Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Barren Earth a toujours suscité chez moi un grand intérêt qui s’est peu à peu transformé en un réel enthousiasme et ce dès sa formation avec l’annonce de son premier EP dans le courant des années 2008 / 2009. Ce groupe avait démarré alors comme un projet mené sous l’impulsion d’Olli-Pekka Laine plus connu pour avoir tenu la basse pendant de nombreuses années dans Amorphis. Il faut savoir qu’il ne tenait pas qu’un second rôle au sein de cette première et illustre formation puisque qu’on le retrouvait à l’origine de la composition de nombreux titres d’Amorphis sur les albums cultes que sont The Karelian Isthmus, Tales From The Thousand Lakes et Elegy. Très peu de temps après sa création le projet s’est muté en une sorte de dream team du Metal finlandais pour en faire un groupe à part entière dès la sortie du premier EP Our Twilight en 2009 (chronique ici).


Regardez-moi un peu ce line-up assez hallucinant : Kasper Mårtenson (Turisas (live)) aux claviers qui a été compagnon de route d’Olli-Pekka au sein d’ Amorphis sur le mythique Tales from the Thousand Lakes où il a lui aussi composé pour cet allbum, Marko Tarvonen (Moonsorrow, October Falls, Thy Serpent, Lakupaavi) à la batterie, Sami Yli-Sirniö (Kreator, Waltari) aux guitares, Janne Perttilä  (Põhjast, Rytmihäiriö, Moonsorrow (live)) aux guitares et Mikko Kotamäki de Swallow the Sun au chant. Ce Line-up restera inchangé et accouchera de deux albums  Curse of the Red River en 2010 et The Devil's Resolve en 2012 qui étaient assez colossaux dans un genre Doom Death Metal Progressif. Le groupe assura aussi bon nombres de concerts en soutiens de ses albums et évacua ainsi l’idée que l’on se faisait de lui à savoir une affaire de musiciens aux vues de sessions en studio. On peut d’ailleurs aussi remarquer et saluer l’implication notable de Sami Yli-Sirniö dans le processus de composition qui apporte une touche de folie et de virtuosité au tout déjà très carré et séduisant.


Comme vous l’aurez compris aux vues du background de ses musiciens le groupe reprenait dans sa musique les choses là où Amorphis les avait laissés en 94/96 à savoir un Death Metal de type Oldschool et finnois assaisonné d’éléments issus du Rock Progressif des 70s souvent Folk et qui ne rechignait pas non plus à ralentir le tempo et à donner dans le Doom Death Metal. Je me rappelle que les critiques d’alors n’avaient pas trainées à tomber dans une fainéantise intellectuelle et qui de manière assez injuste avaient souvent taxé Barren Earth de sous Opeth, sous Amorphis ou sous Swallow The Sun. Pour ma part j’ai toujours vu ce groupe de manière très particulière et lui prêtait des intentions bien plus audacieuses. J’ai toujours trouvé leurs compositions bien supérieures à celle d’un Opeth qui sombrait à mon gout trop souvent dans la complexité et la démonstration stérile ou à un Amorphis qui lui se vautrait dans la guimauve et la mièvrerie d’un easy listening Metal grand publique. Quant à la comparaison avec Swallow The Sun je n’en parle même pas car il faut vraiment être paresseux ou avoir de la merde dans les esgourdes tant les deux groupes ne jouent pas avec les même codes musicaux !


L’annonce est tombée il y a quelques mois d’un léger changement au sein du line-up avec l’arrivée au chant pour remplacer Mikko Kotamäki de Jón Aldará qui officie également dans le groupe de Doom Death  Metal Atmosphérique Clouds. Dans un premier temps cela m’a laissé circonspect mais quand j’ai pu écouter le résultat lorsque le groupe a dévoilé sur le net via Youtube le titre éponyme qui figure sur ce On Lonely Towers, j’ai littéralement été emballé et conquis (news dans Metalchroniques ici) ! Le groupe a définitivement balayé le peu de matière pop/rock catchy qui lui valaient les éternels rapprochements avec ses compatriotes d’Amorphis. Attention je parle ici du Amorphis contemporain (de Eclipse à maintenant) car pour ce qui est de l’ancien Amorphis à savoir ce Doom Death Metal Progressif, leur musique y fait toujours allusion. C’est tant mieux et ce n’est certainement pas le fan absolu du old Amorphis qu’est votre humble serviteur qui s’en plaindra vu que le dit Amorphis a une fâcheuse tendance à être peu inspiré voire très putassier sur ces cinq dernières réalisations ! Ça c’est dit !


