Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Nous nous étions vu en 2013 pour la sortie d’Essentia. Qui de neuf depuis ?

Pas grand-chose un album de plus et pas de changement majeur entre temps. Si je résumais en un mot la période Essentia, je dirais évidemment acoustique. Moi c’est vrai que j’ai beaucoup bossé sur le disque pour l’enregistrer mais que j’ai moins participé aux concerts donnés ensuite dans cette configuration réduite. Mais cela nous a permis de clore un chapitre plus métal atmosphérique on va dire, et là on passe à autre chose de différent, plus progressif…

Mais ce projet acoustique a forcément nourri cet album électrique, l’utilisation d’un quatuor à cordes par exemple. Et cela nous a appris à moins chargé la musique au niveau de la quantité des instruments. C’était à posteriori un peu le défaut d’Aerial qui s’avérait être trop chargé avec beaucoup de parties doublées… Cela nous a permis d’équilibrer la musique.

 

02. Après un interlude acoustique, voici l’album électrique. Vous écrivez « le nouveau matériel prend naturellement une tournure plus progressive » pourquoi ?

L’arrivée de Chris le batteur qui comme moi est très fan de rock 70s a aidé à prendre cette direction. Et donc avec le line-up actuel, stable et consolidé, on peut se permettre de travailler une musique plus progressive, plus complexe et difficile à jouer. Nous avons insufflé dans ce nouvel album plus d’influence que nous pouvons chacun avoir, Olivier, moi, Sandy… Ce fut vraiment un mouvement naturel d’aller vers cela en suivant nos aspirations artistiques.

En réalité le travail, les compositions de chacun vont donner la direction générale du disque. Rien de vient de l’extérieur, tout s’impose finalement assez naturellement. Dès l’époque d’Essentia, quand nous avions commencé à composer avec Olivier cette tendance plus prog avait émergé. Les squelettes de certaines chansons existaient déjà, moi au piano et Olivier à la guitare avant que le processus d’Essentia n’aboutisse. Et comme nous nous sommes retrouvés sans batteur, le projet acoustique s’est imposé de lui-même le temps de se retourner et de reconstituer nos forces pour le prochain album électrique.

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03. Pourquoi avoir choisi de travailler avec Francis Caste au Studio Sainte Marthe (et pas à nouveau au White Wasteland studio avec Emmanuel Rousseau) ? Qu’a-t-il pu vous apporter ?

Déjà Manu a eu quelques problèmes avec le fisc et donc avait des soucis financiers à régler avant de pouvoir reprendre sereinement ses activités d’enregistrement et de production d’albums. Nous voulions aussi travailler dans un plus grand studio en bénéficiant des moyens et du savoir-faire de Francis. Nous voulions vraiment bosser avec lui, c’est un gars qui est très dans le côté analogique, organique des choses. Le son n’est pas ultra-compressé, il s’adapte au style.

Donc nous l’avons rencontré, nous avons parlé et il était assez chaud pour faire ce projet-là. Cela a été presque naturel, nous savions ce que nous voulions, il était intéressé et donc tout s’est bien emboité. Et il a vraiment une façon de travailler à l’ancienne avec tous les effets enregistrés directement par pédales… Tout n’est pas fait et ajouté à posteriori. Et cela nous a aussi plu chez lui. Les prises de guitares sont enregistrées de façon brut ce qui au final donne un côté très naturel. Nous avons enregistré piste par piste car sinon c’est très compliqué car il faut alors beaucoup de place dans le studio. J’adorerais faire des prises live mais cela complexifie très nettement le processus. Et faut alors beaucoup plus de moyens.

Nous avions tout maquetté avant et donc quand par exemple le batteur a commencé à jouer, il avait la maquette derrière, le clic, la basse les claviers des démos dans l’oreille. Cela change beaucoup de choses et simplifie le travail. Dès que telle partie était en boite, en enlevait la maquette et on utilisait les pistes réelles enregistrées en studio.

 

04. C’est habituel pour vous de tout maquetter ainsi ?

Non c’est la première fois que nous agissons ainsi. Tout est bossé en amont et quand nous arrivons en studio, tout est fixé à 95 %. Ce n’était pas du tout ainsi pour Aerial qui a été mis en boite sur une période hyper longue. Et donc nous avions procédé différemment. Là tout était fixé d’avance, les violons étaient écris… Il ne restait plus qu’à jouer en fait. Mais l’étape du studio reste nécessaire car nos maquettes sont faites avec les moyens du bord et nous ne pouvons pas atteindre chez nous la même qualité que dans un studio.

