Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait AVATAR avec cet album, que peux-tu nous dire sur le groupe ?

Nous sommes nés au début des années 2000 sous l’impulsion de notre batteur John (NDLR : John Alfredsson) et de l’un de nos guitaristes. Ils se sont rencontrés quand ils étaient encore adolescents, à l’âge de 14 ou 15 ans. L’un d’eux avec un t-shirt METALLICA et l’autre IRON MAIDEN et donc la magie a pu agir. Et depuis nous avons grandi ensemble, en apprenant à jouer de mieux en mieux à être un groupe, à jouer de ensemble fort et uni. Nos racines sont clairement dans le métal extrême, du Death métal en particulier, assez mélodique parfois mais très technique et brutal.

Année après année nous avons évolué en nous prenant en orientation axée sur le groove tout en conservant ces racines extrêmes. Et je ressens vraiment lez fait que depuis l’album Black Waltz, nous nous sommes trouvés et nous creusons depuis notre propre sillon. Et ce nouvel album, Hail the Apocalypse est la suite et une évolution naturelle sur ce chemin.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période Black Waltz. Que retiens-tu de cette époque ?

Ce fut une période très cool avec beaucoup de bons moments. Mais ce qui me semble très important pour nous est d’avoir pu nous ré-établir en Europe, sortir de la Scandinavie et la Finlande où nous avions un peu concentrer nos efforts ces dernières années. Il nous fallut du temps et des efforts mais Black Waltz a été une très bonne opportunité pour nous de nous rappeler au bon souvenir des fans européens. Et puis nous avons pu jouer dans des grandes salles avec FIVE FINGERS DEATH PUNCH Et c’est cool. C’est génial d’avoir franchi ces étapes.

Autre étape importante pour nous, Black Waltz a été publié aux Etats-Unis et nous avons tout fait là-bas pour faire bonne impression et que l’on parle de nous. Nous avons eu la chance de trouver là-bas les bonnes personnes avec qui travailler et nous récoltons déjà très rapidement les fruits de ces efforts outre-Atlantique. Toutes ces aventures furent super excitantes pour nous. Nous espérons continuer à progresser et cette tournée promo en Europe et aujourd’hui à Paris est un pas de plus dans la bonne direction.

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03. Deux mois avant la sortie de ce deuxième album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

Je suis très confiant vis-à-vis de ce disque. Il s’agit vraiment d’un album avec lequel je prends beaucoup de plaisir à son écoute. Je suis excité et très heureux, sans stress concernant la façon dont le public va l’accueillir. Je suis persuadé que Hail the Apocalypse trouvera son public et c’est un album profondément honnête. Je sais que le succès vient si tu fais de ton mieux et que les chansons sont honnêtes et viennent du cœur. Et c’est ce que nous avons fait. Je peux présenter fièrement notre travail quelque soit l’avis des gens. Il est probable que nous rencontrions à nouveau le succès avec l’album mais si ce n’est pas le cas, je reste fier de ce que nous avons accompli. Je l’écoute encore très régulièrement et cela reste un plaisir.

Dans le passé, avec notre troisième album, celui qui porte notre nom, nous nous sommes perdus car nous avons travaillé en pensant beaucoup trop à ce que les autres personnes allaient penser de notre musique. Et finalement ce disque sonnait creux et les gens ne pensaient rien du tout, cela glissait sans les marquer positivement ou négativement. De bonnes chansons mais pas assez d’homogénéité. Et nous avons appris de cela, nous avons alors pu progresser en devenant égoïste, faisant la musique que nous aimons. Avec Black Waltz nous avons décidé de nous plus nous inquiéter et de faire ce que nous avons à faire. Cette formule est intéressante, quand tu arrêtes de t’inquiéter, les gens commencent à écouter.

 

04. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Hail The Apocalypse ?

Nous avons enregistré en Thaïlande, en condition live car nous voulions changer les choses par rapport au passé et réintroduire le facteur humain dans l’équitation de nos albums. Tu penses à des groupes comme LED ZEPPELIN ou les WHO et tu as envie de tout donner en studio dans les conditions du direct. Les façons plus modernes d’enregistrer sont géniales, il existe désormais tellement d’outils et de logiciels qui facilitent le travail, le rende plus rapide, moins cher mais tu manques alors le facteur humain.

