Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Au fil des ans, certains m’ont fait une réputation de chroniqueur francophobe, d’Enemy Of The French Music Business. Mon tort aura certainement été de ne pas encenser certaines vaches sacrées de la grande famille du Metal hexagonal. Mais en se focalisant sur mes avis négatifs, ils oublient aussi à quel point j’ai apprécié et encensé d’autres formations d’outre-Quiévrain. Les chroniques au vitriol marquent davantage les esprits et laissent plus de traces (certaines formations en parlent encore pendant des années).

Et aujourd’hui, je me penche sur le cas d’Ad Patres qui nous propose enfin un successeur au très bon Scorn Aesthetics sorti il y a déjà 7 ans. L’attente a été longue, mais elle en valait la peine.

Ad Patres propose un Death Metal « simple », dans ce sens qu’il n’entre pas dans la course à la technicité, à la brutalité ou à la production la plus étouffante. Après une brève intro, « Mechanical Enlightenment » entame les hostilités avec brio. La production n’est pas énorme comme chez les grosses écuries du genre, le growl ne semble pas aussi agressif que celui des concurrents, mais le morceau est accrocheur, et c’est justement ce qui est frappant chez Ad Patres : le groupe n’a pas besoin d’artifices pour en imposer. La compo se suffit à elle-même. À ce titre, Ad Patres me rappelle feu Deviant Surgeons, autre groupe français disparu quant à lui après un album très recommandable (et dire qu’à l’époque, je pointais cette prod’ moins clinquante comme un défaut…).

Pas d’artifices, pas de chichis, « juste » du Death Metal honnête et efficace. En faut-il plus pour être heureux ? Non. Voilà, c’est officiel, je deviens un vieux con. On dirait un slogan de pub Herta. Le goût des choses simples. En 8 morceaux, deux interludes et un peu moins de 35 minutes, Ad Patres m’a séduit par sa « simplicité ». Pas la simplicité de ses compos, mais plutôt par sa manière de les présenter, sans pour autant sonner amateur ou approximatif.

Mister Patate (8,5/10)

Facebook officiel 

XenoKorp – 2019
Tracklist (34:13) 1. Shock Therapy 2. Mechanical Enlightenment 3. The Disappearance of I 4. Led by Flesh 5. Symbiosick 6. Sermon 7. Verses Void 8. Spellbound 9. Enclosing Terror 10. The Floating Point  

Gruesome – Twisted Prayers

Avis peu populaire : avec Spiritual Healing, Death a mis le doigt dans un engrenage qui a fait le bonheur de bien des fans du genre, mais qui a marqué, pour moi, le début d’un « désamour » entre ce que faisait la bande à Chuck et mes oreilles. Ho, j’avoue que les albums post-Spiritual Healing sont des monuments du Death technique et que, sans eux, nous n’aurions peut-être jamais connu l’émergence de nombreux autres groupes, mais j’ai toujours gardé une préférence marquée pour les débuts du groupe, ce côté brut, et Spiritual Healing était le moment où tout a basculé pour moi.

Vous me direz que vous vous en foutez, que j’ai des goûts de merde. Les coups et les douleurs, comme on dit par chez moi, mais toujours est-il qu’il me fallait bien une intro pour pisser un peu de la ligne avant d’aborder Twisted Prayers, troisième hommage à Death par la bande à Matt Harvey.

Twisted Prayers, donc, est l’hommage appuyé à Spiritual Healing. Que ce soit au niveau de l’artwork, des thèmes abordés, du son et du mode de composition, tout rappelle l’œuvre de Chuck. Et on revient donc toujours à cet éternel dilemme. Doit-on saluer cette volonté de perpétuer la mémoire de Chuck ou au contraire regretter que le groupe ne se foule pas et bénéficie donc d’une renommée purement liée à la nostalgie des fans ?

Pour ma part, la question est vite réglée : Gruesome s’étant penché (pour l’heure) sur mes albums favoris de Death, je savoure ces albums/hommages avec le sourire, notamment parce que je n’ai pas eu la chance de voir Death avec Chuck en live (et à ce niveau, Gruesome tient vraiment la route en live de par son line-up très expérimenté). Tiendrais-je un autre discours si Gruesome avait débuté par les albums les plus récents de Death ? Probablement, parce que je n’ai pas le même rapport sentimental avec ces albums.

Parmi tous ces clones et ces groupes inspirés par Chuck, Gruesome est probablement le plus honnête, celui qui reconnait sans rougir qu’il rend hommage à l’œuvre de Chuck en pompant allègrement dans sa discographie. C’est peut-être aussi pour cela que je suis si indulgent avec eux.

Mister Patate (Spiritual Healing/10)

Facebook officiel 

Relapse Records / 2018
Tracklist (42:35) 1. Inhumane 2. A Waste of Life 3. Fate 4. Lethal Legacy 5. Fatal Illusions 6. Crusade of Brutality 7. At Death’s Door 8. Twisted Prayers

Dyscarnate – With All Their Might

Make Way For The King.

Si je devais résumer mon ressenti envers cet album en une seule phrase, je prendrais cette phrase, tirée des paroles du morceau « Traitors In The Palace ». Dans un univers Death Metal où se bousculent anciennes gloires sur le retour, jeunots qui tiennent à les détrôner à grands coups d’albums qui ne sont que de pâles calques des efforts de leurs idoles, sans même parler de toute cette branche Death technique qui tient plus de la course aux armements que du feeling, Dyscarnate fait figure de bulldozer, et ce troisième album maîtrisé de bout en bout est du genre à mettre pas mal de monde d’accord.

Tout d’abord, il y a ce son. Clair, massif. Une production moderne qui rend justice aux instruments. La section rythmique pilonne sans relâche, avec en bonus une basse bien audible, qui ajoute une touche de groove au Death moderne du trio. Ajoutez à cela deux chanteurs, deux voix distinctes, l’une grave, l’autre criarde, qui se répondent, se complètent. À l’instar d’un Dying Fetus, les Anglais ont compris qu’il ne faut pas forcément être nombreux pour être bruyamment efficace, mais la comparaison s’arrête là.

Parce que Dyscarnate parvient à proposer un Death résolument violent, mais tout en restant intelligible et digeste. Un peu moins de 40 minutes, une bonne alternance entre brûlots groovy et morceaux plus mid-tempo (« Traitors In The Palace » qui coupe parfaitement l’album en deux avec une petite touche épique), quelques touches Deathcore, une influence de Meshuggah au niveau du riffing et de l’audace pour clôturer sur un morceau atypique : le groupe a su canaliser son énergie pour la délivrer de manière diaboliquement efficace. Aucun morceau ne semble dénoter dans cet album au niveau de qualité constant et très élevé.

Dyscarnate fait partie de ces groupes qui ne bénéficient pas de l’attention qu’ils méritent. Là où tellement de formations talentueuses s’embourbent dans le passé, le trio britannique fait le choix de regarder de l’avant. Et si d’autres groupes suivaient cet exemple, l’avenir du Death serait radieux.

Mister Patate (9/10)

Facebook officiel 

Unique Leader Records – 2017
Tracklist (39:05) 1. Of Mice and Mountains 2. This Is Fire! 3. Iron Strengthens Iron 4. Traitors in the Palace 5. To End All Flesh Before Me 6. Backbreaker 7. All the Devils Are Here 8. Nothing Seems Right