Là tout est équipé avec les bons micros, les amplis, les pré-amplis, les effets bref tout le matériel nécessaire pour sortir un son de qualité. Tout cela coûte extrêmement cher. Et Francis fait tout, mixage avec Olivier et le mastering à l’exception des violons qui ont été mis en boite avec la même personne que sur Aerial.

 

05. Comment as-tu à nouveau travailler tes orchestrations, as-tu modifié ta façon de les bosser ?

Non je n’ai pas changé de méthode de travail. Mais ce n’est pas du tout mon métier au départ. Je le fait parce qu’il le faut et que j’en ai envie. Je bosse sans doute un peu mieux car à force de faire j’ai appris et donc optimisé le processus mais cela reste long et difficile. C’est la première fois que je m’attaquais à un titre aussi long, plus de dix-huit minutes sur cet album. J’ai travaillé avec des thèmes et des motifs rythmiques qui reviennent avec une approche plus classique du truc, et je dis cela sans aucune prétention.

Nous faisons bien attention de maintenir des fils conducteurs dans ce morceau-là. Et j’espère que cela se ressent à l’écoute. Mais nous prenons toujours des risques avec ce type de titre épique, d’avoir des creux, des zones de respiration, avant que le souffle mélodique ne revienne. Le rock progressif avait vraiment au départ cette volonté de s’inspirer du classique et donc d’avancer par vague, un thème mélodique prend la main sur un autre harmonieusement… Nous avons toujours été difficiles à classer dans un seul genre et cela nous convient bien. Moi-même je ne lis jamais les chroniques, j’essaye de me fier à mon oreille et à mon ressenti. Je lis les interviews d’autres groupes mais le feeling est tellement personnel que tout n’avis n’engage que son auteur.

Nous concernant je ne lis jamais les chroniques publiées. Les autres membres du groupe le font mais moi non car je ne veux pas que cela m’influence ou me fasse modifier ma façon d’agir et de composer. J’ai des retours en échangeant avec les gens. J'ai un peu la démarche d’un Marcel Duchamp qui faisait de l’art et ensuite le laissait aux gens qui en faisaient ce qu’ils voulaient. Certains criaient au génie d’autres à l’imposture. A mon petit niveau, bien sûr, j’ai cet esprit-là. Ce n’est pas du dédain mais c’est créé, enregistré et je passe alors à autre chose.

 

06. Pourquoi le choix de ce titre, The Winding Path ?

Cela vient de musique, du fait qu’elle soit un peu plus sinueuse et par rapport aux textes, les choix de vie qui sculptent nos destins. Et donc ce nom de « chemin sinueux » convenait bien et possédait ce rapport direct avec les textes et la musique. Plusieurs titres ont été proposés mais c’était le seul qui avait ce rendu global qui synthétisait bien l’album. La logique aurait pu être de prendre « The Field Of Minds » cette chanson très longue mais cela ne convenait pas vraiment car cela correspondait moins aux autres chansons. Et nous voulions donner cette direction générale.

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07. En regardant les crédits, on se rend compte que ce disque semble avoir été beaucoup plus un effort collectif que les autres albums. Est-ce bien le cas ?

Oui c’est assez évident et surtout le tout a été travaillé très différemment. C’est toujours Olivier et moi qui amenons les compositions, une structure avec des lignes harmoniques et les thèmes principaux et ensuite c’est réarrangé en répétions. Là nous bossons tous, chacun amène sa partie spécifique, la batterie, la basse et le chant et donc les choses évoluent, éventuellement un thème joué aux claviers qui passe à la guitare… Tout le monde amène sa pierre à l’édifice alors que sur Aerial nous avions tout préparé et maquetté avec Olivier pour entrer ensuite en studio. Il n’y avait pas eu tout ce travail en commun avant. Notre méthode de travail à Oliver et moi s’avère être assez compliquée.

