Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Frosttide – Blood Oath

oshy_22022015_FrosttiLe premier contact est souvent décisif, le coeur parle bien souvent avant la tête. Si un album se jugeait uniquement à son intro instrumentale, les finlandais de FROSTTIDE se positionneraient d'emblée tout en haut dans mon classement 2015. Je devine que beaucoup d'entre vous font déjà la moue en lisant ces quelques lignes, argumentant qu'une courte piste instrumentale, même soignée, restait bien accessoire. Et vous auriez raison, cette entrée en matière réussie est loin d’être vitale mais cela permet de mettre l’auditeur dans de bonnes dispositions alors qu’il s’apprête à découvrir un nouveau groupe. Nouveau groupe oui, pour votre humble serviteur, car les finlandais avaient jusqu’à présent échappés à mon radar. Pour vous (et moi) rappelons que FROSTTIDE est un quintet né en 2009 en Finlande sous l’impulsion de Joni Snoro (chant & guitares). Ils comptent déjà plusieurs sorties à leur actif avec deux EPs en 2010 puis en 2012 et finalement un premier album, Awakening, publié en 2013 déjà chez NoiseArt Records. Fort sde ces expériences, les voici de retour avec un second opus, Blood Oath. Ils ont eu récemment l'occasion de taper dans l’œil de certains d'entre vous en assurant la première partie d’ENSIFERUM dans l’hexagone. Il existe d’ailleurs quelques ressemblances entre les deux formations, à croire que les FROSTTIDE ont pris consciencieusement des notes concerts après concerts.

Pour être honnête avec vous, amis lecteurs, je n’attendais pas grand-chose de ce nouveau groupe tant les formations pullulent dans ce genre depuis le succès commercial de la scène dite "de Göteborg". Les cartons des albums d’IN FLAMES et autres SOILWORK ont créé bien des vocations pour un métal très mélodique conservant quelques (rares) touches extrêmes (au niveau du chant). Les mauvaises langues diraient que FROSTTIDE bouffent à tous les râteliers en évoluant dans une veine epic/dark/folk métal (rayez les mentions inutiles). La touche folk s'avère prégnante, le succès d’un KORPIKLAANI ne doit pas y être totalement étranger. Ne vous méprenez pas, je ne dis pas que les finlandais ne sont que d’infâmes opportunistes, ils assurment leurs choix et reconnaissons qu'ils ont eu le courage de se lancer.

Et ils ont bien eu raison de le faire tant ils montrent ici un vrai talent pour proposer des titres très accrocheurs, mélodieux et mon enthousiasme est monté crescendo au fur et à mesure des écoutes. FROSTTIDE me rappelle beaucoup WINTERSUN et c’est un excellent signe tant Time I (chronique ici), le dernier album de ces derniers constituent mon disque de chevet depuis sa sortie. Disons que FROSTTIDE reste un peu plus direct et moins orchestral. Vous trouverez dans le deux cas un talent solide pour mélodies catchy à souhait. WINTERSUN conserve ma préférence mais nos petits jeunes défendent crânement ses chances. L’originalité n’est pas la première qualité de ces deux groupes, vous trouverez de nombreuses ressemblances avec d’autres formations, surtout scandinaves, surtout le travail soigné est sérieux, très soigné. Le son s’avère comme d’habitude irréprochable et met en valeur la subtilité des compositions. Même un titre fleuve comme « New Reign », avec ses onze minutes au compteur, passe bien alors que nous aurions pu craindre le pire.

Vous l’aurez compris votre serviteur est heureux à cet instant, il prend son pied à l’écoute de Blood Oath. La pochette s’avère elle aussi à la fois simple et sympathique. Comme les allemands de WORDS OF FAREWELL par exemple, FROSTTIDE s’impose comme un challenger solide et inspiré pour les déçus du dernier IN FLAMES. Il est toujours rassurant de constater que les petits jeunes peuvent parfois venir botter les fesses des plus expérimentés.

