Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Melted Space – The Great Lie

oshy_02012016_Melt_SpaPour reprendre un titre célèbre des DAFT PUNK, depuis les débuts de l’aventure MELTED SPACE en 2007, Pierre Le Pape, capitaine de ce navire, applique la philosophie suivante : Harder, Better, Faster, Stronger. Album après album, il progresse, son projet prend de l’ampleur et atteint de nouveau sommet. Après From the Past (chronique ici) puis l’EP Between (chronique ), voici le troyens de retour avec un nouvel opus, toujours sous la forme d’un opéra métal, The Great Lie.

Le parallèle avec la démarche et la progression d’un AYREON reste frappante. Et après tout, cette approche semble très saine, petit à petit, MELTED SPACE avance, montre de quoi il est capable et intéresse ainsi des artistes de plus en plus reconnu. Et de ce côté-là, The Great Lie fait fait de tout bois avec un line-up de rêve: David Vincent (ex-MORBID ANGEL), Attila Csihar (MAYHEM), Mikael Stanne (DARK TRANQUILLITY), Guillaume Bideau (MNEMIC), Kobi Farhi (ORPHANED LAND), Niklas Kvarforth (SHINING), Ailyn Giménez (SIRENIA), Mariangela Demurtas (TRISTANIA), Arjen Lucassen (AYREON) pour ne citer que les plus connus. Le name dropping c’est bien beau, mais encore faut-il que l’album soit réussi et homogène.

Et pour cela, nous pouvoir faire confiance à Pierre Le Pape qui a déjà démontré son talent à travers ses précédentes réalisations. Au titre des DAFT PUNK, nous pourrions aisément rajouter "Darker". En effet, l’ambiance générale sur ce nouvel opus n’est pas vraiment au beau fixe. Nous vous laisserons découvrir l’intrigue et les personnages mais MELTED SPACE favoriser les ambiances sombres et torturées. Comme à chaque fois, au lieu de se perdre dans de longues digressions symphoniques indigestes, le propos a été resserré et finement ciselé pour donner tout son impact, dévoiler une large palette de sentiments et d’émotions en quatre à cinq minutes à chaque fois (à l’exception de « No Need to Fear » de plus de huit minutes). L’approche métal symphonique n’a jamais aussi bien porté son nom avec à la fois une violence et une agressivité foncièrement métal intelligemment enrichies d’orchestrations tantôt subtiles tantôt imposantes. Le travail de composition a dû être dantesque. Pour obtenir le rendu nécessaire, Le Pape n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands en faisant appel à l’Orchestre Philarmonique de Prague. Le son est la fois clair et massif, le parfait écrin pour cette œuvre ambitieuse. Les compositions s’enchainent sans temps mort et tiennent l’auditeur en haleine.

La musique de MELTED SPACE a toujours possédée cette force visuelle, cette capacité à évoquer sous les yeux de l’auditeur des mondes et des personnages. Un sacré tour de force. Afin de rassembler un tel casting, il faut faire preuve d’une organisation quasi militaire, organisant les enregistrements à la fois en France et à l’étranger selon les contraintes des uns et des autres. Mais cela ne nuit nullement à la cohérence du projet, The Great Lie tient la route du début à la fin. Saluons pour terminer les collaborations qui ont aussi rendu cet album possible : Pierre Le Pape a fait appel à une fine équipe pour assurer mettre en boite l’enregistrement de l’ossature de chaque chanson : Adrien Grousset (HACRIDE) à la guitare, Mike SACCOMAN (ex-KRONOS) à la batterie et Brice Guillon à la basse. Enfin, comme pour Between, la pochette ainsi que tous les superbes visuels sont l’œuvre du au Strychneen studio.

Comme pour boucler la boucle et faire un joli clin d’œil, la présence d’Arjen A. Lucassen d’AYREON sur « The One Who Lost The Faith » reste très symbolique. Certains pourraient penser qu’il s’agit là d’un passage de témoin. En tout cas, Avec The Great Lie, MELTED SPACE tient son Universal Migrator. Et depuis la sortie de ce disque, les événements semblent d’accélérer dans la bonne direction pour le groupe: après avoir tourné avec LEAVES’EYES, ils prendront la route dans les mois qui viennent avec SYMPHONY X et MYRATH. Le travail accompli porte ses fruits, BRAVO !

Oshyrya (8,5/10)

 

Facebook Officiel

 

Totentanz Prod – Sensory Records / 2015

Tracklist (55:47 mn) 01. Listen To The Song Of Despair 02. Called By The Queen 03. No Need To Fear 04. Terrible Fight 05. A God Is Dead 06. Trust And Betrayal 07. Glass Castle’s Beast 08. Hopeless Crime 09. The One Who Lost The Faith 10. Titania 11. Lost Souls From The Other Side

TankrusT – The Fast of Solace

oshy_02012016_TankruLes franciliens de TANKRUST n’aiment pas faire comme tout le monde et se plait à détonner dans le monde parfois un peu aseptisé du métal hexagonal. La pochette d’abord étonne et interroge. Nous sommes loin des canons habituels des scènes thrash ou death métal. Nous verrons plus loins dans la chronique que cet esprit farceur et non-conventionnel se retrouve également dans les démarche musicale du quintet qui se plaît à mélanger les influences.

L’aventure débute fin 2006, par la rencontre et l’association de musiciens venant d’horizon très différents mais tous mus d’une passion et de racines communes. Il faudra du temps pour le groupe se construise une identité et se définisse un son propre. Ce bouillon de culture s’est nourri des nombreuses expériences scéniques des franciliens, depuis les caves confidentielles aux grandes scènes, aux côtés de grands noms de la scène métal européenne. Après avoir passé une première étape avec un EP (Beyond Thresholds en 2013), TANKRUST décide de franchir le Rubicon et de s’atteler à la composition et l’enregistrement d’un premier véritable album. The Fast of Solace voit ainsi le jour en 2015 sous la houlette d’Olivier T’servrancx (GLOWSUN, NETFASTCORE…) et Thibault Bernard (BENIGHTED, IN ARKADIA…).