En général, nous bossons chacun de notre côté pour les premières idées. Moi j’écris tout au piano évidemment et Olivier tout à la guitare. Ensuite on se voit souvent tous les deux pour commencer à arranger guitares et claviers. Cela fait dix ans que nous bossons ensemble et cela s’est fait assez naturellement ainsi. Et ensuite nous arrivons en répétitions avec nos maquettes que les autres puissent commencer à écouter et bosser dessus. Et ensuite ce fait la mise en commun pour définir les arrangements finaux. Sandy va rédiger les textes, travailler ses mélodies vocales avec donc un nouveau réarrangement avec le chant de la part de chaque instrument et enfin moi derrière je compose les orchestrations, les cordes, les flutes… Et après une dernière mise en commun, le morceau prend sa forme finale. Donc avec toutes ces étapes, le groupe s’est beaucoup plus investi qu’avant, je pense.

 

08. Que peux-tu nous dire de la pochette, encore le travail de Vincent (Dehn Sora) et quelle direction lui avez-vous donné ?

C’est surtout par rapport aux textes que nous luis avons fourni comme base de travail. C’est surtout Olivier qui est charge de cette partie-là car Vincent n’est autre que son beau-frère ce qui facilite forcément les choses. Ils ont surtout bossé ensembles à partir des textes avec quand même une idée générale avant que cela ne soit affiner. Je crois que Sandy a également participé à ce processus de création. Donc je ne peux pas trop t’en dire. Et je dois même avouer que je ne suis pas super fan de la pochette. Elle est très belle, très bien réalisée mais moi je l’aurais fait différemment. Ce n’est pas une question de couleurs, elles me conviennent, mais pas la pochette en elle-même. Je suis très attaché au dessin, aux pochettes dessinées, tout ce qui est plus informatique j’ai plus de mal.

Un exemple la pochette du Fugazi de MARILLION est juste exceptionnelle. J’aime ce côté plus ancien, celles de YES, de Roger Dean, on une patte un graphisme. Pour te parler d’une pochette récente que j’adore, je te cite volontiers le dernier DØDHEIMSGARD, A Umbra Omega, du black progressif, et le visuel est un simple décor sur lequel ils ont rajouté trois pyramides de couleurs. Le reste du groupe le sait ! Dans les couleurs elle est vraiment belle mais j’accroche moins sur l’illustration elle-même.

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09. Vous semblez enfin avoir trouvé la stabilité du line-up, un soulagement, l’impression de vraiment progresser ?

Enfin ! Et nous avons enfin l’impression d’avancer et de construire. Chris c’est super bien intégré et nous retrouvons ce côté familial qui nous sied bien. Là je pense et j’espère que nous sommes partis pour un bon moment à moins que l’un d’entre nous fasse trois gamins et ne puissent plus continuer. Nous avons une cohésion humaine rarement connue. Je sais que nous pourrions partir en tournée ensemble plusieurs semaines sans que cela ne pose problème. Nous avons le line-up idéal, artistiquement et humainement.

 

10. Quelle est la suite pour vous à court et moyen terme ?

Et bien d’abord finir la promo et ensuite quelques dates se présentent déjà à nous. L’idée est de faire un maximum de concerts pour continuer à faire connaître le groupe et notre musique. Et puis commencer à travailler sur le suivant. J’ai commencé de mon côté avec quelques idées mais d’ici trois ans pouvoir donner la suite. Il nous fait ce délai de quelques années car financièrement cela nous a quand même coûté cher. Le studio, le producteur, tous les musiciens supplémentaires… Même si nous les connaissons, il est normal de les défrayer de leurs efforts et de leur travail. Deux viennent de Rouen et deux de Lyon. Donc ils sont remboursés de leurs frais et ensuite pour la session elle-même. Donc si on peut sortir le suivant fin 2017, courant 2018 ce serait pas mal.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Dernier album acheté ?

Un groupe anglais de Doom qui s’appelle UNDERSMILE et leur dernier album, Anhedonia

 

02. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

J’ai commencé le piano super jeune et donc je dirais le générique des Mystérieuses Cités d’Or. Sans déconner ! J’ai ce souvenir-là de dire à ma mère en regardant ce dessin animé que je ferais bien du piano.

 

03. Chanson que tu aurais adoré avoir composée ?

Peut-être « Supper’s Ready » de GENESIS.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait le groupe avec ce nouvel album, que pouvez-vous nous dire vous concernant ?

