Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Sick Of It All – Last Act Of Defiance

sickofitalllastactcdUn dixième album, déjà, pour les infatigables ricains de Sick Of It All, et toujours cette pêche, cette énergie, comme si le temps n’avait aucune emprise sur eux, comme si le hardcore était un élixir de jouvence par excellence (remarquez, quand on voit les baisses de régime de certaines autres formations du genre, on peut se dire que SOIA a développé une recette bien à eux et ne compte pas la partager). Dès l’opener, Last Act Of Defiance nous place en terrain connu, celui du NYHC, des moshpits à volonté, des gang vocals qu’on reprend en chœur à s’en flinguer les cordes vocales, des morceaux qui mettent la banane et collent un sourire indélébile aux lèvres. La recette est simple, mais Sick Of It All fait partie des rares formations qui parviennent encore, malgré l’âge et une discographie fournie, à sonner frais, à frapper juste.

D’un point de vue purement objectif, Sick Of It All n’a pas réinventé quoi que ce soit sur ce dixième opus… mais à quoi bon ? Last Act Of Defiance compte son petit lot de pépites survitaminées, tantôt rageuses (« Sound The Alarm »), tantôt plus souriantes (« Losing War » et ses woo-hoo qui rappellent « Us Vs Them », « Never Back Down » ou « DNC » et ses oï oï) mais toujours justes.

Chaque genre a ses fers de lance. Sick Of It All en fait partie pour le hardcore, et ce nouvel album vient s’ajouter à une discographie déjà foutrement efficace. Après autant d’années, toujours sonner aussi frais et honnête est une prouesse rare. Vivement une tournée pour pouvoir vivre ça en live !

Mister Patate (8,5/10)

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Century Media Records / 2014
Tracklist (xx:xx) 1. Sound The Alarm 2. 2061 3. Road Less Traveled 4. Get Bronx 5. Part Of History 6. Losing War 7. Never Back Down 8. Facing The Abyss 9. Act Your Rage 10. Disconnect Your Flesh 11. Beltway Getaway 12. Sidelined 13. Outgunned 14. DNC

In Flames – Siren Charms

409154Quelle mouche a bien pu piquer In Flames, autrefois un des fleurons du Death mélodique suédois (et, dès lors, du Death mélodique tout court) ? En 8 ans et depuis Come Clarity (le dernier album d’In Flames potable à mes yeux), la bande à Anders s’est lentement mais sûrement enlisée dans un Metal de moins en moins percutant, de plus en plus mainstream, et ce Siren Charms marque ici une nouvelle évolution vers un propos adouci et de moins en moins convaincant. Venant d’un groupe qui a pondu des albums majeurs comme Colony et Clayman, ce nouvel opus est une amère déception, une gifle pour les fans de la première heure.

Et pourtant, on devrait souligner la capacité du groupe à se renouveler, à oser le changement. À l’époque de Reroute To Remain, par exemple, In Flames aussi avait changé son fusil d’épaule, mais la différence entre cette époque et aujourd’hui est la maîtrise de cette mutation. Reroute To Remain, même s’il a dû secouer pas mal de fans à l’époque, restait tout de même bien efficace (c’est d’ailleurs grâce à cet album que j’ai découvert In Flames sur le tard avant de me plonger avec délice dans leurs méfaits antérieurs). Siren Charms, par contre, affiche clairement les limites du groupe, et plus particulièrement de son frontman. Dans le registre hurlé, Anders force à outrance et semble en difficulté sur chaque passage plus énervé. Pour compenser, il tente donc de privilégier un chant davantage chanté… mais si Anders était vraiment aussi bon chanteur qu’il était un bon hurleur, cet album pourrait encore faire illusion. Hélas, là aussi, il peine à convaincre et tire l’album vers le bas. Bordel, on dirait presque un Bono de troisième division sur certains passages ! Au niveau musical, on retiendra quelques soli assez convaincants et l’un ou l’autre riff plutôt appréciable… si l’on fait abstraction du fait qu’ils proviennent du même groupe que celui qui a pondu « Bullet Ride », « Pinball Map », « My Sweet Shadow » et j’en passe un sacré paquet.

