Le choix d’un nom de groupe est toujours une étape délicate car il faut que cela soit catchy tout en capturant un peu l’âme du groupe. Difficile de savoir quel message les membres de POP EVIL ont voulu transmettre car s’il s’agit d’affirmer que la pop représente le mal, nos amis sont mal placé pour donner des leçons tant leur musique sonne formaté pour plaire au plus grand nombre comme bien des groupes… pop. Les recettes restent fondamentalement les mêmes.
Bref rappelons pour ceux qui, comme votre serviteur, ne connaissait pas que POP EVIL est u, groupe de rock américain né à Grand Rapids dans le Michigan en 2001 sous l’impulsion de Leigh Kakaty, chanteur de son état. Avant cet Onyx, ils comptent deux albums dans leurs manches : Lipstick on the Mirror (2008) et War of Angels (2011).
Le contact avec la musique de POP EVIL est extrêmement facile et loin d’être désagréable. Il s’agit d’un bon rock US bien foutu, accrocheur, bien produit, un travail soigné. Pas de quoi hurler de bonheur ni monter au septième ciel ici mais des chansons sympathiques avec des mélodies assez simples et des refrains catchy, facilement mémorisables. Au jeu des comparaisons, disons que POP EVIL évoque un NICKELBACK un peu plus heavy. Les comparaisons avec leurs camarades de label FIVE FINGERS DEATH PUNCH seraient également les bienvenues tant les ficelles utilisées se ressemblent. Mettez quelques riffs tranchants et distordus, des rythmiques bien senties et une bonne mélodie et vous avez un cocktail à même de plaire à la jeunesse rebelle outre-Atlantique. Les chansons sont toutes calibrées autour des trois à quatre minutes pour faciliter leur passage en radio. Vous voyez tout est bien ficelé, un bonheur marketing. Les américains sont loin d’être des manchots, un certain talent est perceptible mais les titres finissent malheureusement par se ressembler et perdent progressivement leur attrait. Oui comme pour FIVE FINGERS DEATH PUNCH encore une fois.
Onyx est un plaisir immédiat, accessible, attendu, sans prise de tête mais l’effet va très rapidement se dissiper. La musique de POP EVIL est trop lisse, trop propre et formatée pour marquer les esprits durablement. Il faut prendre cet album pour ce qu’il est un produit du music business attirant pour l’œil mais rapidement consommé/oublié à l’usage. A l’image de la fast-food, il s’agit là de fast-music.
Oshyrya (05/10)
Site Officiel
FaceBook Officiel
Eleven Seven Music / 2014
Tracklist (55:04 mn) 01. Goodbye My Friend 02. Deal with the Devil 03. Trenches 04.Torn to Pieces 05. Divide 06. Beautiful 07. Silence & Scars 08. Sick Sense 09. Fly Away 10. Behind Closed Doors 11. Welcome to Reality 12. Flawed 13. Last Man Standing 14. Monster You Made 15. Boss Daughter
Author:
Mister Patate
Sep
17
Au fil des ans et des sorties, 1349 a su cultiver une réputation de groupe qui ne fait pas de compromis, quitte à s’écarter de son genre d’origine et à explorer de nouvelles contrées (on se souvient de leur incursion remarquée et remarquable dans le monde du mid tempo avec Revelations Of The Black Flame). Il aura donc fallu quatre ans au groupe pour nous proposer un successeur à Demonoir, un Massive Cauldron Of Chaos qui se démarque déjà par sa pochette blanche agrémentée d’une touche de rouge et de noir. Plutôt atypique pour un groupe de Black, non ? Qu’à cela ne tienne, du moment que la musique est bonne… et c’est à nouveau le cas ici !
Massive Cauldron Of Chaos renoue avec le Black Metal des débuts, la production en béton en plus. Ici, le riff est proposé par paquets de 666, la section rythmique envoie de la poutre par paquets de 12 (on sent que Frost s’emmerde grave chez Satyricon et qu’il peut donner libre cours à ses blasts) et Ravn s’en donne à coeur joie. Le propos est certes linéaire, mais il est proposé avec conviction et, parfois, un petit feeling presque punk qui fait du bien par où il passe.
Pour ce premier album chez Indie Recordings, 1349 semble jouer la carte de la sécurité et nous propose ce qu’il fait de mieux : un Black racé, brutal et mené tambour battant. 1349 nous avait laissés sur une petite déception avec un Demonoir moins percutant, le retour aux affaires est d’autant plus efficace. Les grands noms du Black norvégien connaissant aujourd’hui des fortunes diverses, on ne peut que se réjouir du retour en forme de cette formation !
Mister Patate (8/10)
Facebook officiel
Indie Recordings / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Cauldron 2. Slaves 3. Exorcism 4. Postmortem 5. Mengele’s 6. Golem 7. Chained 8. Godslayer
Author:
Mister Patate
Sep
17
Oh bordel. Putain de bordel de merde, aurais-je même envie de m’écrier. Candlelight Records m’annonçait dans son mail que je venais de recevoir l’album de l’année. Haha, les petits prétentieux. Beh ouais, quand on vient de perdre Anaal Nathrakh, on doit bien reporter ses espoirs sur un autre poulain, le mettre sous les projecteurs et le (sur)vendre aux plus crédules d’entre nous. Des « albums de l’année », j’en ai déjà reçu 6 en 2014, chaque label mettant en avant son petit protégé. C’est normal, ma petite dame, à notre époque, pour vendre de la galette, il faut du buzz.
Mais dans le cas présent, les gars de Candlelight Records tiennent peut-être le bon bout. Parce que ce troisième opus de Xerath, sobrement intitulé III, affiche suffisamment d’atouts et de qualité pour truster le titre d’album de l’année. Rien que ça. III est une des galettes les plus ambitieuses des deux dernières années, un peu à l’image de The Project Hate, mais pas vraiment dans le même registre. Imaginez plutôt la rencontre improbable d’un Devin au sommet de sa forme, sans toutes ces idées loufoques qui viennent parsemer les albums du sieur Townsend, ajoutez-y un je-ne-sais-quoi de Dimmu Borgir pour ces orchestrations larger than life et un vent de fraîcheur et de modernité et vous aurez une petite idée de ce que nous propose Xerath… et malgré son ambition illimitée, le groupe parvient à nous proposer un opus qui va droit au but. On aurait pu craindre que cette surenchère de détails, ces nombreux éléments ne virent à la bouillie difficilement assimilable (qui a dit Fleshgod Apocalypse ?), mais il n’en est rien, grâce notamment à une production bluffante, où chaque instrument, chaque ligne de chant, chaque instrumentation dispose de suffisamment de place pour s’exprimer, pour venir compléter les autres instruments et donner un résultat bluffant.
Xerath vient à nouveau de frapper très fort avec un album qui n’affiche aucune faiblesse. Dans un paysage de plus en plus formaté, Xerath ne rentre pas dans le rang et nous assène 14 des pistes les plus foutrement intéressantes de l’année. L’ombre de Devin plane sur cette galette, mais un Devin qui saurait mieux canaliser sa créativité. Les amateurs du chauve fou y trouveront donc plus que certainement leur compte !
Mister Patate (9/10)
Facebook officiel
Candlelight Records / 2014
Tracklist (68:21) 1. I Hold Dominion 2. 2053 3. I Hunt For the Weak 4. Autonomous 5. Bleed this Body Clean 6. Death Defiant 7. Sentinels 8. Passenger 9. Ironclad 10. Demigod Doctrine 11. The Chaos Reign 12. Witness 13. Veil Pt. 1 14. Veil Pt. 2