Qu'il est bon que No One Is Innocent existe. Depuis 1994, le groupe se bat contre la bêtise, l'intolérance, le fascisme et bien d'autres maux qui gangrènent notre société. La formation menée par Kemar nous a offert deux albums incontournables (No One Is Innocent et Utopia) et d'autres en deçà des espérances. Mais elle n'a jamais changé son propos, toujours lucide et imperturbable.
En 2015, No One Is Innocent continue le combat et revient à son top avec Propaganda. L'introductif « Charlie » donne le ton d'un album dont l'intensité n'est jamais remise en cause. Que ce soit niveau textes ou musiques, aucun déchet n'est à signaler. « Silencio », premier single, est imparable. Rythmique et riffs directs à la Tom Morello sont au rendez vous. Impossible de résister, c'est efficace et rentre dedans. « Putain si ça revient » est une charge contre Front National ; un morceau qui mériterait de passer en boucle sur les ondes… La suite n'est pas en reste et enthousiasmera le fan de rock dur. Le groovy « Drones » risque d'en faire chavirer plus d'un en concert et Propaganda se finit avec le plaisant et punky « Holy fire ».
Propaganda fait partie des meilleurs albums de No One Is Innocent. Une formation qui reste droite dans ses bottes et dénonce les injustices de ce monde ; tout en conservant l'urgence qui faisait toute son originalité, il y a vingt ans. No One est un groupe qui fait du bien, un groupe dont on a besoin.
Nico (9/10)
Site Officiel: http://www.nooneisinnocent.net/
Very Records / 2015
01. Charlie 02. Silencio 03. Djihad Propaganda 04. Putain si ça revient 05. Scottsboro 06. Barricades 07. Kids Are On The Run 08. Massoud 09. Drones 10. 20 ans 11. Holy Fire
Ne vous fiez pas aux apparences, les italiens de THE BIG JAZZ DUO ne sont absolument pas ce qu’ils prétendent être. Pour résumer en quelques mots, il ne s’agit pas d’un duo mais d’un quintet originaire d’Alessandria en Italie et vous ne trouverez rien de jazz là-dedans mais plutôt neuf salves destructrices Deathcore/Death Metal. Quand je vous disais que l’habit ne faisait pas le moine dans ce cas-ci.
Le groupe est jeune puisque l’aventure n’a débuté qu’en 2013. Très rapidement, cette même année, les transalpins se font remarqués et signent avec Fire Was Born Records pour oublier un premier EP titré Of Imperishable Heroes. Cette belle carte de visite leur permet de multiplier les opportunités scéniques en compagnie de leurs camarades de BETRAYING THE MARTYRS ou encore SKYHARBOUR. Finalement, en 2015, ils franchissent le Rubicon et grave sur bande un premier album qui nous occupe aujourd’hui, Enemy.
Alors on ne va pas se mentir, THE BIG JAZZ DUO ne fait pas la dentelle, le subtil, le mélodieux et le doux. Dès les premières secondes de « Limbo » et pour la demi-heure qui suit, tout le monde aux abris devant la violence de l’offensive. Pour mes chastes oreilles, au moins l’épreuve reste courte avec neuf titres et à peine 30 minutes de sévices. Mais il serait malhonnête de ne pas remarquer que les italiens font preuve d’un savoir-faire certain pour pondre des riffs tranchants typés Death et que la section rythmique basse/batterie martèle comme si elle était damnée. Dans ce maelström de violence calculée une certaine complexité apparait, quelques orchestrations viennent apporter une épaisseur et ampleur supplémentaire aux chansons. Les atmosphères s’avèrent obscures, inquiétantes tout en conservant l’attrait et la séduction du plus profond obscure. Techniquement parlant rien à redire, chaque musicien assure une belle prestation et Thomas Franceschetti growle comme un chef.
Enemy n’est pas un album à mettre entre toutes les mains. Vous avez intérêt à avoir l’estomac bien accroché pour profiter au maximum des offensives italiennes. Malgré son approche extrême mais le disque reste soigné sur le fond mais aussi sur la forme avec un son puissant et clair rajoutant encore à l’efficacité de la déflagration. La joli pochette en plus ne gâche rien. A découvrir.
Oshyrya (7,5/10)
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Fire Was Born Records / 2015
Tracklist (31:23 mn) 01. Limbo 02. The Shepherd 03. Descent 04. RavenHeart 05. All Those Who Wander Are Lost 06. The Hollow Sunset 07. Haunted 08. The Three Beggars 09. This Darkest Hour
Le projet Kiske / Somerville ressemble beaucoup aux gros blockblusters de l'été : facile d'accès, rutilant de moyens et… à l'espérance de vie artistique assez courte. Ceci dit, il existe des blockblusters plus ou moins bien exécutés. Autant le premier essai éponyme de Michael Kiske et Amanda Somerville m'avait laissé de marbre, autant cinq an plus tard ce City Of Heroes est quand même plus franchement attractif. Peut-être parce que Kiske et Somerville ont travaillé en meilleure entente, se connaissant mieux. Car il faut reconnaître que leurs voix se marient extrêmement bien ici et qu'il n'y a aucune fausse note au niveau des mélodies vocales évidemment très présentes. Il faut dire que Kiske et Somerville sont franchement excellents même si je trouve toujours le timbre de Somerville un peu banal. La découverte du premier single, « City Of Heroes » convaincra sans doute les plus rétifs.
Un des autres atouts du disque est sa dynamique globale : les compositions sont franchement plus enlevées et plus puissantes que sur le premier opus. On est plus franchement dans le métal mélodique à petites touches symphoniques du fait des gros chœurs que dans l'AOR apaisée du premier disque. Et la qualité des compositions a suivi. Peut-être cela s'explique-t-il par le fait que les deux compositeurs attitrés du projet, Mat Sinner (Primal Fear, Sinner) et Magnus Karlsson (Starbreaker, Primal Fear aussi) œuvrent ici dans un style qui leur convient mieux car plus proche de leur identité musicale originelle. On remarquera toutefois qu'il se débrouille bien quand les compositions se ralentissent (la ballade « Oceans Of Tears » ou la power ballade « Walk On Water » assez pop mais quand même catchy). Le fait que Magnus Karlsson ait soigné ses solos fréquemment très bons (écouter « Open Your Eyes »), montre bien qu'il a pris son boulot au sérieux.
De la sorte que ce City Of Heroes s'écoute avec grand plaisir. Franchement, j'en suis arrivé à la conclusion que le disque constitue une expérience musicale en rien bouleversante ni originale, mais la garantie d'un bon moment musical beaucoup plus digeste que bien d'autres productions sorties récemment.
Baptiste (7/10)
Frontiers / 2015
Tracklist : 1. City Of Heroes 2. Walk On Water 3. Rising Up 4. Salvation 5. Lights Out 6. Breaking Neptune 7. Ocean Of Tears 8. Open Your Eyes 9. Last Goodbye 10. After The Night Is Over 11. Run With A Dream 12. Right Now