Steve Shaver: Salut ici Steve Shaver du groupe TO THE PAIN. JE pense que quelqu’un qui écoutera notre nouvel album pour la première fois remarquera la grande diversité des chansons. Tu trouveras des titres thrash, des compo métal qui dépotent, des chansons plus orientées hard-rock, une grande variété de chansons. J’ai toujours dit que je nous vois comme les VAN HALEN du métal… jamais bloqué sur un même style trop longtemps.

 

02. Si vous deviez résumer le groupe en trois mots, quels serait-ils et pourquoi ?

Des hymnes métal diversifiés. Je pense que nos chansons sont très accrocheuses et possèdent ce côté fédérateur des hymnes. Comme je le précisais précédemment, nous recherchons cette diversité. Nous n’avons pas vraiment un style en particulier que nous conservons de bout en bout. Nous aimons simplement composer de bonnes chansons que le public pourra garder en mémoire bien longtemps après nos concerts.

 

03. Quelle était votre idée, votre ambition au moment d’entamer le travail sur votre nouvel album ?

En étant l’ingénieur, le producteur ainsi que le guitariste, mon ambition était de m’assurer que les nouvelles chansons allaient sonner encore mieux que sur notre premier opus. Et je pense y être sincèrement parvenu. Je voulais pouvoir construire et capitaliser sur les supers titres écrits pour le disque précédent. Ayant interprétés ces titres sur scène plusieurs fois avant de les mettre en boite définitivement, nous avons voir ce qui fonctionnait vraiment et les peaufiner encore et encore pour qu’elles s’avèrent puissantes et fortes par elles-mêmes. Nous donnons à chaque fois notre meilleur pour composer des titres métal accrocheurs et je pense que nous avons réussi ce pari.

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04. Que peux-tu nous dire de la composition et de l’enregistrement de cet album ?

Avant d’intégrer notre nouveau guitariste, Craig Piano, notre ancien guitariste, Mark Trojanoski et moi avons beaucoup discuté de l’idée de faire un album en deux parties, pour moitié album concept pour moitié avec d’autres titres non reliés entre eux. Mais le concept album n’a jamais vu le jour… mais une des chansons qui était destinée à ce projet à quand même fini sur le disque. Le titre d’ouverture, « March For Mankind/Heavens Carnage » devait faire partie de ce concept original.

Ensuite, la chanson « Seven » a été composée par Jimmy, Johnny et moi-même lors d’une répétition. « KillZone » tranait depuis longtemps dans mes cartons sans que je parvienne à la finaliser. « Is It My Turn To Die » est notre œuvre commune à Craig, Jimmy et moi lors d’une autre répétition. « Cry Out For Justice Die » est né d’une démo de Craig à laquelle j’ai ajouté des paroles. Enfin « And Don’t Eat The Eyes Die » date elle aussi d’un petit moment et j’ai pu enfin en finaliser les paroles.

 

05. Quels sont vos attentes et vos espoirs pour le groupe ?

J’espère que nous pourrons nous produire chez nous et que notre musique se diffusera le plus largement possible.

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Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Wow, c’est difficile. Sans doute, « The Trooper » par IRON MAIDEN mais ausssi « Holy Wars » de MEGADETH. Ces deux chansons sont des petites merveilles.

 

02. Premier album acheté ?

Le premier album que j’ai acheté avec mes propres sous s’avère être The Last In Line de DIO sans doute parce que je possédais déjà les trois premiers IRON MAIDEN (merci papa et maman !)

 

03. Dernier album acheté ?

Mon dernier achat n’est autre que le dernier opus d’ARMORED SAINT. Mais je n’ai pas encore pris le temps de l’écouter.

 

04. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

Bizarrement tout est venu de l’l’album Fever de BULLET FOR MY VALENTINE. Ca et également Endgame de MEGADETH. Ils ont tous les deux ranimer la flamme que j’avais pour le métal et j’ai alors eu à nouveau envie de composer des chansons.

 

Tous nos remerciements à TO THE PAIN et Scott (ClawHammer PR).

 

www.facebook.com/ToThePainNY

https://www.reverbnation.com/tothepain

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01. Difficile à imaginer mais certains de nos lecteurs peuvent n’avoir jamais entendu parler d’ANTI-FLAG, peux-tu nous présenter le groupe en trois mots et nous expliquer pourquoi ?