Il est devenu si facile de tricher en studio et spécialement dans le genre métal, tout le monde court derrière le son parfait mais la perfection en musique reste un mythe. Si tu construis une maison en brique, la précision, la perfection est nécessaire pour qu’elle ne s’écoule pas mais en musique, rien de si simple et mathématique. Et une certaine dose d’échec ou d’effondrement n’est pas forcément une mauvaise chose. Là rentre le facteur humain.

 

05. Quelle était votre idée à l’aune de la composition de Hail The Apocalypse ?

En fait nous discutons entre nous pour savoir où nous voulons aller en même temps que nous composons. Et donc les deux activités se nourrissent l’une de l’autre. Mais il n’y a pas de réunion organisée pour savoir ce que nous voulons faire. Dans la plupart des cas, chacun se met dans un coin de notre local de répétition et joue avec une guitare par exemple et puis l’un commence et les autres continuent… Nous nous volons des idées entre nous, en réponse aux riffs ou aux rythmiques proposées, nous brodons jusqu’à trouver la bonne voie.

Nous partageons tous un PC portable et donc nous écoutons en permanence ce que les autres ont proposé. Je peux alors répondre émotionnellement à tel ou tel mélodie et l’inspiration vient. Un autre du groupe réagi alors à son tour à mes idées etc… Nous aimons travailler un peu éloignés de tout pour discuter et échanger et vraiment fournir un effort collectif. C’est vraiment la clé, l’exploration des uns et des autres. 

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06. Vous avez enregistré ce disque aux Karma Sound Studios, Bang Saray, en Thaïlande. C’est assez inhabituel pour un groupe suédois. Pourquoi ce choix ?

Nous sommes un groupe très discipliné et nous aimons travailler sous pression. Donc même si nous avions des conditions météo très favorables à l’extérieur avec une belle température et un beau soleil nous sommes restés consciencieusement à travailler en studio. Pour Black Waltz, nous avions enregistré à la maison en Suède. Et nous voulions absolument du changement pour le nouvel album, pour ne pas nous répéter et changer un peu notre routine. Nous aurions pu aller dans un studio établis et célèbres mais là encore nous voulions agir différemment, changer les habitudes.

Un groupe dont je ne me souviens plus du nom à par exemple enregistrer son disque dans une pyramide en Egypte. Et nous avions trouvé cela intéressant, vraiment adopter une démarche différente pour Hail the Apocalypse. Notre producteur, Tobias Lindell, nous a alors annoncé qu’il partait pour la Thaïlande et que si nous voulions encore une fois travailler avec lui après Black Waltz, nous ferions mieux d’aller le rejoindre là-bas. Nous avons dit ok, il a trouvé un studio sur place et voilà, ce fut aussi simple que cela. Le studio était génial avec des gens adorables pour nous aider lors de l’enregistrement. Nous avons été super bien traités. C’est magnifique, isolé dans la campagne, pendant la saison des pluies. Il y avait une plage mais nous avons dû y passer maximum quinze minutes pendant tout le séjour.

Etre loin de chez soi, enregistrer en condition live t’oblige à être très concentré, te mettre dans le bon état d’esprit pour fournir le meilleur de toi-même. Tout changer autour de nous, faire les choses différemment d’une journée sur l’autre te force à être créatif et te permet d’aller encore plus loin. La routine peut être mortelle au niveau artistique. Nous nous sommes promis de ne jamais nous répéter donc nous ferons encore autre chose pour l’album suivant. 

 

07. Vous aviez tourné une vidéo pour la chanson titre de ce nouvel album. Comment cela s’est-il passé et appréciez-vous ce type d’exercice ?

Pour quoi ce style proche des vieux films de Chaplin ? C’est une expérience intéressante et en majorité gratifiante en tant qu’artiste. Le plus dur s’avère être de trouver la bonne idée, le bon concept. Et pour cette vidéo-là, nous avons vraiment ramé… Bien sûr nous avons à chaque fois beaucoup d’idée mais il faut que cela trouve une résonnance avec la chanson elle-même. Je ne sais pas pourquoi mais cette image d’un personnage qui se tient debout dans la rue avec ce panneau tourne dans ma tête depuis un petit moment en composant le disque.

L’idée de ce film noir et blanc, type film muet, vient de John. Nous avons l’habitude de travaillé avec ce réalisateur, Johan Carlén, qui fait partie de notre équipe depuis longtemps. Nous avons fait des montagnes de sessions photos avec lui, bref nous nous connaissions déjà bien. Donc le groupe s’est réuni avec lui et la personne en charge de notre maquillage et nous avons échangé des idées jusqu’à parfaire les contours du clip que tu connais. C’est vraiment une démarche presque punk-rock, « fais tout toi-même ».

