Archive for the ‘ Interviews ’ Category

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait SABATON avec cet album, pourrais-tu synthétiser le groupe en trois mots et nous expliquer pourquoi ce choix ?

Joakim Brodén : Heavy Fucking Metal

En fait ces trois mots se sont imposés à moi car il s’agit des seuls mots qui selon moi nous décrivent vraiment. « Heavy » car effectivement nous jouons une musique lourde et puissante, « Fucking » car j’ai un vocabulaire vraiment déplorable et « Metal » car c’est ce que nous faisons au quotidien.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période Carolus Rex. Que retiens-tu de cette époque ?

JB: Ce fut une période remplie de turbulence et nous nous sommes rapidement rendu compte que nous pouvions continuer ainsi et rester les mêmes six mecs dans le groupe. Nous ne savions pas alors ce qui allait se passer si un des membres allait partir mais ce qui était sûr c’est que les choses n’allaient pas bien et qu’il fallait changer. Nous ne pouvions pas repartie sur les routes tous ensembles pendant 250 jours. Et ce fut très dur en particulier sur le plan émotionnel mais à posteriori, ce fut le meilleur scénario possible pour assurer la survie du groupe et une fois les choix acceptés ce fut une très belle période. Je n’ai pas eu autant de plaisir pendant les dix années précédentes. Ce fut un accélérateur pour nous d’avoir de nouveaux membres, du sang neuf, une passion nouvelle et renouvelée.

Pär Sundsröm : Pour moi le moment le plus fort de cette période est à rechercher dans le dernier concert que nous avons donné pour la tournée. J’ai pu prendre alors un peu de recul et me surprendre à constater que nous avions tous ensemble, collectivement, beaucoup de joie et que notre activité était redevenue amusante. Nous avions à nouveau trouvé le bon groupe.

 

03. Si vous l’acceptez, pouvez-vous nous dire quelques mots sur le groupe CIVIL WAR constitué d’anciens membres du groupe ?

JB : Pas de soucis pour parler de ce sujet. Finalement ils reprennent un concept assez proche du nôtre en abordant des thèmes guerriers et c’est dommage qu’ils continuent ainsi d’être et d’agir dans l’ombre de SABATON. Quand ils ont sorti un EP promo pour annoncer la création du groupe je n’ai vraiment pas aimé car les chansons ne m’ont pas plu du tout. Cela s’est arrangé à l’écoute de l’album mais un de ces titres ressemblent beaucoup à une chanson de SABATON et j’ai trouvé cette démarche étrange. Pourquoi vouloir se raccrocher à un projet, une démarche pour laquelle tu n’as plus voulu t’associer ? De l’autre côté, leur chanson titrée « Saint Patrick’s Day » ne sonne pas du tout comme du SABATON et elle est très réussie.

Donc en ayant décidé de ne pas poursuivre l’aventure avec nous, ils seraient préférables qu’ils s’éloignent aussi de nous stylistiquement parlant et poursuivent une autre voie comme celle entrevue à travers la chanson que je mentionnais précédemment. Nous restons amis, il n’y a pas de haine entre nous. Mais peut-être sans s’en rendre compte ce lien avec SABATON était important pour eux car nos publics sont sans doute assez proches et les fans de l’un peuvent apprécier les chansons de l’autre. Mais je préfère qu’ils s’éloignent de nous et qu’ils composent de manière plus libre sans vouloir nous ressembler. Leurs chansons les plus éloignées de notre style sont les meilleures. Et leur chanteur est bien meilleur (rires) !

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04. Deux mois avant la sortie de ce nouvel album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

PS : nous avons un sentiment mitigé, une fierté mais aussi la volonté de prendre un peu de recul.

JB : Etant celui qui compose également, je suis dans ce processus, dans ces chansons depuis octobre. J’ai mis beaucoup de sueur et de sang dans ce disque et pour être honnête avec toi je ne l’écoute pas en ce moment. Je pense que dans six mois j’aurai pris un certain recul et faire une évaluation plus objective des défauts et des qualités de mon travail. Pär a été très impliqué dans l’écriture des paroles par exemple mais il n’a pas écouté ces chansons chaque jour ces derniers six mois.