In Flames a succombé aux charmes des sirènes du mainstream… et le feu sacré du groupe n’y a pas survécu. Je vais écouter Clayman et prétendre que cet album n’existe pas. The Haunted avait touché le fond avec Unseen, In Flames est tombé aussi bas avec ce Siren Charms. Espérons que, à l’instar de la bande à Marco Aro, In Flames sache tirer les leçons de cet échec et que, après avoir touché le fond, le groupe puisse donner un bon coup de talon pour remonter à la surface… parce que les fans d’In Flames méritent tellement mieux que cette galette qui lorgne plus vers le rock insipide que vers le Melodeath des débuts. Je me demande ce que ressent Jesper maintenant : la joie de ne plus être impliqué dans « son » groupe qui prend l’eau de toutes parts ou la tristesse de voir son héritage entaché par des sorties à l’intérêt plus que discutable…

Mister Patate (2/10)

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Epic Records / 2014
Tracklist (44:30) 1. In Plain View 2. Everything’s Gone 3. Paralyzed 4. Through Oblivion 5. With Eyes Wide Open 6. Siren Charms 7. When the World Explodes 8. Rusted Nail 9. Dead Eyes 10. Monsters in the Ballroom 11. Filtered Truth

Steak – Slab City

oshy_08092014_Stea Alors que le soleil a joué à cache-cache avec tous les (pauvres) juillettistes et aoûtiens pour ces vacances estivales pourquoi ne pas prolonger (dans les têtes) les congés et se charger les cages à miel de soleil à  coup de Stoner / Desert rock ? C’est en tout cas la proposition du label autrichiens Napalm Records qui dévoile sous nos yeux le premier album, Slab City, des britanniques de STEAK. Fondé en 2010, le  groupe compte déjà deux EPs à son actif avec de se jeter dans le grand bon avec ce LP.

La première chose qui frappe à l’écoute du disque est son aridité, con côté direct et brut de décoffrage. Ici vous ne trouverez aucun artifice ni aucune fioritures qui embellirait ou enluminerait le rock stoner  très pur proposé ici. Toute l’essence de ce genre a été patiemment filtrée ici pour ne conserver que le distillat originel : groove, basse ronflante, riffs simples et guitares gémissante. Les influences sont  évidentes, entre FU MANCHU et MONSTER MAGNET sous l’ombre omniprésente du culte KYUSS. Slab City s’apparente à un long tunnel, une difficile traversée du désert avec moult embûches et peu  d’espoir sous ce soleil brûlant. On ressent la fatigue, la soif et la sueur tout au long de ces dix chansons. Pas beaucoup de nouveautés ou d’expérimentations sous la soleil, les britanniques ne font que  réinterpréter leur manière les préceptes des grands anciens. L’impression de déjà entendu est assez présente même si le travail a été bien fait, Slab City est un disque sérieux et professionnel. Soulignons le  beau travail réalisé au niveau des pochettes typées comics américains. Le groupe s’amuse à mettre en scène leurs alter-egos en lutte contre les forces du mal du méchant Evil Lazarus.

Seuls les fans de la forme la plus pure de stoner Rock pourront ici trouver leurs petits. Ces chansons ne risquent pas vraiment de convertir les imperméables aux charmes du genre. Les fans seront aux anges de retrouver cette pureté des origines et pourront applaudir STEAK en première partie de la tournée européenne à venir de John Garcia. On imagine la joie pour le groupe de pouvoir ainsi côtoyer un leurs héros !
Oshyrya (06/10)

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Napalm Records / 2014
Tracklist (48:14 mn) 01. Coma 02. Liquid Gold 03. Slab City 04. Pisser 05. Quaaludes and Interludes 06. Roadhead 07. Machine 08. Hanoid 09. Rising 10. Old Timer D.W (Bonus Track)