Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

oshy_02062014_Andre_e_NicolJ’en vois déjà certains d’entre vous froncer les sourcils à la vue de cette chronique. Oui nous sommes ici assez loin du métal mais nous avons reçu le cet album à la rédaction et comme nous sommes des êtres polis, nous en publions une chronique. Maintenant que le contexte est planté, quel est donc que cet OMNI ?

Sans peut-être le savoir, vous connaissez déjà forcément le travail d’Andréas ou de Nicolas. Le duo de chanson française humoristique est né en 2006 à Nantes mais nos deux compères pouvaient déjà faire étalage d’une solide expérience. Citons le travail de Nicolas avec ULTRA VOMIT dont il est le chanteur sous le pseudonyme de Fetus. L’humour et l’approche décalée semble être une deuxième nature. Une première démo intitulée 7 Super Chansons voit le jour en 2007 puis un véritable premier album, Super Chansons, en 2010. Ils écument également toutes les scènes possibles en France, en Belgique et ou Canada et comptent à leur actif plus de 150 concerts. Les voici de retour avec un second opus au titre énigmatique de Singes du Futur.

Il suffit de lire les titres des chansons pour deviner que le délire et le second degré seront au rendez-vous ici. Musicalement parlant, il s’agit d’un rock/pop sucré et très accessible, faisant la part belle aux claviers analogiques et aux mélodies entrainantes. Il faudrait vraiment être de pierre pour ne pas sourire à l’écoute des paroles des chansons et se trémousser en rythme face à certaines mélodies franchement attrayantes. Andréas & Nicolas vivent leur délire à fond et ils se sont vraiment lâchés. Pour les trentenaires tendances geeks comme votre serviteur, les clins d’œil et les références à notre enfance sont légions et s’avèrent vraiment amusante. Oui j’ai ri à l’écoute de « Crazy Clochard », pastiche du générique du dessin animé Lady Oscar (Berusaiyu no bara) diffusé dans les années 90 sur TF1. Les compositions sont dans l’ensemble assez courtes, entre deux et trois minutes, et vont à l’essentiel via une mélodie assez simple, sympathique, facilement assimilable.

L’auditeur a vraiment de quoi s’amuser à l’écoute de ce Singes du Futur ou l’absurde et la légèreté sont roi. C’est déjà pas mal mais une fois la surprise et la découverte passées, je me suis beaucoup ennuyé et je n’ai surtout pas du tout eu envie de réécouter le disque. Les plans scatos et culs sont amusants une fois puis beaucoup moins ensuite. Une fois le délire passé, il ne reste pas grand-chose malheureusement. Autant sur scène la bonne humeur et l’humour déployés par nos deux amis pourra faire mouche autant sur disque, la DLUO s’évanouit rapidement. L’écoute de Singes du Futur m’a rappelé l’aventure du Donjon de Naheulbeuk, une saga sonore disponible sur le net en mp3 (ici), pour ceux qui connaissent. Pour un cadeau bien débile histoire d’égailler une soirée d’anniversaire, pourquoi pas mais pas beaucoup plus.

Oshyrya

 

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Verycords / 2014

Tracklist (44:28 mn) 01. Bienvenue en 4912 02. Les vaches (rencontre du troisième pis) 03. Putain ! Putain ! Putain ! 04. S**** Salope 05. Crazy clochard – feat GiedRé 06. Mon costume de singe 07. Est-ce que tu veux sortir avec moi ? 08. En Abitibi – feat Mononc’Serge 09. Tempête d’astéro hits (inclus les singes, Petit Poney, et j’ai fait caca dans mon cartable) 10. Je t’aime à l’italienne 11. Chatroulette 12. Elephante moi 13. Ma super chérie 14. Arrivée sur Cribule 15. Elle ressemble à un lapin (et pourtant c’est un homme)

Eyehategod – Eyehategod

On le savait, Eyehategod ne nous veut pas du bien. En 8 ans, le groupe nous avait craché quatre brûlots qui fleuraient bon la misanthropie pure, avant de s'éteindre au tournant du millénaire. Et après ? Pas grand-chose, un split ou un EP à l'occasion, histoire d'entretenir le suspense, mais pas d'album, à tel point qu'on commençait à la trouver saumâtre. Le décès de Joe LaCaze (qui avait déjà enregistré ses parties de batterie pour cet album avant de nous quitter) aurait pu sonner le glas du groupe… et c'est pourtant maintenant que le groupe renaît de ses cendres avec ce cinquième album qui fleure bon la haine. Prêts pour un nouveau fix de colère ?

Dès le premier morceau, la bande à Mike Williams nous prend par les couilles, avec un "Agitation! Propaganda!" ravageur qui flirte presque avec le punk, histoire de bien capter l'attention avant de nous emmener dans un sludge boueux, sale et gluant. Les pistes se succèdent et l'ambiance distillée par le groupe s'infiltre par tous les pores de ta peau. Eyehategod n'a pas besoin de hausser le ton ou de renforcer le propos : son sludge a beau avancer à un train de sénateur, il n'en reste pas moins implacable, comme la montée des eaux dans un marécage de Louisiane, et on se retrouve jusqu'aux genoux dans une mélasse qui colle aux basques et ne compte pas te lâcher de sitôt.

