Il est peu dire que le festival de Wacken est utilisé à plus soif par les groupes pour en tirer un enregistrement live proposé avantageusement aux fans ayant eu le malheur d’être absents. Certes, les setlist pâtissent d’un temps imparti restreint même pour les gros groupes, mais les conditions sonores sont généralement bonnes au Wacken et les fans nombreux et enthousiastes. Après Kai Hansen & Friends, c’est Unisonic qui sacrifie aussi au rituel avec ce Live In Wacken, au titre aussi peu inspiré que sa pochette. Voilà pour le plumage…
Le ramage est d’un autre acabit. Car c’est peu dire qu’Unisonic est un vrai groupe professionnel en diable sur album mais aussi en live comme on peut le conclure très vite ici. La bande à Michael Kiske et Dennis Ward est impressionnante dans son interprétation. Aisance, mise en place, puissance… tout est là pour faire de ce concert de métal un petit must.
On remarquera évidemment la performance de Michael Kiske de très bonne tenue tout le long du concert. Certes, il semble avoir légèrement perdu dans ses aigus qu’il n’atteints plus tout à fait comme avant. Mais cette réserve mise à part, il s’avère très en forme et son talent explose tout particulièrement sur l’hommage à « Victim of Changes » de Judas Priest inséré de manière bienvenue au sein de la reprise d’Helloween « A Little Time ». De même son interprétation du single de Light Of Dawn, « Exceptional » est excellente, le titre se voyant opportunément musclé. Une remarque qu’on peut étendre à l’ensemble du live : ici Unisonic sonne plus clairement « heavy metal » que « hard rock ». Il faut dire que l’interprétation plus vigoureuse va tout à fait dans ce sens. On n’a pas lieu de s’en plaindre. Cela fait beaucoup de bien à un « Star Rider » par exemple qui gagne beaucoup en dynamique.
Pourquoi mettre juste un 8 sur 10, après de tels propos dithyrambiques ? Tout simplement parce que ce live, si l’on met de côté l’introduction « Venite 2.0 », ne comprend que 11 titres. C’est bien peu et l’on aurait apprécié entendre quelques autres morceaux d’Helloween et surtout des brulots de Light of Dawn comme « Find Shelter » ou « Night Of The Long Knives ». En fait, peut-être que ce dernier disque, incontestablement supérieur au premier opus d’Unisonic, aurait pu être un peu plus représenté. Espérons qu’Unisonic propose un live plus exhaustif la prochaine fois et que l’on n’ait pas à faire comme les fans d’Helloween qui doivent se contenter d’un Live In The UK trop tronqué pour être pleinement satisfaisant.
Baptiste (8/10)
Avalon / 2017
Tracklist : 01. Venite 2.0 (intro) 02. For The Kingdom 03. Exceptional 04. My Sanctuary 05. King For A Day 06. A Little Time 07. Your Time Has Come 08. When The Deed Is Done 09. Star Rider 10. Throne Of The Dawn 11. March Of Time 12. Unisonic
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Mister Patate
Sep
29
Matt Harvey est un homme occupé. Outre Exhumed (dont nous parlerons d’ici quelques jours), il mène désormais de front trois autres projets explorant différentes facettes : l’hommage à Death avec Gruesome, le Heavy avec Pounder et, enfin, le Death old school qui ramone avec Expulsion.
De manière générale, ces projets composés de plusieurs musiciens chevronnés me gênent quelque peu, tant ils semblent, à mes yeux, cannibaliser des parts de marché au détriment d’illustres inconnus qui mériteraient d’être plus connus. Mais il faut aussi reconnaître que, dans de nombreux cas, la qualité est au rendez-vous, et Expulsion ne déroge pas à la règle. Du haut de ses 13 minutes et quelques poussières, le quartet dépoussière le genre avec des compos Death/grind taillées pour la scène et efficaces en diable.
À mi-chemin entre Exhumed et Repulsion, Expulsion nous offre le meilleur des deux genres et, s’il faut reconnaître qu’un EP est bien trop peu pour se faire une idée de toute l’étendue du talent du projet, il faut reconnaitre que ce que nous entendons ici est prometteur. Reste à voir si ce ne sera pas un one-shot, au vu des agendas très chargés de Matt Harvey et de Danny Walker.
Mister Patate (8/10)
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Relapse Records / 2017
Tracklist (13:52) 1. Total Human Genocide 2. Altar of Slaughter 3. Mask of Fear 4. Nightmare Future 5. Funeral Bells 6. Compulsions 7. Comatose
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Mister Patate
Sep
29
Il est plutôt amusant de voir à quel point les goûts peuvent évoluer chez une seule et même personne sur un laps de temps assez court. Il y a trois ans, je ne tarissais pas d’éloges à l’écoute de The Lucid Collective. Véloce, racé, technico-technique, il représentait, à ce moment T, le summum du Death technique à mes yeux, une démonstration insolente d’un talent illimité sur le plan de l’exécution. Puis, de l’eau a coulé sous les ponts et, il y a quelques semaines, j’ai appris avec une certaine joie le retour des Australiens d’Archspire. J’étais tout emballé à l’idée de voir ce qu’ils me réservaient.
Et Relentless Mutation est tellement « parfait » qu’il en devient repoussant. Tout est réglé au millimètre près, chirurgical, artificiel. En termes de composition et d’exécution, Archspire a encore su repousser ses limites : toujours plus vite, plus ambitieux, toujours plus de notes à la seconde, de mots à la minute. La batterie et le flow du chant tournent à la rafale de kalach, les soli et les riffs semblent encore plus compliqués et maîtrisés qu’auparavant… Ce n’est plus de la musique, c’est de la physique nucléaire. Mais cette beauté est artificielle.
En fait, ce qui manque le plus à Archspire, c’est de l’émotion. Relentless Mutation n’accélère à aucun moment mon rythme cardiaque. Comme le disait récemment Nicolas de Xenokorp (ex-Kaotoxin) au sujet d’un groupe dont il ne cite pas le nom : « it’s impressive… and yet I’ll know I’ll never listen to it again in my whole life : it’s boring as fuck, showing-off and pointless ». Et c’est tout à fait mon ressenti actuel face à Archspire. What’s the point ? À trop vouloir repousser ses limites, Archspire a oublié un point fondamental : la musique n’est pas une démonstration. La musique est un vecteur d’émotions, et Relentless Mutation en manque cruellement. Less brain, more guts please !
Mister Patate (4/10)
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Season Of Mist Records / 2017
Tracklist (30:37) 1. Involuntary Doppelganger 2. Human Murmuration 3. Remote Tumour Seeker 4. Relentless Mutation 5. The Mimic Well 6. Calamus Will Animate 7. A Dark Horizontal