Je discutais récemment de l’importance du nom pour un groupe avec les britanniques de STONEGHOST et au moment d’entamer la rédaction de cette chronique, je m’interroge sur la drôle d’idée qui a bien pu passer par la tête de nos deux camarades transalpins pour choisir le sobriquet de FRANKENSTEIN ROOSTER comme patronyme. Vous m’accorderez que le « coq Frankenstein » risque d’en laisser plus d’un dubitatif. L’aventure a débuté en 2008 sous l’impulsion du guitariste transalpin Raffaello "Rafahel" Indri (ELVENKING, HARDUO) rejoint, dans un deuxième temps, par le batteur Camillo Colleluori (HOLLOW HAZE. Ils ont travaillé sur ce disque avec l’idée de mélanger différents genres musicaux au sein de ce projet annexe. Ils n’en sont pas à leur premier méfait puisque FRANKENSTEIN ROOSTER possède déjà à son actif un premier opus, The Mutant Tractor, publié en 2009.
Et on reprend les mêmes pour offrir aux fans un deuxième chapitre de cette aventure iconoclaste. Toutes les compositions sont instrumentales et naviguent sur des rivages très variés, entre funk, jazz, et gimmicks plus rock, le tout sur une base heavy métal. Après plus de cinq années, FRANKENSTEIN ROOSTER a évolué vers un sn plus lourd et complexe, enrichi par divers arrangements électroniques. Cela part vraiment dans tous les sens et les italiens n’ont pas hésité à piocher divers éléments ici et là au risque de proposer un patchwork parfais franchement hétérogènes. Le voyage musical ainsi proposé révèlera bien des surprises, citons par exemple ces extraits de films (dont Star Wars) sensés donné ce ton décalé et bizarre qui semble faire le délice des deux instigateurs de ce projet. Dans l’ensemble, The Nerdvrotic Sounds' Escape s’apparente à un OVNI musical qui ravira certains et remplira les autres d’un doute bien compréhensif. Il serait quand même dommage de ne pas tenter sa chance car certaines mélodies s’incrustent très aisément dans la tête et vous aurez toutes les peines du monde à vous en débarrasser (« Elektro Raptor »). Cette approche sans limite et complétement barrée, « out of the box », n’est pas sans rappeler la démarche d’un FREAK KITCHEN ou d’un WALTARI, le côté virtuose de la guitare en moins même si Indri est loin d’être un manchot.
Il s’avère ardu de statuer sur le cas de FRANKENSTEIN ROOSTER. La moitié du public devrait rester insensible aux charmes des transalpins pour le côté instrumental et déjanté de la démarche. Mais le pari est loin d’être gagné car l’autre moitié, plus curieuse et ouverte, risque quand même de rencontrer beaucoup de difficultés à s’immerger dans l’univers du groupe. Ces chansons, à l’image du nom du groupe et de la pochette, ne manquent pas d’atouts. L’innovation et la prise de risques devraient se voir récompensés dans un monde idéal. VDM !
Oshyrya (07/10)
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Scarlet Records / 2015
Tracklist (53:30 mn) 01. The Nerdvrotic Sounds’ Escape 02. Elektro Raptor 03. The Spirit Of Shawn (Lat In Metal) 04. Beastly Dancing 05. Walking Shred 06. Mullog 07. The Phantom Of The 13th Orange 08. Cthulhu Racing 09. Flying In A Yoda’s Dream 10. Sevean Argagn Dance
Fin des années 90, personne n'aurait misé un kopeck sur une reformation de Morgoth. Marc Grewe, lors de la promotion de la nécessaire compilation 1987-1997 : The best of Morgoth (elle comporte la démo Pits of Utumno), avait affirmé qu'il était peu probable que le groupe allemand se retrouve un jour. Perdu ! En 2010, il repart sur les routes pour une série de shows explosifs puis un obligatoire et lucratif album live (Cursed to live). La machine est relancée. Un nouvel opus est annoncé. Tout se passe bien quand un coup de tonnerre éclate : un mois avant l'enregistrement, le vocaliste historique (Grewe) se fait sacquer et remplacer par Karsten "Jagger" Jäger (Disbelief). Émoi, inquiétude, incompréhension… C'est dans ce climat de doute qu'Ungod débarque sur les platines.
