Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

A.c.o.D – Another Path…

oshy_03082014_AcoComme disais ma grand-mère, l’essentiel est de pouvoir faire vivre sa passion. Bon c’est sûr, elle ne parlait pas de notre passion musicale commune à tous mais entre la broderie et la musique, même combat. Dans le genre passionné, les marseillais d’ACOD se rappellent à notre bon souvenir via la sortie d’un EP cinq titres, Another Path… Rappelons que le groupe est né à la fin de l’été 2006 dans la cité phocéenne sous l’impulsion de Chris et Fred. Ils qualifient leur genre de « blended métal », en d’autres mots un vaste mélange de styles et d’influences. Le groupe a pris dès le début le taureau par les cornes et multiplier les apparitions scéniques en France, en Europe et même au Japon et les apparitions discographiques à travers deux albums : Point Zero en 2009 puis First Earth Poison en 2011.

Les liens entre ACOD et les camarades marseillais de DAGOBA semblent très forts. Il faut dire que ces derniers s’avèrent être de belles locomotives au niveau locale en progressant à chaque nouvelle sortie et en se faisant un nom sur la scène européenne et même au-delà. First Earth Poison avait en son temps été enregistré par Izakar (devenu depuis ex-DAGOBA) et voici que cet EP se voit confier à l’expertise de Shawter pour l’enregistrement dans son Eagle Black Studio. Afin de mettre tous les atouts de leur côté, ACOD n’a pas hésité à confier également son bébé à Damien Rainaud pour un mastering au Darth Mader Studio de Los Angeles. Vous devinez donc à la lecture de ces quelques éléments d’informations que nos amis ne sont pas venus amusés l’assistance et envoient la sauce dès les premières mesures de cet EP. Les riffs se veulent bien tranchants, efficacement par une section rythmique infernale et un chant hurlé bourré de conviction. Amateurs de douceurs extrêmes, vous allez être servis. Ces cinq nouvelles compositions sont menées tambour battant, cinq uppercuts balancés sans sommation à la face de l’auditeur enchanté. Seul « Unleash The Fools » cache son jeu quelques instants avant que la furie ne s’abatte sur le public. Saluons la maîtrise technique et les convictions affichées par les marseillais, une belle boucherie est au programme mais cela ne signifie nullement l’absence de technique ou de subtilité (les solis « d’Abuse Me »).

En cinq chansons ACOD remet les pendules à l’heure et se positionne en force sur la scène death française. La production est au poil avec un son la fin limpide et puissant. Le seul gros défaut d’Another Path… reste finalement sa pochette plus que moyenne, elle ne donne franchement pas envie de s’intéresser à cet EP. Dommage que l’écrin ne soit pas à la hauteur…

Oshyrya (07/10)

 

FaceBook Officiel

 

Autoproduction / 2014

Tracklist (20:41 mn) 01. Another Path 02. Black Wings 03. Unleash The Fools 04. Abuse Me 05. Words Of War

Unisonic – Light Of Dawn

unisoniclightofdawncdLe deuxième album d’Unisonic, Light Of Dawn, a beaucoup de qualités sur lesquelles nous allons revenir. Mais parmi celles-ci, il faut insister d’emblée sur une : on commence à y voir un peu plus clair dans l’identité du groupe grâce à cet album. Rappelons que le groupe de Michael Kiske et Dennis Ward avait tout particulièrement éveillé l’intérêt en intégrant Kai Hansen comme deuxième guitariste à côté de Mandy Meyer, suscitant chez beaucoup l’espoir de réentendre la musique du Helloween de l’époque des Keeper Of The Seven Keys, alors que Kiske et Hansen faisaient encore partie du groupe.

Beaucoup ont donc été déçu d’entendre une musique beaucoup plus soft lorgnant vers un hard mélodique teinté d’AOR bien plus que vers le heavy speed de jadis, si l’on met de côté le single, excellent mais trompeur, qu’était « Unisonic ». Mais le contenu musical du premier disque s’explique très logiquement : Unisonic était, en son commencement, un avatar de Place Vendome, le projet AOR de Kiske et Ward. Avec ce Light Of Dawn, l’identité d’Unisonic se modifie et commence à devenir plus personnelle.

Plus rapide, plus heavy, plus varié

On remarquera que d’emblée le disque est plus heavy que le précédent : s’ouvrant par une intro symphonique évoquant évidemment les deux Keepers, le disque propose aussitôt après la somptueuse speederie qu’est « Your Time Has Come », dont le refrain majestueux fera évidemment frisonner les amateurs de « Twilight of The Gods » ou « Eagle Fly Free ». Il ne s’agira toutefois pas d’un pétard mouillé comme c’était le cas d’« Unisonic » sur le disque précédent puisque qu’on retrouve deux autres disques où la double grosse caisse de Kosta Zafiriou mène la danse : le déjà connu « For The Kingdom » et le puissant « Find Shelter » au refrain musclé qui aurait plutôt dû être choisi comme single qu’« Exceptionnal ».

Sur ces titres mais aussi sur le reste de l’album, Meyer et Hansen s’en donnent à cœur de joie : harmonisation, duos, reprise des mélodies et cavalcades endiablées sur le manche évoquent naturellement les gimmicks d’Helloween (mais aussi de Judas Priest) pour le plus grand bonheur. Malgré la présence (discrète) des claviers de Gunther Werno, les parties de guitare sont dominantes sur le disque et s’avèrent très inspirées. Un des moments forts est d’ailleurs constitué par les solos de « Manhunter », très virtuoses. On peut dire maintenant que le duo Hansen/Meyer fonctionne très bien.