PS : effectivement j’ai pu prendre du recul et écouter ces chansons en création avec un esprit frais, une oreille neuve. Et je suis très excité et il me tarde de jouer ces titres sur scène, dès demain si je le pouvais. J’aime beaucoup l’écouter en ce moment.

 

05. Quelle était votre idée à l’aune de la composition de Heroes ?

PS : En fait nous n’avons pas commencé à travailler sur ce disque à la fin de la période Carolus Rex mais bien avant la sortie de Carolus Rex. Cette idée qui a donné Heroes nous trotte dans la tête depuis Coat of Arms en fait. Nous voulons depuis longtemps publier un album qui se concentrerait moins sur les grandes batailles mais qui mettraient en avant le destin d’individus.

JB : Comme le dit Pär alors que nous étions au beau milieu de la réalisation de Carolus Rex, nous savions déjà que notre disque suivant serait Heroes. Et dès à présent nous savons déjà vers quelle direction nous irons pour la suite. Mais nous ne dirons rien car si jamais nous changeons d’avis, les gens pourraient être déçus et frustrés. Nous voulons rendre les gens heureux et donc ne pas les décevoir. Donc l’avenir est déjà tracé mais nous n’en dirons pas plus.

 

06. Comment trouvez-vous les thèmes et histoires que vous allez à travers vos chansons ? Ici par exemple l’histoire du 588ème Régiment Soviétique de Bombardement de Nuit sur « Night Witches » ou sur « Smoking Snakes » l’évocation de la force expéditionnaire brésilienne… ?

JB : tous les cas sont possibles. Parfois l’idée peut venir d’un documentaire que nous avons vu à la télévision et cela nous intéresse et nous faisons alors des recherches sur le sujet. Mais également pendant les tournées, un fan peut venir nous voir et nous donner un livre sur tel ou tel sujet. C’est arrivé pour « Soldier of 3 Armies » lorsqu’un fan me tend un livre consacré à Lauri Törni. Il me semble que pour eu moins les moitié des chansons présentes sur ce disque, nous n’aurions pas eu connaissance des histoires traitées sans l’intervention de nos fans.

En ce qui concerne les sorcières de la nuit (Night Witches) nous voulions déjà écrire une chanson sur elle à l’époque en 2009 pour Coat of Arms mais nous n’avions pas alors la bonne chanson à notre disposition. Il est crucial pour nous que la musique et les paroles se marient harmonieusement et se renforcent l’une et l’autre. Nous avons beaucoup de chansons et en même temps beaucoup d’histoires à raconter que nous n’avons pas encore utilisées car les unes et les autres ne coïncident pas. Nous serons patients et nous attendrons de trouver les bons partenaires. Il est très important que l’état d’esprit de la musique soit harmonieux avec les émotions des paroles et vice versa.

PS : nous avons connu des problèmes de ce type car parfois une chanson est prête, terminée sur le plan musical mais nos histoires disponibles, nos paroles ne conviennent pas. Donc souvent pendant la phase d’enregistrement mais malheureusement assez tard dans le processus il nous faut prendre du recul, nous assoir et passer en revue toutes nos idées pour définir et trouver celle qui conviendrait à la musique.

JB : Nous vérifions tout, les mails reçus, les idées notées sur un bout de papier, tout y passe. Cela passe par un long brainstorming et tu penses à tout ce que tu as vu récemment et parfois l’illumination vient et tu repenses au documentaire que tu as vu des années auparavant et là toutes les pièces du puzzle prennent forme. Nous avons passé tant de temps, tellement de soirées à discuter pour définir ce qui convenait le mieux, quel point de vue privilégier… Quand nous connaissons le sujet et que nous avons le bon angle, en quelques heures, les paroles sont écrites. Mais il nous a fallu des dizaines d’heures pour trouver le thème adéquat.