Oshyrya (08/10)

 

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NoiseArt Records / 2015

Tracklist (46:21 mn) 01. Prologue 02. Blood Oath 03. Gates Of The Asylum 04. Fate Redefined 05. Traitor Within 06. Foreshadow 07. New Reign 08. Winds Of The Winter ́s Call

Danko Jones – Fire Music

oshy_22022015_Dank_JonDANKO JONES, le groupe, représente bien cette scène rock nord-américaine toujours super efficace et pourtant ne rencontrant pas forcément le succès escompté. Le potentiel est grand, surtout outre-Atlantique, mais les fans restent plutôt polis surtout en Europe. Pourtant les canadiens n’ont pas économisé leur force et n’ont cessé d’écumer le maximum de salle dans nos vieux pays. Ce n’est pas comme RUSH qui ne vient jamais chez nous, trop occupé à remplir des stades aux USA et Canada. Tous ne s’en rendent pas compte mais le trio roule sa bosse depuis presque deux décennies maintenant.

Né en 1996, il leur faudra six ans pour accoucher d’un premier album, Born a Lion, en 2002. Depuis, la source ne s’est jamais tarie avec un nouvel album publié avec régularité tous les deux ou trois ans. Entre temps, on ne compte plus les tournées interminables avec les plus grands noms comme les ROLLING STONES ou plus récemment VOLBEAT. Danko Jones lui-même prend beaucoup de place au sein de son groupe mais on oublie trop souvent son camarade de jeu depuis les débuts, John Calabrese à la basse. La malédiction vient plutôt du poste de batteur qui semble frappé d’une instabilité aigue. Le dernier arrivant se nomme Rich Knox et n’est pas moins que leur septième batteur. Il fait avec Fire Music sa première apparition discographique avec le groupe.

La pochette de cet album synthétise bien l’esprit et l’impact de ces nouvelles chansons sur l’auditeur. L’injection d’énergie et d’adrénaline se veut massive via ces titres rapides, directs et rentre-dedans à souhait. En trois minutes, grâce à des riffs massifs et assassins, une rythmique pachydermique et une mélodie vocale toute simple, la messe est dite. Ce rock couillu et râpeux fera frétiller les plus endurcis des rockers. Tout amateur qui se respecte devrait taper du pied et secouer la tête. La recette n’est pas nouvelle mais elle est diablement efficace. Et ce côté un peu stoner/desert rock ne gâche rien et donne encore plus d’épaisseur et de corps aux propos des canadiens. Pour quelqu’un qui découvrirait DANKO JONES avec Fire Music, l’origine nord-américaine du trio apparaîtra évidente. Nos amis ont le chic pour pondre des brûlots courts et tranchants par paquet de douze. Les comparaisons avec d’autres groupes comme SOUNDGARDEN ne manqueront pas. Danko Jones lui-même fait parfois preuve d’une de voix voisine de celle de Chris Cornell, en moins doué quand même.

Même si l’album est court, difficile de ne pas ressentir une certaine lassitude à l’écoute de Fire Music. Le plan rouleau-compresseur s’est bien mais à force le sentiment de déjà-entendu ailleurs sur ce ou l’un des précédents émerge. Le DANKO JONES s’apprécie par petites touches de quatre ou cinq chansons à la suite histoire de prendre un coup de pied au cul immédiat mais l’effet s’émousse sur la longueur. Rien à redire par contre au niveau du son de l’album, comme d’habitude avec les canadiens, le travail a été bien fait et ces chansons sonnent d’enfer.

Les fans seront comblés, DANKO JONES livre la marchandise attendue sans réel surprise mais sans faute de goût ni fausse note non plus. Jones, Calabrese et Knox ont fait du bon travail et son désormais armés pour faire danser le public lors des nombreux concerts à venir un peu partout en Europe. Ce label canadian reste une valeur sûre.