Quatorze années marquées par de nombreuses épreuves n'ont pas pu entamer la hargne de Eyehategod. Là où certains auraient déjà baissé les bras, EHG semble puiser son énergie de ces coups durs pour nous livrer un album sans concessions. Une sacrée gifle !

Mister Patate (8,5/10)

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Housecore Records / 2014
Tracklist (43:14) 1. Agitation! Propaganda! 2. Trying to Crack the Hard Dollar 3. Parish Motel Sickness 4. Quitter's Offensive 5. Nobody Told Me 6. Worthless Rescue 7. Framed to the Wall 8. Robitussin and Rejection 9. Flags and Cities Bound 10. Medicine Noose 11. The Age of Bootcamp

Arch Enemy – War Eternal

Arch_Enemy_War_Eternal

Il était une fois"…
Dans la communication, l'art du Storytelling, le fait de raconter une histoire, digne d'un conte de fées au public, c'est tendance de nos jours. Et l'air de rien le label Century Media, et Arch Enemy viennent d'orchestrer une histoire qui en ferait presque oublier le contenu du nouvel album.

Alissa White-Gluz, chanteuse d'un groupe canadien metalcore relativement obscur, The Agonist, accède à la célébrité tendance grand format en succédant à Angela Gossow. Cette dernière cesse de chanter pour devenir en coulisses manager du groupe. Happy end oblige, c'est la règle du storytelling, Angela à tout prévu, intronisant sa jeune amie végétalienne pour lui passer le flambeau. Du côté de The Agonist en revanche, le groupe est moins emballé, Alissa souhaitait s'impliquer dans les deux groupes, les canadiens refusent et la virent.

War Eternal consacre deux changements majeurs au sein du groupe. Après 13 ans et 6 albums Arch Enemy tourne la page Angela Gossow,  le chapitre Christopher Amott s'achève également. Sur ce nouvel album on compte non seulement une nouvelle chanteuse, mais aussi le guitariste Nick Cordle (Arsis), déjà rodé en tournée. Michael Amott estimant que les deux frangins avaient fait le tour de la question et qu'il n'y avait guère de chance que sur le plan créatif un miracle se produise.

"Et la soupe, elle est bonne la soupe ?"

Et le contenu de ce neuvième album studio dans tout ça ? C'est vrai quoi un conte de fée c'est bien gentil pour endormir les gens, mais dans le metal vous conviendrez que l'art de la berceuse c'est pas ce qui se fait de mieux. Passons sur l'introduction symphonique un peu bateau, le titre "Never Forgive, Never forget" ouvre les hostilités sur les chapeaux de roues. Un titre très agressif ou le chant d'Alissa se situe dans la veine d'Angela. Aucune crainte à avoir pour les fans éplorés, la canadienne fait le boulot de manière convaincante. Arch Enemy conserve l'équilibre entre agressivité et mélodie, et n'oublie pas d'aérer le premier titre avec quelques solis relevés.

En revanche au niveau de l'inspiration, le groupe souffle le chaud et le froid. On retient bien volontiers des titres qui rentrent dans le lard comme "As The Pages Burn", D'autres titres en revanche laissent une impression de service minimum, War Eternal sonne comme un titre exhumé d'Anthem Of Rebellion. Pas inoubliable. "No More Regrets", "You Will Known My Name", "Time Is Back", titres affublés d'orchestrations pompeuses ne laissent pas une forte impression. Cela dit, la fin énergique de "Time Is Back" relève un poil le niveau.

Sur une tonalité plus sombre et plus agressive on retient en revanche un "On And On" et son refrain qui rentre vite dans le crane, sans oublier son accélération à la sauce metal néo classique. "Avalanche", avec ses orchestrations et ses claviers pouvaient faire craindre le pire, après un démarrage un peu glissant aux claviers, les guitares repennent fort heureusement le dessus, avec en prime des solos de haute volée. Accrocheur et efficace. On retient aussi "Down To Nothing", où le groupe lâche ses coups. Très convaincant.
War Eternal termine aussi bien qu'il a démarré, on ne peut que déplorer ce passage à vide en milieu d'album, et des orchestrations qui n'apportent pas grand chose. Sur le plan de l'interprétation, il n'y rien à reprocher au groupe et les fans seront sans doute rassurés par ce cru 2014. Arch Enemy assure l'essentiel à défaut de sortir un album du calibre de Wages Of Sin.

Hamster (06.5/10)

Century Media / 2014

Track List (47:30) 1.Tempore Nihil Sanat (Prelude in F minor) 2. Never Forgive, Never Forget 3. War Eternal 4. As The Pages Burn 5. No More Regrets 6. You Will Know My Name 7. Graveyard Of Dreams (instrumental) 8. Stolen Life 9. Time Is Black 10. On And On 11. Avalanche 12. Down To Nothing 13. Not Long For This World (instrumental)

 

As The Pages Burn