PS : Certaines paroles sont plus faciles que d’autres à trouver. Quand nous avons trouvé le récit de la vie de Witold Pilecki pour la chanson « Inmate 4859 », nous savions que nous pourrions adapter ce récit à n’importe qu’elle musique. Nous avions tellement d’informations que nous pouvions prendre cette histoire par des angles très variés. Ce fut facile car l’histoire était géniale.

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07. Beaucoup de fans ne se rendent pas compte de tout ce travail…

JB : Oui tu as raison et il est important de souligner que cela nous demande énormément de travail et que nous n’écrivons pas nos paroles rapidement, sur un coin de table sans vraiment nous en soucier. Tout est important à nos yeux, la forme comme le fond. Pour une chanson comme « Hearts of Iron » nous parlons d’un Général allemand qui a eu un acte héroïque. Mais pour nous la difficulté est de faire passer le bon message sans que les gens puissent penser que nous avons quelques sympathies que ce soit pour les valeurs nazies. Et c’est vraiment un problème.

Nous connaissions ces événements ; notre culture sur le sujet vient de nos lectures passées. Et puis il y a ce livre, Berlin: The Downfall 1945 écrit par Antony Beevor à propos de cette bataille. Cela a pu nous aider à trouver le bon angle. Il y a aussi beaucoup de recherches sur internet puis je suis tombé sur ce livre de plus de 500 pages consacré à la bataille de Berlin. Et pendant la lecture je prends des notes, certaines citations me marquent plus que d’autres… Il faut trouver une synthèse qui puisse aussi susciter de l’émotion au sein de la chanson. J’adore cela mais les gens ne se rendent pas compte du temps que nous consacrons aux paroles de nos chansons.

 

08. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement de Heroes ? C’était comment de travailler avec Peter Tätgren aux Abyss studios ?

JB : Je risque d’en décevoir beaucoup mais nous n’avons d’histoires un peu folles à raconter lors de nos enregistrements. Les chansons sont déjà écrites, nous entrons alors en studio pour graver tout cela dans le marbre. Tout est quasiment prêt au moment où nous commençons l’enregistrement mais nous gardons cet espace de liberté. Si l’un de nous n’aime pas telle ou telle partie nous la modifions jusqu’à arriver à un résultat satisfaisant pour tous. Nous rentrons en studio avec un plan précis en tête mais il est nécessaire de pouvoir innover et sortir du schéma prévu.

Mais nous connaissons d’avance par cœur les chansons, comment vont sonner les riffs de guitares ou les harmonies vocales. La liberté restent cependant présente car le guitariste va réaliser son solo et le batteur va ajouter ici et là des éléments constitutif de son style. Mais tout est écrit d’avance même si une idée pour venir entre temps et alors nous changeons tout.

PS : Quant à la contribution de Peter Tätgren, il travaille et possède une influence sur nous surtout au niveau du son et de la production du disque. Les chansons sont déjà prêtes quand il intervient mais nous restons à son écoute et il nous donne des conseils. C’est vraiment un des meilleurs pour cela. Il va ajouter tel ou tel élément au niveau de la production qui va encore donner un impact supplémentaire, élever une chanson.

Sur Carolus Rex il a eu de bonnes suggestions comme l’utilisation de sons de claviers qui rappelait le bruit d’une mitrailleuse et renforçait les ambiances de la chanson. Nous étions partagés par sa proposition mais là il nous a demandé de lui faire confiance. Et quand il te dit cela, tu ferais mieux de l’écouté car il est extrêmement expérimenté. Et il a eu raison.

 

09. Vous avez toujours soigné vos clips vidéos. Quelle importance donnez-vous à cet aspect et appréciez-vous ce type d’exercice ? A quoi pouvons-nous nous attendre pour ce nouvel opus ?

