Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Misanthrope – Death Ascent

Le death-metal et Misanthrope, c’est une histoire qui dure. Dès le début des nineties (la démo Crisis of soul plus exactement), S.A.S de l’Argilière pataugeait dans la fange, les guitares épaisses et les voix rugueuses. Bien avant de basculer dans le style unique et avant-gardiste caractéristique de Misanthrope.

Death Ascent est un retour aux origines ; un mini-lp musclant des compos qui n’en demandaient pas tant. Misanthrope a enregistré ses voix à Tampa avec Jim Morris au nouveau studio Morrisound. Le résultat fonctionne du feu de Dieu ! Les reprises de classiques du death U.S sont parfaitement exécutées. Le frisson éprouvé lors de l’intro de « Lack of comprehension » (Death) est le même que le jour où nous l’avons découvert. C’est impressionnant. Misanthrope réussit aussi l’exploit de retranscrire la folie musicale d’Atheist avec la reprise du monument « Piece of time » de Atheist. Chapeau bas à Jean Jacques Moréac, Anthony Scemama et Gaël Féret qui impressionnent encore et toujours.

Concernant les reprises de son répertoire, Misanthrope fait le job ; c’est musicalement solide. Pas de grande révolution en soit, mais le rendu est plus velu, plus costaud, plus propre aussi. Et nous redécouvrons le charme brut d’excellentes chansons (le costaud « Hater of mankind »). Niveau voix, SAS utilise très peu son style pleurnichard (les fans comprendront) et grogne d’une bien belle façon. C’est du travail d’orfèvre.

Death Ascent satisfera l’amateur exigeant de metal extrême. Tout en insufflant une fraîcheur inespérée à Misanthrope, il nous rappelle l’importance du quatuor sur l’échiquier du metal. Et le groupe, mine de rien, a peut être sorti l’un de ses meilleurs albums.

Nico (9,5/10)

Sites Officiels : https://www.misanthrope-metal.com , https://holyrecords.com

Holy Records/2025

01. Lack of Comprehension (Tribute to Death) 02. Hater of Mankind 2025 (New studio version era « Hater Of Mankind ») 03. -Emperors of the Void (New studio version era « Immortal Misanthrope ») 04. 1666…Theatre Bizarre 2025 (New studio version era « 1666…Theatre Bizarre ») 05. Piece of Time (Tribute to Atheist) 06. Legacy of Leprosy (New studio version era « Deus Puerilis ») 07. Omega Flight (New studio version era « Recueil d’Écueils – Les Épaves») 08. Diabolical Lamentations (New studio version era « Immortal Misanthrope »)

Si Brian Warner n’est probablement pas une belle personne, son alter-ego Marilyn Manson est quant à lui un artiste fascinant ; une sorte de Bowie 2.0 (dont il se revendique fan, ce qui n’est pas surprenant) qui se réinvente constamment. Faisons fi des scandales et autres jugements en cours ; concentrons-nous sur ce douzième album studio.

One assassination under God (Chapter one) est une belle surprise et se classe, après quelques écoutes, dans les meilleurs crus du trublion américain. Neuf titres où Manson se livre comme jamais. Les titres parlent d’eux-mêmes (« Meet Me In Purgatory », « As Sick As The Secrets Within ») et rendent l’ensemble touchant, voire émouvant… Deux qualificatifs auxquels nous n’aurions jamais pensé il y a quelques années. Musicalement, nous sommes bien loin d’un « Cake and Sodomy », mais plutôt dans la continuité de The Pale Emperor. C’est une sorte de blues industriel extrêmement bien exécuté qui, quoiqu’il arrive, vous enlace pour ne plus vous lâcher. One assassination under God, œuvre très personnelle mais aussi très noire, est placée sous le signe de la mélancolie, de la tristesse, de la mort et enfin de la rédemption. C’est un album d’une telle intensité qu’il nous fait chavirer.

Soyons honnête, nous n’attendions plus Marilyn Manson à un tel niveau, malgré de précédentes sorties honorables. Manson a sorti une vraie pièce de maître. S’il arrive à maintenir la barre avec le second chapitre, il s’inscrira définitivement parmi les meilleurs.

