Jusqu’à présent, mon seul contact avec Nasty avait été sous une des tentes du Hellfest en 2011, vite fait, bien fait, quelques morceaux (le temps de les shooter) qui ne m’avaient pas forcément laissé un souvenir impérissable. En même temps, au Hellfest, après 3 jours, trop de bières et 20 kilomètres parcourus entre les scènes pour shooter un max de groupes, les souvenirs sont souvent assez vagues. Et finalement, si nos chemins se recroisent, c’est un peu grâce au hasard et à un ancien confrère qui vantait les qualités du nouveau clip du groupe sur Facebook. Il n’en aura donc pas fallu plus pour attiser ma curiosité (ce jeune homme ayant bon goût en Metal) et me voilà donc avec un album qui, sur le papier, risque pourtant d’avoir du mal à me convaincre.
Et pourtant, Shokka est au final une bonne petite surprise comme je les aime. J’ai beau avoir souvent du mal avec le genre pratiqué (hardcore beatdown méchant), Nasty tire son épingle du jeu avec une hargne en béton armé. Chaque morceau est un uppercut en pleine gueule, les moshparts donnent une envie irrésistible de coller des pains à la ronde, et le tout dégage une énergie furieuse (mention spéciale à « Phönix » et « Politessenhass » et leur chant en allemand). Avec ses riffs de bûcheron et ses gangs vocals en furie, Shokka frise certes la caricature, mais le tout reste cohérent et efficace. Et pour ceux qui auraient envie de réduire Nasty à une bande de brutes sans talent, qu’ils écoutent leur outro digne de ce que Heaven Shall Burn peut faire de mieux.
Shokka vaut clairement le détour, et rares sont les galettes de hardcore qui me plaisent autant, grâce à cette hargne constante. On regrettera peut-être juste que l’édition limitée propose trois titres live au son plutôt discutable, mais la partie studio se suffit à elle-même.
BDHW / 2015
Tracklist (xx:xx) 1. Shokka 2. No 3. Phönix 4. Lying When They Love Us 5. The Heat 6. Real Talk 7. Skit 8. Fantasia 9. Rebel With A Cause 10. Skit 11. Politessenhass 12. Interlude 13. Irreversible 14. Fire 15. Outro 16. Fire On The People (Bonus – Live) 17. Hell On Earth (Bonus – Live) 18. Slaves To The Rich (Bonus – Live)
Il faut l'admettre : les irlandais de The Answer n'arrivent pas à quitter la seconde division de la scène metal. Et c'est totalement injuste car le groupe enchaîne les disques excellents et les concerts de haute tenue devant des assistances plus ou moins fournies sans jamais faiblir. Mais rien ne change puisqu'on a pu voir encore récemment les irlandais ouvrir pour Black Stone Cherry, un groupe sympathique mais à des années lumières en terme de qualité musicale. Comment un groupe animé par un des meilleurs chanteurs du genre en activité, Cormac Neeson, et un compositeur de la carrure de Paul Mahon n'arrive-t-il pas à décoller ? Je m'interroge toujours.
Il y a tout lieu de penser que cette triste situation ne changera pas avec Raise A Little Hell. Pourtant le disque est très bon… Comment d'ailleurs un disque s'ouvrant sur le phénoménal « Long Live The Renegade », véritable hymne de hard rock classique, pourrait-il ne pas l'être ? Et ce d'autant plus que la suite du disque maintient le cap avec notamment quelques très grandes réussites : dans un genre groovy et puissant « Red », dans une optique plus apaisée « Cigarettes And Regret » ou surtout la superbe ballade « Strange Kinda' Nothing » ; tous ces titres font mouche. La musique de The Answer regorge toujours autant d'un feeling rock et bluesy dans le sillage du meilleur Led Zeppelin, Bad Company ou AC/DC. Et Neeson est impérial.
Pourquoi tout cela ne fonctionnerait donc pas ? Peut-être parce qu'à la différence de ces prédécesseurs, Raise A Little Hell est un peu moins fougueux, concentré qu'il est sur des mid-tempos (malgré une bonne flopée d'exceptions comme l'immédiat « I Am Cured » ou surtout « Whiplash ») ? Espérons que ce ne soit un argument qui empêche de The Answer de recueillir tout le succès qu'il rmérite.
Baptiste (8/10)
Napalm Record / 2015
Tracklist : 01. Long Live The Renegades 02. The Other Side 03. Aristocrat 04. Cigarettes & Regret 05. Last Days Of Summer 06. Strange Kinda’ Nothing 07. I Am What I Am 08.Whiplash 09. Gone Too Long 10. Red 11. I Am Cured 12. Raise A Little Hell
Reconnaissons aux groupes de metalcore un vrai talent pour trouver des noms improbables mais d’une rare efficacité. Et cerise sur le gâteau, ils semblent apporter une attention très particulière à leurs visuels souvent très soignés et accrocheurs. Les britanniques d’OCEANS ATE ALASKA se conforment à ces deux règles avec un premier album, Lost Isles. Les anglais font référence au plus grand tsunami jamais enregistré (524 m de haut !), un « megatsunami » qui s’est produit en 1958 et a frappé Lituya Bay en Alaska. Un journal avait alors titré « Les océans ont mangé l’Alaska ». Originaire de Birmingham, le quintet est né en 2011. Ils franchissent rapidement les étapes pour signer après mloins d’un an d’existence avec Density Records en 2012. Avec ce label, ils publients deux EPs cette même année: Taming Lions et Into the Deep. Nous jetterons un voile pudique sur leur contribution à la compilation Punk Goes Pop 6 de leur nouveau label Fearless Records. Faire une reprise du « Drunk in Love » de BEYONCE ne peut être qu’une très mauvaise idée.
Malheureusement, mon enthousiasme sur la forme allait fondre comme neige au soleil devant le metalcore super cliché distillé par les anglais. Nous serons d’accord pour dire que nos amis savent générer un sacré boucan mais il sera ardu de retrouver ses petits dans cette tempête hétérogène construite sur tous les clichés du genre. Oui les riffs sont bourrins et saccadés à souhait, oui les musiciens font preuve d’une certaine maestria technique, oui le chanteur crache ses poumons à longueur de chansons mais une fois tout ça pris en compte, il ne reste pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les titres sont courts et s’apparentent à de belles mandales assénées les unes après les autres mais vous risquez de vite vous lasser à moins d’être particulièrement maso. Je me suis en tout rapidement fatigué tant OCEANS ATE ALASKA manque cruellement de personnalité et de caractère. Imiter, même avec un certain talent, les petits camarades ne suffit pas et Lost Isles tourne en rond sans pouvoir obtenir l’adhésion de l’auditeur. La lune de miel n’aura duré qu’un bref instant, à notre grande déception, le ramage des britanniques est loin d’être aussi prometteur que leur plumage. A moins d’être un adolescent en pleine crise de rébellion, passez votre chemin, vous gagnerez ainsi du temps et de l’argent.