JB : Pour être honnête avec toi, la seule vidéo que j’ai appréciée de tourner a été celle pour « The Uprising ». C’était vraiment comme regarder un film et nous n’étions finalement filmés en train de jouer que pendant un temps assez court. Et c’était vraiment sympa à faire. En général j’aime beaucoup regarder les vidéos et je n’ai rien contre cet exercice mais je préfère jouer nos chansons sur scène ou même les composer. Ce sont ces activités-là qui me font vibrer et qui entretiennent la flamme de notre passion. L’exercice de paraître cool devant une caméra en mimant des dizaines de fois la même scène ne m’intéresse pas énormément même si cela s’avère bien sûr nécessaire.

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10. Vous avez profitez pendant de nombreuses années d’un line-up très stable avant que tout soit bouleversé avant Carolus Rex et à nouveau pour ce nouvel album. Est-ce le prix à payer quand tu rencontres le succès ?

PS : Je pense que si tu prends un peu de recul les bouleversements s’expliquent non pas par le succès que nous avons récemment rencontré mais le temps nécessaire pour y parvenir. Il nous a fallu presque quinze ans pour arriver où nous sommes aujourd’hui et pour certaines personnes il faut que cela aille vite, plus vite. Moi-même je n’ai jamais été pressé, je n’ai jamais souhaité du jour au lendemain jouer dans des stades immenses.

J’aime travaillé et l’idée de progresser par petits pas, étape par étape me plait bien car nous restons en contrôle et nous ne risquons pas alors de nous perdre nous-mêmes dans un processus trop rapide. Pour d’autres il faut que tout arrive d’un jour sur l’autre. Pas seulement, nos camarades au sein de SABATON mais beaucoup de gens que nous rencontrons voudraient pouvoir brûler les étapes.

JB : Nombreux sont ceux qui se disent, cela fait deux ans et demi que je suis avec ce groupe et rien de significatif n’est arrivé. Donc je monte un nouveau groupe pour atteindre mes objectifs de gloire et de fortune. C’est dommage mais même si je ne partage pas cet état d’esprit, je peux le comprendre. Si tu as dix-huit ans tu veux devenir une rock star quel qu’en soit le prix. Mais quand tu vois l’autre côté des choses, les coulisses, que tu as une famille et que tu passes loin d’eux 250 jours dans l’année, je comprends que tu veuilles que cela aille vite pour que cela vaille le sacrifice.

Sinon ils prennent du recul et apprécient la musique pour eux. Je comprends ce choix et j’en suis même heureux. Nous pouvons de notre côté continuer pied au plancher nos projets et ils peuvent prendre du recul et retravailler sur de nouvelles bases.

 

11. Si je vous dis que vous êtes désormais l’un des plus gros groupes métal de Suède avec HAMMERFALL et IN FLAMES et l’un des plus gros groupes en Europe, quelle est votre réaction ?

JB : Nous serons alors à la fois humbles et arrogants. Et je en suis pas sûr qu’il soit vrai de dire que nous sommes un des plus gros groupes métal en Europe. Si tu regardes, tu trouveras NIGHTWISH pour n’en citer qu’un. En Suède par contre, les deux exemples que tu donnes, HAMMERFALL et IN FLAMES vendent moitié moins d’albums que nous, trois fois plus même peut-être. Carolus Rex a atteint le statut de disque de platine et cela ne s’était pas vu en Suède pour un disque rock ou métal depuis le Final Countdown d’EUROPE. Ce qui nous fait plaisir est de constater que même si beaucoup de gens, en Suède particulièrement, ne nous aiment pas, le nom de SABATON sera forcément un moment ou un autre évoqué pour parler des groupes majeurs dans notre pays en ce moment. Et c’est la preuve que nous allons dans la bonne direction.