Malgré un accouchement douloureux, ce quatrième album est un excellent cru. Par bonheur, le quintet évite soigneusement de rééditer l'écart de conduite provoqué par Feel sorry for the fanatic. Ici, point d'indus-rock ; Ungod remet les pendules à l'heure et nous ramène à l'époque du fiévreux Cursed. L'album nous propose une suite ininterrompue de titres imparables. Les mélodies s'intègrent immédiatement dans le cortex (« House of blood ») tandis que bon nombre de riffs « old school » (« God is evil ») malmènent l'auditeur consentant. La formule reste basique mais est d'une efficacité redoutable. Morgoth nous propose ce qu'il sait faire de mieux : un death metal lourd, à l'ancienne. Mais la grande surprise provient de ce nouveau chanteur que personne n'attendait. Karsten Jäger, fraîchement embarqué, abat un boulot monstre. Il fait oublier Marc Grewe (pas une mince affaire) et son raclage de gorge est exemplaire. Il dynamise l'identité de Morgoth. Et réalise un parcours sans faute.
Ungod est l'acte de résurrection entériné de Morgoth. Dépassant tous les espoirs tout en restant garant d'une tradition séculaire, cet album montre que l'on peut revenir sur le devant de la scène ; sans se renier… Et en proposant une musique de qualité.
Nico (8,5/10)
Site Officiel: https://www.facebook.com/MorgothOfficial
Century Media/ 2015
01.House Of Blood 02.Voice Of Slumber 03.Snakestate 04.Black Enemy 05.Descent Into Hell 06.Ungod 07.Nemesis 08.God Is Evil 09.Traitor 10.Prison In Flesh 11.The Dark Sleep
Tiens ça fait un petit moment que je n’avais pas cité le terme Crust dans une de mes chroniques. Je pense que ça doit remonter à celle de Anarkökvlt (chronique ici) ou Downfall Of Gaia (chronique ici) et encore c’était pour des musiques où le Crust y était métissé avec d’autres genres ou sous genres. A bien y réfléchir je n’ai jamais parlé de Crust pur et dur en fait ! On ne débouchera pas le Champomy cette fois-ci car il s’agit avec Call Of The Void encore d’un Crust hybride comme nous allons le voir plus bas. Allez ! On s’y jette !
Call Of The Void est une formation récente puisque Ageless est leur seconde offrande. Elle fait suite à un premier effort Dragged Down a Dead End Path sorti en 2013. On peut dire que tout roule comme sur des roulettes pour le groupe puisque durant les deux années séparant leurs productions ils ont joué en première partie de références tels que Today is the Day, Eyehategod, Code Orange, Ringworm et Brutal Truth. Comme sur des roulettes je vous dit et ce n’est pas fini car fort d’une signature chez le renommé Relapse Records cette dernière sortie est réalisé dans l’antre de Andy Patterson qui a notamment bossé sur les albums de Subrosa, Eagle Twin ou Gaza. Le son est parfait d’ailleurs et il faut saluer le résultat d’une puissance jouissive !
Comme je le disais en introduction Call Of The Void tape dans le Hardcore Crust méchamment burné au Grindcore et au Sludge ! La vache, leur cocktail Molotov est simple et très efficace : sur une base Hardcore/Crust ils alternent accélérations Grindcore dignes d’un Napalm Death et des passages Sludge ou Noisecore dont certaines émanations rappellent fortement Converge (oui je sais je les cite souvent ceux-là mais qu’est-ce que j’y peux si nombreux sont les groupes piochant dans leur répertoire). Les vocaux ont un phrasé très percutant et des tonalités entre les parties agressives d’un Phil Anselmo ou les grognements d’un Mark Greenway.
L’alchimie que le groupe arrive à trouver sur certains morceaux est vraiment intéressante car on retrouve de manière homogène tous les éléments que je cite plus haut et que le tout sonne de manière diablement efficace ! Je pense notamment à « Ageless », « Old Hate », « The Hive » qui ont un équilibre parfait, ultime et ravageur entre bestialité Grindcore et un certain groove poisseux ou « The Sun Chaser » dont la fin est un véritable champ de bataille rangée et « Cold Hand » avec des attaques typiques du Hardcore New-Yorkais qui m’ont bien séduit. Tout est très agressif et bien viril tout du long et les petits intermèdes que sont « I » et « II » sont les bienvenues et permettent d’aérer la charge qui est résolument massive !
Pour finir l’artwork est simple, sobre mais intrigant et fort accrocheur, c’est un peu l’allégorie de la musique que Call Of The Void développe sur Ageless ! On peut tranquillement dire que le groupe passe sans encombre le cap délicat du second album et qu’en plus d’une confirmation Ageless installe Call Of The Void armé d’un style particulier qui lui est bien propre ! Chez moi on appelle ça un sans-faute et sa se récompense indubitablement!
FalculA (8,5/10)
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Bandcamp où l'album est en streaming
Relapse records / 2015
Tracklist (34 minutes) 1. Old Hate 2. Truth in Bone 3. The Sun Chaser 4. R.I.S. 5. Black Ice 6. I 7. The Hive 8. Cold Hands 9. Long Knives 10. Honor Among Thieves 11. II 12. Ageless