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Depuis la séparation de Rhapsody en deux entités distinctes, la balance penche nettement du côté de Luca Turilli. La comparaison ne laisse aucun doute, le guitariste transalpin possède à la fois le talent et les musiciens pour poursuivre son chemin. De son côté Staropoli voit toutes les forces vives de son groupe s’en aller et, au niveau musical, il peine nettement à atteindre la qualité et la maestria de son camarade. Le départ de Fabio Lione reste un énorme revers et laisse en suspens l’avenir de RHAPSODY OF FIRE. Cerise sur le gâteau, la tournée « 20th Anniversary Farewell Tour » sans Staropoli n’arrangeait en rien ses affaires.

Mais contre vents et marées, RHAPSODY OF FIRE continue avec un line-up renouvelé, un nouveau chanteur, Giacomo Voli, et un nouveau batteur, Manu Lotter. Et histoire de présenter aux fans tout ce beau monde, le groupe sort un album de reprise de ses tubes interprétés par les nouveaux membres. La démarche n’est pas follement originale mais elle permet d’occuper le terrain et les amateurs pourront se faire une idée de ce que cela donne avec Voli derrière le micro.

La discographie de RHAPSODY OF FIRE reste très riche et la sécurité a été privilégiée dans la sélection des titres de Legendary Years. Le premier contact avec la version 2017 du groupe s’opère à travers « Dawn of Victory », un titre rapide et fédérateur qui a fait ses preuves en 2000. Pas de réinterprétations osées ni hasardeuses ici : les italiens sont restées sages et fidèles à l’exception bien sûr de la voix de Voli, de quelques modifications de sons de claviers et de l’ajout d’un flûtiau apportant un petit côté plus folk. Reconnaissons d’emblée que Voli s’en sort bien, son timbre de voix est moins marqué que celui de Lione mais il fait le job. Le défi se fait un peu plus élevé sur un « Flames Of Revenge » où l’approche très expressive de son prédécesseur faisait des merveilles. Voli s’en sort là aussi même si son chant s’avère un peu moins convaincant : il en fait beaucoup et cela sonne parfois un peu too much. Il prouve au moins posséder une solide palette vocale, une capacité à monter dans les aigus efficacement. Au niveau des guitares, Roby De Micheli fait le boulot mais il déçoit quand même par rapport à Turilli. Il semble moins à l’aise, moins naturel que son camarade italien. Ses soli ne sont pas fous fous et semblent plus brouillons. Dernière chose, la production du disque apparaît un peu faible, cela reste tout à fait écoutable mais un cran en dessous des disques originaux.

Ne boudons pas notre plaisir, réécouter tous ces tubes titilleront tous les fans qui taperont à nouveau du pied en secouant la tête en rythme. Ces nouvelles versions sont très fidèles et tous les musiciens offrent une belle performance. Giacomo Voli était attendu au tournant et il n’a pas à rougir de sa prestation. Il a su intégrer et dompter ces chansons. Il montre cependant des faiblesses sur les titres les plus lents, sur les ballades comme « Legendary Tales » et « Wings Of Destiny ». Lione le surpasse alors de la tête et des épaules.

RHAPSODY OF FIRE joue gros avec ce nouveau line-up qui doit réussir à entretenir la flamme aux yeux des fans du groupe. Staropoli a fait ce qu’il a pu pour assembler un line-up solide et compétitif. Son étoile pâlit face à son camarade Turilli mais les mois qui viennent et la tournée en commun avec ORDEN OGAN à venir nous diront si le pari de la survie est réussi. Legendary Tales s’adresse aux fans, pour les autres, préférez les albums originaux.

Oshyrya (06/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (73:48 mn) 01. Dawn Of Victory 02. Knightrider Of Doom 03. Flames Of Revenge 04. Beyond The Gates Of Infinity 05. Land Of Immortals 06. Emerald Sword 07. Legendary Tales 08. Dargor, Shadowlord Of The Black Mountain 09. When Demons Awake 10. Wings Of Destiny 11. Riding The Winds Of Eternity 12. The Dark Tower Of Abyss 13. Holy Thunderforce 14. Rain Of A Thousand Flames

Orden Ogan – Gunmen

Avec une jolie régularité des allemands d’ORDEN OGAN reviennent nous voir avec un nouvel album sous le bras. Tous les deux ans, ils font apparaître de nouvelles chansons et ouvrent un nouveau chapitre de leur histoire. Ravenhead avait, en 2015, confirmé les promesses inaugurées par To the End (2012) montrant des musiciens sûrs de leur fait, à l’aise avec une identité musicale patiemment façonner. Avec Gunmen, les teutons reprennent le chemin exactement là où ils l’avaient laissé. Le Power métal mélodique est désormais gravé dans le marbre avec une patte assez vite reconnaissable. Les nappes de claviers ne manquent pas, la mélodie est mise en avant à travers des compositions aux refrains souvent imparables et le chant de Sebastian « Seeb » Levermann est devenu, au fil des années, un étendard bien reconnaissable.

En ouvrant le disque avec « Gunman », ORDEN OGAN veut frapper d’emblée vite et fort. Hyper accrocheur à la façon d’un « The Things We Believe In » ou d’un « Ravenhead », ce titre va vite devenir un titre majeur du groupe sur scène. Avec son intro grandiloquente et sa mélodie toute simple, vous n’y échapperez pas et cela vous restera dans la tête un bon moment. Fini les plans gothiques ou horreurs des marais, de façon assez inattendue, ORDEN OGAN se la joue western sur ce nouvel album. Bien sûr le surnaturel malsain reste présent mais cette fois-ci le tout se voit transposé dans les grands espaces nord-américains. Cette première chanson fait mouche mais un peu à l’image d’un SABATON, on ne peut pas échapper à cette impression persistante de déjà entendue. Les allemands se renouvellent pas et recycle bien souvent la même recette à deux trois différences près.

