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Amberian Dawn – Magic Forest

oshy_20072014_Amberi_DawDeux constats s’imposeront irrémédiablement à l’auditeur après une écoute répétée de ce nouvel album d’AMBERIAN DAWN : l’ombre de leurs compatriotes de NIGHTWISH est extrêmement présente, pesante et le côté métal symphonique « pour les enfants », ultra mélodique et accessible finira par en écœurer plus d’un. Ils devraient peut-être postuler chez Disney…

Depuis Circus Black publié en 2012, bien de l’eau a coulé sous les ponts pour les finlandais. En effet, cette même année, le groupe perd trois de ses membres: la chanteuse Heidi Parviainen, la batteur Heikki Saari et le guitariste Kasperi Heikkinen. Ce deux derniers sont remplacés au pied levé par des anciens membres Joonas Pykälä-aho (batterie) et Emil "Emppu" Pohjalainen (guitares) alors que la nouvelle chanteuse se nomme Päivi "Capri" Virkkunen. Afin de faire patienter les fans, AMBERIAN DAWN sort en 2013 une compilation de ses meilleures chansons réenregistrées avec les nouveaux membres, Re-Evolution (chronique ici). Voici la suite avec ce cinquième album, Magic Forest.

Le capitaine du navire, Tuomas Seppälä, l’avait d’emblée annoncé, ce nouveau disque serait très orienté claviers avec des lignes vocales très typées années 80. Et il n’a pas menti pour le premier aspect en tout cas, les claviers mènent largement les débats et relèguent au fond de la classe des guitares un peu trop discrètes même pour un heavy métal étiqueté symphonique. AMBERIAN DAWN est devenu le ABBA de leur catégorie, pas forcément pour le succès rencontré mais pour le côté très lisse et calibré des chansons proposées. Magic Forest est fait pour plaire à votre petite sœur ou votre petit cousin et le taux de sucre de l’ensemble crève tous les plafonds. Nous savons avoir un mauvais fond dans la rédaction mais ce disque fini par agacer à utiliser toutes les ficelles et les gimmicks du genre. Et surtout la patte et l’influence de NIGHTWISH est plus présente et évidente que jamais. Seppälä se prend clairement pour Holopainen jusque dans le style et le visuel avec ces ongles peints en noirs et de chapeau haut de forme.

Soulignons que la nouvelle chanteuse assure avec talent ses parties et dans un registre un peu différent, moins lyrique, plus rock, que Parviainen mais elle parvient à donner un souffle, un supplément d’âme à ces chansons. La guimauve est partout sur ce disque mais quelques pépites parviennent quand même à émerger et sauvent ce disque du naufrage. Le titre éponyme « Magic Forest » n’a pas été choisi par hasard comme premier single et support du clip vidéo car il écrase de la tête et des épaules les autres compositions. Le refrain rentre dans la tête pour le plus en sortir. Le reste de l’album passe sans créer de grandes émotions chez l’auditeur, cela reste mignon, gentil et surtout très ennuyeux. Et puis c’est court, (là ce n’est peut-être pas un mal) avec moins de quarante minutes au compteur.

Le talent est là mais AMBERIAN DAWN ne parvient pas à dépasser sa condition et à sortir de la deuxième division des groupe de métal symphonique à chanteuse. Quelques fulgurances font apparaître le potentiel du groupe mais celui-ci gâche un peu ses chances soit en la jouant trop facile soit en singeant maladroitement les ténors du genre. Vous pouvez largement préférer les récents EPICA ou DIABULUS IN MUSICA.

Oshyrya (06/10)

 

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Napalm Records / 2014

Tracklist (39:51 mn) 01. Cherish My Memory 02. Dance Of Life 03. Magic Forest 04. Agonizing Night 05. Warning 06. Son Of Rainbow 07. I'm Still Here 08. Memorial 09. Endless Silence 10. Green-Eyed

Vintersorg – Naturbål

oshy_20072014_VintersoVINTERSORG fête cette année ses vingt ans d’existence et semble plus en forme que jamais. Andreas Hedlund continue à mener tambour battant dix projets en même temps et à explorer toujours plus loin une vaste palette de genres musicaux. Il est encore une fois accompagné, depuis Cosmic Genesis en 2000, de son camarade Mattias Marklund aux guitares. Voici donc Naturbål, le neuvième album d’une déjà riche discographie. Dans la continuité de Jordpuls (2011) et Orkan (2012) VINTERSORG met à l’honneur son visage le plus folk sans oublier les touches extrêmes et ses racines suédoise en délaissant complétement le chant en anglais au profit du suédois.