L’idée vient de nous et n’a été suggéré par personne extérieur au groupe. J’apprécie ta référence à Chaplin car l’idée assez sombre de notre monde en train d’aller à sa perte, avec beaucoup de morts, reste présentée de façon presque légère, comme une farce. Et c’est la même chose pour Chaplin à son époque qui montrait sous la forme d’une comédie l’aliénation de l’homme face à la machine avec le travail à la chaine ou le fascisme rampant de son époque.

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08. Vous venez de Göteborg donc vous êtes forcément associé la scène death mélodique avec des groupes comme IN FLAMES. Souffrez-vous parfois de cette étiquette ?

Non ce n’est pas bien grave et cela ne nous affecte pas. Dison que cela fait partie du jeu et que si cela permet de faire parler de nous tant mieux. A nos débuts, avoir ces locomotives devant nous était génial, cela nous montrait que le succès était possible et le chemin semblait tracé. Cela te donne de la confiance car tu connais tous ces mecs, ils habitent à dix minutes en voiture de chez toi. Ce rôle de modèle a été un coup de pied au cul de tout le monde dans la ville pour dire, nous aussi nous pouvons y arriver et cela a certainement fait naître des talents. Ce doit être la même chose pour vous en France avec GOJIRA par exemple.

Donc au début c’était génial puis c’est devenu petit à petit un boulet car tout le monde te rattache forcément à cette scène et à ces groupes même si tu évolues différemment et propose une autre musique. Et en plus IN FLAMES a connu une de ses apogées au moment de la sortie de notre premier album. Nous le monde ne parlait que de cela et pas de nous-même en interview. Tu dis alors au mec que s’il veut vraiment parler à Anders (NDLR : Fridén, chanteur d’IN FLAMES) tu passeras un coup de fil mais que pour l’instant restons concentrer sur mon groupe ! Ce buzz est extrême à ce moment-là. Mais nous leur sommes reconnaissants car ils nous ont emmenés avec eux sur la tournée en Scandinavie en 2007. Björn Gelotte nous a fait l’honneur de jouer un solo sur la chanson « Letters From Neverend »…

Même chose lors de notre tournée avec DARK TRANQUILITY, ce fut génial. Maintenant que nous sommes plus connus, installés dans le paysage, nous avons à nouveau une énorme fierté pour notre ville d’origine. C’est un peu comme voir sa famille grandir, tout rejeter à l’adolescence pour plus reprendre contact avec ses racines.

 

09. Vous aimez jouer avec votre image et ce personnage de sombre bouffon. Quelle importance cet aspect visuel a pour vous et êtes-vous influencés par la scène shock rock avec un Alice Cooper par exemple ?

Nous aimons bien sûr ce courant shock rock et surtout nous aimons proposer un ensemble homogène, où tous les éléments d’AVATAR rentrent dans le même boite, aussi bien musicalement que visuellement. La musique fait partie d’en ensemble plus large. Donc cela impacte nos concerts, il faut que cela apparaissent de la façon à l’œil qu’à l’oreille. Des groupes comme THE HIVES proposent eux-aussi un package complet. Cette approche nous séduit et ce clown en fait partie. Ce personnage est le résultat d’un hasard heureux.

A l’origine c’était une idée pour le clip vidéo de l’époque Black Waltz mais soudainement tous les éléments se sont parfaitement assemblés comme par magie. Cela est devenu une évidence comme médium de visualisation, de personnification de notre musique. L’intérêt est avant tout artistique mais il ne faut pas contester le fait que cela aide à attirer l’attention sur nous. Comme pour GHOST, toutes les pièces du puzzle s’imbriquent parfaitement. Tout fait sens, le mystère…

 

10. La pochette est très réussie, avec de forts contrastes. Qui est l’artiste qui a œuvré ici et comment cela se passe-t-il en général avec l’artiste en charge de la pochette ?

L’album est construit autour de l’idée d’embrasser toute la noirceur, la négativité qui nous pend au-dessus de la tête en attendant l’apocalypse. Donc la pochette me montre en train de mener notre bateau dans la tempête et donc c’est une belle métaphore de ce que nous vivons sur le plan émotionnel, les explorations que nous menons à travers cet album. Black Waltz est plus axé autour du feu, celui-ci autour de l’eau. Aucune volonté consciente ici mais je m’en suis rendu compte en relisant les paroles des chansons, cette présence de l’eau. J’aime le fait que cette image possède une vibration à la fois positive, sinistre et bizarre. Et j’ai reçu une lettre d’un fan de quinze ans qui souffre de schizophrénie et qui me dit que notre musique l’aide à se sentir mieux. Il m’a envoyé un portait et il est très talentueux.

