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Alunah – Solennial

Il y a trois ans de cela, à la sortie d’Awakening the Forest chez Napalm Records, tout semblait être au beau fixe chez les britanniques d’ALUNAH. En cette année 2017, la situation s’avère un peu plus ambigue et les promesses affichées ne se sont pas vraiment concrétisées. Exit le label autrichien, les anglais ont signé, pour ce quatrième opus, chez Svart Records. Difficile de ne pas voir là un certain déclassement pour ALUNAH peut-être la conséquence de ventes décevantes ?

Bref, malgré tout, le quatuor anglais remet le couvert avec Solennial, sept nouvelles compositions et une reprise (THE CURE) sont au menu du jour. La recette n’a pas changée avec un doom gentillet et psychédélique porté par le chant féminin de Sophie Day. Petite déception, en retirant la reprise (un peu facile), il ne reste qu’un peu plus de trente-sept minutes de musique originale. Cela apparaît un peu chiche. Après un « The Dying Soil » assez éthéré, les choses sérieuses débutent avec un « Light of Winter » s’inscrivant dans la bonne tradition doom britannique. Les rythmiques lourdes et lentes prennent l’espace disponible avec quand même deux touches de lumières qui rendent ce cocktail plutôt accessible : les soli de guitares mélodiques et le chant de Sophie Day. Le timbre de cette dernière rappellera peut-être à certains Sarah Jezebel Deva (ex-CRADLE OF FILTH, ex-THERION…).

Le charme agit presque immédiatement, ALUNAH propose une musique assez accessible même si le côté sombre et hypnotique du doom fonctionne pleinement. L’ambiance générale n’est pas très heureuse mais c’est bien là l’idée. Les chansons s’enchaînent efficacement et l’auditeur se surprendra régulièrement à secouer la tête et taper du pied (sur « Feast of Torches » par exemple). Vous ne tomberez pas de votre chaise d’admiration, ce n’est pas d’une originalité insensée mais reconnaissons que les britanniques possèdent un joli savoir-faire et maîtrisent toutes les ficelles du genre. Rien à redire non plus au niveau du son, puissant, lourd et cristallin à souhait. Solennial a été mis en boite par Chris Fielding (CONAN) au Skyhammer Studio.

Ce disque d’ALUNAH constitue une vraie bonne surprise. Il dépasse de la tête et des épaules son prédécesseur et laisse entendre un quatuor en pleine possession de ses moyens. Chaque écoute apporte son lot de plaisir et de bons moments en cas de petite déprime passagère. Voici une solide bande-son des mois d’hiver à venir.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Svart Records / 2017
Tracklist (43:47 mn) 01. The Dying Soil 02. Light of Winter 03. Feast of Torches 04. The Reckoning of Time 05. Fire of Thornborough Henge 06. Petrichor 07. Lugh’s Assembly 08. A Forest

 

 

Si vous nous faites le plaisir de venir régulièrement lire les chroniques que nous publions sur le site, le nom de Lars Eric Mattsson ne vous est, sans doute, plus inconnu. Le guitariste mène sa barque contre vents et marées depuis plus de trente ans maintenant, en solo, à travers divers projets ou encore via son label Lion Music. Bien sûr, nous sommes ici bien loin des fastes accordées par les grandes structures, ici tout est fait à la maison, le DIY est devenu la règle pour survivre et continuer à vivre de sa passion.

Sand and Blood est le premier album tout électrique du finlandais depuis près de trente ans. Mattsson fait partie de ces musiciens découverts par Mike Varney (Guitar Player Magazine & Shrapnel Records) au milieu des années 80. A l’époque, après avoir joué et tourné avec divers groupes locaux, Mattsson enregistre et publie un EP 4 titres Can’t Go On Without Your Love en 1987. Trente ans plus tard, il rend hommage à ce disque en proposant ici une reprise du titre éponyme. Le finlandais ne cherche pas midi à quatorze heure quand vient le moment de composer, il prend sa guitare et jam pour trouver la bonne mélodie, le bon riff. Son credo n’a pas changé depuis ses débuts, proposer un hard rock solide, technique et agréable. Les démonstrations virtuoses ne l’intéressent, le travail simple, bien fait et joliment exécuté reste la règle.

