Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

The CNK – Paris Brûle-t-il ?

Comment parler avec authenticité aujourd'hui d'un concert survenu il y a deux ans et des poussières et à propos duquel mon estimé confrère avait déjà tout dit quelques jours après ? Pas évident, vous en conviendrez. Excusez-moi donc si je ne fais parfois que confirmer les dires de mon collègue-reporter de guerre qui avait eu la grande idée de se rendre à cette soirée de folie.

Premier constat : le groupe ne se fout pas de la gueule de son public. Le packaging est sobre, mais efficace, les photos des membres du groupe (dans le plus pur esprit des costumes utilisés sur scène) sont classe, on regrettera peut-être l'absence d'un livret (mais à quoi aurait-il servi ?).

Au menu, le concert du 01/03/2013 et quelques petits bonus. Bon, une fois de plus, le DVD musical étant, à mes yeux, un support qui se meurt, on regrettera de ne pas recevoir plus. Soyons honnêtes, si je ne l'avais pas reçu, je ne l'aurais pas acheté, aussi bon soit-il (mais ce constat s'applique à tous les DVD live à l'heure où il suffit de chercher un peu sur Youtube pour trouver des concerts entiers en qualité HD). Mais passons sur cette remarque et intéressons-nous au concert.

Ymishima a tout dit de son ressenti dans la salle. Ceci dit, comme j'avais pu le constater avec Roadkill, le live de The Haunted (que j'avais porté aux nues lors de son passage à Bruxelles alors que le live était plus que moyen), le ressenti sur place et le ressenti dans son divan sont parfois bien différents… Mais pas avec The CNK. The CNK colle l'auditeur au siège. Le son est bon tout en restant naturel (bien qu'il ait été retravaillé par la suite), l'énergie dégouline des enceintes et de l'écran, le groupe a les crocs. Je n'ai jamais eu la chance de les voir en live (et je ne peux donc pas dire s'ils avaient fait un effort supplémentaire pour le DVD), mais ce show est une tuerie, sans véritable temps mort. Les angles de vue et les plans se succèdent de manière naturelle, sans le côté haché de certains autres DVD, l'image est bonne et aussi naturelle (contrairement à d'autres live retravaillés à outrance)… En gros, on a l'impression d'assister au concert comme si on y avait été, sans effets spéciaux, sans fard. Et c'est bon.

Alors, must have ? Je dois reconnaître que je suis heureux de l'avoir, et qu'il repassera de temps en temps dans le lecteur, alors que d'autres DVD achetés il y a quelque temps prennent la poussière dans mes étagères. The CNK se démarque de la plèbe, The CNK ose, The CNK provoque. À une époque où trop de groupes versent dans la facilité, The CNK reste intransigeant. Une bonne giclée de pepperspray dans la tronche. Ca picotera chez les plus sensibles.

Mister Porn (9/10)

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Dooweet Records / 2015
Tracklist (xx:xx) Intro / Dinner Is Ready / Vote for Winners / Blood Is Thicker Than Water (reprise d'Impaled Nazarene) / Jim Beamed Ahnenerbe TV / Total Eclipse of Dead Europa / Bunkermoon Khaos 3 / Cosa Nostra Klub / I Am The Black Wizards (reprise d'Emperor) / The Doomsday / Kommando '96 (avec Pills de Prime Sinister) / Political Police / Too Fast for Love (reprise de Mötley Crüe avec Swan de Blackrain) / Sabotage (reprise des Beastie Boys) / Gadd Ist Gott (reprise de Gary Glitter) / Get a Gun – Shoot at Random

Thy Art Is Murder – Holy War

À l’époque, je n’avais pas été tendre avec les Australiens de Thy Art Is Murder. Je pensais donc avoir fait le tour de la question pour cette formation, je m’attendais à une deuxième galette purement dans la lignée de la première, un album pénible, qui alignerait les clichés comme un Japonais Nikon à la main sur la Grand-Place de Bruxelles pendant son road-trip « 17 pays européens en 12 jours ». La plume était prête, le vitriol aussi.

Mais finalement, la victime aura mieux résisté que prévu.

Bon, je vous « rassure », Thy Art Is Murder n’est pas subitement passé du statut de merde infâme à celui de groupe que j’adore. Faut pas déconner non plus. Toutefois, j’avoue que, cette fois, le groupe semble mieux maîtriser son sujet, notamment par l’ajout d’une ambiance. Alors que la précédente galette me semblait péniblement stérile et clinique, Holy War parvient, ici et là, à instiller une ambiance délétère, un peu comme le fait The Acacia Strain (une des rares formations du genre qui m’ont convaincu). Résultat : entre deux morceaux d’une platitude crasse, on retrouve quelques plages bien plus convaincantes.