Ce message est très important pour nous et nous a beaucoup touchée. Tant mieux si notre musique peut aider positivement des gens. Cela valide d’une certaine façon notre existence. Parfois nous pouvons nous sentir inutile par rapport aux ambulanciers ou aux personnes qui s’occupent des personnes âgées ou des handicapés. Nous avons aussi à notre modeste niveau une utilité et cela fait du bien.

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Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Une chanson des BEATLES sans aucun doute.

 

2. Premier album acheté ?

Youthanasia de MEGADETH

 

3. Dernier album acheté ?

The Satanist de BEHEMOTH

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique ?

J’avais emprunté à mon frère sa copie d’HELLOWEEN, Keeper of the Seven Keys part 2

 

05. Qui est le fan de Starcraft dans le fan ? (“Queen of Blades” sur l’album Avatar)

Principalement moi. Mais ce n’est pas la seule chanson en rapport avec le jeu. Sur l’album Schlacht, il y avait déjà la chanson encore plus geek appelée « All Hail The Queen », pas sur un personnage mais sur l’unité. J’étais super excité par le jeu Starcraft 2 au moment de composer cette chanson mais j’ai dû y jouer simplement trente minutes, je n’ai pas accroché…

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs EPYSODE ?

EPYSODE est un concept avant tout. Je n’aime pas beaucoup les étiquettes mais disons que certains qualifie ce travail d’opéra métal. Pour moi le principe reste de composer de la musique et ensuite inviter des guests pour donner vie à tout cela. Donc on peut parler de super-groupe avec tous les artistes impliqués mais cela reste forcément éphémère.

 

02. Des mois après la sortie de ce deuxième album comment te sens-tu vis-à-vis de ces chansons ?

Oui toujours très heureux, tout n’est pas parfait mais à chaque fois nous essayons de faire le mieux, en tout cas au mieux. Si tu veux vraiment t’attarder, tu trouveras à redire ici ou là mais il ne s’agit pas de vivre avec des regrets. Mais ce n’est pas trop mon genre. Je veux être fier de mon travail et donc j’essaye d’être très pointilleux, attentif à tous les détails pendant la genèse du disque, après c’est trop tard. Quand j’écoute Fantasmagoria, je reste satisfait et je ne me pose pas plus de question. Juste après le studio, il est difficile de s’y remettre et d’écouter son œuvre avec détachement et recul. Pendant quelques semaines j’écoute autre chose, carrément un autre style mais après quelques temps nous y revenons toujours.

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03. De ton point de vue, quelles sont les principales évolutions musicales entre Obsessions et Fantasmagoria ?

Déjà avant de commencer à bosser sur Fantasmagoria, je ressentais une certaine pression. Certains fans étaient très heureux du premier et souhaitaient plus, encore mieux… Les standards de qualité étaient déjà fixés au plus haut et donc il ne fallait pas que je puisse faiblir et rendre une copie moyenne. Donc j’ai essayé de travailler sans avoir cela à l’esprit et au moins reproduire la même qualité. Nous avons travaillé pour améliorer le son, la production. J’ai travaillé avec une autre personne pour le mixage par exemple. Pour le mastering aussi chez Jacob Hansen qui a déjà un beau CV et un super son. J’ai surtout voulu suivre mon instinct par rapport à l’histoire. J’écris d’abord la trame scénaristique du disque avant d’attaquer la partie musicale. Ce fut mon fil rouge. Les fan de progressif risquent d’être plus satisfait avec le premier album alors que le deuxième est plus dans une veine power mélodique, de mon point de vue en tout cas. Une des grandes différences est également temporelle.

Le premier album a mis énormément de temps à voir le jour, pour trouver un deal avec une maison de disque. Les démarches ont été tortueuses, nous sommes dans une époque qui ne favorise pas la nouveauté. Quand tu arrives sans grande expérience, sans disque connu à ton actif, il faut parvenir à vaincre certaines frilosités. Et il faut un truc en plus qui va séduire et intéresser. A la base mon label, AFM Records, ne fait pas de groupe à tendances progressives et donc il a fallu bien des efforts pour les convaincre. Ils voulaient avoir l’album en main pour se décider et cela s’est fait quand ils l’ont eu. Nous avons enregistré l’album et nous leur avons envoyé avant de le mixer. Cela a pris du temps car nous n’avons pas eu de financement de leur part et donc il a fallu nous-même réunir les fonds à chaque étape pour réussir finalement à tout boucler. Le deuxième album étant déjà signé, je n’avais plus qu’à me concentrer sur sa réalisation, l’histoire et la musique.

