Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Tomas Lindberg n’est pas le genre de personne à se tourner les pouces sur son canapé en attendant que le temps passe. Il est plutôt du genre hyper actif, s’investissant dans 2435 groupes, principalement de death-metal. Parce que pour lui, le metal extrême est un sacerdoce, un but dans la vie. Quand ce dernier à rejoint Jonas Stålhammar (God macabre, Bombs of hades, Crippled black phoenix…) et quelques amis pour créer le premier album de The Lurking Fear, la surprise a été grande. Out of the Voiceless Grave est probablement ce qu’il a fait de mieux en dehors de At the gates. Obscur et célébrant les grands anciens, ce premier album a marqué les esprits. Autant dire que nous étions prêts à remettre rapidement le couvert.

Quatre ans après la bataille et quelques concerts convaincants, le quintet nous ressert le même plat. A base de HP Lovecraft, de terreur indicible et autres joyeusetés. Musicalement, pas grand-chose à redire. Ici, c’est Stålhammar qui est à la barre. C’est évidemment d’une solidité à toute épreuve.

Pourtant, au fil des écoutes, l’intérêt s’étiole… Quelques riffs interpellent (« Funeral Abyss », l’énorme « Architect of madness », « In A Thousand Horrors Crowned ») et certains morceaux font le travail (le furieux « Death reborn », une minute et trois secondes au compteur) mais l’ensemble reste trop générique pour complètement convaincre. The lurking fear ne retrouve pas l’ambiance glauque de son premier essai et peine à rendre la chose réellement intéressante de A à Z. Pour parachever le tout, la voix de Lindberg est constamment à la limite de la rupture. A croire que le fier vocaliste était enroué au moment de l’enregistrement. Dommage…

Au final, ce second album est une amère déception. Les graines semées avec Out of the Voiceless Grave n’ont pas toutes germées. Au mieux, Death, Madness, Horror, Decay aurait pu faire un chouette E.P. En l’état, c’est un opus fastidieux.

Nico (5/10)

Site Officiel : https://www.facebook.com/thelurkingfearofficial/

Century Media /2022

1. Abyssal Slime 2. Death Reborn 3. Cosmic Macabre 4. Funeral Abyss 5. Death, Madness, Horror, Decay 6. Architects of Madness 7. In A Thousand Horrors Crowned 8. Kaleidoscopic Mutations 9. Ageless Evil 10. One in Flesh 11. Restless Death 12. Leech of the Aeons

Dead Lord – Dystopia

Ça y est ! La mode du retro-hard rock/proto metal est derrière nous. Quelques petites années ont suffi pour que le genre ne soit plus en tête de gondole des playlists. Pourtant, certains survivants arrivent encore à nous livrer des albums plus que potables. Nicke Andersonn (Lucifer, Imperial State Electric…), Horisont, Blues Pills et autres Graveyard continuent de ferrailler pour la bonne cause. Mais celui qui, à notre avis, tire complètement son épingle du jeu reste l’excellent groupe d’Hakim Krim : Dead Lord.

Dystopia confirme tout le bien que nous pensons du quatuor. Le morceau éponyme, qui clôturait Surrender, est mis en exergue. Tant mieux. C’est un tube certifié. Simple et efficace, il ne s’embarrasse pas de complications futiles. Bien entendu, on en redemande et « Sleeping my day away » (reprise de D.A.D) est là pour nous satisfaire. Avec son refrain accrocheur, ce second titre vise juste.

La suite est du même acabit. Ces relectures de morceaux de Winterhawk (groupe plus ou moins obscur de heavy/prog dont nous vous conseillerons l’album Revival), Moon Martin et Rory Gallagher, sont enthousiasmantes ; elles possèdent ce son typique que le groupe travaille depuis ses débuts. Comme d’habitude, l’exécution est parfaite et la voix de Krim est irrésistible.

Pour finir, Dead Lord conclue ce trop court E.P par une version de « Letters to Allen St » chantée en suédois. Très bon !

Dystopia est à prendre comme le prolongement de Surrender : une récréation en attendant la suite ; un interlude où le quatuor célèbre quelques unes de ses influences. Alors, si vous ne les connaissez pas et que vous aimez les vieux UFO, Thin Lizzy et autres LP’s de Kiss, Dead Lord risque bien de devenir votre nouvelle came.

Nico (8/10)

Site Officiel : https://www.deadlord.com/

Century Media /2022

1. Dystopia 2. Sleeping My Day Away 3. Ace In The Hole 4. Hands Down 5. Moonchild 6. I staden som aldrig slumrar till

A l’instar de la collection initiée par Jacobim Mugatu dans le film Zoolander, on peut affirmer que Pensées nocturnes est le groupe de la « déglingue ». Une sacrée bande de clowns, à l’image de l’immense Will Ferrel interprétant le styliste fou… Mais revenons à nos moutons.

Pensées Nocturnes est un groupe clivant. Adulé d’un côté, vomi de l’autre. Pas de demi-mesure possible. Au sein même de cette rédaction, le groupe provoque débats et échanges d’une virulence sans nom. Pour preuve, le papier écrit sur l’album Nom d’une pipe !

Que l’on soit d’accord ou non avec ce point de vue n’est pas la question. De l’eau a coulé sous les ponts : Pensées Nocturnes a évolué. Il est devenu grand et a su nous délivrer des albums particuliers (Grand guignol orchestra) qui changent du train-train quotidien de la musique extrême. Pas de doutes, nous avons affaire à un groupe original. On vous parlera de black-metal avant-gardiste, franchouillard, avide de pinard, de cirque, avec un langage hérité de nos grands-parents. Une fois ce postulat accepté, le groupe peut nous embarquer dans son monde : Douce fange, cher pays de notre enfance (qui ne le chantera pas ?).

A sec, la formation nous emmène dans son univers fou avec le charmant « Viens tâter d’mon carrousel ». Un morceau/ introduction qui annonce la couleur. Douce fange sera folie. Douce fange sera dinguerie. Douce fange sera unique.

« Quel sale bourreau » embraye. Chœurs grandiloquents, contrebasse, cuivres et hurlements se mélangent pour créer un morceau étrange à l’ambiance indéfinissable. La suite est à l’avenant et réserve une surprise à la minute. C’est évidemment réjouissant, malgré des vocaux quelquefois pénibles. La formation francilienne va jusqu’au bout de sa démarche, prend des risques et n’a pas peur du qu’en-dira-t-on.

Douce fange est l’œuvre d’un groupe libre et fier de l’être. En créant cette musique unique, Pensées Nocturnes s’absout de tout. « Saignant et à poing » rendrait presque supportable le « Padam Padam » de la môme Piaf tandis que le « Charmant charnier » part dans une sorte de « gloubi boulga » jazzy on ne peut plus « free »…

L’affaire se termine avec le gargantuesque « Gnole, torgnoles et roubignoles ». Une relecture tarée de la valse N°2 de Chostakovitch qui clôture ce grand moment de folie. Et mine de rien, Douce Fange se positionne naturellement comme un potentiel album de l’année.

Nico (8/10)

Site Officiel : https://penseesnocturnes.bandcamp.com/

Les Acteurs de l’Ombre /2022

1. Viens tâter d’mon Carrousel 2. Quel sale Bourreau 3. PN mais Costaud ! 4. Saignant et à Poing 5. Charmant Charnier 6. Le Tango du Vieuloniste 7. Fin Défunt 8. La Semaine Sanglante 9. Gnole, Torgnoles et Roubignoles