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Black Mirrors – Funky Queen (EP)

La Belgique est un petit pays selon les standards européens et pourtant nos amis bottent les fesses de certains de ses voisins dès que l’on parle rock & métal. L’hexagone peut être franchement jaloux du dynamisme et la variété de la scène outre-Quiévrain.

Arrivés sans tambour ni trompette, les belges de BLACK MIRRORS impressionnent dès les premières notes de Funky Queen, un EP quatre titres de pur garage rock. Les bougres n’ont pas froid aux yeux et balance la sauce avec un grand sourire sur la bouche. L’approche se veut rock vintage mais la production est très propre, elle souligne toute l’énergie déversée par le quatuor. Les riffs font mouche, gavé de groove et de feeling. Basse et batterie assure de solides fondations alors que Marcella Di Troia insuffle un supplément d’âme à l’ensemble derrière son micro. Elle n’est jamais trop et affiche déjà un sacré professionnalisme. En dehors de la reprise convenue des MC5, « Kick out the jam », les trois compositions proposées s’avèrent très réussie, finalement assez courtes et directes pour ne pas se perdre en tours et détours inutiles.

Funky Queen passe beaucoup trop vite. Quatre petits tours et s’en vont. L’auditeur a de quoi se sentir frustré. Les promesses affichées sur ce disque laissent augurer du meilleur pour la suite. Croisons les doigts pour que cela s’en vienne rapidement.

Oshyrya (08/10)

 

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Napalm Records / 2017
Tracklist (14:23 mn) 01. Funky Queen 02. Kick out the jam (MC5 cover) 03. The Mess 04. Canard vengeur masqué

 

 

Comme souvent l’habit fait le moine. La pochette a pour objectif d’attirer l’œil et souvent elle inscrit le disque dont elle est l’écrin dans un genre musical reconnaissable. C’est un signe de ralliement pour les fans et adopte donc très souvent les codes du genre. Vous pourrez me trouver de très nombreux contre-exemples mais si vous voyez un dragon ou mage ou un guerrier dans un paysage fantastique, vous aurez rarement tord en pensant vous trouver en face d’un opus de Power / métal symphonique ou mélodique.

Pour notre victime du jour c’est bien la même chose : pin-up tatouée, grosse moto old-school, visuel vintage, pas besoin d’être grand clair pour imaginer faire face une formation heavy rock entre sueur et graisse de moteur avec ZOMBIE MOTORS WRECKING YARD. Nos amis sont originaires de l’état de Victoria en Australie et font leurs débuts discographiques avec ce disque. Malgré leurs origines et leur démarche résolument rock, ils ne s’inscrivent pas dans un veine AC/DC, ROSE TATTOO mais marche plutôt dans les pas d’un CLUTCH ou encore BLACK LABEL SOCIETY. Les guitares sont reines et occupent le terrain. Les riffs épais et old-school valsent de partout et s’apparent à d’imparables rouleau-compresseur. Quelques pointes subtiles émergent ici et là et démontrent la jolie maîtrise technique du guitariste. Basse et batterie apporte leur contribution à l’effort collectif avec une lourdeur et un groove bienvenus. Il manque encore le chant convaincu de Mark pour parfaire le paysage.

Les australiens n’hésitent pas à s’aventurer sur des terres stoner ou southern rock histoire d’enrichir encore le menu. Avec un peu de recul, ces terres ont déjà été labourées bien des fois mais reconnaissons que ZOMBIE MOTORS WRECKING YARD possède un solide savoir-faire. Le juge de paix est simple dans ce genre, si vous n’avez pas envie de taper du pied et de secouer la tête au bout de quelques minutes, le pari est perdu. Pour Supersonic Rock n Roll, le défi ne semble qu’à moitié réussi, « Grind The Grinder » ou « Galactic Motherfucker » font mouche alors que d’autres compositions peinent à susciter l‘intérêt prolongé.

Beaucoup de lecteurs peuvent penser que nous sommes désormais blasés. Ce risque existe mais devant la quantité innombrables de sorties chaque semaine, devenir plus difficiles et pointilleux devient une nécessité. Comme la majorité des publications, ZOMBIE MOTORS WRECKING YARD offre un album solide et très professionnel sur le fond comme sur la forme. Il ne manque pas de bons moments mais ne parvient pas à créer l’étincelle. CE phénomène ne fait de plus en plus rare.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Napalm Records / 2017
Tracklist (45:40 mn) 01. Grind The Grinder 02. Dead Smile 03. Galactic Motherfucker 04. Love For Speed 05. Roll n Burn 06. Fight Fight Fight 07. Supersonic Rock n Roll 08. Bad Boy Benny 09. God of No 10. Judas

 

 

Comme l’écrivait notre camarade Amon-re après avoir applaudi les américains de WARBRINGER en concert à Anvers en premier partie d’ICED EARTH, « c’est du Thrash pur et dur (…). WARBRINGER, c’est ‘Total War’! ». Voilà une affirmation qui a l’art d’éclaircir la situation et constitue une promesse de souffrance pour les oreilles timorées. Il faut dire que le nom du groupe et cette pochette très poétique constituaient de solides indices concernant le traitement qui allait suivre.

En tout cas, rien qu’à la lecture de la biographie du groupe, tout un chacun se rendra compte que la vie n’a pas été un long fleuve tranquille. En un peu plus d’une décennie d’existence et quatre album (sans celui-ci) sous le bras, la liste des anciens membres s’avère être longue comme le bras. Depuis les débuts, seul le chanteur John Kevill reste fidèle au poste. Enfin, il semble être le véritable capitaine du navire et trouve régulièrement de nouveau camarade de jeu.

Le répit, une fois le disque lancé dure exactement sept secondes. Ensuite, c’est un déferlement de puissance entre guitares, basse et batterie. Tous les instruments se coalisent pour créer un thrash direct et particulièrement virulent. Amis pacifistes, passez votre chemin, vous allez vous faire renvoyer à vos chères études. Les californiens se ruent sur vous et ne comptent plus vous lâcher. Kevill hurle avec un plaisir évident et finit d’achever les quelques survivants. WARBRINGER est d’évidence composé de solides artisans, ils savent y faire avec un son à décorner les bœufs dans un style assez inspiré des SLAYER et autres SEPULTURA. Difficile de le leur reprocher. Il affiche une très belle maîtrise technique avec des soli de guitares ravageurs et une batterie au rythme infernal.

WARBRINGER nous a concocté une petite surprise pour terminer puisque Woe to the Vanquished se termine par un titre fleuve, « When the Guns Fell Silent » qui affiche fièrement plus de onze minutes au compteur. Avouez que ce n’est pas si courant. Cette longue composition déploie progressivement ses ailes et montre un tout autre visage des américains. Oui ils savent faire dans le subtil et le doux, quelques passages acoustiques font progresser l’intensité avant que les sonorités plus violentes ne reprennent la main. Après une demi-heure de violence pure, l’accalmie est inattendue et salvatrice.

On dit que les métalleux possèdent en majorité un petit cœur qui bat sous leurs vestes à patch et leurs bracelets cloutés. WARBRINGER offre avec Woe to the Vanquished de quoi réconcilier votre yin et votre yang intérieur. Cette débauche d’agressivité se termine presque dans le calme. Que demander de plus ?

Oshyrya (7,5/10)

 

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Napalm Records / 2017
Tracklist (41:01 mn) 01. Silhouettes 02. Woe to the Vanquished 03. Remain Violent 04. Shellfire 05. Descending Blade 06. Spectral Asylum 07. Divinity of Flesh 08. When the Guns Fell Silent