Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

A Life Divided – Human

oshy_23042015_A_Lif_DividQuand votre chanson préférée d’un groupe s’avère être la reprise d’un tube archi-connu des années 80, une chanson que vous appréciez particulièrement, ce n’est jamais vraiment un bon signe. Voici pourtant le constant que je suis bien obligé de faire à l’orée de la rédaction de cette chronique du nouvel album des allemands d’A LIFE DIVIDED. Grâce aux bons offices de son label AFM Records, nous suivons leurs aventures depuis 2010 et nous n’avons malheureusement jamais été d’un immense enthousiasme fasse à ces chansons.

Un peu plus de deux ans depuis la sortie de leur précédent opus, The Great Escape (chronique ici), de l’eau a coulé sous les ponts et pourtant les munichois n’ont rien changé à leur démarche et à leur approche artistique. Leur label parle d’électro/rock et on ne peut pas vraiment leur donner tort. Pour ma part je parlerai d’EBM mâtiné de rock mais cela revient finalement au moment : des mélodies faciles et accrocheuses, beaucoup de claviers et de sonorités typiquement électro enrichis de quelques rythmiques de guitares plus ou moins agressives. Les chansons se veulent directes et accessibles et tournent autour des quatre minutes histoire de maximiser la potentiel de passage en radio. Tout au long de Human vous oscillerez entre le pas trop mal et le franchement moyen, sans rien trouver vraiment capable de susciter un grand enthousiasme. Le savoir-faire est là, nos mais teutons savent ce qu’ils font mais cela se ressemble beaucoup trop et leurs trois albums sont interchangeables sans qu’une direction particulière ne se dégage. « Inside Me » ou « Could You » vous feront peut-être tendre l’oreille à travers leurs jolis refrains alors que « Own Mistake » ou encore « Right Where I Belong » risquent de vous laisser de marbre. Cette dernière composition est beaucoup trop lisse et sucrée pour vraiment convaincre.

Je critique, je critique et pourtant A LIFE DIVIDED n’en a cure et mène une solide carrière outre-Rhin. Ils trustent régulièrement les sommets des charts teutons et prennent part à de belles tournées en compagnie d’EISBRECHER ou APOCALYTPICA par exemple. Comme quoi, comme disent les allemands, « Das Hemd ist jemandem näher als der Rock » (Chacun voit midi à sa porte). Je reste pour ma part dubitatif.

Oshyrya (06/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

AFM Records / 2015

Tracklist (52:12 mn) 01. Burst 02. The Most Beautiful Black 03. Inside Me 04. Own Mistake 05. Right Whre I Belong 06. Just Nothing 07. Could You 08. Drive 09. My Apology 10. Believe 11. Live Forever 12. Lay Me Down 13. Happy End

oshy_20042015_Sloven_WorlNous avons souvent tendance à l’oublier de nos jours mais la musique reste plus que jamais une affaire de patience et de passion. A l’heure où des labels font et défont des groupes en quelques semaines, il est toujours salvateur de rappeler qu’un son, un caractère et une identité artistique prenne du temps pour naître et gagner en maturité. Nos compatriotes de SLOVENLY WORLD sont bien conscients de l’importance de ce chemin et progresse étape par étape. Créé en 2008 au Creusot, Le quintet mettra quatre ans pour accoucher en 2012 d’une première sortie, un EP appelé Alternate Ending. Après une cinquantaine de dates en France pour mieux se faire connaitre, le groupe sort en février 2014 Between Clouds and Earth son premier album et compte bien profiter de toutes les opportunités possible pour le défendre sur scène près de chez vous.

SLOVENLY WORLD ne cache pas apprécier des groupes comme MACHINE HEAD, SLIPKNOT et GOJIRA et cela se comprend aisément à l’écoute de ces dix chansons. La démarche s’avère être très proche, un mélange de style varié mais toujours bien rentre-dedans, bourré d’énergie, de colère et d’agressivité. Le quintet n’amuse pas la galerie et enchaine les offensives avec efficacité. Le disque débute sur les chapeaux de roue et la minute d’introduction de « My Livid Look on the Cross » fait office de calme avant que la tempête ne se déchaine. L’approche est résolument moderne, les riffs de guitares à la fois véloces et techniques tranchent dans le vif bien soutenu par une section rythmique basse/batterie au diapason. SLOVENLY WORLD n’a pas cherché midi à quatorze heure, l’impact se doit d’être direct et immédiat. Les chansons se veulent sans chichi, très resserrées pour atteindre en quelques secondes leur plein potentiel. Cela tabasse sec mais la victime est plus de consentante. Un mot également sur le chant de Florian Tribollet. Amis poètes, passez votre chemin, le monsieur ne s’économise pas et crache avec entrain ses poumons. Et pourtant sa prestation est loin d’être monolithique. Il varie beaucoup son chant principalement hurlé mais n’hésite pas à passer dans un registre chant clair quand cela s’avère nécessaire.