Le contact avec la musique de VINTERSORG se fait toujours en plusieurs temps. Le côté folk et les refrains en chant clair pourraient d’abord séduire avant que les touches extrêmes ne viennent durcir le temps et raidir certains fans potentiels. Cette ambivalence fait partie de l’ADN et de l’héritage du groupe la fusion entre les différents projets et influences d’Hedlund. Les mélodies sont toujours finalement ciselées, souvent à la guitare sèches pour apporter ce côté folk avant que les rythmes de batterie endiablés, le chant hurlé et les riffs de guitares plus durs ne viennent apporter une touche d’épice et d’acidité à l’ensemble. Mais une fois ces quelques obstacles acceptés et surmontés, la magie et la délicatesse des compositions des suédois éclatent au grand jour. Le propos est complexe avec de nombreuses couches mélodiques savamment agencées et entremêlées. Les refrains font souvent mouches et l’auditeur se surprendra à rapidement siffler ces mélodies. VINTERSORG a su progresser et mêler son passé extrême avec ses aspirations artistiques contemporaines le tout magnifié par les techniques modernes d’enregistrement aujourd’hui disponibles. Le son est clair, limpide et la production rend hommage au travail ici accompli.

Dans la continuité de ses précédents travaux, VINTERSORG ajoute un très beau chapitre à sa belle carrière à travers Naturbål. Les trésors sont nombreux à ceux qui voudront bien dépasser leurs préjugés vis à vis de cette approche mêlant musique folk et touches extrêmes. La récompense finale sera d’autant plus appréciée. Cette plongés dans le passé, bien que l’image d’Epinal soit sans doute embelli et rêvé, fait un bien fou !

Oshyrya (7,5/10)

 

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Napalm Records / 2014

Tracklist (55:09 mn) 01. Ur aska och sot 02. Överallt och ingenstans 03. En blixt från klar himmel 04. Lågornas rov 05. Rymdens brinnande öar 06. Natten visste vad skymningen såg 07. Elddraken 08. Urdarmåne 09. Själ i flamma

Belphegor – Conjuring The Dead

Trois ans et demi après un Blood Magick Necromance particulièrement réussi, on attendait Belphegor de pied ferme, certainement après les ennuis de santé d'Helmuth. Je me souviens de leur retour sur scène lors de l'Extremefest et d'un Helmuth sans voix remplacé par un guest, à tel point que je m'étais alors demandé si c'était uniquement dû à sa convalescence ou s'il n'était tout simplement plus en mesure de chanter, ce qui aurait pu signifier la mort du groupe (du moins sous sa forme avec Helmuth au chant). Heureusement, avec le temps, Helmuth a su retrouver ses capacités vocales et nous livre un nouvel album en légère rupture avec les précédents.

En effet, là où Blood Magick Necromance avait cette production superbe (on dit merci qui ? Merci Peter Tägtgren !), Conjuring The Dead affiche un son plus brut, plus rugueux, et je dois avouer que je n'aurais pas parié un kopeck sur Erik Rutan si on m'avait demandé qui était derrière les manettes. On pourrait parler de régression au niveau purement sonore, mais cette petite touche de "crasse", au contraire, colle bien au propos et me convient parfaitement. Ceux qui avaient apprécié le côté poli des derniers efforts, par contre, en seront pour leurs frais…

Et au niveau de la compo ? Là, Helmuth nous montre en dix morceaux qu'il n'a pas perdu la main, au contraire ! C'est varié, original, certains morceaux sont presque étonnants pour un groupe comme Belphegor ("In Death " et sa rythmique presque minimaliste par rapport à d'autres morceaux sur les plaques précédentes ou l'interlude "The Eyes" qui vient calmer le jeu quelques insants avant un morceau plus traditionnel), mais on conserve tout de même cette touche autrichienne, ce petit truc qui fait de Belphegor un groupe qu'on aime. 

Avec ce dixième album, Belphegor vient se rappeler à notre bon souvenir. Conjuring The Dead marque une certaine évolution au niveau du son Belphegor, certes, mais dans l'ensemble, le fan se sentira certainement rapidement "comme chez lui". Une des valeurs sûres de l'année, à n'en pas douter.

Mister Patate (8/10)

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Nuclear Blast Records / 2014
Tracklist (36:39) 1. Gasmask Terror 2. Conjuring the Dead 3. In Death 4. Rex Tremendae Majestatis 5. Black Winged Torment 6. The Eyes 7. Legions of Destruction 8. Flesh, Bones and Blood 9. Lucifer, Take Her! 10. Pactum in Aeternum