. For The Greater Good 04. Heartless 05. Dandelion's Shame 06. Shadowland 07. Wake Up The World 08. As Promises Burn 09. Blame It On The Rain 10. Ghost Town 11. This Is Not The End
La vie ou le destin d’un groupe ne tient souvent qu’à un fil. Regardez MAJOR INSTINCT qui nous intéresse aujourd’hui, il aura fallu de gros pépons de santé à son géniteur, BJ Laneby (basse), pour faire table rase du passé et débuté un nouveau chapitre de sa vie artistique. Précédemment, son chemin et sa carrière semblaient tout tracés avec son groupe, M.ILL.ION sur les rails avec plus de vingt ans de carrière et sept albums studio au compteur. Et pourtant fin 2014, après une longue convalescence, il lance MAJOR INSTINCT avec de nouveaux camarades de jeu : Stefano Marchesini (chant, ex HUMAN RACE), Magnus Mild (guitares), Johan Häll (batterie, ex- M.ILL.ION) et un perdreau de l’année de 22 ans Gabriel Glamheden derrière les claviers.
Les Suédois n’ont pas cherché de midi à quatorze heure et font ce qu’ils savent faire de mieux, un hard rock direct sans chichi ni ambition particulière. Au niveau des influences, les noms d’un THIN LIZZY ou d’un WHITESNAKE viennent rapidement à l’esprit sans que MAJOR INSTINCT ne joue dans la même division. Les chansons proposées ici peinent vraiment à convaincre et laisserons beaucoup sur leur faim. L’ennui arrive rapidement même si les musiciens affichent une énergie et une conviction sympathique. De la part d’un groupe d’amateurs dans un bar enfumé un samedi soir, cela resterait plus qu’honorable mais ce manque de caractère et d’originalité criant fait tâche pour un groupe aussi expérimenté que MAJOR INSTINCT. Les Suédois ont joué petit bras et ne semblent pas s’être trop foulés. Stefano Marchesini ne brille pas vraiment, il manque de conviction et son grain de voix n’est pas des plus agréable.
Roots & Wings reste beaucoup trop terre à terre et ne décolle jamais vraiment. En majorité, le disque sonne creux et peu inspiré, aucune chanson ne parvient vraiment à toucher le centre de la cible et à accrocher l’intérêt durable de l’auditeur. L’album passe sans laisser véritablement de trace à part une impression assez négative. Un coup dans l’eau…
Tracklist (48:07 mn) 01. Roots & Wings 02. One In A Million 03. High Five 04. 316 05. I Need A Drink 06. Eyes From Above 07. Don't Come To Me 08. Here and now 09. Kicked to the ground 10. Follow the Trends 11. Cold Wind Blows 12. Mother of all
Ce n’est pas si courant, principalement pour un groupe de pagan/viking metal qui parle souvent plus du passé que de l’avenir, mais pour son cinquième album, les allemands de VARG s’engagent et s’attaquent de front aux maladies qui gangrènent nos sociétés modernes et en particulier la démagogie et le verbe mensongers de bien trop de politiques. Sans tomber dans les bons sentiments, le quintet se lâche et déploie tout son savoir-faire et toute sa hargne à travers neuf nouvelles compositions. Le visuel très direct de ce disque ne laisse que peu de place à l’équivoque. Comme SABATON à l’époque de Carolus Rex, ce disque sous présente sous deux formes : un album chanté en allemand comme d’habitude mais aussi une version entièrement chanté en anglais. Il semble qu’il s’agisse là d’une profession de foi de VARG qui souhaite que son message puisse être diffusé le plus largement possible sans la barrière de la langue.
Après une introduction reprenant le discours final de Charlie Chaplin dans son film le Dictateur, la première offensive débute sous un feu nourri. Avec « Das Ende Aller Lügen » ne fait pas dans la demi-mesure, un riff simple mais accrocheur à la guitare qui prend une sacrée ampleur dès que la section rythmique infernale se met en branle et que Freki hurle son chant avec une rare conviction. Les allemands enfoncent encore le clou avec un « Revolution » encore plus extrême et sans concession dans la brutalité affichée. Dans l’ensemble les nouvelles chansons sont courtes et directes et affichent trois ou quatre minutes maximum au compteur. On ne fait pas dans la dentelle ici, il faut que le message claque et que les uppercuts s’enchainent. Trop forts dans le registre brutal, VARG sait aussi ralentir le rythme et proposer une respiration plus mélodique comme sur « Streyfzug ». Mais l’accalmie ne dure pas longtemps et les hostilités reprennent via un « Achtung » plus indus que viking métal. Malgré la violence du propos et de la musique, la dimension mélodique n’est jamais complétement oubliée, il faut que les choses montrent un certain caractère et restent accrocheuses. Quelques nappes de claviers ici et là adoucissent un peu le propos et renforce encore l’impact des chansons.
Dans l’ensemble, Das Ende Aller Lügen s’avère être une belle expérience, un album fort et accrocheur. La version chantée en allemand reste la meilleure mais son pendant anglais permettra sans aucun doute à VARG de toucher un plus large public et d’accroitre ainsi sa diffusion. Ils confirment en tout cas leur place parmi les leaders de ce genre en Allemagne aux côtés des EQUILIBRIUM et FALKENBACH.