Contractuellement, j’ai une option pour un troisième mais on verra bien. Le label voudrait le voir sortir vite mais je leur ai dit qu’il fallait que je m’accorde un peu break après ces dernières années de folie, prendre un groupe et faire un peu de scène entre temps pour voir autre chose. Il faut continuer à imposer EPYSODE dans le paysage européen avec un style particulier. Le label voudrait aller vite mais moi je ne veux pas saturer les gens et j’ai peur que le troisième ressemble trop au deuxième.

 

04. Comment s’est fait le choix des guests ?

Le processus est resté le même pour les deux albums, beaucoup au feeling. J’écris la musique et je détaille beaucoup mes personnages, je n’en prends que cinq. De là bien sûr, quand j’écris l’archétype du personnage, je me demande à chaque fois quelle voix j’entends. Je cherche, je cherche et je me fais alors une petite liste. De là je les contacte très simplement par Facebook ou par mail, ils écoutent les maquettes et c’est oui ou c’est non. Même chose pour Fantasmagoria sauf que c’est presque plus facile car le premier album existe. Donc c’est une belle carte de visite et nous avons vraiment sué, j’ai beaucoup travaillé avec Magali Luyten, pleurer des larmes de sang pour terminer le premier.

Donc cette expérience aidant, nous avons pu mieux travailler. Nous étions rôdés. Je n’ai jamais voulu inviter des noms avec l’idée de booster mon album et faire le buzz. Tout est venu de mon ressenti, des voix qui dans mon esprit devaient interpréter telle ou telle partie. J’écoute tout le monde dans me dire si son nom est « bankable ». J’écoute Tom d’EVERGREY comme les autres selon ma sensibilité. Je ne suis pas quand même idiot et si l’artiste me plait, qu’il est motivé et connu et bien tant mieux. Tant mieux si les fans d’EVERGREY sont curieux d’entendre et s’intéressent à EPYSODE. Mais donc avoir Ida de TRIOSPHERE par exemple même si elle est bien moins connue ne me pose aucun problème, l’important c’est sa voix et qu’elle puisse se fondre dans son personnage.

 

05. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Fantasmagoria ? Tous sont venus Noise Factory studio (Belgium), as-tu une fortune personnelle ?

Tu as raison cela coûte une petite fortune mais c’est un investissement personnel important. Je vis une passion et je suis donc prêt à faire certains sacrifices. Même si là pour le deuxième j’ai eu un petit peu plus d’aide du label par exemple, cela joue. Et c’est important pour moi de les avoir physiquement en studio. Pour le premier ce fut difficile pour Christophe Godin qui est constamment sur les routes, paris pour Daniel Gildenlöw de PAIN OF SALVATION. Donc nous nous étions débrouillés autrement.

Mais je m’étais alors juré pour le suivant que je pourrai travailler directement avec tous les artistes en studio. Nous pouvons alors vraiment travailler ensemble. Je voulais que le produit sonne groupe et pas concept, patchwork studio. Il m’a fallu environ un an pour composer et écrire l’histoire, pas à temps plein, je fais d’autres choses en parallèle mais cela prend beaucoup de temps quand même. Pour le studio, il a fallu compter environ cinq mois, là aussi pas tous les jours, selon les disponibilités des uns et des autres. Cela devient casse-tête pour que tout s’emboîte.

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06. Comment travailles-tu alors que tu ne sais pas en composant qui chantera ces chansons ? Tu peux vouloir l’une ou l’autre mais pas sûr qu’ils acceptent…

Oui c’est vrai mais comme je te le disais, en composant j’entends une voix et donc je me note l’artiste qui conviendrait à ce que j’entends. Mais cette liste ne contient pas d’un seul nom, pour chaque voix, j’ai un choix principal et aussi des choix secondaires. Donc en réalité, j’envoie à tous ceux qui m’intéressent et ensuite je vois et je fais un tri selon les réponses. Ils savent tous très bien qu’ils ne sont pas les seuls et donc j’ai eu plusieurs réponses positives pour certains rôles et j’ai dû faire un choix. J’en en tête un podium et donc si le premier dit oui, je ne donne pas suite aux autres. Mais tout le monde connait ces règles et ce processus dès le début.

