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Quoi de mieux qu’un album de métal symphonique et néo-classique instrumental pour bien débuter l’année ? Si vous me répondez tout, c’est vraiment que vous n’avez pas de cœur. Louons le label Lion Music qui nous offre la perspective de commencer 2019 sous les meilleurs auspices. Bien sûr il vous faudra de la sensibilité et un sens aigu du beau pour goûter toutes les saveurs et les nuances de ce genre si particulier. Cela exclu d’emblée 80% de cette prestigieuse rédaction, la tâche ardue de chroniquer ce disque ne pouvait reposer sur les épaules que votre humble serviteur, esthète reconnu.

L’évocation du nom Michael Harris risque de ne parler qu’aux plus pointus d’entre nous. Le guitariste et compositeur mène une solide carrière depuis quelques décennies maintenant mais ce ne serait lui faire injure que de dire que son aura est restée, à ce jour, confiné à des cercles très restreints. Que ce soit en solo comme aujourd’hui ou à travers différents groupes comme SURGEON, THOUGHT CHAMBER ou DARKOLOGY, son travail n’a pas réussi à toucher un vaste public. Par sûr que ce nouvel opus fasse mieux tant il cible un public de niche.

Comme son nom le suggère, cet Orchestrate II succède à Orchestrate paru en 2006 déjà chez Lion Music. Treize ans plus tard, le concept ne change pas, voici quatorze nouvelles compositions instrumentales toujours dans cette même veine néo-classique. On ne change pas une équipe qui gagne tant le premier album reste un des plus gros succès commercial de l’américain. L’appétence du public américain pour les tournée annuelles du TRANS SIBERIAN ORCHESTRA semble donne raison à Harris dans sa volonté de poursuivre dans cette voie. Et reconnaissons que le guitariste étasunien montre un vrai talent, un solide savoir-faire dans cet exercice symphonique. Les chansons qui s’enchaînent sur cet album affichent de belles qualités et maintiennent de très bons standards tout au long des quarante-cinq minutes. Le propos d’avère riche et varié, l’auditeur n’a pas vraiment de quoi s’ennuyer pour peu qu’il ne soit pas allergique à l’approche instrumentale.

Orchestrate II reste avant tout une belle vitrine de la maîtrise de Michael Harris en termes de composition et de virtuosité à la guitare, électrique ou sèche. Ce n’est pas un manchot avec une six cordes en main, il est doué aussi bien pour des passages doux et subtils ou pour des envolées rapides tout en shred. Il fait souvent mouche avec des mélodies simples mais accrocheuses tout en évitant de trop charger le propos en orchestrations superflues. Il fait tout lui-même, guitares, basse et claviers, confiant uniquement les parties de batterie à Brain Harris (son frère). La production générale reste bonne, pas extraordinaire mais au niveau des standards modernes.

Ce disque tient toutes ses promesses et livre la marchandise attendue. Ce n’est bien sûr pas pour tout le monde, beaucoup d’entre vous bailleraient au bout de quelques secondes à l’écoute de ces pièces orchestrales subtilement agencées. Mais les connaisseurs ne bouderont pas leur plaisir et se consoleront avec Michael Harris sachant qu’il n’y a quasiment plus d’espoir du côté d’un Yngwie Malmsteen en roue libre. A défaut de grives on mange des merles.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Lion Music / 2019
Tracklist (46:58 mn) 01.Orchestra Pit 02. Chant of the Octagoth 03.Time Piece 04.Syrkus of Lydia 05. Logician’s Lament 06. Octavian III 07.Lifelong Quest 08. Wrath of the Conductor 09.Winterlude Nöel 10.Masquerade Nokturne 11.The Empress with No Clothes 12.The Orchestrator 13- Mundus Novus 14. Final Quest

 

 

Nés en 1987 dans la Nièvre, les Tambours du Bronx ne m’évoquaient pas grand-chose ; au pire une bande d’excités se déchaînant sur des barils en métal ; le genre de collectif s’affichant dans des manifestations organisées par Jean-Paul Goude, années 80 oblige, ou en première partie de Johnny Hallyday. Désintérêt immédiat jusqu’au jour où la formation monte un projet avec Sepultura puis fricote avec Jaz Coleman, Korn, Page et Plant. Les Tambours du Bronx seraient-ils devenus intéressants ? J’en doutais encore, jusqu’à ce que ce Weapons of Mass Percussion arrive dans ma boîte aux lettres.

