Sixième album pour le groupe du Kentucky, aux allures de vieux pick-up increvable qui ne dévie pas de sa route. On note tout de même au fil de l’écoute que le groupe prend le parti plus franchement du côté du rock sudiste rugueux que du grunge de Seattle qu’il allait titiller de temps à autre, mais au delà de cette subtile évolution, la recette ne change pas. Cela dit la guimbarde n’est pas maltraitée, le groupe propose des titres qui conservent un air de famille dans la veine des albums précédents. Quelques titres accrochent les conduits auditifs, tel « Bad Habit » qui ouvre l’album en douceur, suivi d’un « Burnin » plus musclé avec une intro aux allures de ZZ Top. Les titres se suivent, agréables mais pas au point de marquer les esprits, puis survient le gros ralentissement au milieu de l’album avec « My Last Breath » aux allures de vieux classiques sorti des années 70, qui aurait sans doute été mieux placé en fin d’album en guise conclusion.
« Southern Fried Friday Night » reprend le flambeau, en guise d’hymne sudiste, puis Il faudra attendre trois titres plus loin pour se ouvrir les oreilles avec « Ain’t Nobody », un poil plus énergique. Un « James Brown » plus funky prend la relève, pour laisser la place à une dernière partie plus blues, dont seul « Get Me Over You » se distingue franchement. Au fil des écoutes « Family Tree » s’avère être un album plaisant, et plutôt bien ficelé, auquel il manque une fois encore l’étincelle pour embraser la plaine. À la place, on a une douzaine de compos variées et bien exécutées par des musiciens qui y mettent leurs tripes, mais qui restent dans une zone de confort. On reste encore une fois sur sa faim.
Hamster (06/10)
Mascot Record / 2018
Tracklist : 1. Bad Habit 2. Burnin 3. New Kinda Feelin 4. Carry Me On Down the Road 5. My Last Breath 6. Southern Fried Friday Night 7. Dancin’ in the Rain (featuring Warren Haynes) 8. Ain’t Nobody 9. James Brown 10. You Got the Blues 11. I Need a Woman 12. Get Me Over You 13. Family Tree
Avec Soto, Jeff Scott Soto avait entamé un tournant musical vers un propos nettement plus heavy que de coutume. Inside The Vertigo et Divak avaient considérablement durci le ton et aussi modernisé le hard rock mélodique du chanteur américain. Personnellement je n’avais pas franchement suivi Jeff Scott Soto dans cette évolution : le résultat me semblait bien trop banal et calibré pour emporter la conviction. Il est difficile de savoir ce qu’en pense lui-même Soto car la communication des musiciens, surtout américains, n’est que rarement franche. Constatons toutefois que Soto est de retour sous son nom complet et revient en quelque sorte au hard mélodique dont il était coutumier sur ce Retribution. Au passage, Soto réintègre son label napolitain Frontiers, autre signe envoyé à ses auditeurs. Et il a de nouveau fait appel à Howie Simon, le guitariste l’accompagnant sur son premier début de carrière.
Toutefois, il ne faut pas croire que tous les compteurs ont été ici remis à zéro. Ce Retribution est assez éloigné des premiers efforts solo de Soto comme Prism et lorgne bien plus vers un Damage Controlvoire certains éléments de Inside The Vertigo. Les guitares sont ainsi au premier plan, la basse claquante et les claviers généralement inaudibles ; les paroles se font surtout vindicatives et la production est très puissante. On peut donc dire que Soto fusionne ici bien habilement ses orientations musicales. Il est difficile de ne pas taper du pied sur le heavy mélodique incarné par « Retribution », « Rage Of The Year » ou l’excellent « Bullet For My Baby » voire « Breakout » fichtrement efficace. Et même quand le propos se veut plus léger et groovy comme sur « Reign Again », évocation du passé Hard FM du chanteur, la mollesse n’est jamais de mise. Mais ces variations évitent au disque d’être trop écrasant, tout comme les ballades au demeurant peu novatrices(« Feels Like Forever » qui accumule les clichés du genre).
Une réserve, mais de taille : si Retribution est intelligemment fait et parfaitement interprété… il n’a rien d’essentiel. Je doute que les chansons de ce disque deviennent des classiques du chanteur. Il leur manque un soupçon de quelque chose pour devenir excellentes : un riff un peu plus original ou un refrain un poil plus marquant. La copie est propre mais on peine à vouloir la relire une troisième fois…
Baptiste (7/10)
Frontiers / 2017
Tracklist : 01. Retribution 02. Inside/Outside 03. Rage Of The Year 04. Reign Again 05. Feels Like Forever 06. Last Time 07. Bullet For My Baby 08. Song For Joey 09. Breakout 10. Dedicate To You 11. Autumn
Quand, avant de presser la touche play, vous découvrez un album dont la tracklist affiche deux compositions de plus de dix minutes, une de huit minutes et des titres plus courts en complément, vous avez de très très fortes chances de vous trouver en présence d’un album de métal progressif. Certains signes extérieurs ne trompent pas. Deux après un Distance très convaincant, voici que les suédois se rappellent à notre bon souvenir avec un …And The Cage Crumbles In The Final Scene à la fois énigmatique et prometteur.
Le disque affiche un visage plus lourd, puissant et sombre que son prédécesseur. Les suédois présentent un nouveau concept, tous les titres sont liés entre eux au niveau thématique et dans les trames mélodiques. Après une courte introduction, la première grosse offensive se nomme « The Fool Who Would Be King » et déploie ses ailes sur plus de dix minutes. Les fans vont immédiatement retrouver leurs petits à l’écoute de ce métal progressif technique, tranchant mais toujours accrocheur et mélodique. A l’image des REDEMPTION, SHADOWGALLERY ou des DREAM THEATER, les suédois maîtrisent une très large palette musicale et prennent un malin plaisir à brouiller les cartes. Les guitares imposent un rythme intense, les riffs lourds donnent le ton mais l’équilibre se fait grâce aux touches de douceurs et de lumières des claviers.
Markus Tälth fait feu de tout bois que ce soit avec sa six cordes que derrière le micro. Son chant s’avère être très expressif, il charrie beaucoup d’émotions et insuffle un supplément d’âmes à ces chansons. Les titres s’enchaînent avec grâce et l’auditeur reste constamment tenu en haleine. « Drowning » poursuit sur la lancée et il faudra attendre « Kerosene » pour reprendre son souffle avec la montée finale. En effet, …And The Cage Crumbles In The Final Scene se termine sur une composition copieuse, « Mirage » qui passe à tout allure malgré près de onze minutes au compteur.
STRUCTURAL poursuit sur sa lancée positive et livre un album abouti du début à la fin. Les suédois se montrent inspirés et efficaces, …And The Cage Crumbles In The Final Scene s’écoute d’une traite sans que l’ennui ou la lassitude ne pointent le bout de leur nez. Ils ne bénéficient pas des spotlights des ténors du genre mais ils méritent pourtant l’attention des fans. Espérons que cet album ouvre de nouvelles opportunités au groupe.
Lion Music / 2018 Tracklist (48:53 mn) 01. Inside 02. The Fool Who Would Be King 03. Drowning 04. Nine Lies 05. The Architect of The Skies 06. Kerosene 07. Mirage