 

07. Pour Obsessions je trouvais des ressemblances ou des influences d’un Jean-Christophe Grangé et des Rivières Pourpres, est-ce le cas ?

J’apprécie l’auteur et ses romans. Je suis un très grand fan de Stephen King donc tous les univers dans cette veine-là me plaisent. Des films comme Seven par exemple m’inspirent… Donc d’une façon ou d’une autre j’ai pu me nourrir inconsciemment du travail de Grangé.

 

08. Que peux-tu nous dire de la pochette plutôt sympa, comment travailler vous avec l’artiste ?

C’est très important pour moi mais je ne suis pas très fan des dessins. J’apprécie le beau travail, le beau coup de pinceau mais ce n’est pas mon style. J’étais par exemple en contact avec Eric Philippe qui est un artiste doué qui a fait de belles choses pour RHAPSODY par exemple mais ce n’est vraiment pas ma came. J’apprécie plutôt les photos, les scènes pures, des photomontages… Cela reste très travaillé pour créer un univers. Pour le premier album, il s’agit du travail de Nicolas Spreutels, le frère du claviériste Julien qui joue sur l’album. Nicolas est aussi graphiste de métier et il était très motivé pour travailler sur le projet. Un super boulot en représentant le tueur en série de la première histoire.

Ici, pour la pochette j’ai travaillé avec Alexandra V Bach qui fait plus dans le féérique et la fantasy d’habitude. Elle a fait des travaux pour ADAGIO ou KAMELOT par exemple. J’aimais bien son univers et donc on peut essayer. C’est comme pour la musique composée à partie de l’histoire, je m’immerge dans mon univers et je laisse mon imagination voguer. Je traine sur Deviantart et je vois si tel ou tel artiste m’inspire et colle à l’univers que je souhaite voir illustrer. Je donne beaucoup d’informations sur ce que jeux veux voir, j’ai déjà presque la pochette en tête mais ensuite l’artiste s’accapare mes instructions et les transforme. Ce n’est pas mon travail donc l’artiste peut s’exprimer dans le cadre que je lui fixe. On échange beaucoup à partir de mon descriptif de base.

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09. Le travail de Lucassen sur Ayreon est-il un modèle pour toi ?

C’est bien sûr flatteur pour moi ensuite j’ai eu l’occasion de croiser Lucassen, d’aller chez lui quand Magali a enregistré sur son album 01011001. Il est très simple, un mec fabuleux et gentil. Après on ne s’appelle pas tous les jours non plus mais nous nous apprécions. Cela reste flatteur même si au niveau musical nous sommes très différents. Par contre au niveau de l’approche et du concept, les similitudes sont effectivement nombreuses.

 

10. Quelles sont tes principales influences ?

Elles sont forcément très vastes. Je suis un grand fan de Gilmour par exemple. Pour le deuxième album, j’ai voulu une approche plus pêchue et je préfère quelques notes qui claquent qu’une avalanche qui n’en finit plus qui tombe dans la démonstration technique. Sinon j’aime beaucoup SOILWORK, IN FLAMES qui m’emportent malgré leur agressivité. J’ai beaucoup écouté DREAM THEATER dans le temps, cela a pu jouer.

 

11. Comment abordes-tu la scène à venir au PPM Fest ?

Un gros travail de répétition et de mise en place non ? C’est de la folie furieuse. Tony l’organisateur m’a un peu lancé un défi. Il m’a dit : « tu es belge donc il serait génial que tu offres au public chez nous EPYSODE sur scène ». J’y avais déjà joué avec mon premier groupe lors de la première édition. Le défi est d’avoir tout le monde avec moi sur scène et ce sera bien le cas, tous les participants du deuxième album seront présents. Notre temps de jeu est limité donc je ne peux pas faire de même avec les musiciens du premier disque mais peut-être dans le futur.

Nous aurons cinquante minutes donc une grosse partie du second album. Rien du premier car je n’ai pas les participants avec moi. C’est dommage mais bon on ne peut pas tout faire. Je me vois mal interpréter le premier si je n’ai pas les camarades de cette aventure-là auprès de moi. Réunir tout le monde est un sacré travail pour Tony, il nous faut un hôtel rien que pour nous…

 

12. Vous aviez tourné une vidéo pour la chanson « Obsessions » avec Kelly. Comment cela s’est-il passé et appréciez-vous ce type d’exercice ?