Cependant Barren Earth prend un peu tout le monde à contrepied puisqu’il a opté pour un chant clair dans une veine Heavy Doom Melal très lyrique pour contrebalancer ses coups de boutoirs Doom Death Metal. On peut tous crier «BINGO » car ce chant est absolument somptueux entre celui d’un Messiah Marcolin (Candlemass) et celui plus théâtral d’un ICS Vortex (Arcturus). Il apporte à la musique de Barren Earth une sacrée emphase épique et rompt de manière brutale avec celui de son prédécesseur ! Un coup de poker gagnant !


Je vous recommande grandement l’écoute de morceaux comme « A Shapeless Derelict » « Howl », « Set Alight », « Chaos The Song Within » ou « The Vault » pour vous faire une idée de la musique pratiquée. En plus d’être des réussites totales ils dressent un éventail stylistique des plus représentatifs : arpèges de guitare acoustique ou de piano classique, Deathgrowls ravageur et ultra caverneux, pesanteurs mélancoliques Doom Metal, errances progressives et folkloriques voire psychédéliques, envolées lyriques qui donnent la chair de poule, éruptions de blastbeats ou de up-tempo tonitruants et bon nombres de passage Heavy Metal tous plus remarquables les uns que les autres. Je peux vous dire que tout le reste de l’album est du même acabit ! Sans compter que la production est sobre, juste comme il faut mais polyvalente et très efficace. Elle traite de manière habile les moments de saturation et les passages plus instrumentaux ou autres arrangements progressifs toujours avec cette même justesse. Enfin pour une fois l’artwork est pas mal quand on le compare à celui de l’album précédant qu’il faut bien dire était vraiment à chier !


Si vous avez bien suivi, vous aurez alors compris que je trouve On Lonely Towers brillant et ultime sur toute sa longueur ! Barren Earth se paie le luxe de moucher tous ses détracteurs un par un et balaye toute tentative de comparaison avec les autres groupes auxquels la critique avait trop souvent et de manière abusive tendance à le comparer. Il s’émancipe en ouvrant un vaste champ Heavy Doom Metal à sa musique là où elle avait un peu trop tendance à rester coincée entre les deux albums de Amorphis que sont Elegy et Tales From The Thousand Lakes et les références issues du Folk Rock Progressif 70s chères à notre autiste de Mikael Åkerfeldt. Un album ultime qui va marquer mon année 2015 car je peux déjà vous assurer que cet album figurera dans mes tops en fin d’année ! Du tout bon en somme !


FalculA (9/10)

 
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Century Media / 2015
Tracklist (64:44) 1. From the Depths of Spring 2. Howl 3. Frozen Processions 4. A Shapeless Derelict 5. Set Alight 6. On Lonely Towers 7. Chaos the Songs Within 8. Sirens of Oblivion  9. The Vault

Toto – XIV

TOTO-XIV-200x200Les fans de Toto ne pouvaient que frémir au retour de l'enfant prodige, Joseph Williams, au sein d'un Toto reformé en 2010. Il ne s'agissait au départ que du projet d'une tournée pour lever des fonds en soutien à Mike Porcaro, alors en lutte contre la sclérose latérale amyotrophique qui l'a finalement récemment emporté. Et aussi de reformer ce qui pouvait le plus ressembler au line-up originel de Toto avec Steve Lukather, David Paich, Steve Porcaro et Joseph Williams en remplacement d'un Bobby Kimball dont Steve Lukather critique les dernières performances vocales. Sans bassiste officiel jusqu'à ce jour, Toto se relance toutefois par des concerts très bons et durant lesquels les performances vocales de Williams s'avèrent excellentes… L'idée d'un album studio succédant à Falling In Between s'imposait donc. 