Les autres compositions vont de la belle ballade, « Blood » au refrain somptueux, au rock hard entraînant comme « Exceptionnal » ou queenesque « Not Gonna Take Anymore », en passant vers le franchement heavy comme « Throne Of Dawn » ou surtout le superbe « Night Of The Long Knives » qui voit Kiske produire une montée dans les aigus de folie au début du titre. Certains échos du hard mélodique de jadis sont bien là (sur « Exceptionnal » ou sur « When The Deed Is Done »), mais l’ensemble est clairement plus heavy du fait notamment de la production remarquable du bassiste Dennis Ward. Ce dernier a manifestement choisi un son beaucoup plus rentre-dedans que ce qu’il propose d’habitude. Le grain des guitares a été notamment extrêmement travaillé pour le meilleur.  Si ajoute à ce constat, le fait que la composition de Light Of Dawn est surtout de son fait, on peut conclure que le disque montre bien encore une fois le talent du bonhomme, si besoin était.

And the winner is…

Mais la star du groupe reste évidemment Michael Kiske. Que dire du maître allemand ? Qu’à mon avis, il chante encore mieux qu’à l’époque des Keeper Of The Seven Keys. Même si par coquetterie, il lui arrive de rappeler son âge et ses difficultés à pousser autant que jadis, il ne s’agit… que de coquetteries de diva ! La tessiture reste intacte mais la variété et la nuance ont clairement progressé. Les graves de « Blood », le passage des médiums aux aigus sur « Night Of The Long Knives » ou les vibratos sur « Throne Of Dawn » sont quelques uns des très grands moments vocaux du disque. S’il était nécessaire, Kiske montre qu’il est sans doute le meilleur chanteur de heavy metal en activité, la concurrence étant trop fatiguée (Rob Halford, Bruce Dickinson, Eric Adams…) ou trop peu inspirée pour lutter (Ralf Scheepers qui végète avec Primal Fear, Andre Matos etc.).

Toutefois Light Of Dawn n’est pas qu’un disque de chanteur : c’est un disque exemplaire de heavy metal moderne, superbement produit et magistralement interprété. C’est surtout un disque qui montre que Unisonic est un super groupe au sens littéral et non péjoratif.

Baptiste (8,5/10)

Site officiel

Veryrecord / 2014

Tracklist : 01. Venite 2.0 02. Your Time Has Come 03. Exceptional 04. For The Kingdom 05. Not Gonna Take Anymore 06. Night Of The Long Knives 07. Find Shelter 08. Blood 09. When The Deed Is Done 10. Throne Of The Dawn 11. Manhunter 12. You And I 13. Judgement Day (european bonus track) 

oshy_03082014_Re_MourniDans le monde actuel où nous sommes tous submerges par les sorties quotidiennes de groupes tous plus formatés et prémâchés les uns que les autres, les démarches originales et inhabituelle sont à saluer et encourager. Cela tombe bien c’est le cas de l’album qui nous occupe aujourd’hui, Where Stone and Water Meet, le troisième opus de nos compatriotes de RED MOURNING. Le groupe naît à Paris, fin 2003 et a su année après année se construire progressivement une identité originale en mélangeant des influences irréconciliables sur le papier. En effet, RED MORNING mélange consciencieusement punk-hardcore, Chicago-blues, grunge, death-métal old- et new-school. Ils expérimentent encore et encore et progressent à chaque nouvelle sortie : une première démo éponyme en 2004, un maxi Six Four Six en 2006 et deux albums Time to Go (2008) et Pregnant With Promise en 2011. Après trois années de travail, voici la suite de leurs aventures.

Comme ils l’écrivent eux-mêmes, RED MOURNING… ou la couleur du deuil des esclaves du Mississippi. Cette thématique et la dénonciation des maux de notre société présents ou passés reste présente au cœur du travail des parisiens. Après des dizaines de dates en Belgique et en France (dont le HELLFEST) les quatre musiciens ont encore progressé pour ciseler encore plus finement chaque riff, chaque rythmique et chaque ligne de chant. Dès les premières notes de « The Sound Of Flies » le ton est donné entre riffs agressifs, batterie endiablée et chant survolté de Hoog. Les marques de fabrique du groupe sont encore une fois bien présentes, l’approche hardcore côtoie et alterne avec le chant mélodique, la slide-guitar Blues n’est jamais très loin… Le groupe reste agressif et puissant tout en laissant une belle place à la mélodie pour rendre son propos lumineux et attractif pour un large public. Le niveau technique est plus que respectable sans jamais être prétentieux. Le feeling, le groove est toujours favorisé par à la démonstration technique stérile. Encore une fois, RED MOURNING a confié aux bons soins de Francis Caste (BUKOWSKI, THE ARRS…) la production de cet album. Un pari gagnant tant la mise en son proposée ici rend hommage à la force et aux convictions affichées tout au long de ces treize nouvelles chansons.

RED MOURNING a su mettre tous les atouts dans son jeu pour frapper un grand coup avec Where Stone and Water Meet. Belle pochette, bonnes chansons, démarche artistique originale et solide production, que demandez de plus ? Ce hardcore moderne sorti du bayou devrait s’incruster durablement sur votre platine.

Oshyrya (7,5/10)

 

Site Officiel

FaceBook Officiel

 

Bad Reputation / 2014

Tracklist (43:36 mn) 01. Intro, 02. The Sound Of Flies, 03. Gun Blue, 04. Rabid Dogs & Twisted Bitches, 05. Emily, 06. White Line, 07. The Simple Truth, 08. Work Song, 09. Over The Rail, 10. Candlelight, 11. Touched By Grace, 12. There Goes The Chair, 13. Where Stone & Water Meet