Dans le business, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Fort de ce proverbe en tête, le guitariste et compositeur finlandais Lars Eric Mattsson poursuit progressivement son travail de réédition de ses albums aujourd’hui oubliés ou très difficilement accessibles. Et pour cela, il possède l’instrument idéal à travers son label, Lion Music. Mais cela ne l’empêche pas de continuer une solide carrière solo et à publier régulièrement de nouveaux albums.
La relique du jour se nomme VISION et a été originellement publié en 1992 chez Apollon Inc/FEMS pour le Japon et Roadrunner pour l’Europe. Un an avant, Lars ne parvenait pas à trouver un chanteur qui lui convenait pour enfin monter un vrai groupe. Après quelques enregistrements avec Bjorn Lodin mais cela ne débouchait sur rien de concret. Par l’entremise d’un ami, il rencontre finalement un autre suédois, Conny Lind, avec qui le courant artistique est immédiatement passé. De cette rencontre est né un groupe, VISION, et un album. Pas très connu en Europe, cet album a connu un beau succès au Japon avec l’enregistrement de trois clips vidéos spécialement pour l’archipel nippon. Après vingt-cinq ans, Lars Eric Mattsson a donné une nouvelle jeunesse à ces treize chansons en proposant une remasterisation complète dans le studio Cage II de Lion Music. Ce n’est que le début, les autres disque de VISION suivront bientôt.
Nos lecteurs familiers du style Mattsson ne seront pas surpris à l’écoute de ce disque. On retrouve ce hard-rock accessible et très mélodique qui a fait la patte du finlandais. Cela s’écoute avec douceurs, les compositions restent simples et très accessibles en apparence. La subtilité du propos et la complexité des arrangements n’apparaissant qu’avec le temps et les écoutes successives. Ne nous voilons cependant pas la face, cela sonne très hard rock mélodique US des années 90 et les différentes chansons accusent leur âge. Rien de rédhibitoire ici mais les plus jeunes risquent d’être un peu surpris. On trouve certains gimmicks, particulièrement les parties de claviers, qui sonnent nettement old-school. Conny Lind fait le boulot mais il affiche quand même quelques fragilités tout au long du disque. Son timbre ressemble parfois à celui de Michael Kiske, l’immense talent en moins.
Avec cette réédition, les fans des premières heures seront comblés et les autres s’offriront un joli voyage nostalgique. Lars Eric Mattsson a fait preuve d’un solide talent et d’une belle maîtrise tout au long de sa carrière. Rappelons que c’est bien Mike Varney (Guitar Player Magazine et Shrapnel Records) qui lui a mis le pied à l’étrier en 1985. Avec le premier opus de VISION, les amateurs pourront (re)découvrir les premiers pas du guitariste. Une belle relique.
Oshyrya (07/10)
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Lion Music / 2017
Tracklist (60:36 mn) 01. I'm Your Fool 02. Making Love in a Dream 03. Sail Away 04. All Over Now 05. Try One More Time 06. Round & Round 07. Never Set me Free 08. Thin Line 09. Remember This Night 10. Strangers in the Night 11. Don't Go 12. Waiting for the Rain 13. How Long
SNAP BORDER est un groupe de Rock Alternatif crée début 2012 à Nancy. Le quintet ne se prend pas la tête et affiche haut son appartenance à la scène rock, tendance US. Mais sa musique ne se limite pas qu’à cette seule étiquette, le groupe n’hésite pas à enrichir sa musique d’autres influences, selon ses envies. Alternative Current Box s’avère être le premier opus des lorrains et concrétise plus de trois années de travail.
Ce disque comporte très chansons calibrées en mode single (trois/quatre minutes) qui se veulent directes et accessibles. Ce qui frappe dès la première écoute c’est la voix de Franck derrière le micro, ce timbre grave et chaud qui inaugure du meilleur. Dès les premières secondes de « Regrets », il parvient à distiller beaucoup d’émotions avec que les guitares ne rentrent en scène et impulsent une belle énergie à l’ensemble. La section rythmique, basse/batterie, n’est pas en reste et imprime des rythmes implacables. Difficile de ne pas taper du pied et secouer la tête à l’écoute de ces mélodies attrayantes et finement ciselées. SNAP BORDER ne cachent pas ses influences et semblent avoir été à bonne école à l’écoute des NICKELBACK et autres RAGE AGAINST THE MACHINE. On retrouve ce même sens du riff accrocheur, de la mélodie qui tue et du refrain assassin. Les titres restent assez courts ce qui permet de concentrer la substantifique moelle rock de cette musique et d’augmenter l’impact sur l’auditeur.