Pour qualifier sa musique, le quintet parle de Thrash/death polymorphe. Et effectivement, dès les premières secondes de « DMZ » qui ouvre ce disque, les hostilités sont lancées. Pas de quartier, les guitares taillent dans le vif à travers des riffs et des soli incisifs. L’agressivité est bien présente mais cela n’empêche pas le groupe de montrer son savoir-faire et sa maîtrise technique. Quelques touches mélodiques parsèment ici et là ce déluge brutal et enrichissent nettement le propos. La basse et la batterie font feu de tout bois et assurent un terrain de jeu solide pour leurs camarades. KooTôh derrière le micro ne s’économise pas et beugle à s’en faire péter les cordes vocales. Il parvient malgré insuffler une certaine variété dans son chant extrême, tantôt en growl tantôt dans un registre beaucoup plus aiguë. Et cela passe très naturellement. The Fast of Solace contient dix chansons très directes et concises, destinées à avoir le plus gros impact dès les premières secondes. En trois, quatre minutes maximum, la messe est dite et TANKRUST entame l’offensive suivante.

L’auditeur n’a pas le temps de s’ennuyer et sortira de ces trente-six minutes plutôt secoué mais un grand sourire sur le visage. Le quintet s’avère un adversaire d’une rare efficacité. The Fast of Solace s’avère compact mais varié, aux confins de plusieurs influences bien assimilées et intériorisées. Ce premier disque fixe déjà la barre assez haute et TANKRUST peut nourrir de solides amlbitions pour le défendre sur scène dans les mois qui viennent. The Fast of Solace Tour débute fin janvier à Paris et passera sans doute près de chez vous (amis belges vous êtes aussi concernés). 

Oshyrya (7,5/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Almost Famous / 2015

Tracklist (35:55 mn) 01. DMZ 02. Draw the Line 03. Apollo Is Dead 04. Autonomy 05. Improvisation 28 06. Dead Pools 07. Barbarians 08. Grow Some Balls 09. 10:22 10. Cleaver

T.A.N.K – Symbiosis

oshy_01012016_TanEn ce moment les groupes TANK ne manquent pas. Rien que du côté des ancêtres britanniques, membre du courant NWOBHM, deux entités (avec et sans Algy Ward) se concurrencent. Nos T.A.N.K. à nous sont bien français et cet acronyme signifie Think of A New Kind. Après 2007 (The Burden of Will) et 2012 (le très bon Spasms Of Upheaval dont vous retrouvez la chronique ici), les parisiens ont souhaité battre le faire tant qu’il est chaud et nous reviennent déjà avec un nouvel opus sous le bras, Symbiosis. Avant de parler du fond, intéresserons-nous à la forme et en particulier ces superbes artworks signés encore une fois Rusalkadesign. Le soin apporté à cet aspect des choses fait franchement plaisir et montre un souci et un professionnalisme remarquable. Le quintet affiche ainsi ses ambitions et rendre en concurrence directe avec les ténors du genre.

Au niveau musical, T.A.N.K. a joué la continuité et poursuit sur le même élan que sur Spasms Of Upheaval. Ils parviennent à déployer sous nos yeux, avec un joli talent, un death metal mélodique du meilleur tonneau. En dix nouvelles chansons, complétées de deux instrumentaux, les parisiens rappellent à tous qu’ils ont leur mot à dire sur la scène européenne aux côtés en particulier des scandinaves. On retrouve ce sens aigu du riff tranchant, du rythme syncopé, ce mélange entre agressivité et mélodie qui tabasse et séduit à la fois. Souvent le chant pêche mais ce n’est pas du tout le cas ici avec un Raf Pener qui n’a pas à rougir de sa prestation. Test ultime, il partage le micro sur « Blood Relation » avec Björn ‘Speed’ Strid (SOILWORK). Toute faiblesse s’entendrait alors immédiatement. Mais pas d’inquiétude, le chanteur et le groupe dans son ensemble passe haut la main ce test grandeur nature. Dans l’ensemble, les compositions font preuve d’une belle efficacité, elles rentrent dans le crâne au bout de quelques écoutes et peinent alors à en sortir. Bien calibrées autour des quatre/cinq minutes, ces titres évitent les longueurs inutiles et vont directement à l’essentiel. Et une fois de plus, T.A.N.K montre sa maîtrise technique avec des musiciens au top de leur forme et une production aux petits oignons. Les influences sont à chercher chez les maîtres suédois mais les parisiens ajoutent leur petite touche personnelle avec des compositions complexes aux structures sinueuses.

Le travail a payé et depuis la sortie de ce disque, T.A.N.K. a pu récolter les fruits de toute cette sueur. Ils ont ainsi très récemment pu tourner avec aux côtés de SOILWORK et HATESPHERE pour de nombreuses dates. Ils pouvaient difficilement être à meilleure école. Parions que cela fera encore progresser les parisiens qui nous reviendront encore plus fort sur le prochain opus.

Oshyrya (08/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Symbol Muzik / 2015

Tracklist (45:51 mn) 01. Away? 02. Symbiosis 03. From the Straight and Narrow 04. Baneful Storm 05. Nihil 06. Blood Relation (feat. Björn ‘Speed’ Strid) 07. The Chrysalis 08. Troubled Days 09. Drawing Hope 10. Legacy 11. Like Vultures 12. The Edge of Time