Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

The Monolith Deathcult – Versvs I

Depuis Tetragrammaton, The Monolith Deathcult (TMDC pour les intimes et les feignasses comme moi) semble avoir franchi un palier, et le groupe que je considérais comme un vulgaire clone de Nile a su s’imposer comme une valeur sûre, comme un groupe qui ose jouer la carte de l’originalité en ajoutant à son Death Metal une saine dose d’expérimentations et de dérision. Et ce Versvs I vient encore renforcer ce statut de groupe à part.

Dès l’intro, TMDC débute par un clin d’œil à « Drugs, Thugs and Machetes », avec cette radio qui passe en revue plusieurs stations (et le fameux Wilhelm Scream) avant le premier uppercut, « The Furious Gods », qui débute a cappella avant la déferlante brutale. Le propos rappelle fortement Tetragrammaton, mais sans donner l’impression d’une face B ou d’une chute de studio. Le groupe parvient à conserver un niveau de qualité supérieure tout au long des 47 minutes de l’album, sans essoufflement. Mieux encore : avec ses spoken words, ses mini-interludes et ses variations de tempo, Versvs I évite habilement le piège de l’ennui et de la linéarité. Que ce soit tambour battant ou dans un mid-tempo des plus ravageurs (« From The Stalinic Perspective » écrase tout sur son passage avec ses rythmiques pesantes et son souffle épique), TMDC livre un album passionnant, qui parvient à se distinguer de la concurrence malgré le nombre hallucinant de sorties Death Metal du moment.

En sortant de son carcan purement Death Metal et en osant la dérision dans un genre tristement sérieux, TMDC continue à se démarquer sans pour autant verser dans le ridicule.

Mister Patate (9/10)

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Hammerheart Records / 2017
Tracklist (47:23) 1. Hal Sinden's Radio Dramas 2. The Furious Gods 3. Die Glocke 4. Seven Months of Mysticum 5. Uchronian March of the Deathcults 6. This Inhuman Place Makes Human Monsters 7. From the Stalinic Perspective

 

Danzig – Black Laden Crown

Après une fâcheuse tendance à se laisser aller et à ignorer tournées et albums, Glenn Danzig s’est réveillé. Conscient que le temps passe, le géant du New Jersey a multiplié les projets : retour scénique des Misfits, édition de comics, organisation du festival Blackest of the black et un album de reprises (Skeletons). Plus important, Danzig revient avec une nouvelle collection de chansons, Black laden crown. La première depuis 2010 et le brillant Deth Red Sabaoth.

L’album commence avec brio avec le titre éponyme. Ce morceau incantatoire annonce la tonalité générale de ce douzième opus. Black laden crown est sombre ; les saillies heavy-metal sont légion. « Eyes ripping fire » emboîte le pas, chope l’auditeur et ne le lâche plus. La suite ne montre aucun signe de faiblesse. La puissance de feu est là (« Skulls & daisies »).

Glenn et ses sbires sont en forme. Ils le font entendre au travers de solides compositions (« Devil on hwy 9 »). Musicalement, c’est un sans faute. Tommy Victor bûcheronne ses riffs avec efficacité tandis que la section rythmique s’emploie à casser des nuques (« But a nightmare »). Le tout est sublimé grâce à l’organe vocal de son leader. Sans ce timbre grave et unique, Black laden crown ne serait qu’un album de plus. Par bonheur, cette voix est toujours aussi puissante qu’à l’époque de How the gods kill.

Ce onzième album est un excellent cru, malgré une durée trop courte. Black laden crown a un grand mérite : il redonne de la superbe à son leader et le replace sur l’échiquier de la scène metal. Vu le niveau affiché, on espère que « Evil Elvis » ne prenne pas sept ans pour nous livrer la suite.

Nico (8/10)

Site Officiel : http://www.danzig-verotik.com

AFM / 2017

1. Black Laden Crown 2. Eyes Ripping Fire 3. Devil On Hwy 9 4. Last Ride 5. The Witching Hour 6. But A Nightmare 7. Skulls & Daisies 8. Blackness Falls 9. Pull The Sun

Dans le business, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Fort de ce proverbe en tête, le guitariste et compositeur finlandais Lars Eric Mattsson poursuit progressivement son travail de réédition de ses albums aujourd’hui oubliés ou très difficilement accessibles. Et pour cela, il possède l’instrument idéal à travers son label, Lion Music. Mais cela ne l’empêche pas de continuer une solide carrière solo et à publier régulièrement de nouveaux albums.

La relique du jour se nomme VISION et a été originellement publié en 1992 chez Apollon Inc/FEMS pour le Japon et Roadrunner pour l’Europe. Un an avant, Lars ne parvenait pas à trouver un chanteur qui lui convenait pour enfin monter un vrai groupe. Après quelques enregistrements avec Bjorn Lodin mais cela ne débouchait sur rien de concret. Par l’entremise d’un ami, il rencontre finalement un autre suédois, Conny Lind, avec qui le courant artistique est immédiatement passé. De cette rencontre est né un groupe, VISION, et un album. Pas très connu en Europe, cet album a connu un beau succès au Japon avec l’enregistrement de trois clips vidéos spécialement pour l’archipel nippon. Après vingt-cinq ans, Lars Eric Mattsson a donné une nouvelle jeunesse à ces treize chansons en proposant une remasterisation complète dans le studio Cage II de Lion Music. Ce n’est que le début, les autres disque de VISION suivront bientôt.

Nos lecteurs familiers du style Mattsson ne seront pas surpris à l’écoute de ce disque. On retrouve ce hard-rock accessible et très mélodique qui a fait la patte du finlandais. Cela s’écoute avec douceurs, les compositions restent simples et très accessibles en apparence. La subtilité du propos et la complexité des arrangements n’apparaissant qu’avec le temps et les écoutes successives. Ne nous voilons cependant pas la face, cela sonne très hard rock mélodique US des années 90 et les différentes chansons accusent leur âge. Rien de rédhibitoire ici mais les plus jeunes risquent d’être un peu surpris. On trouve certains gimmicks, particulièrement les parties de claviers, qui sonnent nettement old-school. Conny Lind fait le boulot mais il affiche quand même quelques fragilités tout au long du disque. Son timbre ressemble parfois à celui de Michael Kiske, l’immense talent en moins.

Avec cette réédition, les fans des premières heures seront comblés et les autres s’offriront un joli voyage nostalgique. Lars Eric Mattsson a fait preuve d’un solide talent et d’une belle maîtrise tout au long de sa carrière. Rappelons que c’est bien Mike Varney (Guitar Player Magazine et Shrapnel Records) qui lui a mis le pied à l’étrier en 1985. Avec le premier opus de VISION, les amateurs pourront (re)découvrir les premiers pas du guitariste. Une belle relique.

Oshyrya (07/10)

 

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Lion Music / 2017

Tracklist (60:36 mn) 01. I'm Your Fool 02. Making Love in a Dream 03. Sail Away 04. All Over Now 05. Try One More Time 06. Round & Round 07. Never Set me Free 08. Thin Line 09. Remember This Night 10. Strangers in the Night 11. Don't Go 12. Waiting for the Rain 13. How Long