En dix nouvelles compositions (plus une reprise) le finlandais livre la marchandise attendue. Il se considère avant tout comme un producteur/compositeur et d’habitude il préfère s’attacher les services de chanteurs talentueux pour donner un supplément d’âme et d’énergie à ses chansons. Mais sur Sand and Blood, le propos s’est avéré tellement personnel que Mattsson a préféré lui-même assuré les parties de chant. L’exception à cette règle se niche dans « Still Here Waiting » où Adrienn Antal s’empare du micro. Mattsson a tout enregistré lui-même à l’exception de la batterie mise en boite en Suède par Christer Jansson et quelques parties de piano assurée par Alexander King (CONDITION RED) à New York.

Les titres de cet album s’enchaînent naturellement et sans temps mort, les bons moments s’avèrent nombreux. Ce petit côté désuet/old school très années 80 parlera aux amateurs du genre. Mattsson ne promet pas la lune mais continue de faire de la musique à sa façon. Il s’adresse à un public de niche, des fidèles qui le soutienne lui et son label depuis des années. Que l’on apprécie ou pas sa musique, cette démarche reste respectable et digne d’éloges.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Lion Music / 2017
Tracklist (50:14 mn) 01. Rock Your World 02. Snow Queen 03. You 04. Queen of Love 05. Helena of Troy 06. Stand Up and Shout 07. Bleed for You 08. I’ll be Your Light 09. If Loving You is a Sin 10. Can’t Go On Without Your Love (2017) 11. Still Here Waiting (feat. Adrienn Antal)

 

 

Venom Inc – Ave

La persévérance est une qualité précieuse. A l’image d’un Mickey Rourke dans « The Wrestler », Abbadon, Mantas et Demolition Man font partie de ces types qui ne baissent jamais les bras. Pendant que Conrad Lant fait sombrer l’entreprise Venom avec des albums oubliables, les trois compères ne se sont jamais démontés. Que ce soit avec M-Pire of evil ou Abbadon, le trio s’est toujours dévoué à la cause d’un heavy-metal de qualité. Bien décidés à ne plus rester dans l’ombre, ces vieux musicos aguerris contre-attaquent avec Venom Inc.

D’entrée, Ave frappe fort ! « Ave Satanas », est un tube en puissance : voix rugueuses, riffs assassins et batterie mastoc. C’est une parfaite introduction. « Forged in hell » et « Metal we bleed » déroulent le même cahier des charges. Les gars en ont sous la semelle et le prouvent. Le très martial « Dein fleisch » montre que Venom Inc n’est pas resté bloqué dans le passé. Il réussit à surprendre. Le reste de l’album est du même tonneau. C’est du bel ouvrage et le trio accélère même la cadence avec le très vif « Time to die ». La galette se finit avec le brillant « Black’n’roll » dans lequel Demolition Man résume bien l’affaire : tout ça finalement n’est qu’une histoire de rock’n’roll.

Venom Inc réussit un exploit en onze chansons. Le groupe enterre, haut la main, le Venom actuel et rassure sur la bonne santé musicale des trois compères. Ces derniers n’ont plus rien à prouver : la rage est toujours là et l’envie de conquérir le monde se ressent au fil de cet album haut en couleurs.

Nico (8/10)

Site Officiel : http://www.venom-inc.com/

Nuclear Blast/2017

01. Ave Satanas 02. Forged In Hell 03. Metal We Bleed 04. Dein Fleisch 05. Blood Stained
06. Time To Die 07. The Evil Dead 08. Preacher Man 09. War 10. I Kneel To No God 11. Black N Roll