Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Corbeaux – Kind Words

La scène noise-rock française se porte bien. Si Pneu, Brume Retina, Marvin, Papier Tigre ou encore les vétérans de Kill the thrill ont donné leurs lettres de noblesse au genre, une nouvelle génération de groupes débarque pour inscrire son nom au tableau. Avec Kind words, les Quimpérois de Corbeaux incarnent le renouveau.

Kind words est un album exigeant ; qui demande beaucoup d’investissement de la part de l’auditeur.Quelques écoutes sont nécessaires pour en saisir toutes les nuances. Si les influences sont évidentes (Refused, Neurosis, Cult of Luna), Corbeaux se fiche des genres ; metal, noise, hardcore et post-rock s’entre-choquent avec bonheur. Il est difficile de qualifier cette musique abrasive. Pourtant, ce troisième album est un bloc qui s’enfile d’une traite. Corbeaux nous entraîne dans un maelström musical infernal. Des digressions post-metal de « The light has voice » à la furie tellurique du diptyque « Old tired horse/Old dying horse » en passant par les grands espaces du final « Twig », impossible de stopper l’écoute.

Les sept titres de Kind words placent Corbeaux en pôle position de cette scène post-hardcore-noise hexagonale. Bluffant, Kind words est un brûlot incandescent qui ne mérite qu’une chose : qu’on le porte au pinacle en se le passant en boucle. Album de l’année ?

Nico (9/10)

Site Officiel : https://corbeauxrock.bandcamp.com/

Blue Wave / 2017

01. Corpse pose 02. Old tired horse 03. Old dying horse 04. The light has voice 05. Helena Markos 06. Mouth shut 07. Twig

« Vous trouvez toujours le temps de faire quelque chose si vous êtes inspiré ». Voilà une affirmation du chanteur émérite Tomas Lindberg à laquelle on ne peut que souscrire. Il prend donc le temps de s’associer avec quelques collègues suédois pour former ce qui sera sans doute qualifié de « super groupe », du genre à aligner un line up de tueurs en série, mais qui aura le plus grand mal à tourner, faute de pouvoir s’accorder sur le calendrier.
On retrouve à bord Tomas Lindberg (AT THE GATES) au chant, à la guitare Jonas Stålhammar (THE CROWN) et Fredrik Wallenberg, à la basse Andreas Axelsson (DISFEAR, TORMENTED, EDGE OF SANITY) et à la batterie Adrian Erlandsson (AT THE GATES, THE HAUNTED).
Un nom de groupe qui claque (la peur qui rode, qui est aussi le titre d’une nouvelle de Howard Phillips Lovecraft), et une volonté affirmée par ces vétérans de livrer une bonne dose de Death Metal qui colle aux murs.
Sans fioritures, le groupe à trouvé le temps en deux mois de composer 18 titres, énergiques, organiques, teintés d’une ambiance un poil malsaine, et qui ne s’embarrasse pas de convenance, ni de production léchée et clinique. Pas de Death technique alambiqué ou syncopé, ni de Death mélodique en dépit du fait que l’enregistrement se soit déroulé à Gothenburg aux Welfare Sounds studios, Tompa et ses comparses rentrent directement dans le lard. Le groupe se ressource auprès de vieilles gloires telles qu’Autopsy,  Death, Morbid Angel, Possessed… The Lurking Fear n’échappe pas à des comparaisons plus contemporaines, « Tongued With Foul Flames » pourrait se retrouver sans peine dans le répertoire de The Haunted. Néanmoins le groupe remplit le contrat, et livre des compositions qui devraient accrocher les conduits auditifs des amateurs de Death metal brut de décoffrage. Un premier effort prometteur et recommandable en somme.
Reste au groupe à prouver que l’étiquette de projet ou de supergroupe ne convient pas, et pour cela The Lurking Fear devra faire ses preuves sur la durée.

