BLOODY HAMMERS a soufflé le chaud et le froid ses derniers temps. Autant leurs gimmicks et surtout leur musique semblaient assez peu convaincants sur Under Satan’s Sun (2014) autant la mayonnaise finissait par prendre sur Lovely Sort of Death l’année dernière de façon assez inattendue. Les tronçonneuses pouvaient être rangées dans leurs étuis alors que l’atmosphère sombre et gothique de ce dernier opus s’imposait à nous. Histoire de ne pas laisser trop retomber l’excitation générale, voici que notre duo macabre se rappelle déjà à nous avec un EP et six nouvelles compositions sous le bras.
Tout commence pour le mieux avec deux titres accrocheurs. Il faut être patient pour découvrir le potentiel de « Gates of Hell » qui joue la carte de la puissance et de la simplicité avec des riffs de guitares assez gras et une ligne mélodique immédiatement accessible. Quelques touches de claviers viennent apporter une touche de couleur mais cela reste extrêmement épuré. Même chose pour un « Blood » plus orienté gotique/horreur seventies, le refrain se mémorise en quelques secondes et l’auditeur n’a plus qu’à se laisser porter. L’influence TYPE OF NEGATIVE saute, de façon flagrante, aux oreilles. Le timbre de voix grave d’Anders Manga renforce forcément cette impression. Malheureusement, plus The Horrific Case Of Bloody Hammers avance plus l’ennui progresse. Les chansons plus lentes finissent par se ressembler et il devient pénible de maintenir son attention éveillée. Quelques bons moments émaillent les quatre compositions restantes mais elles peinent à susciter un intérêt même modéré. Moins accrocheuses, l’envie de zapper se fait de plus en plus pressante.
En faisant le bilan, tout un chacun verra bien que The Horrific Case Of Bloody Hammers ne répond pas à toutes les espérances placées en lui. Avec un tiers convaincant et deux tiers beaucoup plus discutables, nous sommes loin du compte. Manga ferait bien d’être plus sélectif pour ne conserver que ses compositions les plus efficaces. Il risque sinon d’épuiser même ses plus fervents partisans.
Oshyrya (05/10)
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Napalm Records / 2017
Tracklist (26:11 mn) 01. Gates of Hell 02. Blood 03. The Beyond 04. Vultures Circle Overland 05. All The Colors Of The Dark 06. The Bloodsucker Leads The Dance
L’aventure 8KIDS a débuté en 2013 outre-Rhin à Darmstadt de l’initiative de Hans Koch et Jonas Jakob. Afin de compléter les line-up, ils intègrent Emma McLellan à la batterie dans leur rang. Après un premier EP, Dämonen, en 2016, voici que le trio se lance dans le grand bain avec un premier album sous le bras, Denen die wir waren (ceux que nous étions autrefois).
Quelle déception, alors que visuellement on pense être ne présence d’un groupe rock plutôt psychédélique, atmosphérique et progressif, 8KIDS se transforme en formation post hardcore d’un premier abord pas très maligne ni subtile avec un chant en allemand qui n’aide pas forcément à rentrer dans leur trip. Et pourtant tout commençait plutôt bien avec une courte introduction instrumentale qui entretenait nos illusions. Mais dès les premières notes de « Bordsteinrand », le voile de nos rêves se déchire et un chant hurlé en allemand sur un rock énervé s’impose à nous. « Über den Berg » a de quoi susciter un plus d’enthousiasme avec une mélodie très simple mais surtout un refrain très accrocheur.
Pas simple de ne pas secouer la tête et taper du pied même si les ficelles sont assez grosses. 8KIDS dévoile petit à petit son identité artistique et laisse apercevoir de belles choses une fois la première barrière passée. Les allemands savent être subtils, mélangeant avec talent intensité et mélodie, agressivité et douceur. Le choix d’un chant hurlé pose quand même des questions, sur les titres les plus rapides cela apporte un vrai plus mais la mayonnaise prend moi sur les compositions les plus posées. Les chansons s’enchaînent avec un intérêt assez fluctuant, certaines mélodies parviennent à capter l’attention ce phénomène ne dure jamais longtemps.
Le trio à l’origine de 8KIDS semble en avoir gros sur le cœur et exprime ses émotions et surtout ses frustrations et ses désillusions à travers sa musique et cet album. Jonas Jakob hurle beaucoup, agace également souvent et surtout en vain puisque beaucoup risquent de ne pas comprendre les paroles de ces chansons. Musicalement, les allemands propose un rock agressif, bourré de touches très diverses parfois,punk, hardcore ou encore atmosphérique. Le trio parle avec son cœur et ses tripes et gagne en cela tout notre respect. Denen die wir waren reste un objet musical intéressant mais qui a très peu de chance de toucher grand monde hors des contrées germaniques.
Oshyrya (6,5/10)
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Napalm Records / 2017
Tracklist (52:53 mn) 01. Intro 02. Bordsteinrand 03. Über den Berg 04. Ich kann die Welt spüren 05. In den Sternen 06. Zeit 07. Zerbrechen 08. Blitzschlag 09. Geist 10. Kamintrophäe 11. Kann mich jemand hören 12. vis-à-vis 13. Winter in Dir
Il n’aura pas fallu longtemps aux allemands de VARG pour revenir nous voir après un Das Ende Aller Lügen très réussi l’année dernière. Ce disque a connu un joli succès outre-Rhin avec un top 20 dans les charts allemands. Vous imaginez cela possible en France ? Le marché teuton a de quoi laisser rêveur dans l’hexagone. Et nos amis ne reviennent pas les mains vides avec un nouvel EP sous le bras, Götterdämmerung, consistant en quatre nouvelles compositions.
Le succès semble avoir dopé la créativité de VARG et ils en remettent une couche avec quatre compositions particulièrement tranchantes, le Pagan Metal du quintet fait ici des merveilles. Le propos n’a pas été adouci d’un iota, les riffs et les rythmiques ne font pas dans le délicat et Freki ne fait pas le timide derrière son micro, hurlant encore et encore avec un talent imparable. Chacun de ces titres dure entre trois et quatre minutes et ne laisse aucune accalmie à l’auditeur. Pendant seize minutes, les déflagrations ne font que s’intensifier et Götterdämmerung se termine par un « Knochenpfad » aussi lourd qu’agressif. VARG impressionne par sa capacité à toujours intégrer dans ce déchaînement de violence de solides lignes mélodiques et des refrains qui donnent envie de chanter. Ils savent faire preuve d’une belle subtilité au sein même de la tempête.
Dans la foulée de son dernier album, VARG relance rapidement la machine et ajoute de nouvelles cordes à son arc. « Götterdämmerung » et « Hel » feront sans aucun doute des merveilles sur scène. Une fois de plus, les loups ne déçoivent pas.
Oshyrya (07/10)
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Napalm Records / 2017
Tracklist (16:02 mn) 01. Götterdämmerung 02. Hel 03. Beißreflex 04. Knochenpfad