Avec les bonnes personnes, monter un groupe et composer un album semble si facile. Une fois la bonne dose de talent réunie, la créativité naturelle parle et peut déboucher sur de petites merveilles. Nos candidats du jour se nomment ROBO SAPIENS. Sous ce patronyme se cache en réalité un trio expérimenté de musiciens/producteurs : Milan Polak (guitare), Thomas Lang (batterie), Fabio Trentini (basse). Chacun est reconnu dans son domaine pour son savoir-faire ou ses prouesses techniques. Ils se connaissent depuis longtemps et ont enfin pu réaliser leur idée de collaborer sur un album. Catalyst s’avère être un album instrumental présentant neufs titres dans un style hard rock parfois métal puissant et racé.
Milan Polak tient le rôle de chef d’orchestre de ROBO SAPIENS, c’est lui le principal compositeur avec le soutien de Trentini sur quatre chansons. Le guitariste s’accapare assez logiquement la part du lion, il mène naturellement les débats avec le soutien rythmique de ses camarades. Le trio ne fait pas dans la bluette incolore et inodore, ROBO SAPIENS livre une marchandise inspirée et se plait à exécuter leurs partitions pied au plancher. Les chansons s’avèrent assez intenses, la barre a été placée assez haute au niveau des rythmes et de la technique. Polak en fait beaucoup, il varie énormément son jeu pour toujours rester accessible et agréable à l’oreille. Il fait son show mais jamais au détriment de l’intérêt collectif. Catalyst repose sur des bases solides et ne tombe jamais dans la démonstration inutile. ROBO SAPIENS sait jouer sur les tous les tableaux, un « Distant Memories » doux, gorgé de feeling répond à un « Catalyst » hargneux et rentre-dedans. Rien à redire sur la production du disque, le son reste clair et bourré d’énergie tout au long des neuf chansons.
Si vous n’êtes pas foncièrement allergique à la musique instrumentale, Catalyst s’avère être un album assez riche et foisonnant pour vous donner satisfaction. L’expérience et le savoir-faire du trio est évident et ils accouchent d’un beau bébé. Assez éloignés géographiquement les uns des autres, entre Europe et Amérique, on devine que chacun à poser ses parties de son côté sans que cela ce ne nuise à la cohérence globale. La technologie permet désormais ce genre de facéties. Pas sûr que ROBO SAPIENS soit un projet très pérenne vu les emplois du temps de ses géniteurs mais ce coup d’essai reste franchement réussi.
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel : https://www.thomaslangdrummer.com & http://www.fabiotrentini.com & http://www.milanpolak.com
Lion Music / 2018
Tracklist (43:42 mn) 01. No Turning Back 02. Rat Race 03. Alchemy 04. Distant Memories 05. Turmoil 06. Pacifier 07. Catalyst 08. H.L.A.H. 09. Insomnia
Suite à un dernier album, paru après à une longue période de remise en question, avec Scott Weiland et un E.P avec Chester Bennington, les frères DeLeo et Eric Kretz ont voulu continuer l’aventure Stone Temple Pilots. Les trois lascars, tel INXS à leur époque, ont engagé un candidat de X-Factor pour prendre la relève de ces deux excellents vocalistes.
S’il était légitime de s’inquiéter d’une telle manœuvre, bien peu rock’n’roll, ce deuxième album éponyme nous rassure sur l’état de santé du groupe. Le talent des frères DeLeo ne s’est pas émoussé avec le temps : ces mélodies immédiates nous ramènent fissa à la grande époque de Purple. « Meadow », le premier single, ne rate pas ça cible. La suite est du même tonneau. « Thought she’d be mine », « Roll me under », « Finest hour » ou la superbe ballade « The art of letting go » sont des compositions simples qui vont droit au but. Le dernier arrivé, Jeff Gutt, s’avère être à la hauteur de ses prédécesseurs. Il est un excellent copycat de Weiland. Donc, de fait, un bon chanteur. Ce septième album est un investissement rentable à 100 %.
La mort de Scott Weiland aurait pu leur être fatale, pourtant Stone temple pilots prouve que le trio restant a bien fait de continuer son chemin. Espérons juste ne pas avoir à attendre huit ans avant le prochain album.
Nico (9/10)
Site Officiel : http://stonetemplepilots.com/
Warner/2018
1.Middle Of Nowhere 2.Guilty 3.Meadow 4.Just A Little Lie 5.Six Eight 6.Thought She’d Be Mine 7.Roll Me Under 8.Never Enough 9.The Art Of Letting Go 10.Finest Hour 11.Good Shoes 12.Reds & Blues
Trois ans après la sortie de son précédent opus, The Wayward Son, bien des choses ont changé pour les mosellans de SEYMINHOL. Exit le bassiste historique, Christophe Billon-Laroute, qui a souhaité se focaliser sur son nouveau projet professionnel et exit Brennus Music au profit de Lion Music , Kévin Kazek et Nicolas Pélissier restent les derniers rescapés des débuts et mènent contre vents et tempêtes le navire. A leurs côtés, Thomas Das Neves poursuit sur la lancée du disque précédent alors que Vianney Habert (DEFICIENCY) arrive pour compléter le line-up.
La démarche du quatuor ne varie pas sur ce nouvel opus, ils proposent un métal progressif et symphonique racé et inspiré. Album concept au tour de la figure tragique d’Ophélie dans le Hamlet de Shakespeare, Ophelian Fields explore des rivages sombres, féminins, métaphysiques. L’album se révèle malheureusement très court mais il ne manque pourtant pas de variété. SEYMINHOL a encore plus que d’habitude su varier les plaisirs et mélange efficacement différents styles de musique, la douceur et l’accroche du rock enrichi ici et là de touches FM, gothiques et thrash. Kévin Kazek et Nicolas Pélissier veulent faire passer beaucoup d’émotions, Ophélie passant progressivement de la plus grande joie au plus profond drame et ils mettent en œuvre tout leur savoir-faire à travers ces dix compositions. Tout n’est pas génial, mais les standards restent élevés tout au long du disque. Ophelian Fields s’apprécie avec un casque sur les oreilles le livret dans les mains et au calme. La richesse et le fourmillement du travail d’écriture et de composition réalisé vous sautera ainsi aux oreilles. Au niveau technique, pas grand-chose à redire, les quatre musiciens sont bien en place. Seule la production un peu terne laisse quelques regrets.
Bien qu’un peu moins convaincant que The Wayward Son, plus mature et abouti, Ophelian Fields reste un chapitre solide et agréable de la carrière de SEYMINHOL. Avec le recul, que de chemin parcouru depuis Northern Recital en 2002. Le quatuor poursuit son chemin dans l’ombre mais il a su devenir un groupe de référence dans l’hexagone. Leur nouveau label finlandais pourrait leur faire toucher un plus large public et créer de nouvelles opportunités. C’est en tout cas ce que nous leur souhaitons.
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Lion Music / 2018
Tracklist (36:29 mn) 01. Intro Appetite 02. Act II, Scene 2 My Soul’s Idol 03. Interlude Nymph 04. Act II, Scene 1 Hidden Desire 05. Act III, Scene 2 Behind The Mask 06. Act IV, Scene 5 Her Majesty Of Flowers 07. Part 1 The Devil Takes My Soul 08. Part 2 Crown Of Thorns 09. Part 3 After 10. Outro