Histoire de battre le fer tant qu’il est chaud et avoir du grain à moudre pour la tournée en Allemagne, en Russie et en Suisse qui s’en vient, les allemands de MEGAHERZ publient un EP six titres. Après un Zombieland (chronique ici) assez moyen, il faut espérer que les teutons retrouvent du poil de la bête et un lustre perdu de depuis assez longtemps maintenant.
Saluons au moins le contenu de ce disque avec quand même quatre nouvelles chansons à se mettre sous la dent ainsi que deux anciens titres remis au goût du jour. Ecumant les routes européennes depuis 1993, il serait surprenant que vous ne connaissiez pas MEGAHERZ. Pour résumer, ils font partie de ce mouvement de la Neue Deutsche Härte, un sous-genre du métal industriel. Si vous aimez OOMPH! et RAMMSTEIN, vous pourriez être sensible aux charmes du groupe. Cependant, ne nous voilons pas la face, cela reste un niveau en dessous de Till & co, l’approche est aussi plus accessible et presque pop parfois malgré quelques grosses guitares ici et là. Cela ne devrait pas effrayer grand monde à part votre grand-mère. Dans l’ensemble Erdwärts s’avère décevant, les nouvelles compositions sont molles et pas vraiment accrocheuses. « Einsam » est assez dégoulinant et « Wer hat Angst vor’m Schwarzen Mann » plus direct tombe à plat malgré l’énergie déployée. « Ist das Verrückt » remonte un peu le niveau mais globalement tout cela sonne petit bras, des chansons trop formatées pour plaire et satisfaire les radios et les média outre-Rhin (à l’image d’un MONO INC.). Mais MEGAHERZ aurait tort de se gêner, car cela fonctionne bien ainsi, le groupe semble avoir le vent en poupe. En effet, Zombieland a atteint de jolis résultats dans les charts allemands, autrichiens et suisses, du presque jamais vu pour les munichois.
Oshyrya (5,5/10)
Napalm Records / 2015
Tracklist (24:11 mn) 01. Wer hat Angst vorm Schwarzen Mann? 02. Ist das verrückt? 03. Glorreiche Zeiten 04. Einsam 05. Teufel 06. Jordan
Avec déjà vingt ans de carrier derrière eux, les suédois de MANEGARM font partie des piliers de la scène folk/Viking métal scandinave. Cette longétivité constitue une belle consécration pour Jonas Rune Almquist (guitares et ses petits camarades). Certains proposent des disques anniversaires en carton, MANEGARM n’en a cure et continue son bonhomme de chemin en proposant un nouvel opus, le neuvième, qui porte le nom du groupe histoire d’enfoncer le clou.
« Bienvenue dans un monde sans joie. » A tout le moins, Prong nous aura prévenus. Pour ce 10e album (on ne compte pas le recueil de covers Songs From The Black Hole), le groupe mené par Tommy Victor ne respire pas la joie. C’est évident, c’est aussi inhérent à l’univers musical exploré, depuis sa création, par le trio. Cela étant, l’absence de joie c’est aussi ce que ressent le chroniqueur à l’écoute de ces 13 pistes. Il faut dire que nous avons pris en pleine poire les premiers exercices long format d’un groupe qui comptait alors Paul Raven dans ses rangs et qui a musclé son hardcore aux relents trash pour explorer des voies déviantes rapprochant les ambiances générées par Prong d’un métal industriel.