Les chansons s’enchaînent rapidement et l’auditeur ne verra pas le temps passer. La maîtrise et le professionnalisme du quatuor n’est plus à démontrer et la machine fonctionne à plein. Aucune faute de goût à signaler, le travail est sérieux et les standards d’ORDEN OGAN restent assez élevés. Cela n’empêche pas de naître petit à petit un sentiment de lassitude face à des chansons qui affichent toutes les mêmes caractéristiques. Les allemands peinent à se renouveler sur la longueur. Signalons quand même « Come With Me To The Other Side » avec l’apparition de Liv Kristine en guest. Après une introduction calme et douce, le titre monte crescendo en intensité. Les deux voix féminine et masculine se marrie harmonieusement et apporte un vrai plus à cette composition.

« Pourquoi changer une recette qui fonctionne ? » semble penser ORDEN OGAN. Si vous aimez Ravenhead et To the End, vous tomberez également sous le charme de Gunmen. Sur le fond comme sur la forme (pochette signée Andreas Marshall), les allemands livrent la marchandise attendue. La qualité reste au rendez-vous mais pas sûr que cette démarche puisse encore durer des années et des années. A force, ils risquent d’épuiser leur filon. Un homme averti en vaut deux.
Oshyrya (07/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (56:50 mn) 01. Gunman 02. Fields Of Sorrow 03. Forlorn And Forsaken 04. Vampire In Ghost Town 05. Come With Me To The Other Side (feat. Liv Kristine) 06. The Face Of Silence 07. Ashen Rain 08. Down Here (Wanted: Dead Or Alive) 09. One Last Chance 10. Finis Coronat Opus

 

 

Masterplan – PumpKings

Que faire quand votre groupe est en perte de vitesse, sans nouvel album (Novum Initium en 2013) depuis plus de quatre ans et sans dynamisme collectif ? Autant essayer de rallumer la flamme en faisant appel à un glorieux passé histoire de rappeler que son groupe bouge (encore) un peu. C’est la stratégie adoptée par Roland Grapow et ses camarades de MASTERPLAN avec un PumpKings consistant en une série de reprises de chansons composées par le guitariste allemand pour HELLOWEEN.

Ce disque retrace la période de Pink Bubbles Go Ape (1991) à The Dark Ride (2000) et fait l’effet d’une patchwork nostalgique. Grapow a su apporter sa contribution à l’édifice HELLOWEEN mais, à quelques exceptions près, il n’a pas été le compositeur ni le plus doué ni le plus prolifique des power métalleux allemands. Et le voir presque vingt ans plus tard devoir retaper dans ses archives pour avoir une actualité avec MASTERPLAN a de quoi rendre triste.

Dans le détail, tout un chacun prendra du plaisir à réécouter certains de ces titres. Sans conteste, la petite merveille de Grapow dans HELLOWEEN reste « The Time Of The Oath », un long titre à la fois puissant et majestueux. Comme toutes les chansons de PumpKings, cette version est très très très fidèle à l’originale avec quelques nappes de claviers en plus peut-être ici et là. Le guitariste annonce avoir durci le ton sur ces chansons mais ce n’est pas évident partout. Andi Deris a bien des détracteurs et il est intéressant de comparer sa prestation avec elle de Rick Altzi qui officie ici. Ce dernier reste un professionnel accompli et il offre ici une solide prestation. Deris met plus de cœur et de conviction dans son chant mais cette version 2017 est loin d’être ridicule. « The Dark Ride » reste une autre pépite de Grapow et prend naturellement sa place sur ce disque. L’intro s’avère être très légèrement modifiée (avec le All aboard de « Crazy Train » d’Ozzy Osbourne en bonus). Encore une fois Altzi fait le boulot mais son chant plus grave et monotone tranche avec la patte Deris.

À part ces deux joyaux, le reste est déjà beaucoup moins intéressant et ne figure pas dans les inoubliables d’HELLOWEEN. « Mr Ego », « The Chance » et « Escalation 666 » tirent leur épingle du jeu quand même, mais ne resteront quand même pas dans les annales. Les reprises sont très fidèles et peinent à apporter une valeur ajoutée évidente. C’est sans doute un peu plus lourd ici et là mais pas de quoi casser trois pattes à un canard.

MASTERPLAN et son leader Roland Grapow ont d’évidence perdu le feu sacré créatif. Ses activités de production doivent lui suffire tant l’envie de sortir un nouvel album du groupe semble ne pas exister. Les heures lumineuses et prometteuses avec Jorn Lande semblent lointaines à présent et l’avenir du groupe s’inscrit en pointillé. Pumpkins apparaît être un recyclage sans grand intérêt et ne passionnera ni les fans de MASTERPLAN ni ceux d’HELLOWEEN. Un joli gâchis.

Oshyrya (05/10)

 

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AFM Records / 2017
Tracklist (63:25 mn) 01. The Chance 02. Someone’s Crying 03. Mankind 04. Step Out Of Hell 05. Mr. Ego 06. Still We Go 07. Escalation 666 08. The Time Of The Oath 09. Music 10. The Dark Ride 11. Take Me Home