Or, lorsqu'on parle des albums studios de Toto avec Joseph Williams, les fans ne peuvent que penser à Fahrenheit (1986) mais surtout au légendaire The Seventh One (1988), sans doute leur meilleur disque, devant les pourtant fameux Hydra ou IV. C'est dire que le limogeage de Joseph Williams en 1989, remplacé par le fort médiocre Jean-Michel Byron, a toujours laissé un arrière-goût de déception et de regret aux amateurs du groupe américain. En 2015, Toto propose donc un successeur à Falling In Between mais en fait, d'une certaine manière à The Seventh One avec un disque arborant comme titre, d'une manière qui n'est sans doute pas fortuite, le numéro XIV. 

Pas de hits à l'horizon ma sœur Anne ?

Las : si les meilleurs disques de Toto portent simplement un numéro ou un chiffre comme I (1979), IV (1982) ou The Seventh One (1988), ici la règle ne sera pas confirmée. Sur ce point XIV n'est et ne sera pas un grand disque de Toto. On le logera sans doute au niveau de la qualité au niveau d'un Turn Back ou d'un Mindfields, voire en dessous. Certes le groupe a retrouvé une partie de la chaleur et de la légéreré quasiment absente du puissant et progressif Falling In Between. Et sur ce point, le retour de Joseph Williams est significatif. Certes, on y trouve de nombreux solos californiens et très inspirés de Steve Lukather (« 21th Century Blues », en outre très réussi). Et on y remarque aussi des morceaux aux relents pop assumés comme le bien beau single « Orphan » ou le chaloupé « Chinatown » et ses forts relents west coast. Cependant, même si la qualité de ces morceaux est à constater, le ton est souvent un peu sage et apaisé, surtout vers la fin d'un disque qui dure presque une heure. Il n'y a rien là de quoi égaler les « Hold The Line » ou « Pamela » de jadis. 

Heureusement que les vocalises de Joseph Williams aussi fines que variées sont fréquemment présentes pour relancer l'intérêt. Il aurait été bienvenu, au passage, que Toto cesse de sous-employer ses chanteurs lead au profit d'un David Paich au timbre toujours aussi banal ou d'un Lukather qui en fait ne vaut le détour que sur les titres lents (« The Unknown Soldier » très lyrique et orchestral). Quant à Steve Porcaro, qui empoigne le micro sur le trop variétoche « The Little Things », il aurait sans doute pu s'abstenir. 

Du très bon toutefois

Il y a tout de même du très bon sur XIV, du très bon qu'on goûtera sans doute en live tant ces chansons méritent d'être présentées sur scène. Il s'agit d'abord des titres les plus rock d'ailleurs, tels « Running Out Of Time », nerveux et dynamique et judicieusement placé en ouverture, et « Holy War », dans la même orientation. Ces morceaux sont portés par un Williams très en forme mais aussi par la batterie véloce de Keith Carlock qui remplace parfaitement Simon Philipps. Cette dernière participe d'une musicalité qui explose particulièrement sur deux titres de haute tenue : « Burn » dont la finesse musicale renvoie aux passages les plus progressifs d'Hydra, et l'ambitieux « Great Expectations » dont les parties musicales finales sont tout particulièrement superbes

XIV faut donc toute de même le détour et trouvera sa place dans une discographie à la qualité globale indéniable, n'en déplaise aux rock critics thuriféfaires des compositions à trois accords. Il ne sera pas un classique et n'enterrera pas The Seventh One mais, eu égard à une carrière de trente-cinq ans, la forme des grand-pères du rock mélodique est encore à relever. Voilà bien un disque dont ils n'ont pas à rougir.  