Nico (9,5/10)

Site Officiel : https://www.marilynmanson.com/

Nuclear Blast /2024

01 One Assassination Under God 02 No Funeral Without Applause 03 Nod If You Understand 04 As Sick As The Secrets Within 05 Sacrilegious 06 Death Is Not A Costume 07 Meet Me In Purgatory 08 Raise The Red Flag 09 Sacrifice Of The Mass

Dream Theater – Parasomnia

Après quatre ans de patience, voici que les américains de DREAM THEATER se rappellent à notre bon souvenir via un nouvel album, le seizième, Parasomnia. Reconnaissons que le groupe fait preuve d’une jolie régularité avec seize opus en quarante ans de carrière. Ils ne sont pas si nombreux à pouvoir afficher un tel palmarès, aussi bien du côté de la longévité que de la créativité.

Après A View from the Top of the World très classique en 2021, tout un chacun pourrait se dire « business à usual ». Mais il serait malhonnête d’oublier l’éléphant au milieu de la pièce, le retour de Mike Portnoy à la batterie et par conséquence la reformation du line-up classique du groupe. Pas sûr que les circonstances de ce changement soit connus avant un petit moment mais il semble que, malgré ses bons & loyaux services, Mike Mangini n’ait pas eu son mot à dire. C’est la loi du genre mais pas sûr que DREAM THEATER en sorte grandi in fine. Mais la fin justifie les moyens et il vaudrait mieux que ce Parasomnia casse tout sur son passage pour faire passer la pilule.

Et chaque écoute de ce disque dément cette promesse. Reconnaissons que les standards des américains ont toujours été très élevés et que ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. Il possède toutes les qualités attendues sur la forme : c’est long, techniquement maîtrisé, virtuose parfois, avec un son puissant et limpide. Les graphismes signés Hugh Syme font honneur au groupe. Par contre le fond ne peut que générer un soupir tant les nouvelles chansons tournent en rond et ne font que recycler une fois de plus la même recette ad nauseam. Alors bien sûr il ne fallait pas s’attendre à une révolution musicale, DREAM THEATER n’a pas viré sa cuti vers un folk métal aux influences Death.

Depuis quarante ans, ils suivent le même sillon avec plus ou moins de bonheur et d’inspiration. La cuvée 2025 reste correcte mais sans aucune surprise, Parasomnia peine à soulever le moindre enthousiasme. Le premier single « Night Terror » s’avère sympathique mais pas plus. « Dead Asleep » surprend par quelques sonorités évoquant les classiques du rock progressif ou la période Six Degrees of Inner Turbulence mais la torpeur et l’ennui pointent régulièrement le bout du nez. Les deux instrumentaux font office de remplissage et ne reste que la dernière chanson, «The Shadow Man Incident » de presque vingt minutes pour entretenir l’espoir.

Espoir déçu car, sans démériter, c’est du déjà entendu des dizaines de fois dans le propre répertoire du groupe. Les structures ne surprennent plus, les sonorités ne surprennent plus, les soli surprennent plus… Les mélodies ne s’avèrent pas particulièrement mémorables et il faut bien des écoutes pour commencer à apprivoiser ce disque. Avec l’expérience et le savoir-faire des cinq musiciens, difficile de ne pas être déçu.

Le goût final reste un peu amer, DREAM THEATER tourne en rond depuis longtemps et le retour de Portnoy n’a pas changé grand-chose à ce constat. Les grands fans du groupe comme votre serviteur trouvent leur dose et s’en contentent mais Parasomnia ne peut pas offrir plus. Peut-être en attendons-nous trop des américains, espérant retrouver à chaque fois l’étincelle d’un passé flamboyant qui a duré jusqu’à Black Clouds and Silver Linings. Depuis, la bête de course ronronne et se contente de faire fructifier ses acquis.

 

Oshyrya (07/10)

 

Site Officiel
Facebook Officiel

 

InsideOut Music / 2025
Tracklist (71:16 mn) 01. In the Arms of Morpheus 02. Night Terror 03. A Broken Man 04. Dead Asleep 05. Midnight Messiah 06. Are We Dreaming ? 07. Bend the Clock 08. The Shadow Man Incident