Je fais partie de ce groupe et j’imagine aisément que beaucoup n’ai jamais entendu parler de nous. Je suis dans cette aventure depuis 17 ans maintenant. Les trois mots je dirais : internationaliste, anti-sexisme et anti en général. Cela résume bien en fait toutes nos chansons depuis le début (rires). Quand tu penses à mettre au défi et secouer le statuquo et tout ce que cela implique, le croyance profonde que tout ne va pas bien et que nous-mêmes nous ne sommes pas en phase…

Et il s’agit là d’une première étape et c’est pourquoi nous avons trouvé le punk-rock pour nous exprimer et que nous avançons ainsi depuis lors. Nous venons d’un endroit inconfortable et nous sommes à la recherche d’un lieu dans lequel nous aurions notre place. Et pour changer cela nous avons entamé un processus en allant à ces concerts de punk-rock, à travers le groupe en multipliant les contacts… Ces mots résume bien l’esprit punk-rock, il ne s’agit pas d’un groupe, d’une chanson, un t-shirt ou une coupe de cheveux mais bel et bien une croyance.

 

02. Donc pour vous la musique doit être un combat, un moyen de faire changer le monde ? Vous n’imaginez pas cela sans cet activisme, juste à parler des fleurs et du ciel ?

La musique n’est finalement que le medium, le véhicule pour exprimer ce que tu veux dire. Nous pouvons nous exprimer sans colère. A nos débuts peut-être oui, nous pensions que si l’une de nos chansons avait un fort message sociétal, il fallait que cela s’exprime par de la colère, il fallait que cela soit « anti » jamais en faveur de. Et effectivement nous venons de là, et toute la scène est née de ce ferment mais je pense qu’intrinsèquement, en réalité, toutes les chansons possèdent un message politique même si cela ne parle que de la beauté des fleurs.

Ces fleurs et leur beauté existent à ce moment précis à cause de tel ou tel paramètre mais au bout du bout un message politique existe. Je suis conscient que cette idée est difficile à défendre en écoutant le dernier single de ONE DIRECTION (rires) mais même là si tu essayes vraiment et que tu as une certaine imagination pour tracer des parallèles, tu peux y arriver. C’est de l’art et donc qui sommes-nous pour critiquer cela et le risque pris par telle ou telle chanson ?

 

03. Comme tu le mentionnais, tu fais partie du groupe depuis 17 ans alors que le groupe existe lui-même depuis 25 ans environ. Constates-tu des différences quand à vos colères ou protestations entre les membres du groupe ?

Oui tout le temps, pour de petits détails. Cela passe par une vision, une acceptation différente de la technologie, dans la façon dont nous composons… Et cela clashe parfois bien sûr. Je suis plus ouvert à toutes ces nouveautés car j’ai baigné dedans et je les comprends. Voilà pour la forme mais sur le fond, nous partageons énormément au niveau de la philosophie générale, politiquement parlant. Souvent on nous demande si nous sommes d’accord en ce qui concerne la politique et oui c’est bien le cas.

Nous sommes d’ailleurs souvent plus en harmonie au niveau politique que sur la musique au niveau des riffs ou des mélodies. Et nous pouvons utiliser toutes les technologies les plus modernes. Si les SEX PISTOLS avaient eu l’opportunité d’enregistrer dans les meilleurs studios, ils l’auraient fait. Je ne crois pas que le punk-rock soit un son, cela peut donc tout à fait être électronique, pour moi le punk rock c’est vivre avec empathie, avec conscience de la réalité du monde et de la vie. Et donc pour moi des artistes comme Bob Dylan peuvent être punk rock.

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04. J’ai l’impression qu’à la fin d’un album et de la tournée qui suit, les artistes se réunissent et discutent de ce que doit être la suite et de la démarche à adopter pour le nouvel album. Est-ce bien le cas et quelle était alors votre démarche pour American Spring ?

Oui cela s’est bien déroulé ainsi mais bien plus tôt, bien en amont, même avant que The General Strike ne soit publié. Nous planifions en avance et nous avons même eu cette discussion pour savoir si nous allions tout simplement faire un nouvel album. Et là la démarche a pris forme : ok nous avons fait notre deuxième album chez SideOneDummy Records, nous ne cherchons pas à toucher tout le monde, nous nous adressons d’abord à nos fans et qui veut bien nous écouter. Il n’y a pas de stratégie à mettre en place pour partir à la conquête… Nous avions accepté cela avec une certaine complaisance peut-être au niveau des chansons, de la façon d’enregistrer, de la façon dont nous étions travaillés par notre label…

