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Megaherz – Erdwärts (EP)

oshy_21012016_MegaheHistoire de battre le fer tant qu’il est chaud et avoir du grain à moudre pour la tournée en Allemagne, en Russie et en Suisse qui s’en vient, les allemands de MEGAHERZ publient un EP six titres. Après un Zombieland (chronique ici) assez moyen, il faut espérer que les teutons retrouvent du poil de la bête et un lustre perdu de depuis assez longtemps maintenant.

Saluons au moins le contenu de ce disque avec quand même quatre nouvelles chansons à se mettre sous la dent ainsi que deux anciens titres remis au goût du jour. Ecumant les routes européennes depuis 1993, il serait surprenant que vous ne connaissiez pas MEGAHERZ. Pour résumer, ils font partie de ce mouvement de la Neue Deutsche Härte, un sous-genre du métal industriel. Si vous aimez OOMPH! et RAMMSTEIN, vous pourriez être sensible aux charmes du groupe. Cependant, ne nous voilons pas la face, cela reste un niveau en dessous de Till & co, l’approche est aussi plus accessible et presque pop parfois malgré quelques grosses guitares ici et là. Cela ne devrait pas effrayer grand monde à part votre grand-mère. Dans l’ensemble Erdwärts s’avère décevant, les nouvelles compositions sont molles et pas vraiment accrocheuses. « Einsam » est assez dégoulinant et « Wer hat Angst vor’m Schwarzen Mann » plus direct tombe à plat malgré l’énergie déployée. « Ist das Verrückt » remonte un peu le niveau mais globalement tout cela sonne petit bras, des chansons trop formatées pour plaire et satisfaire les radios et les média outre-Rhin (à l’image d’un MONO INC.). Mais MEGAHERZ aurait tort de se gêner, car cela fonctionne bien ainsi, le groupe semble avoir le vent en poupe. En effet, Zombieland a atteint de jolis résultats dans les charts allemands, autrichiens et suisses, du presque jamais vu pour les munichois.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (24:11 mn) 01. Wer hat Angst vorm Schwarzen Mann? 02. Ist das verrückt? 03. Glorreiche Zeiten 04. Einsam 05. Teufel 06. Jordan

Manegarm – Månegarm

oshy_21012016_ManegaAvec déjà vingt ans de carrier derrière eux, les suédois de MANEGARM font partie des piliers de la scène folk/Viking métal scandinave. Cette longétivité constitue une belle consécration pour Jonas Rune Almquist (guitares et ses petits camarades). Certains proposent des disques anniversaires en carton, MANEGARM n’en a cure et continue son bonhomme de chemin en proposant un nouvel opus, le neuvième, qui porte le nom du groupe histoire d’enfoncer le clou.

Cinq après le début de leur collaboration avec Napalm Records et trois ans après Legions of the North (chronique ici), les suédois annoncent la couleur avec une pochette bien rentre dedans. Cela ne signifie qu’ils se prennent désespérément au sérieux, ils n’hésitent pas à propose des titres entrainants et presque fun (« Odin Owns ye All »). Les suédois ne laisseront personne indifférent avec leurs compositions racées et variées. Le disque oscille ainsi entre les passages extrêmes (chant et interludes black métal) et des respirations très douces à l’image d’un « Blot » ou d’un « Vigverk – del II » charmant, avec guitare acoustique, cordes et chant féminin. Erik Grawsiö prouve également son talent aussi bien en chant clair que dans un registre extrême. Cet éclectisme est très agréable, il emporte l’auditeur dans un voyage coloré, folk dans les riches contrées scandinave. Månegarm, l’album, s’apparente presque à une musique de film, les chansons proposées possèdent une grande puissance d’évocation.

Comme l’a si bien dit John-David dans Secret Story 2, « c’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire des limaces… » (véridique !). Sur ce nouvel album, comme sur les précédents, MANEGARM accouche d’un disque fort et rafraichissant qui démontre leur complète maîtrise du sujet, ils connaissent toutes les ficelles du pagan/viking/folk métal. C’est du tout bon, n’hésitez pas.

Oshyrya (08/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (51:46 mn) 01. Blodörn 02. Tagen av daga 03. Odin owns ye all 04. Blot 05. Vigverk – del II 06. Call of the runes 07. Kraft 08. Bärsärkarna från Svitjod 09. Nattramn 10. Allfader

Prong – X No Absolutes

prong-x-no-absolute« Bienvenue dans un monde sans joie. » A tout le moins, Prong nous aura prévenus. Pour ce 10e album (on ne compte pas le recueil de covers Songs From The Black Hole), le groupe mené par Tommy Victor ne respire pas la joie. C’est évident, c’est aussi inhérent à l’univers musical exploré, depuis sa création, par le trio. Cela étant, l’absence de joie c’est aussi ce que ressent le chroniqueur à l’écoute de ces 13 pistes. Il faut dire que nous avons pris en pleine poire les premiers exercices long format d’un groupe qui comptait alors Paul Raven dans ses rangs et qui a musclé son hardcore aux relents trash pour explorer des voies déviantes rapprochant les ambiances générées par Prong d’un métal industriel. 

Aussi, entendre des relents quasi mainstream, taillés pour assurer le passage en heavy rotation sur des chaînes musicales, sur des titres tels que la – presque – ballade Do Nothing, ça ne peut que dérouter le vieux con qui écrit ces lignes. Certes, la mode est aux refrains choraux et aux solos empruntés aux groupes de hard du début des années 80. Certes, Tommy Victor a assez défriché de terres vierges pour ne plus avoir à se justifier. Certes, la crédibilité de Prong est assise, sans aucune réserve, depuis des opus aussi magistraux que Beg To Differ ou Cleansing. Mais, justement, on aimerait que le désormais trio ait encore envie de différer, de sonner autrement que les autres. 

Or, dès Ultimate Authority et son chant hurlé, ouverture portée par une batterie martelante, on aura compris : il n’y a rien qui permette de faire sortir ce X – No Absolutes du commun. C’est de la belle ouvrage. Les musiciens maîtrisent toujours aussi bien leur truc. Mais il manque ce petit tour de main qui fait que l’auditeur a, finalement le souffle coupé, la tête en vrac, l’envie d’en entendre plus. La férocité y est, indubitablement, comme sur ce No Absolutes hurlant de désespoir. Mais… Eternelle difficulté, cent fois illustrée, d’être après avoir été. Prong ne sait plus déroger à cette règle.

Et puis, en sortant l’objet du délit du lecteur, il faut se rendre à une évidence. Si l’ado que je n’ai pas déboulait à la maison avec cet album en criant que « c’est de la balle », je serais quand même sacrément fier d’être son père. C’est Prong, quand même. 


Nathanaël Uhl (5,5/10)

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SPV/ Steamhammer (2016)

Tracklisting : 1. Ultimate Authority (2:54) 2. Sense Of Ease (4:05) 3. Without Words (3:18) 4. Cut And Dry (3:51) 5.No Absolutes (3:17) 6. Do Nothing (3:40) 7. Belief System (3.21) 8. Soul Sickness (3:05)  9. In Spite Of Hindrances (2:45) 10. Ice Runs Through My Veins (4:04) 11. Worth Pursuing (3:12) 12. With Dignity (3:14) 13. Universal Law (Bonus Track).