C’est beaucoup d’attente et donc le défi est de faire crédible pour offrir un produit de qualité à même d’illustrer le concept lui-même, des scènes du disque. Il faut faire attention de ne tomber dans le ridicule. Engager des comédiens ce n’est pas facile et donc il faut que les chanteurs puissent s’improviser acteurs. Pas simple du tout.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Shivers » de DIO mais j’en ai pleins d’autres aussi

 

2. Premier album acheté ?

Use Your Illusion de GUNS N’ ROSES, j’aimais bien « Don’t Cry ».

 

3. Dernier album acheté ?

Le dernier SOILWORK, le double qui me semble plus ouvert et mélodique.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait H.E.A.T. avec cet album, que peux-tu nous dire sur le groupe ?

Nous sommes un groupe de rock 'n’ roll bourré d’énergie et nous sommes originaires de Suède. Nous nous foutons royalement de ce que font les autres ou ce que l’on peut penser de nous. Nous vivons musique, nous respirons musique.

02. Si l’on revient un moment sur la période Address the Nation. Que retiens-tu de cette époque ?

Un des points clés pour nous a été enfin l’opportunité de d’assurer une tournée en Europe. Ce fut vraiment sympa, nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre mais la réponse du public a été plus que positive. Par contre, histoire de partager avec vous une anecdote amusante, nous avons peu apprécié le fait que les chiottes de notre bus soient rapidement inutilisables et donc cela n’a pas été simple tous les jours (rires) !

03. Tu as intégré le groupe avec votre précédent album. As-tu été surpris du quotidien d’un groupe de rock comme H.E.A.T. ?

Non pas vraiment de mauvaises surprises, tout s’est admirablement bien passé entre nous, nous avons pris beaucoup plaisir et nous nous sommes vraiment beaucoup amusés. Et finalement cela reste la plus important, tout va bien si les membres d’un même groupe sont amis. Finalement mon intégration a été ainsi facile.

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04. Quelle était votre idée, votre ambition en commençant à travailler sur ce nouveau disque, Tearing Down the Walls ?

Rien de bien compliqué, nous voulions écrire de nouvelles chansons tout en maintenant un très bon niveau de qualité et en continuant sur la lancée d’Address the Nation. Nos succès précédents nous donnaient de nouvelles responsabilités. Nous étions en permanence très concentrés, nous avons fait le choix d’avoir un son plus lourd, plus puissant. Nous voulions vraiment sonner de façon « heavy ». Et cet album doit beaucoup au concept sur lequel il est construit, il faut réussie à briser, à faire s’effondrer tous les murs.

Nous parlons surtout de murs au niveau mental, ceux que chacun de nous s’imposent pour rien. Beaucoup de gens te diront que tu ne peux pas faire ceci ou cela mais c’est faux. Donc nous avons beaucoup réfléchis entre nous pour créer ce concept et lui donner vie à travers ce disque. Et nous en sommes très fiers.

05. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Tearing down the Walls ?

Par rapport au précédent album, notre méthode de travail n’a pas fondamentalement changé. C’est un processus assez long, nous travaillons lentement mais cela avance progressivement. Ou alors pour résumer, nous achetons beaucoup de bière, nous nous mettons minables et ensuite nous réalisons un album (rires). Nous sommes grosso modo restés un mois environ en studio. Nous avons pu travailler plus vite que sur Address the Nation.

Nous faisons un gros travail de préparation et nous avions là la majorité des titres prêts au moment d’entrer en studio. Par contre, les paroles sont rédigées la plupart du temps directement en studio. Cela fonctionne mieux pour nous de cette façon-là. Il est beaucoup plus sympa et agréable de composer la musique que de rédiger les paroles. Donc nous nous laissons cette dernière étape à la fin.

06. L’atmosphère, la pochette, le ton sont, en général sur ce disque, beaucoup plus sombres que sur votre précédent opus. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Cette évolution n’a pas été consciente, en composant cette direction plus sombre et négative est apparue naturellement. Nous ne voulions pas d’un album fun et léger mais plutôt proposer de la matière, des sujets de réflexion à nos fans sur notre monde et les limites que nous nous imposons tous individuellement. Et les paroles ont ainsi découlées naturellement de cette musique plus négative. Ce fut vraiment un effort collectif, chacun de nous a pu apporter sa contribution à ces paroles et à ces chansons.