Le premier single dévoilé, le morceau éponyme, n’est malheureusement pas une des meilleures pistes de l’album. Et pourtant, si je n’ai pas immédiatement ignoré cet album, c’est grâce à ce morceau, et surtout à son clip où toutes les religions en prennent pour leur compte.

À une époque où beaucoup (trop ?) de groupes se contentent d’une simple « lyric video » pour présenter leur nouveau bébé, TAIM a mis les bouchées doubles. Rien que pour ça, le groupe méritait mon attention… et finalement, sans pour autant tomber de ma chaise, je me retrouve face à un album plutôt bien branlé. La prod’ pue le synthétique à 300 mètres, le groupe a encore tendance à se vautrer dans les clichés éculés du genre (putain, les breaks pachydermiques, ça va deux minutes), mais il suffit qu’il s’en écarte un peu et qu’il lâche les chiens (le début de « Coffin Dragger », pour ne citer que lui, malheureusement entaché d’un break qui pue le manque de personnalité juste après) pour s’avérer bien plus prometteur. Les fans du genre apprécieront certainement pleinement Holy War. Personnellement, je retiendrai quelques pistes plus ambiancées, mais la note finale n’est, je le crains, pas si positive. Si le groupe arrête de s’entêter à singer ses concurrents et s’il travaille davantage ses ambiances, il devrait pouvoir sortir du lot plutôt que d’être un n-ième groupe de Deathcore comme on en entend à chaque coin de rue.

Mister Porn (4/10)

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Nuclear Blast Records / 2015
Tracklist (41:08) 1. Absolute Genocide 2. Light Bearer 3. Holy War 4. Coffin Dragger 5. Fur and Claw 6. Deliver Us to Evil 7. Emptiness 8. Violent Reckoning 9. Child of Sorrow 10. Naked and Cold 11. Vengeance

 

George Kollias – Invictus

Vous vous souvenez qu’on se demandait tous où était passé le son de Behemoth quand ils ont sortis The Satanist ? On s’était tous regardés comme des cons, incrédules. Les gars, vous inquiétez pas, on l’a retrouvé : c’est George Kollias qui a mis la main dessus et qui a pondu un album qui aurait pu s’intégrer parfaitement dans la discographie de Behemoth si Nergal avait assuré les parties de chant.

Au programme donc, un Death avec quelques relents de Black Metal, le tout baigné par une ambiance épique as fuck. En même temps, avec le CV du gaillard et son passage chez Nile, on s’attendait à ce qu’il soit en mesure à tisser une ambiance, mais ça fait toujours son petit effet. C’est costaud, c’est ambitieux, la prod fait mouche sans coller au mur, les compos sont efficaces en diable… mais ce n’est « que du » Behemoth-like époque Demigod – The Apostasy – Evangelion. Celui qui niera une filiation / ressemblance dérangeante entre les œuvres de Nergal et Invictus est soit sourd, soit malhonnête. Et pourtant, alors que j’ai tendance à conchier tous les groupes qui singent les grands du genre, je n’en veux pas à mister (spice di) Kollias.

Tout d’abord parce que le bonhomme, à lui tout seul, a démontré qu’il n’était pas seulement un bon batteur, mais aussi et surtout un bon musicien tout court. Le boulot abattu ici est impressionnant. Certaines compos ont beau être plus longues, elles ne perdent pas en intensité, et ce pendant tout l’album. Pas un seul vrai coup de mou, mais une galette homogène et bien née.

Et puis, finalement, George Kollias vient s’engouffrer dans le vide créé par l’évolution musicale de Behemoth. Nergal ayant pris un cap différent, George risque bien de récupérer une partie des fans déçus par The Satanist. Moi, par exemple. Alors, Invictus vaut-il The Apostasy ou Evangelion ? Non. Le seul point faible de l’album, selon moi, est le chant, un peu trop linéaire et un peu faiblard. Je paierais cher pour voir ce groupe sur scène avec un Nergal en pleine forme derrière le micro.

Fans de Behemoth, George Kollias vous a compris. Son Death épique mâtiné de Black vaut le détour, non pas par son originalité, mais par une efficacité déconcertante. Une des meilleures surprises de l’année.

Mister Porn (8,5/10)

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Season Of Mist Records / 2015
Tracklist (xx:xx) 1. Echoes of Divinity 2. Invictus 3. The Passage 4. Aeons of Burning Galaxies 5. Shall Rise/Shall Be Dead 6. Voices 7. Treasures of Nemesis 8. Apocalypse 9. Epitaph 10. Through Empty Eyes of Light 11. Buried under the Flames