Pour te donner une anecdote, j’ai ressentis récemment une grande fierté en lisant une chronique d’album dans un magazine. Je ne connaissais pas le groupe mais le chroniqueur écrivait que si le lecteur voulait savoir à quoi ressemblait la musique du groupe il fallait chercher leurs influences du côté de SABATON. En ce qui nous concerne il est naturel que l’on parle de notre musique en rappelant les influences de groupes comme ACCEPT ou JUDAS PRIEST, ce qui est vrai mais dans ce cas-là nous devons nous aussi des modèles et pas les grands anciens que nous adorons.

 

12. Cette fois-ci vous débuterez votre nouvelle tournée en Amérique du Nord. Pourquoi ce choix et est-ce désormais le temps pour l’Amérique du succomber à votre charme ?

PS : Bien sûr nous ne pouvons pas écumer toutes les salles partout dans le monde tout au long de l’année. En réalité il ne faut pas comprendre cette tournée américaine comme le début de la tournée pour ce nouvel album. Nous y serons avant même que l’album ne sorte dans les bacs. Nous y serons surtout pour jouer des anciennes chansons et faire parler de nous. En Europe l’actualité brûlante se cristallise autour de Heroes et nous sommes ici à Paris aujourd’hui pour cela.

JB : Mais sur le fond tu as raison, il faut que nous allions outre-Atlantique pour nous faire voir et nous faire connaître du public Nord-américain. La bonne stratégie est celle adoptée par MOTÖRHEAD qui joue encore et encore qu’ils soient gros ou petits selon les périodes et les albums. Encore et encore. Nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, quelles seront alors les tendances et les modes. Nous pouvons de notre côté nous assurer de proposer un bel album et un super concert métal.

C’est même vital pour nous car nous ne sommes pas très éduqués et nous ne pourrions pas trouver un bon travail en dehors du métal. Donc il est important de se faire connaître partout et si le marché métal en Europe se retourne et que nous ne vendons plus rien, notre salut viendra peut-être de l’Amérique.

PS : Nous prenons du plaisir, nous n’avons rien à perdre donc il nous faut jouer partout où une opportunité se présente. Tout le monde dit que la conquête de l’Amérique est un énorme défi et nous sommes joueurs, j’aime relever ce défi.

JB : Trop de gens nous ont dit laissez tomber, l’Amérique n’est pas pour vous et vous ne pourrez que vous casser les dents là-bas. Et bien qu’ils aillent se faire foutre, nous allons prouver le contraire.

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13. Que pensez-vous du personnage historique de Napoléon et pourriez-vous faire de cette épopée napoléonienne le thème de certaines de vos chansons ? Et pourquoi pas Louis XIV ou Jeanne d’Arc…

JB : Jeanne d’Arc ou Louis XIV comme d’autres grands personnages de l’histoire de France sont un peu trop éloignés de l'époque contemporaine pour nous intéresser dans notre musique. Charles de Gaulle est un excellent candidat et Napoléon est à la limite. Mais j’aime le lien avec la monarchie suédoise à travers l’un de ses maréchaux, Bernadotte et le fait qu’il soit passé du statut d’outsider, un homme originaire de Corse, presque un citoyen de second rang, à l’empereur de son pays et le quasi maître de l’Europe. Nous parlons régulièrement de de Gaulle pour l’une de nos chansons.

Mais en ce qui concerne Napoléon, si nous décidons de nous lancer dans cette histoire, cela ne peut pas être qu’une chanson, il faudrait que ce soit un album complet. Il y a tellement de choses à dire. Ce serait alors un projet aussi gros et ambitieux que Carolus Rex. Cela nous trotte dans la tête depuis des années, à voir mais rien n'est certain.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

JB : « Stargazer » del’album Rising de RAINBOW

PS : « The final Countdown » d’EUROPE est celle qui me vient à l’esprit maintenant.

JB : Non ! Je change d’avis. Je dis « Die Young » de BLACK SABBATH !

 

2. Premier album acheté ?

JB : Stay Hungry de TWISTED SISTERS

PS : Run to the Hills d’IRON MAIDEN

 

03. Dernier album acheté ?

JB : le dernier BATTLE BEAST c’est pourquoi nous en avons fait une reprise.