Hamster (07.5/10)

www.facebook.com/thelurkingfearofficial

Century Media / 2017

Tracklist : 1. Out of the Voiceless Grave 2. Vortex Spawn 3. The Starving Gods of Old 4. The Infernal Dread 5. With Death Engraved in Their Bones 6. Upon Black Winds 7. Teeth of the Dark Plains 8. The Cold Jaws of Death 9. Tongued With Foul Flames 10. Winged Death 11. Tentacles of Blackened Horror 12. Beneath Menacing Sands 

 

Wintersun – The Forest Seasons

Les finlandais de WINTERSUN semblent prendre un malin plaisir à se compliquer la vie. Le premier album éponyme sort en 2004 et fait son petit effet sans non plus déchaîné la passion des foules. Après de multiples péripéties, la suite arrive en 2012 sous la forme de l’album Time I (chronique ici). Ce dernier s’avère être une totale surprise, une petite merveille death metal mélodique / symphonique inspirée comme jamais. On dit que la musique se bonifie comme le bon vin et c’est le cas de cet album que votre serviteur continue encore et encore d’écouter avec un plaisir non dissimulé. On se dit que la carrière du groupe est enfin lancée et que la deuxième partie Time II doit arriver rapidement.

Ce serait mal connaître Jari Mäenpää & co qui multiplient les erreurs et se mettent un paquet de monde à dos. Ils se brouillent avec leur label Nuclear Blast et les échanges acides par presse interposée s’enchaînent, ils créent la polémique en lançant une campagne de financement participatif osée pour se construire un studio particulier, bref la recette du désastre. On en vient à se demander si la groupe va survivre alors que Kai Hahto fait une longue pige chez NIGHTWISH. Finalement le groupe annonce un nouvel album mais pas Time II. Le nouvel opus arrive près de cinq ans après le précédent et se comme The Forest Seasons.

WINTERSUN semble être adepte de l’expression « plus c’est long, plus c’est bon » avec quatre titres consacrés à l’une des saisons et oscillant entre douze et quatorze minutes. C’était déjà le cas sur Time I mais la maestria et l’inventivité affichée rendait l’expérience très agréable. Autant Time I se positionnait sur un segment musique de film, très mélodique et symphonique, autant The Forest Seasons se veut plus classique et affiche un retour à des bases plus sombres, folk, une touche d’agressivité en plus. La marque de fabrique de Mäenpää et son talent évident surgissent à nouveau immédiatement mais WINTERSUN rappelle ici que cela reste un groupe extrême et qu’ils savent y faire dans le sombre et le violent malgré les orchestrations et toutes les fioritures disponibles. « Eternal Darkness (Autumn) » en particulier remet les pendules à l’heure entre les rythmiques très typées et le chant extrême à tous les étages. Mais la majorité des mélodies font mouche, les chœurs se mêlent à merveille avec la musique, WINTERSUN reste une horlogerie fine et complexe. A chaque nouvelle écoute, de nouvelles dimensions se dévoilent et l’auditeur ne peut être qu’impressionné face au travail de composition et de mise en place réalisé. Rien à redire concernant la production de The Forest Seasons, elle est excellente avec un son à la fois puissant et limpide.

Avec ce troisième album, WINTERSUN rentre dans le rang et revient à ses racines. Les ressemblances avec ENSIFERUM sont beaucoup plus évidentes qu’avec Time I. Printemps et été sont de petites merveilles qui nécessiteront du temps pour dévoiler tous leurs charmes. Automne et Hiver sont un peu moins convaincants, soit très bourrin (on croirait alors entendre CRADLE OF FILTH) soit un peu trop lent et presque ennuyeux. The Forest Seasons reste un disque de très grande qualité mais renouveler l’exploit de Time I était presque impossible. Rendez-vous dans de nombreuses années pour la suite des aventures des finlandais, Time II ou un autre album, impossible de faire des plans sur la comète.

Oshyrya (08/10)

 

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Nuclear Blast / 2017
Tracklist (54:01 mn) 01. Awaken from the Dark Slumber (Spring) 02. The Forest That Weeps (Summer) 03. Eternal Darkness (Autumn) 04. Loneliness (Winter)