Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Fukpig – Bastards

En l’espace de 5 ans, les Anglais de Fukpig avaient craché 4 albums (ou plutôt 3 albums et demi, vu que The World Is Weakening n’était qu’un réenregistrement de 3 avec de nouveaux membres) avant de sombrer à nouveau dans l’oubli pendant 6 longues années.

Et un matin, au réveil, en consultant mon fil d’actu sur Facebook tout en satisfaisant un besoin naturel pressant, la nouvelle était tombée : un nouvel album de Fukpig. Je ne l’attendais pas vraiment, même si le groupe avait semé ici et là quelques indices, et le résultat est pour le moins percutant.

En termes de composition et de style, Fukpig reprend là où le groupe s’était arrêté, avec un mix de crust, de grind et d’une pincée de black, le tout portant deux chants qui s’opposent, s’invectivent. C’est toujours aussi basique, aussi rentre-dedans et aussi bourru qu’avant. Au niveau des thèmes abordés, là non plus, pas de surprises, les Anglais sont toujours aussi portés sur l’antifascisme, la guerre, les troubles sociaux (à croire que venir de Birmimgham pousse certains à se tourner d’office vers ces thématiques). S’il faut pointer une différence, c’est au niveau de la prod’. Plus pro, plus agressive, elle permet au groupe d’encore renforcer son impact. Bon, on est encore loin d’une prod’ à la Obscura, mais on sent tout de même un effort à ce niveau. Allez, les gars, dans la foulée, si vous réenregistriez vos deux premiers albums avec ce line-up…

Pas révolutionnaire sur la forme, Bastards est un album coup de poing, avec quelques hits imparables. Trop court pour lasser, trop simple pour ne pas se digérer aisément, il marque un retour aux affaires gagnant pour les affreux masqués.

Mister Patate (8/10)

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Devizes Records / 2018
Tracklist (30:43) 1. Dogshit Hair 2. Lets Make Britain Hate Again 3. Force Fed Fucking Bullshit 4. Antisocial Media 5. Bastards 6. The Altar of Austerity 7. Doctrines of the Obsolete 8. Meathead 9. Déteste 10. Ruled by Cunts 11. The Bleakest Toll 12. Last Brexit to Nowhere

Anagnorisis – Peripeteia

Il est parfois compliqué d’expliquer pourquoi un album nous touche tellement. Parfois, les mots sont vains, ils ne suffisent pas à dévoiler pleinement l’impact d’un morceau, d’une composition sur son auditeur. Cela fait deux ans que j’écoute Peripeteia, troisième album des Américains d’Anagnorisis, et j’ai supprimé au moins dix fois mes ébauches de chronique. Parce que ces quelques lignes n’étaient qu’un pâle reflet de ce que cet album évoquait pour moi. Et encore maintenant, alors que je m’apprête enfin à pondre cette chronique, j’ai le sentiment que tout ne sera pas dit. Ou que, de toute façon, vous ne comprendriez pas parce que vous n’êtes pas moi. Et tant pis/mieux pour vous.

Peripeteia est une ode au regret. À l’amertume. Tout au long de l’album, parsemé ici et là de samples d’enregistrements du chanteur et de son père lorsqu’il n’était encore un enfant, le chanteur règle ses comptes avec sa famille, déversant un torrent de rancœur. À l’instar d’un Death Karma, Anagnorisis s’écarte des thèmes habituels du genre, privilégiant ici la vie, la vraie vie, avec son lot de déceptions. Et le résultat est poignant. Sans sombrer dans la noirceur dépressive d’un groupe de DSBM, Anagnorisis véhicule une noirceur différente, comme usée jusqu’à la corde. Les morceaux sont variés et proposent tantôt des déferlantes de blast, tantôt des passages apaisés, mélodieux et mélancoliques. Rien n’est gratuit, chaque élément, chaque ajout vient magnifier le propos.

Cet album est un voyage. La plupart des albums s’écoutent avec plaisir. Celui-ci se vit. C’est du moins mon expérience personnelle. Entre puit de noirceur et ascension vers la lumière, Peripeteia est un coup de maître. 53 minutes et pas une seconde superflue.

Mister Patate (9,5/10)

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Vendetta Records / 2016
Tracklist (53:00) 1. Transparent – 2. Disgust & Remorse, Pt I 3. Disgust & Remorse, Pt II 4. 5306 Morningside 5. Night Skies over Nothingness 6. Peripeteia 7. Metamorphosis 8. Transparent +

Altarage – The Approaching Roar

Chaque année, au moins un label propose dès le mois de janvier un album qui a les épaules suffisamment larges pour prétendre à une place dans le Top 3 de l’année. Et rares sont ceux qui parviennent à tenir la distance jusqu’en décembre. Dans mon souvenir, mis à part The Project Hate MCMXCIX (un ancien pensionnaire du label phocéen), aucun groupe n’est parvenu à s’inscrire dans la durée et à se rappeler à mon bon souvenir quand le boss arrive avec son sempiternel « bon, il est temps de bourrer les urnes ». Mais cette année, la surprise pourrait venir de Bilbao…

The Approaching Roar, troisième effort des Basques d’Altarage, est un pavé monstrueux. Noir, étouffant, cet album ne fait pas le moindre compromis. Dès l’opener « Sighting », le groupe délivre un assaut des plus cinglants. La galette a beau être sortie chez Underground Activists (la branche plus axée Black Metal de SoM), Altarage nous propose un album qui, à mes yeux, lorgne largement plus vers le Death pimenté d’une petite touche de Black. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cet album enterre, et de loin, une grosse partie de la concurrence. Quelle noirceur ! Quel jusqu’au-boutisme ! Même lorsqu’il lève le pied, le groupe garde cette force de frappe impitoyable, comme une coulée de boue qui ensevelit tout.

Altarage sonne comme un Primitive Man qui aurait décidé de se mettre au blast, ou comme un Ulcerate qui aurait décidé de mettre de côté les aspects techniques pour se concentrer sur l’oppression auditive. Du haut de ses 42 minutes et quelques poussières, The Approaching Roar est éprouvant. Et on en redemande.

Mister Patate (9/10)

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Season Of Mist Underground Activists / 2019
Tracklist (42:32) 1. Sighting 2. Knowledge 3. Urn 4. Hieroglyphic Certainty 5. Cyclopean Clash 6. Inhabitant 7. Chaworos Sephelln 8. Werbuild 9. Engineer