PS : RAUBTIER

 

04. L’album qui a allumé votre étincelle artistique ?

JB : non pas vraiment, rien n’était prévu d’avance. J’avais des rêves bien sûr mais cela s’est construit petit à petit tout au long de ces quinze dernières années. Mais bien sûr le TWISTED SISTERS que je mentionnais précédemment a changé la vie il n’y a pas un album que j’ai plus écouté que celui-là. Et je suis revenu vers le métal avec le HELLOWEEN, Keeper of the Seven Keys.

PS : Le SKID ROW, l’album éponyme. C’est ce disque que nous jouions avec mes amis quand nous avons monté un groupe. Nous buvions des bières et écoutions cet album encore et encore.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Pour quelqu’un qui découvrirait MONSTER TRUCK avec cet album, que peux-tu nous dire sur le groupe ?

Jeremy Widerman : Nous avons depuis tourné sans cesse et donner un maximum de concert. Depuis que l’album est sorti en mai dernier, nous somme sur les routes. Nous avons écumé les Etats-Unis, joué dans de nombreux festivals. Nous avons pu nous produire beaucoup dans notre pays au Canada en tant que tête d’affiche et ça c’était vraiment cool. Nous voici maintenant en Europe pour nous faire connaître, sur le continent et puis en Grande-Bretagne. Et dès la fin de ces concerts nous retournons de l’autre côté de l’Atlantique pour trois semaines avec ALTERBRIDGE et ALICE IN CHAINS. Ensuite nous repartions pour les festivals d’été et il sera alors enfin temps de nous intéresser au nouvel album.

Jon Harvey : Donc pour résumer, nous sommes un groupe de rock travailleur ! A l’origine nous voulions tout simplement prendre du plaisir et nous amuser en créant ce groupe. Et nous voulons conserver cette approche maintenant que notre carrière est lancée.

 

02. D’où est venue l’étincelle ?

JH : Nous étions chacun dans nos groupes respectifs et nous trainions ensemble. De là, nous avons voulu nous amuser et jouer tous ensemble. Et la mayonnaise a pris entre nous et c’était parti, de façon inattendu et assez naturelle. Nous nous sommes donc assis tous ensembles et avons fait ce que nous savons faire écrire la musique qui nous plaît et nous excite.

JW : l’étincelle est venue du fait que nous ne trouvions pas autour de nous la musique qui allait nous exciter, que nous voulions entendre. Donc nous l’avons fait nous-même. Tu écoutes des groupes de qualité qui possèdent des éléments que tu aimes mais avec également des choses qui te déplaisent. Tu adores quatre ou cinq minutes puis les mecs prennent une autre direction ensuite et tu es déçu. Au début c’était très égoïste pour nous sans l’idée d’aller plus loin et d’en faire une carrière. Mais l’évidence s’est imposée à nous et nous avons alors bossé très sérieusement sur notre musique.

 

03. Si l’on revient un moment sur la période de sortie de vois deux EPs. Que retiens-tu de cette époque ?

JH : Ce fut le pied, très amusant d’être capable de faire des choses concrètes et de sortir des disques. Nous sommes allées à New-York pour enregistrer le premier EP puis ensuite enchainé le deuxième EP avec des personnes de confiance que nous respectons. Le plaisir était évident et immédait et nous ressentions alors beaucoup de pression. Je retiens de cette période les bons moments que nous avons partagés, vivre l’instant sans se prendre trop la tête.

JW : J’ai le souvenir de me poser et d’écouter ce que nous venons d’enregistrer. Je me revois en studio en train de suivre la progression de l’enregistrement et être très fier de notre travail. Je réécoutais aussi nos démos pour le fun. Mon groupe était et reste encore mon groupe favori et ça c’est génial.

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04. Un an après la sortie de ce deuxième album comment vous sentez-vous vis-à-vis de ces chansons ?