Et donc si vous voulons faire un nouvel album, le dixième, après l’anniversaire de nos vingt ans de carrière, il faut ce ce disques soit très bon, bien pensé… Et cette conversation a donc débuté, comment faire un meilleur album d’ANTI-FLAG ? Et puis nous avons regardé le paysage politique autour de nous et nous avons réalisé que peut-être plus que jamais, il est important qu’ANTI-FLAG existe de nos jours car il n’y a pas tant de groupes que ça qui parle de ce qui se passe en ce moment dans le monde. Certains critiquent ou dénoncent dans certains genres musicaux mais cela reste en surface et ne touchent pas au fond des choses. Nous devons peut-être nous repositionner d’une certaine manière. Pour beaucoup, les groupes de punk-rock se caractérisent désormais par le fait qu’ils sautent partout une fois sur scène, la conscience, l’aspect protestataire a souvent disparu.

Et donc nous voulions récupérer cet esprit et être sûr qu’en revenant avec un nouvel opus nous serions concentrés sur ce que qui reste l’essence de punk-rock : oui tout le monde sait que la NSA c’est mal, que les brutalités policières sont une honte cependant à nous de secouer le cocotier pour que les choses bougent.

 

05. Quel est votre message avec cet album et ce titre par exemple référence au printemps arabe ?

Oui bien sûr la référence est évidente. Tu regardes ce mouvement et tu constates les hauts et les bas, les succès et les échecs… Du point de vue historique les révolutions qui sont tombées dans la violence n’ont pu générer, en fin de compte, que plus de violence. Et ce fut le cas en Egypte par exemple. Mais à l’origine, dans des endroits où les réseaux sociaux n’existaient pas, soudainement Twitter est apparu a été utilisé et à permis de mobiliser tout un peuple dans un même mouvement. Comme pour Occupy Wall Street, avant on pouvait penser qu’il n’y avait de discussion et de débat interne à la société et ces nouveaux outils ont fait émerger cela à la surface, à la lumière.

Et que l’on soutienne ou non ces mouvements, le fait que cela émerge reste un aspect extrêmement positif. Cela a changé la façon dont nous parlons de ces phénomènes désormais. Nous pouvons déplorer la suite de ces mouvements ils ont changé les choses pour de bon. Et nous voulions tirer un coup de chapeaux à ces événements, chaque fois que les gens se mobilisent pour une cause à laquelle ils croient pour la paix ou la démocratie. La première invasion de l’Irak n’était pas justifiée, la seconde non plus et la situation inextricable dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui vient d’un usage inconsidéré de la violence à l’origine.

 

06. Tu mentionnes ces réseaux sociaux et ces nouveaux outils comme Twitter mais cela sert avant tout à faire du fric ? S’agit-il de bénédictions ou de malédictions ?

Oui tu as raison de souligner cet aspect des choses. Avec ce disque et les chansons nous avons vraiment essayé de nous concentrer sur le ressenti immédiat, les sentiments provoqués sur tel ou tel aspect. Qu’est-ce que la réalité et qu’est-il possible de faire et impossible de faire. Tout joue comme la pochette par exemple. Tu vois un femme musulmane et certains penseront terroriste, certaines penseront fondamentalistes, tu obtiens uniquement par le visuel des émotions. Et c’est la même chose pour ces nouveaux outils comme Twitter à la fin de la journée quand tu te connectes en cherchant le hashtag Arab spring pour connaître le lieu de la prochaine manifestation, tu subis également une publicité pour Toyota.

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07. Une partie de votre public vous écoute et s’imprègne de vos paroles et du message que vous diffusez et une autre partie s’en moque éperdument en appréciant uniquement e la musique, les riffs et les rythmes. Est-ce que cela vous travaille ?

