La descente aux enfers et le long silence des parrains d’ANGRA aiguise bien des appétits au pays du Corcovado. Parmi ces jeunes loups, voici que s’amène KATTAH. Né en 2006, le groupe propose, selon le label, une approche qui sort des sentiers battus en mélangeant allégrement de très nombreux styles sur une base heavy métal. Ainsi, tout au long des différentes chansons, des touches arabisantes, slaves ou bien sûr brésiliennes infuseront la musique au travers des différentes atmosphères et rythmes. Leur premier album, Eyes of Sand en 2010, a été remarqué dans leur pays d’origine et leur a offert l’opportunité d’ouvrir pour ANGRA justement lors de la tournée européenne 2011 de ces derniers. Il fallait donc enfoncer le clou c’est bien l’objet de ce deuxième album, Lapis Lazuli.
Et avouons tout de suite que le premier contact avec KATTAH est loin d’être inoubliable. Le manque de relief, de saveur et d’attrait frappe assez rapidement. Les brésiliens connaissent le boulot mais il semble qu’ils jouent trop la sécurité et font preuve d’un manque flagrant de caractère. Le label nous annonçait monts et merveilles et l’auditeur se retrouve finalement avec un heavy métal déjà entendu des milliers de fois, un chanteur qui se prend pour Bruce Dickinson, en moins bien, et qui éprouve les pires difficultés à insuffler une âme à ces compositions d’une rare platitude. La mention du chanteur d’IRON MAIDEN n’est pas innocente car Lapis Lazuli a été produit par Roy Z qui a maint fois collaboré dans le passé avec le leader de la vierge de fer. L’Orient mystérieux reste quand même discret à part sur quelques chansons comme « Apocalypse ». N’imaginez pas trouver ici un disciple d’ORPHANED LAND. Avec KATTAH, cela tient plus du gimmick que de l’identité profonde.
Par une facétie du destin, nous venons de recevoir à la rédaction le nouvel album d’ANGRA qui doit sortir en début d’année prochaine. On pouvait craindre le pire et pourtant une première écoute ouvre bien des promesses. Et le contraste et saisissant avec leurs compatriotes de KATTAH qui font bien pâles figure avec un Lapis Lazuli convenu et assez ennuyeux. Le Calife peut dormir tranquille, le Grand Vizir n’est pas près de lui ravir son empire.
Oshyrya (4,5/10)
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Bakerteam Records / 2014
Tracklist (55:41 mn) 01. Behind The Clay 02. Inside My Head 03. Apocalypse 04. Alpha Centaury 05. Vetus Espiritus 06. Rebirth Of Pharaohs 07. The Hidden Voice 08. Lapis Lazuli 09. A Capoeira 10. Land Of God 11. You Will Never Be Dead 12. Last Chance (Bonus Track)
Pas la peine de chercher des qualificatifs du genre hardcore, street machin, truc mélodique ou l’enfer sait quoi. Rancid sont des punks, définitivement. Des punks anglais nés et grandi en Californie, dans la banlieue ouvrière de Berkeley. Honor Is All We Know, leur 8e opus longue durée au compteur, en constitue le témoignage sonore définitif. Depuis 1992, quand ils jettent à la face du monde une première démo gorgée jusqu’à la gueule de leur énergie brutale, ils n’ont pas cessé d’arpenter les scènes pour délivrer le message du punk, sans avoir besoin d’arborer une crête ou des épingles à nourrice dans le tarin.
Rancid, bien plus que Green Day ou The Offspring auxquels on les accole bien trop souvent pour cause de communes origines géographiques, défend une forme de pureté originelle. Une crédibilité accentuée par la présence en leur sein d’un rescapé des UK Subs, quand même, en la personne de Lars Frederiksen à la guitare. Honor Is All We Know se révèle donc pour ce qu’il est : une décharge en 14 titres de ce que le punk peut être de mieux : rentre-dedans, hargneux, rageur, rapide. A peine un titre qui dépasse les 3 minutes. Porté par la voix éraillée (ah, la consommation excessive d’alcool) de Tim Armstrong, le quatuor s’offre, royal, deux incartades vers le ska old school avec Everybody’s Suffering et Evil’s My Friend pour rappeler qu’ils savent bien mieux jouer que ce que les 3 accords répétitifs coutumiers laisseraient croire. C’est aussi un rappel qu’avant Rancid, il y avait Operation Ivy. Et puis, faut dire qu’en matière de textes, sans verser dans le côté intello politique cher au Clash, Rancid est quand même plus « conscient » que ne l’ont jamais été les Pistols." Raise Your Fist" en demeure une belle illustration. A tous les niveaux, Rancid porte encore et toujours la saine colère indispensable pour des punks dignes de ce nom ! Thanks dudes !
Nathanaël Uhl (1977/10)
www.facebook.com/rancid
http://rancidrancid.com
Hellcat Records – Epitaph / 2014
Tracklist : 1. Back Where I Belong 2. Raise Your Fist 3. Collision Course 4. Evil's My Friend 5. Honor Is All We Know 6. A Power Inside 7. In the Streets 8. Face Up 9. Already Dead 10. Diabolical 11. Malfunction 12. Now We're Through With You 13. Everybody's Sufferin' 14. Grave Digger
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Hamster Forever
Nov
27
On commence à se faire à l'idée que la scène metallique italienne possède son quota de groupes amateurs de brutalité. Vous venez de faire connaissance avec Hour Of Penance, voici Carnality. Le groupe originaire de Rimini nous livre son second album, trois ans après "Carnality". Le groupe ne fait pas de quartier, il nous envoie dans la figure un Death Metal brutal, qui ne fait pas l'impasse sur a technique, et dont la mise en oeuvre n'a rien à envier à toute la pellettée de groupes polonais réputés pour leur férocité.
ne écoute distraite pourrait faire croire qu'on se prend dans la figure un rouleau compresseur avec un parpaing posé sur la pédale d'accélération. Impression, car le groupe ne se contente pas seulement du registre des baffes à outrance, il se livre à de grandes envolées mélodiques qui aérent un peu le propos brutal (notamment sur le titre "The Right of Oblivion" ou sur "God Over Human Ruins").
Au delà du savoir faire et de l'efficacité évidente du combo, on peut tout de même regretter l'influence pesante de Behemoth (pour n'en citer qu'un) sur la musique. Cela manque un poil d'affirmation personnelle cette usine à baffes. Le groupe possède la maîtrise technique, et fait sonner fort et juste sa mixture, et en prime il se montre capable d'élaborer tout un concept fourni pour habiller le tout. Carnality vient de sortir un second album solide et efficace, il ne manque pas grand chose pour qu'il puisse s'imposer. Si le groupe se lâche ce sera prometteur.
Hamster (07/10)
www.facebook.com/carnalityband
Memorial Records / 2014
Tracklist (39 minutes) 1. Abyssus Abyssum Invocat 2. Doomsday 3. Fall of the Human Ratio 4. The Right of Oblivion 5. God Over Human Ruins 6. A Sysyphus Drama 7. Lord of Drones 8. Silent Enim Leges Inter Arma Pt. 1- A Simularcum of Humanity 9. Silent Enim Leges Inter Arma Pt. 2- Resignation 10. Silent Enim Leges Inter Arma Pt. 3- The Gift of Anomie