L’un de nous arrive avec une idée et cela inspirent les autres et nous nous renvoyons ainsi les idées jusqu’à arriver au résultat final. Ce fut très facile pour « Inferno » parfois beaucoup plus difficile comme pour la ballade. Il nous faut alors transmettre beaucoup plus d’émotions et cela prend du temps. L’important est que le gens puissent s’identifier aux chansons, rapides ou lentes.

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07. Le premier single (« A Shot Of Redemption ») choisi est très différent de du type de chanson utilisée pour le précédent opus. Le titre s’avère être plus direct, avec plus de guitares et moins de claviers. L’idée était-elle de casser votre image pour rapport à certains fans de H.E.A.T. ?

Mmmhhh, peut-être. Mais là aussi il ne s’agit pas d’une stratégie consciente et réfléchie. La chanson est venue comme cela et elle nous plaît beaucoup d’où ce choix comme premier single. Les fans nous aiment pour ce que nous sommes, tu ne peux pas ainsi tout planifier. Il reste une part de mystère. Nous sommes la vibe qui transpire de cette composition. Plaire ou déplaire aux fans, tout peut arriver mais nous ne mettons pas en œuvre de stratégie particulière.

Nous pris la décision de proposer « Shot Of Redemption » comme premier single mais elle est très forte et attrayante, le reste ce n’est que de la littérature. Nous avons fait un pari. Les premiers retours face à l’album sont bons, les gens reprennent ces mélodies lors des concerts, les fans semblent s’y retrouver et cela nous rend très heureux. Nous regardons ce que les gens disent de nous mais il faut aussi savoir prendre un peu de distance avec cela.

08. La pochette est très réussie. Qui est l’artiste qui a œuvré ici et comment cela se passe-t-il en général avec l’artiste en charge de la pochette ?

La pochette est en réalité l’œuvre d’un artiste russe du nom d’Alexis S. Vitaly. Notre batteur a eu une idée et il en a fait une première esquisse pour illustrer son propos. A partir de cela, Alexis a travaillé et nous sommes très heureux de résultat, cela rend hommage au concept développé au sein de l’album et renforce encore notre message. En composant l’album, des idées de visuels ont émergés et puis nous avons laissé cela infusé pour obtenir le résultat final.

9. Précédemment le groupe semblait se concentrer sur la Suède pour se constituer et renforcer sa base de fans. Avec ce nouveau disque, il semble que H.E.A.T. souhaite vraiment désormais s’ouvrir à l’Europe et voit plus loin. Est-ce bien là votre idée ?

Oui tu as raison, déjà avec le précédent mais surtout ce nouveau disque nous voulons aller plus loin et encore progresser, franchir un nouveau palier. Avec tous les concerts à venir nous espérons toucher plus de gens, un nouveau public. Moi-même, j’étais concentrée uniquement sur la Suède avant de rejoindre les rangs du groupe. Mais là aussi il ne faut pas voir ici sur stratégie ou un agenda caché. De nouvelles opportunités se présentent à nous et nous faisons de notre mieux pour les saisir.

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10. Vous ne semblez pas craindre d’utiliser au maximum les médias traditionnels pour faire connaître votre musique sans vous occuper du qu’en dira-t-on (Melodifestivalen en 2009, Swedish Idol en 2007 et en 2009). Ne craignez-vous pas la réaction et le rejet de certains fans ?

Franchement, on s’en tape de ce que les gens peuvent penser, surtout ceux qui seraient assez obtus pour ne pas comprendre que nous essayons de profiter de toutes les opportunités qui peuvent se présenter à nous. Si tu nous apprécies, tant mieux, sinon cela n’a pas grande importance et tu peux allez tu faire f… C’est vrai si tu y réfléchis, si un mec n’aime pas ce que nous faisons qu’il nous laisse tranquilles, ce n’est pas la peine de se plaindre, il ne nous aime de toute façon pas.

11. Pourquoi as-tu décidé de devenir chanteur ?

Ma plus grande influence et inspiration vient de Freddy Mercury (QUEEN). Avec son groupe il a su faire des merveilles en plus d’être un excellent chanteur et compositeur. Et j’ai interprété « The Show Must Go On » lors de mon passage à la télé lors de Swedish Idol.

 

Et enfin « Le Quizz De Métal Chroniques Quizz » pour terminer cette interview

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

C’est dur mais disons « Bohemian Rhapsody » de QUEEN

2. Premier album acheté ?

En fait il s’agit d’un single, « Mr Bombastic » de SHAGGY (rires), sinon un Elvis Presley pour mon côté rock.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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