Baptiste (7,5/10)

 

Frontiers / 2015

Tracklist : 1. Running Out Time 2. Burn 3. Holy War 4. The 21th Century 5. Orphan 6. Unknown Soldier 7. All The Things 8. Chinatown 9. All The Tears That Shine 10. Fortune 11. Great Expectations 

Periphery – Juggernaut: Alpha

Press_Cover_01Votre serviteur a toujours connu une drôle de relation avec les américains de PERIPHERY. J’adorerais aimer le groupe et pourtant à chaque fois j’ai été déçu. Trop technique, trop dans la démonstration stérile, beaucoup de capacités mais trop peu de cœur. Ce phénomène se reproduit album après album mais malheureusement également sur scène. Mais l’espoir fait vivre comme on dit et je suis prêt à changer d’avis à l’occasion de la sortie de leurs nouveaux albums.

Les plus perspicaces noteront mon emploi du pluriel car PERIPHERY ne revient pas avec un mais bien deux albums en 2015 formant l’entité Juggernaut. Voici tout d’abord Alpha qui se verra complété par la sortie simultané d’un deuxième opus titré Omega. Juggernaut est un concept en développement depuis plusieurs années. Misha a composé à l’origine une série de démos au tout début de l’aventure PERIPHERY qui se voulait être différentes sections d’une très longue composition qui s’appelait alors « Juggernaut ». Ce titre-fleuve comportait à ce moment-là divers mouvements qui sont plus tard devenus des chansons à part entière comme « Icarus Lives » et « Jetpacks was Yes » qui sont apparues sur le premier opus éponyme des américains. L’idée d’une seule chanson fleuve ayant été abandonné le concept a été retravaillé par le groupe pour devenir la base d’un album complet. Le travail de mise en forme et de finalisation a pu alors commencé en juillet 2014 et a débouché sur l’enregistrement de deux albums.

Juggernaut: Alpha se présente sous la forme de dix nouvelles chansons assez courtes pour PERIPHERY, calibrées autour des quatre ou cinq minutes. A l‘écoute su sobre « A Black Minute » on pouvait se dire que les américains avait choisi simplifier sa musique et d’aller à l’essentiel en supprimant beaucoup de toute cette guimauve qui ne faisait plaisir qu’à la frange la plus geek de son public. Mais cette impression ne dure pas et dès les premières secondes de « MK Ultra » le groupe reprend ses bonnes vieilles habitudes et tomber dans la démonstration technique sans âme en singeant maladroitement la scène djent et MESHUGGAH en particulier. Ils se rapprochent même dangereusement des groupes metalcore qui nous polluent des oreilles à longueur d’albums. Oui ce sont des musiciens de grands talents avec un savoir-faire remarquable mais ils semblent prendre un malin plaisir à s’enferrer dans une démarche élitiste et peu intéressante. Ils semblent ne pas grand cas de la célèbre phrase de Spiderman, « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». PERIPHERY a le potentiel pour être le DREAM THEATER de la nouvelle génération mais ils s’obstinent à nous décevoir. Dans sa globalité Alpha déçoit entre chansons mollassonnes et brûlots bêtement bourrins. Les mélodies tombent souvent à plat et manquent nettement d’attractivité. Et puis Spencer Sotelo montre encore une fois rapidement ses limites derrière le micro. Oui il fait de son mieux, ils alternent les chants clairs et hurlés mais manque de caractère et de charisme.

Qu’il est triste de constater que PERIPHERY est à son meilleur et nous donne du plaisir uniquement lors des courts interludes instrumentaux comme « The Event » ou « Four Lights ». Ils peuvent aussi parfois nous impressionner sur « Rainbow Gravity » mais cela ne dure malheureusement pas. Ces rares flashs de lumière éphémère ne suffisent pas à nous contenter et la déception reste vivace. Encore un coup pour rien pour les américains.

Oshyrya (05/10)

 

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Century Media / 2015

Tracklist (41:28 mn) 01. A Black Minute 02. MK Ultra 03. Heavy Heart 04. The Event 05. The Scourge 06. Alpha 07. 22 Faces 08. Rainbow Gravity 09. Four Lights 10. Psychosphere