JW : Je sais que quand nous avons travaillé sur ce disque et au moment de sa parution nous avions donné le meilleur de nous et c’est la quintessence de ce que nous pouvions donner de mieux à ce moment-là. Nous étions tous supers fiers et nous le sommes toujours. Maintenant avec le recul et après avoir beaucoup pratiqué ces chansons sur scène, je ne peux m’empêcher d’écouter ce qui me plait moins ou les approches différentes que nous aurions pu choisir à tel ou tel moment. Je ne souhaite pas changer une note sur ce disque mais cela nous appris beaucoup de choses et nous agirons différemment sur certains aspects pour le nouvel album. Ce n’est de toute façon pas sain de t’arrêter et de regretter ce qui est déjà fait. Le passé reste le passé. Nous n’avons pas encore notre sommet artistique et c’est tant mieux. Nous avons une vision très claire et très forte de la direction que nous voulons désormais emprunter et c’est encourageant. Je détesterais penser que nous avons déjà atteint notre plein potentiel que nous nous ne ferons jamais mieux que notre premier album.

 

05. Quelle est la chimie au sein du groupe, comment naissent les chansons ? Est-ce le résultat de jams ?

JH : En gros, l’un de nous deux arrive avec le squelette de base d’une chanson avec quelques riffs, des arrangements très succincts et à partir de là, nous travaillons tous ensemble, chacun ajoutant sa patte et sa contribution. C’est un mélange de chansons déjà bien avancées et de jams pour donner corps et épaisseur à la chanson. Nous la réécrivons alors tous ensemble.

JW : De mon point de vue, ce processus est assez génial et cela la première fois que je peux ainsi expérimenter dans un groupe auquel j’appartiens. Nous travaillons de façon très collaborative et je peux écrire et proposer un passage mais je sais que j’ai un filet de sécurité et que si je suis bloqué je peux transmettre à Jon qui va y mettre son grain de sel et avancer. Cela fonctionne dans le deux sens. Il arrive souvent avec des chansons déjà bien avancées alors que moi j’ai des tonnes de petites idées qu’il faut pouvoir assembler pour en faire quelque chose d’intéressant. C’est très amusant de travailler en tant que groupes, tous les quatre.

 

06. Comme vous le disiez précédemment, vous tournez énormément. Donc êtes-vous capables d’écrire sur la route et avez-vous déjà pleins d’idées de chansons bien avancées pour le prochain album ?

JH : Pour moi c’est assez difficile d’écrire lors des tournées. Je travaille et j’avance bien mieux quand je suis de retour à la maison. Mais les soundchecks restent quand même des moments propices pour composer en tournée. En Amérique du Nord, nous avons le luxe de pouvoir profiter d’un bus et cela me permet de m’isoler et de travailler, d’expérimenter de mon côté. C’est alors beaucoup plus facile.

JW : Mes meilleures idées arrivent à l’improviste, n’importe quand et donc j’enregistre sur mon téléphone tout ce qui me plait. J’ai actuellement une grosse bibliothèque de sons et de riffs dans mon téléphone que je réécouterai et je retravaillerai plus tard, au calme. Cette redécouverte sera amusante car biens souvient j’oublie mes idées ou les choses que j’ai enregistrées donc c’est un peu la surprise à chaque fois. Donc il faut souvent que je réapprenne à jouer tel ou tel riff.

JH : Nous tous va bien nous espérons avoir complété l’essentiel de la composition pour le nouvel album pendant l’été, l’enregistrer à l’automne pour une sortie en début d’année prochaine. Mais on verra, il faut utiliser le temps disponible avec intelligence et sagesse.

 

07. Aimez-vous travailler sous pression, dans l’urgence ?

JW : Non je déteste cela, cela ne me convient pas du tout. Cela me rend absolument dingue car j’ai besoin d’être sûr que c’est nous qui aurons la décision finale et qui déciderons quand nous estimons le travail terminé. Quand nous entrons en studio tout est presque entièrement écrit et les versions finales seront finalement assez proches des démos. Il se peut que nous laissions quelques trous ici et là à compléter en studio mais assez peu finalement. Sur des détails, une partie de chant ou sur des chœurs par encore tout à fait en place. Nous ne laissons que de petits détails à régler sur le moment.

