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Thy Catafalque – Sgùrr

J’ai souvent tendance (encore dernièrement lors de ma chronique du dernier album de Perihelion) à citer Thy Catafalque un groupe hongrois que je suis attentivement maintenant depuis une bonne dizaine d’années et que je rapproche instinctivement de deux autres formations issue du Metal extrême, Folk et Avantgardistes, ayant émergé comme lui vers la fin des 90s : Solefald (voir ma chronique de kosmopolis Nrod & kosmopolis Sud) et Vintersorg. Dés les balbutiements de son projet le maitre à penser de Thy Catafalque le dénommé Tamás Kátai (programmation, chants, basse, guitares, claviers, samples), épaulé à cette époque par János Juhász et ce jusque en 2011 (guitare), a eu une vision très audacieuse et vagabonde de son Dark Metal qui empruntait autant au Black Metal Atmosphérique / Ambient d’un Summoning, au Metal Extrême, au Folk Metal, au Metal Industriel, à l’Electro ou au Rock progressif. Malgré une nette progression dans la production des opus engendrés par le duo, quiconque survolera les albums que sont Sublunary Tragedies (1999), Microcosmos (2001), Tűnő idő tárlat (2004), Róka hasa rádió (2008) ou Rengeteg (2011) (trois derniers albums en écoute ici et ) se rendra automatiquement compte de leur extrême singularité, de leur diversité mais aussi paradoxalement de leur filiation frappante !

En effet et le petit dernier Sgùrr sorti au mois d’octobre via Season Of Mist ne déroge pas à la règle ! Ses travaux d’écritures, d’enregistrements et de production se sont déroulés sur une longue période de 2012 à 2014. On ne sait pas grand-chose sur le processus d’enregistrement et de production mais on peut imaginer que Tamas Kátai s’est chargé de tout et on comprend aisément la difficulté de ce long et dur labeur. Cela a vraiment dû être compliqué à gérer surtout quand on constate l’excellence du résultat ! Cependant il a délégué un peu avec la participation des instrumentistes Dimitris Papageorgiou aux violons et Balázs Hermann à la contrebasse ainsi qu’au niveau du chant avec les présences de Zoltán Kónya (Balázs et Zoltán sont d’anciens acolytes de Tamás au sein du groupe de Thrash Death Metal Avant-gardiste et Atmosphérique hongrois Gire chaudement recommandé par votre serviteur, en streaming ici), de  la soprano Ágnes Sipos et pour les narrations de Viktória Varga.


Comme je le dis plus haut, Sgùrr qui est un terme provenant du gaélique écossais signifiant littéralement « au sommet d'une montagne », est dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Il faut cependant souligner qu’il contient bien moins de parties chantées que sur le dernier album en date Rengeteg. Ce qui donne à cet album un aspect encore plus stellaire, contemplatif, éthéré et froid. D’autant que l’on peut aussi déceler l’emprise Rock Progressif et Psychédélique beaucoup plus présente que par le passé et cela renforce indubitablement cette impression de mise en orbite engendrée par ce mode de composition. Un bel exemple sur l’imposante transe Metal et Progressive de 15 minutes et des brouettes « Oldódó formák a halál titokzatos birodalmában » aux sonorités souvent très psychédéliques à la Hawkwind et où viennent se mêler touches Metal Extrême ou touches Folklorique. Sur « Élő lény » par exemple on n’est vraiment pas loin de l’emphase folk et progressive qu’un Amorphis pouvait avoir sur son album Elegy avec le côté rock’n’roll en moins.  

A d’autres moments le propos de Thy Catafalque se montre toujours très folklorique et acoustique à l’instar du second titre de l’album, le Pagan « Zugo, Pt1 » mais toujours dans un esprit très ouvert. Ce morceau tout comme les autres nombreux passages typés Folk distillent une énergie plus organique à Sgùrr lui faisant atteindre un équilibre quasi parfait !  L’instrumental  « A hajnal kék kapuja »  m’a quant à lui fait penser aux expérimentations que l’on peut retrouver sur le dernier EP Norrønasongen. Kosmopolis Nord de Solefald mais c’est aussi vrai à d’autres moments de Sgùrr. Thy Catafalque garde aussi un pied fermement ancré dans les territoires Metal Extrême, j’en veux pour preuve le très Black Metal « Jura » ainsi que « Sgùrr eilde mòr » avec son phrasé aux guitares très frontal rappelant les compositions de Rengeteg et là encore, éparpillées quelques réminiscences Black Metal.