L’énergie développée tout au long d’Alternative Current Box s’avère impressionnante, maintenir ainsi le pied au plancher pendant plus de cinquante minutes a représenté un joli défi. Autre élément positif, difficile de deviner l’origine du groupe lors d’une écoute à l’aveugle. En dehors d’un très léger accent, nos amis pourraient tout autant venir du fin fond de l’Arkansas ou de l’Arizona. La production est propre et professionnelle, le son reste clair et rend bien compte de l’enthousiasme des nancéens. L’auditeur risque de ressentir à la longue un petite lassitude mais ce disque procure à chaque fois de belles sensations rock. Les rythmes sont variées tout comme l’intensité d’un titre à l’autre. Alternative Current Box possède son lot de titres plus doux, sympathiques respirations entre deux brûlots rock.
SNAP BORDER offre un bien bel album et réussit une jolie entrée sur la scène rock hexagonale. A la fois inspiré et rafraichissant, Alternative Current Box apporte son lot de bons moments. Les influences ont été intelligemment digérées et les lorrains affichent déjà une belle identité musicale. C’est du tout bon !
Oshyrya (08/10)
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Autoproduction / 2016
Tracklist (52:09 mn) 01. Regrets 02. Unusual Gifts 03. Get Away 04. Ghost 05. Sparkles On The Ground 06. Drama 07. Alternative Current Box 08. Woman And Children 09. Mary Sells 10. Slide 11. Social Network 12. On The Road 13. Draw Me The Borders
On a beau dire le contraire et vouloir croire le contraire mais le premier contact visuel avec un objet ou une personne reste primordial. Cette première impression va s’imposer à nous et il sera bien difficile de s’en échapper. Pour les albums, vous trouverez trois types de pochette : la très belle qui attirera l’œil et permettra aux gens de s’intéresser à vous, la standard qui ne fait ni chaud ni froid mais reste honnête, professionnelle et la ratée qui dessert l’artiste et impose de passer une barrière supplémentaire pour s’y intéresser. Malheureusement cet EP rentre dans la troisième catégorie, qu’est-ce que c’est que ce truc ? Ils ont beau ne pas se prendre au sérieux, le quatuor s’est tiré d’entrée une belle balle dans le pied.
Le projet est né en 2015 dans la capitale et nos amis se décrivent eux-mêmes comme du Fusion Hip-Hop parisien. Les influences s’avèrent, en effet, très variées et le cocktail reste frais et détonant tout au long de ces six nouvelles chansons. Armez-vous de votre esprit le plus ouvert et éclectique pour apprécier cet EP. Le jeu des comparaisons est vain, la meilleure image que je puisse trouver serait un comparer cela à un GORILLAZ rock/métal. C’est barré, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre et la surprise est (presque) chaque fois au rendez-vous. On retrouve ce groove très agréable et les refrains affichent une solide efficacité. Le quatuor sait même faire dans le sensible et le subtil avec « High » une ballade à faire fondre un bloc de glace. Le chanteur possède une voix chaude et envoutante, on croirait entendre Shurik'n d’I AM.
Guns n' Cookies, c’est pas mal du tout, ce brassage d’influences fait mouche et les parisiens affichent une belle maîtrise tout au long de ces trente minutes de musique. Ces compositions semblent tailler pour la scène, WILD MIGHTY FREAKS doit pouvoir faire un malheur sur les planches. J’espère que beaucoup franchiront le cap et donneront leur chance à au groupe. Mais, svp, soignez vos visuels, photos et pochettes ne donnent vraiment pas envie d’essayer.
Oshyrya (6,5/10)
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Autoproduction / 2017
Tracklist (29:26 mn) 01. The Last Time 02. Freaks 03. Empty Skies 04. High 05. Jungle 06. Get Out My Way