C’est avec la crainte de me retrouver face à une cochonnerie du style Bal des enragés que j’insère le cd dans le lecteur. Et le miracle s’accomplit. Dès la première écoute, Weapons of Mass Percussion impressionne : lourd, forcément tribal, industriel… Les compos sont intenses et ne laissent pas le temps de souffler. « Un jour de colère », « Le mal » et « Noir » tapent fort. Reuno Wangermez nous rappelle l’excellent chanteur qu’il est et fait oublier sa piètre prestation sur le dernier album de Lofofora. Stéphane Buriez (Loudblast) prend la relève quand il s’agit de chanter en anglais avec l’assurance du vieux briscard qu’il est. Il réussit à pousser ses morceaux vers le haut pour leur donner une plus grande ampleur (« Divine disease », « Pray »). Je sors de l’écoute de Weapons of Mass Percussion satisfait.

Weapons of Mass Percussion est enthousiasmant car d’une fraîcheur surprenante. Avec ce dernier album, les tambours du Bronx réussissent leur coming-out 100 % metal. Et s’imposent comme un acteur avec lequel il va falloir compter.

Nico (8,5/10)

Site Officiel : https://www.tamboursdubronx.com/fr/

@thome/2018

01 Delirium demain 02 Desert night road 03 Never dead 04 Jour de colère 05 Le mal 06 Dunes of Ashes 07 Miracle éternel 08 Tainted with anger 09 Noir 10 Wolf smile back 11 Pray 12 Le festin 13 Shaking heat 14 Divine Disease 15 The Day is my enemy 16 New Day 17 The Seven Organs of Revelation 18 Requiem pour un con 19 Nos blessures 20 L’un des nôtres

Hatesphere – Reduced To Flesh

L’une des qualités indéniables que possède le groupe danois Hatesphere c’est la persévérance. En dépit d’une foultitude de changements de line up, le guitariste Peter « Pepe » Lyse Hansen seul survivant du line up d’origine à maintenu en vie le groupe et a tenu le cap d’un thrash forcément agressif et survolté. Et histoire de fêter dignement sa vingtième année d’existence le groupe sort un dixième album qui n’a rien à envier à ses prédécesseurs. On retiendra la performance de Esben « Esse » Hansen, le vocaliste derrière le micro depuis 8 ans démontre qu’il est n’est pas là par hasard et soutient plus que jamais la comparaison avec Jacob Bredhal, talentueux hurleur emblématique de 2001 à 2007. Les autres tiennent leurs postes, notamment Mike Park Nielsen qui maltraite ses fûts sans merci.
La formule peut paraitre un poil datée, les riffs et la section rythmique qui tabassent méthodiquement peuvent paraitres prévisibles, mais il n’empèche que le groupe sait rester efficace, et se montre toujours redoutables dans les passages rapides.  » Reduced To Flesh  » possède des structures classiques sans aucun doute, n’évite pas les clichés du genre, comme en témoigne le cercueil sur la pochette de l’album aux choix de la tracklist en passant par les figures de styles. Hatesphere campe sur un registre qu’il connait par cœur et se paie le luxe de se montrer inspiré et en bonne forme. Les compositions variées et énergiques maintiennent la tension tout au long de l’album. Un Hatesphere qui évite la prise de risque mais qui démontre qu’il maîtrise tous les passages obligés du style, accélérations furibardes, passages lourts et lents (tout en puissance sur « Afterlife »), solis de guitares relevés… C’est l’évidence, l’ensemble tient solidement la rampe, Hatesphere vient de livrer un album fluide et percutant.

Hamster (08/10)

facebook.com/hatesphere666

Scarlet Records / 2018
Tracklist (42 minutes) : 1. Praeludium 2. Corpse Of Mankind 3. Nothing Is Definite 4. Ruled By Domination 5. Reduced To Flesh 6. Can Of Worms 7. Lethal Mistakes 8. Petty 9. Afterlife 10. Despicable You