Une nouvelle fois Thy Catafalque m’a conquis de A à Z. L’écoute de Sgùrr est une véritable contemplation où s’entremêle les climats, les époques, les genres et les atmosphères. Son amplitude est extrême ! A donner le vertige et à couper le souffle ! La nature est généreuse tout comme la musique Tamás Kátai ! Je m’incline !

FalculA (10/10)


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Season Of Mist / 2015
Tracklist (51:37) : 1. Zúgó 2. Alföldi kozmosz 3. Oldódó formák a halál titokzatos birodalmában 4.    A hajnal kék kapuja 5. Élő lény 6. Jura 7. Sgùrr eilde mòr 8. Keringő 9. Zúgó.

oshy_24112015_Lar_Eri_MattsTout fan de rock qui se respecte connait au moins de nom Lars Eric Mattsson. Pas forcément pour sa carrière de guitariste car, même si celle-ci s’étend sur de très nombreuses années, il est honnête de dire qu’elle n’a touchée d’une frange limitée du public. Mais c’est également lui qui se cache derrière le label Lion Music qui poursuit lui aussi depuis bien des années sa tâche de découvreur de talents, jeunes ou vieux.

Mattsson n’est pas avare en sortie et publie sous son propre nom régulièrement de nouveaux albums, des pépites rock instrumentales qui allient à la fois une grande maîtrise technique et un sacré feeling. Pour une fois, notre ami prend le contre-pied et change ces habitudes. En effet, Songs from a Different Room s’avère être le premier album tout acoustique, chanté, du guitariste. Le tout prend donc une forme assez différente de ses travaux habituels. Ces différentes compositions, très douces, gorgées de passion et de sentiments ont pour la plupart vu le jour en 2008. Un chanteur devait assurer à l’origine toutes les lignes vocales mais fatigué d’attendre Mattsson a finalement décidé de prendre lui-même le micro. Et il a eu bien raison car il assure plutôt bien même s’il ne révolutionnera pas le genre. Dans son plus simple appareil au niveau de la voix, il parvient à insuffler beaucoup de force et d’émotions dans sa performance. Souvent uniquement accompagné de sa guitare, Mattsson enchainent les titres de quatre / cinq minutes avec grâce et naturel.

Bien sûr ce n’est pas fou fou, vous n’allez pas prendre une mandale monstrueuse mais plutôt un bon moment de détente, porté par des mélodies agréables et une maîtrise technique de la guitare qui n’est plus à démontrer. Comme il le dit lui-même, cette douceur et cette simplicité fait du bien à un moment où tout le monde mène une course effrénée pour obtenir un son dense et compact qui agresse au lieu de vous caresser.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Lion Music / 2015

Tracklist (44:50 mn) 01. All We've Got 02. Keep Pushing Me On 03. Hold On 04. I Feel Your Spirit 05. Temporary State of Confusion 06. Just Let It Rain 07. Shadow of Doubt 08. Keep On Burning 09. Sweet Taste of Mystery 10. Remain Unsolved

La Horde – Dystopie

Tiens ça faisait un petit moment que je ne m’étais pas intéressé à une production Hardcore. Je pense que ça doit dater de l’album de Malkavian (chronique ici) en fait. J’ai hérité de la chronique de Dystopie, le second album du groupe de Nancy  La Horde, il y a seulement quelques jours. Une formation assez récente donc et dont je n’avais jamais entendu palé. Comme je vous le disais j’ai hérité de cette chronique pour décharger un de mes camarades et vu qu’il n’y avait point de dossier de presse avec le skeud, je ne sais que peu de chose à propos de La Horde. A part qu’ils ont participé en compagnie de The Prestige au Brutal Winter Fest 2014 un festival itinérant en terres cubaines et qu’ils ont été sélectionné pour être de potentiels nominés aux victoires de la musique 2015 dans la catégorie "Meilleur Album Rock".  Je vous prie alors de m’excusez de n’être pas aussi exhaustif que d’habitude mais bon ce n’est pas plus mal car ça m’a permis de me focaliser sur la musique et c’est quand même l’essentiel dans une chronique !

