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En quinze ans de carrière, Deafheaven n’a jamais sorti un mauvais album. Il a même accouché de quelques indispensables (New Bermuda, Sunbather) et d’un déconcertant Infinite Granite, qui donnait l’impression de sonner le glas de leur période black-metal car touchant avec talent une cible dream pop/shoegaze.

Eh bien, nous nous trompions ; Deafheaven n’a pas tourné la page du metal. Une fois l’intro de Lonely People with Power passée (« Incidental I »), nous retrouvons la furie musicale, les cris stridents de George Clarke et toutes les particularités qui font de Deafheaven un groupe unique. La première moitié de ce nouvel opus n’est que bruit et fureur. Même si quelques micros pauses (« Heathen ») donnent quelques instants de répit, l’intensité musicale et émotionnelle reste à son maximum.

Lonely People with Power aurait pu gentiment continuer sur cet élan; nous n’aurions rien trouvé à redire. Mais, Deafheaven parvient encore à nous surprendre avec « Incidental II » marquant une vraie cassure avec les premiers titres. Accompagné de Joe Matthews de Boy Harsher, Deafheaven s’apaise un instant puis replonge dans un maelström de violence. Le côté sombre et violent du groupe (« Revelator ») est assumé et se renforce un peu plus. Le résultat est soufflant.

« Incidental III » est un marqueur débouchant sur deux morceaux grandioses dans le plus pur style de Deafheaven (« Winona », « The marvelous orange tree ») : un black-metal moderne qui continue d’innover. C’est grandiose.

(9/10).

Site Officiel : https://www.deafheavenuk.com/

Roadrunner /2025

01. Incidental I 02. Doberman 03. Magnolia 04. The Garden Route 05. Heathen 06. Amethyst 07. Incidental II (feat. Jae Matthews) 08. Revelator 09. Body Behavior 10. Incidental III (feat. Paul Banks) 11. Winona 12. The Marvelous Orange Tree

Imperial Triumphant – Goldstar

Lorsque je déambule dans les rues d’une ville où je n’ai jamais posé les pieds, une de mes marottes favorites est la recherche de la beauté architecturale. Une devanture Art Déco, une pierre commémorative témoignant du passé d’un édifice, un grillage de fer forgé… La pierre se faisait volute, le verre se faisait vitrail… Autant de souvenirs d’une époque révolue où l’architecture n’était pas purement fonctionnelle, ou le « beau » (concept tellement subjectif) était encore un point incontournable dans le cahier des charges. Aujourd’hui noyés dans un océan de béton où chaque tour est un clone de sa voisine, ces pépites visuelles n’en brillent que plus fort.

Et aujourd’hui, alors qu’ils fêtent leurs 20 ans de carrière avec un sixième album, les ricains d’Imperial Triumphant font, eux aussi, figure d’accroche-o(r)eil(le), de formation qui cherche à se démarquer dans un océan de sorties qui semble de plus en plus s’uniformiser avec le temps. Pour un Imperial Triumphant / Oranssi Pazuzu / (ajouter l’artiste hors catégorie de votre choix), il y a 100, que dis-je, 1.000 clones de groupes vus et revus.

Et pourtant, si on le compare à son prédécesseur, l’excellent Spirit Of Ecstasy, le trio masqué a quelque peu réajusté certains curseurs, rendant l’album un peu moins exigeant à la première écoute. À l’instar d’un Alphaville, Goldstar semble dévoiler plus facilement ses atours. L’accroche est plus immédiate. Mais cette simplicité est toute relative. Les écoutes se succèdent et, petit à petit, on plonge le nez dans le détail, on décortique les couches, on saisit enfin, le casque rivé sur les oreilles, ces petits je-ne-sais-quoi qui attiraient vaguement l’attention sans que l’on puisse mettre le doigt dessus.

L’album se déguste d’une traite, presque maniaquement, sans qu’un seul titre ne sorte du lot. Et c’est peut-être là son talon d’Achille. Goldstar n’a pas un titre tubesque. Imperial Triumphant ne fonctionne pas au single. Les limites ? Connait pas ! En plein cœur de l’album, on passe d’une réinterprétation géniale de la Sarabande de Händel (« Hotel Sphinx ») à une explosion presque grindcore (« NEWYORKCITY ») et, ensuite, à une fausse publicité délicieusement vintage pour des cigarettes (« Goldstar »)… le tout en l’espace de moins de 6 minutes. Envie d’ajouter un zeste de folie dans les percus ? On invite Mister Haake sur deux morceaux. Ça ne suffit pas ? Ajoutons Dave Lombardo dans l’équation.

À l’image de New York, la musique d’Imperial Triumphant pourrait se résumer en 5 mots : The Sky Is The Limit. De l’entrée en matière fracassante sur « Eye of Mars » (ces cuivres, bon sang !) à la spirale finale d’un « Industry Of Misery » qui semble fondre et se disloquer petit à petit à partir de 4:55 comme certaines compos du terrifiant Everywhere at the end of time de The Caretaker, Goldstar est un nouveau chef d’œuvre incontestable du trio de la Grosse Pomme.

9/10

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Century Media Records / 2025
Tracklist (38:15) 1. Eye of Mars 2. Gomorrah Nouveaux 3. Lexington Delirium 4. Hotel Sphinx 5. NEWYORKCITY 6. Goldstar 7. Rot Moderne 8. Pleasuredome 9. Industry of Misery

Dans la série « il aurait pu tout rafler mais il ne s’est contenté que des miettes », Ginger le leader des Wildhearts se pose là. Le Britannique est un perdant magnifique. Que ce soit avec les Quireboys ou encore Brides of destruction, il n’est pas devenu LA superstar qu’il aurait mérité d’être. Pourtant, le début de carrière des Wildhearts était prometteur (The Earth vs The Wildhearts, P.H.U.Q, Endless Nameless), mais un line-up à géométrie variable, puis deux/trois séparations et reformations ont empêché la gloire de s’installer.

The Satanic Rites of The Wildhearts est la preuve que Ginger continue de s’accrocher à ses rêves de rock’n’roll. Si l’on passe « Eventually » (trop tapageur pour être honnête), le reste de la galette s’avère très attachant. Mélodiques et facilement mémorisables, « Sacred of glass » et « Troubadour moon » prouvent une aisance de composition. Ginger sait y faire et ça s’entend.

Si certains titres ratent leur cible, nous y trouvons toujours un gimmick qui accroche l’oreille, un refrain imparable (« Fire in the cheap seats ») ou encore quelques mélodies dont il est difficile de se défaire (« Failure Is The Mother Of Success »). Cette imperfection s’avère au final séduisante. Le groupe est particulièrement bon quand il s’éloigne du hard-rock basique qui a fait sa réputation (le très punk « Kunce », les très pop « Blue Moon Over Brinkburn » et « Hurt people hurt people »).

Alors oui, The Satanic Rites of The Wildhearts est loin d’être le meilleur album des Wildhearts, mais il contient assez d’arguments musicaux pour que l’on s’y intéresse.

Nico (7/10)

Site Officiel : https://www.facebook.com/TheWildhearts

Snakefarm /2025

01. Eventually 02. Scared Of Glass 03. Troubadour Moon 04. Fire In The Cheap Seats 05. Kunce 06. Maintain Radio Silence 07. Blue Moon Over Brinkburn 08. Hurt People Hurt People 09. I’ll Be Your Monster 10. Failure Is The Mother Of Success