Les français risquent d’en impressionner plus d’un grâce à un Between Clouds and Earth solide et bien exécuté. Le son reste assez brut mais cela ne dessert pourtant pas ces compositions. On devine que les frnaçais ont fait avec le smoyens du bord et pourtant, la forme rejoint le fond. Cette production un peu « râpeuse » souligne encore plus la subtile violence de SLOVENLY WORLD. Reste maintenant à transformer l’essai sur scène, mais pour cela, nous leur faisons toute confiance.

Oshyrya (07/10)

 

Facebook Officiel

 

Autoproduction / 2014

Tracklist (43:22 mn) 01. My Livid Look on the Cross 02. My Last Tears 03. Is this Reality 04. Venom 05. Between Clouds And Earth 06. Am I Still Alive 07. PILLS 08. Black Mirror 09. Heads or Tails 10. In the White Sand

Gallows – Desolation Sounds

150426GallowsDesolationsoundsEt le son de Gallows ralentit encore. Depuis son premier EP, Demo, sorti en 2005, c’est à croire que le quatuor issu de Watford n’a de cesse que de baisser le rythme. Issu de la scène hardcore, le groupe mené par Laurent Barnard nous régale, avec ce Desolation Sounds, d’un mélange très britannique de métal et de hardcore lourd, noir, tout de mid tempo dévastateur. Exit la reprise de Starring at the Rudeboys avec la présence de l’étoile noire du grime (version dure et britonne du hip hop) Lethal Bizzle. Les guitares sont plus structurées, rentre dedans, comme si la violence des premiers exploits avait laissé la place à une brutalité plus méthodique.

Le combo a, semble-t-il, revisité sa discothèque pour comprendre que la lourdeur est bien l’apanage du métal britannique et ce, depuis – au bas mot – Black Sabbath. Sans pour autant flirter avec le doom, le groupe structure les 10 titres de ce quatrième album sur la base d’une batterie qui n’a rien à envier à un marteau pilon. Elle structure chaque titre, lui ouvrant de possibles accélérations ou lui imposant la rigueur mécanique d’un défilé funéraire. Il faut les relents hardcore que constituent les chœurs virils pour aérer un tant soit peu cette noirceur assumée. Le départ de Steph Carter, l’autre guitariste, en 2013, après celui de son chanteur de frère, Franck, en 2011, n’est sûrement pas étranger à ce qu’il faut bien considérer comme un virage musical. Il n’y a pourtant pas de rupture franche d’un album à l’autre, mais une évolution marquée, régulière, qui ne s’arrête pas. Et c’est tant mieux.

Elle permet à Gallows de nous délivrer un opus cohérent de bout en bout, structuré autour de trois titres phares, qui sont autant d’arrêtes : Chains, Bonfire Season et Swan Song. O certes ! L’auditeur est en droit de penser que le thème de la fin, de la « désolation », omniprésent dans les titres (Cease to exist, Mystic Death, Death Valley Blue, Swan Song…), ne trahit pas la joie de vivre. Nul ne le contesterait. Mais, la musique qui porte ces textes est tout sauf complaisante. Elle progresse, tel un bulldozer, nous contraignant de cesser là toute activité qui viendrait brouiller l’écoute. Et, finalement, que demande-t-on à un morceau de musique si ce n’est cela : nous tirer par la manche pour nous entraîner dans un autre univers, aussi noir et plombé qu’un ciel anglais soit-il ?

Parce que, pour être Anglais, Gallows le sont jusqu’aux os. Watford, leur berceau, fut un grand centre industriel, les usines d’aviation Rolls-Royce en étaient voisines. De ce passé glorieux, il reste Iveco, de l’emploi tertiaire et la désespérance pour les générations actuelles issues de la classe ouvrière, sans parler de celles à venir. La ville fut au cœur de cette Grey Britain, saluée par Gallows dans un album éponyme en 2009 à l’occasion de leur passage écourté sur une major. Cet épisode a eu pour effet de renforcer la rage du groupe, sans que la dite ne se nourrisse de rancune. Comme si la désolation industrielle faisait naître des sons absolument essentiels pour celles et ceux qui ont encore quelque chose dans le ventre. C’est là, à ce point précis, que Gallows nous attrape par les tripes avec ce Desolation Sounds aussi vital qu’une dark ale un soir de pluie. Et ce n’est pas la moindre des contradictions de cet album que de délaisser l’environnement social au profit d’une quête plus spirituelle, tout en nous empêchant de penser à autre chose qu’aux murs des usines vides. This is England, dudes.

Nathanaël Uhl (9/10)

Facebook officiel : www.facebook.com/gallows

Site officiel : www.gallows.co.uk

Venn Records (2015)

Tracklisting : 1. Mystic Death (3:47) 2. Desolation Sounds (2:22) 3. Leviathan Rot (3:20) 4. Chains (4:18) 5. Bonfire Season (3:30) 6. Leather Crown (4:22) 7. 93/93 (2:26) 8. Death Valley Blue (3:22) 9. Cease to Exist (4:20) 10. Swan Song (3:48)