Tout d’abords je n’ai pas glané beaucoup d’infos sur le processus d’enregistrement de Dystopie à part que le mastering est l’œuvre de Laurent Steffen qui a bossé par le passé avec des formations tels que Elvaron, Exkrement et Scarve ! Le rendu est très bon avec un son carré et organique où chaque élément est à sa place. J’ai apprécié le chant bien calé et en français S.V.P de Frank Laprevotte même si je l’ai trouvé un peu trop nasillard sur la longueur. Il faut dire que c’est l’adage de la vibe HxC donc ça ne m’a pas trop dérangé non plus et n’en ai pas trop tenu rigueur.  L’artwork est soigné et a l’esthétique SF.  

On pourrait qualifier le style pratiqué sur cet album de free Hardcore, je veux dire que de manière générale les compositions  de Dystopie sont assez ouvertes et regorgent de divers influences ou réminiscences. Hardcore oblige, vous aurez bien évidement  droit à une bonne dose de Punk comme sur « Solitaire » ou « Tony » avec leurs rythmiques galopantes  et aussi pas mal de parties Thrash Metal comme sur « Ravage » à la composition très riche  mais qui cependant reste très efficace ou « Soleil Noir » un titre qui a un bel impact et une grosse force de frappe ! C’est drôle mais sur ces derniers comme sur l’épatant « Résigné » avec son solo de basse hallucinant digne de notre magique Jean-Jacques Moréac (bassiste de Misanthrope), j’ai souvent pensé à Misanthrope. Je pense que la très bonne tenue technique des musiciens ainsi que le phrasé en français participe à renforcer mon impression. Je suis curieux d’avoir l’avis du groupe à ce propos.

J’ai aussi pensé à plusieurs reprises à Mastodon durant l’album surtout au niveau de certaines lead guitares qui ont une emphase Postcore sur « Dernier Souffle » qui sonne assez moderne avec l’adjonction de certains riffs sonnant presque Neo Metal même voire Sludge sur « Nous Savions »  ou plus Progressives comme sur l’instrumental clôturant l’album « La Fin Des Mondes ». La Horde cultive un goût pour l’aspect mélodique sur certaine compositions. J’en veux pour preuve l’excellent travail fait dans ce domaine sur la power ballade Hardcore « Immortel » avec ses arpèges de guitare ou « Les Pioniers Du Chaos » et le feeling très Heavy Metal de ses lead guitares ainsi que sa rythmique basse / batterie rompue à toute épreuve et un solo bien cool. J’en profite pour saluer les prestations de chaque musicien car elles sont techniquement remarquables tout du long de l’album ainsi que les textes qui sont très chiadés et aux quels j’ai immédiatement accroché ! 

J’appréhendais un peu de me plonger dans ce skeud au départ car j’avais peur de me retrouver confronté à un truc à la mode Metalcore et bien sachez que j’avais tout faux ! Finalement je suis agréablement surpris car j’ai passé un excellent moment avec un bon album de Hardcore aux contours très Metal et au contenu assez riche. Les musiciens font preuve d’une dextérité convaincante et d’un professionnalisme certain ! Les compositions de Dystopie sont toutes riches et diverses mais elles gardent une colonne vertébrale 100% Hardcore. Chapeau les mecs car vous avez fait du bon boulot !

FalculA (7,5/10)


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Fantai'Zic Production / 2015
Tracklist (43 :51) : 01. Soleil Noir 02. Nous Savions 03. Dernier Souffle 04. Ravage 05. Coma 06. Le Monde Inverti 07. Immortel 08. Chan Chan 09. Sous La Bannière Obscure 10. Tony 11. Les Pionniers Du Chaos 12. Solitaire 13. Résigné 14. La Fin Des Mondes.