Oui nous y pensons et je suis bien sûr bien incapable de de te donner des statistiques quant à la répartition entre les deux catégories. Nous avons la chance de pouvoir être accessible vis-à-vis de notre public, avant ou après les concerts nous ne disparaissons pas et nous aimons nous mêler et discuter avec les fans. Même lors des festivals nous multiplions les rencontres et ils nous disent des choses. Certains nous ont dit, alors que je découvrais votre musique, je pensais sérieusement à rejoindre l’armée. Et ce genre d’exemples dont des petites victoires tangibles pour nous. Et avec le groupe qui existe depuis plus de décennies maintenant les exemples de ce type se multiplie. Un fan m’a dit qu’il était devenu un avocat d’ACLU (American Civil Liberties Union) etc…

Ils sont venus à nos concerts et ont pu en repartir avec un petit plus, un message dans leur tête et leur cœur les faisant agir pour une société meilleure. Et c’est le but de chacune de nos chansons, il serait naïf de croire qu’une chanson peut changer le monde à elle toute seule. Mais ces petites victoires nous font dire que tout cela vaut la peine. Et maintenant, nous pouvons grâce aux réseaux sociaux être en contact plus que jamais avec nos fans via Twitter ou Instagram. Les fans peuvent directement s’adresser à nous et échanger. Nous faisons en ce moment un mini-film sur l’activisme et nous interviewons pour cela certaines de ces personnes. Un bon exemple reste le fan qui s’occupe de notre site web. Il habite à Winnipeg et au début il n’aspirait qu’à gérer un forum de nos fans. Mais depuis il multiplie les actions politiques, ses contributions à diverses associations. Son activisme en a été décuplé.

Et nous faisons cela pout ces petits moments magiques, nous ne vendons pas des millions de disques, nous ne sommes pas RAGE AGAINST THE MACHINE ou GREEN DAY avec American Idiot… Bien sûr nous voulons que notre disque soit le plus écouté possible mais là s’arrête notre ambition artistique. Mais ce n’est pas simple. Ces groupes ont effectivement su proposer de vrais petits bijoux, des hits, mais le succès s’avère aussi être une question de timing. Mais nous n’avons pas choisi la voie la plus simple en proposant un punk-rock engagé.

 

08. Au niveau business vous avez été signé sur des structures de taille et de d’importance bien différentes, de Spinefarm Records à SideOneDummy Records en passant par RCA. Qu’en avez-vous retiré ?

Nous sommes chez Spinefarm car nous sentons profondément que nous écrions des chansons pour le monde. Il s’agit d’une démarche globale, d’un agenda mondial. Et jusqu’à présent, nous manquions d’une couverture aussi large, que nous soyons à même d’être disponible et accessible un peu partout. Et Spinefarm nous apporte cela. Nos précédentes maisons de disques mettaient tout l’accent sur l’Amérique du Nord et pas ailleurs. Et à l’opposé, chaque fois que nous venions nous produire en Europe nous ressentions une connexion plus intense que jamais avec le public européen. Mais nous n’avions personne ici, pas de relais locaux nous disant pourquoi ne viendriez-vous pas à Paris pour parler de votre musique ?

 

09. Un mot sur WHITE WIVES ?

Oui c’est un groupe que j’ai monté avec l’autre guitariste, Chris et nous avons sorti un 7inch l’année dernière. Le chanteur n’est autre que Roger Harvey. Il s’agit d’une activité de détente pour se changer les idées et s’amuser. Cela me permet de m’aérer l’esprit de rester en forme et créatif lors des périodes de repos d’ANTI-FLAG. Et chacun est sur la même longueur d’onde, tous comprennent que quand l’agenda le permet il faut profiter des opportunités et qu’ensuite nous devons nous consacrer à autre chose.

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10. Quelles nouvelles sur le front ANTIFest, votre propre festrival ?

Nous espérons redémarrer l’aventure cette année car l’année dernière nous avons mis cela entre parenthèses car nous avons cessé nos activités toute l’année en fait. Cela devrait avoir lieu en Allemagne même dans d’autres villes à l’automne.

 

Et enfin "Le Quizz de Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

SAM COOKE avec “Don’t Fight It Feel It” la version live à Harlem Square Club 

 

02. Premier album rock acheté ?

GREEN DAY avec Dookie

 

03. Dernier album acheté ?

J’ai précommandé notre nouvel album mais à part ça, un disque d’Abner Jay, un musicien du Mississipi dans les années 70, des vieux trucs de blues…

 

04. D’où est venue l’étincelle artistique ?

L’envie de devenir un musicien professionnel est venu d’un show de GREEN DAY à Chicago, cela s’appelle Jaded in Chicago que j’ai vu étant jeune sur MTV je pense. Cela avait l’air tellement réel ! Mais même alors que j’apprenais les chansons de NIRVANA à la guitare, je ne pouvais m’imaginer faire partie d’un groupe. Mais cela semblait accessible et donc pourquoi pas moi !

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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