Oshyrya (07/10)

 

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VeryCords / 2015

Tracklist (36:33 mn) 01. Wild Woman 02. The Twisting Knife 03. Gonna Be A Fight Tonight 04. Body Bags 05. Live Forever 06. Do You Wanna Rock 07. Getting Into Drugs 08. Watch You Slide 09. I Will Break Your Heart 10. Piranha 11. She Ain't Coming Home

Evertale – Of Dragons and Elves

oshy_21022015_EvertaOyez oyez gentes dames et jeunes damoiseaux, au cas où vous ne vous en seriez pas rendu compte, le Power métal épique se veut franchement de retour après un petit coup de mou ces dernières années. Les maîtres du genre de BLIND GUARDIAN viennent de proposer leur nouvel album (chronique ici) mais ils doivent subir la concurrence de jeunes gens bourrés d’ambition originaire eux aussi de la province de Germanie, EVERTALE. Toute cette scène a un moins un point commun, ils partagent (presque) tous le même illustrateur pour le pochette. Il est vrai que Felipe Machado Franco fait un travail superbe mais cela va finir par devenir fatiguant.

Comme je le précisais ci-dessus, EVERTALE est un groupe assez peu connu d’entre nous même si le groupe n’est pas tout jeune, il a vu le jour en 2006 à Offenbourg dans le Bade-Wurtemberg. Nos lecteurs alsaciens connaissent bien cette ville toute proche, de l’autre côté du Rhin. Après un premier EP, The Chronicles Chapter I, publié en 2008, les voici qui font leurs pas dans le grand monde grâce à un premier album, Of Dragons and Elves sorti chez NoiseArt Records.

Et pour un début, les allemands veulent frapper fort avec un disque très très très copieux avec quatorze sur le cd pour un total de près de soixante-dix-huit minutes. A seulement quatre, nos amis parviennent à faire un sacré boucan et surtout à donner une emphase et une puissance impressionnantes à leur musique. Tout ici se veut « larger than life » dans le trip Power Métal. Les guitares tiennent le haut du pavé à coup de riffs saignants et de rythmiques à la fois tranchantes et rapides. Ajoutez à cela une grosse section rythmique basse-batterie, des orchestrations et des chœurs virils et vous obtiendrez une vague d’énergie et de testostérone prête à déferler sur courageux métalleux. N’espérez pas ici trouver un propos particulièrement original et inattendu, la recette canonique du Power Métal est transmise de génération en génération dans les familles outre-Rhin. L’influence des BLIND GUARDIAN, RUNNING WILD et autres GRAVE DIGGER coule de source. Reconnaissons la maîtrise technique de haut vol affiché par EVERTALE, les teutons n’amusent pas la galerie avec un Matthias Holzapfel solide en guitare lead et un Matthias Graf tout en maîtrise derrière le micro. Et ce dernier assure en plus les guitares rythmiques.

Sur la durée, Of Dragons and Elves est un album gouteux mais un peu indigeste. Les douze plats et les deux amuse-bouches (intrumentaux) servis risquent d’en écœurer plus d’un. Le disque est un peu trop long, certaines chansons (« Tale of the Everman ») auraient mérité d’être raccourcies pour gagner encore en vigueur et en impact. L’auditeur aura toutes les difficultés pour maintenir son attention sur plus de soixante-quinze minutes malgré toute sa bonne volonté. Les trois ou quatre dernières chansons en pâtissent forcément mais si elles s’avèrent réussies. Je me plains régulièrement des albums faméliques affichant trente pauvres minutes mais là, au contraire, c’est trop.

L’écoute de ce premier album d’EVERTALE m’aura fait souvent penser à leur compatriote de SINBREED (chronique ). La démarche des deux groupes est assez similaire sur la forme (pochette) que sur le fond. Dans les deux cas, le Power Métal racé et bien foutu fera mouche pour les amateurs du genre mais Of Dragons and Elves pâli nettement face au récent Beyond the Red Mirror du gardien aveugle. Cet écart symbolise bien le chemin qu’il reste à parcourir à EVERTALE pour espérer concurrencer leurs ainés.

Oshyrya (6,5/10)

 

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NoiseArt Records / 2015

Tracklist (77:21 mn) 01. Paladine’s Embrace 02. In The Sign Of The Valiant Warrior 03. Tale Of The Everman 04. Into The Dragon’s Lair 05. Of Dragons And Elves 06. Elventwilight 07. As Tarsis Falls 08. My Honor Is My Life 09. The Crownguard’s Quest 10. The Last Knight 11. Sturm’s Funeral March 12. Firestorm 13. Brothers In War (Forever Damned) 14. The Final Page