JH : Nous voulons avoir des chansons terminées ainsi si pouvons travailler et avancer très vite une fois en studio. C’est si cher en studio que nous voulons être sûrs d’utiliser de façon intelligente notre temps là-bas et ne pas gâcher ces précieuses minutes sur des détails qui pouvaient être gérés avant. Chacun sait exactement ce qu’il doit faire. Mais moi je réfléchis beaucoup, j’intellectualise pour savoir ce que je dois faire et la meilleure façon de la faire. Parfois l’inspiration vient dans l’environnement du studio avec le super son disponible…

Photo ©2013 Andrew Lipovsky / www.AndrewLipovsky.com -- Taking Back Sunday photographed in Bethpage, NY on August 17th 2013

08. Quel retour avez-vous reçu après la sortie de Furiosity et est-ce important pour vous d’être reconnus artistiquement parlant dans votre pays à travers ce Juno ?

JW : Ce n’est pas tant la reconnaissance de nos pairs qui nous intéresse que la possibilité que cela nous donne de donner des concerts et de nous produire sur de nombreuses scènes en Amérique du Nord et en Europe. Nous avons vu une énorme différence, le jour et la nuit, sur les opportunités qui nous était proposées avant et après la réception de ce trophée des Juno. C’est assez bizarre comme sentiment car c’est une conséquence normale de notre travail qui vise à construire un public intéressé par notre musique et près à nous suivre dans nos aventures musicales. Cette reconnaissance est un bonus et cela permet à notre musique de toucher plus de gens et cela en aidera certains. J’aime penser que nos chansons peuvent aider et soutenir des gens dans leurs périodes de doutes ou de peines, les moments difficiles de la vie.

JH : L’impact positif de notre musique sur la vie des gens est une récompense bien plus importante et satisfaisante qu’un Juno. Cette récompense a fait parler de nous dans des médias grand public qui sans cela ne se seraient absolument pas intéressés à MONSTER TRUCK. Tout d’un coup nous passons pour un groupe sérieux, nous ne sommes plus regardés de haut, comme une plaisanterie par ces médias mainstream. Avec notre nom, les gens pensent que nous ne faisons pas une musique sérieuse.

JW : Et il faut bien garder à l’esprit que dans notre genre musical, il est difficile au Canada pour les médias généraliste de faire la différence entre quarante groupes différents. Nous ne sommes finalement que l’un d’eux et cette récompense te permet de t’extraite, un peu, de la masse. Il y a tellement de jeunes groupes qui veulent atteindre les sommets et sortir de l’anonymat. Le Juno leur donne une étiquette à te coller et les médias sont alors rassurés et parlent de toi. Ils sont obligés de parler de toi à travers la meilleure histoire possible. Et parfois, avec surprise, ils aiment la musique donc ils parlent de nous encore plus, cela crée une demande du public, donc des concerts, cela nous tient occupés et c’est cool. C’est agréable et nous sommes très chanceux.

 

09. Que pensez-vous de la scène rock canadienne ?

JH : Cela devient intéressant, de plus en plus intéressant je dois dire. Bien sûr de nombreux groupes se développent et jouent de la musique, mais les choses intéressantes se multiplient. Ce n’est pas nouveau, nous avons des groupes très installés comme RUSH bien sûr ou NICKELBACK mais il s’agit un peu de l’arbre qui cache la forêt. Ce dernier exemple est bien sûr assez mainstream mais ils ont su largement rayonner. La scène nationale est assez étrange, beaucoup de hipsters, beaucoup de trucs dance ou électro et tu ne trouveras pas tant de groupes que cela qui formeront une véritable scène.

JW : la scène canadienne que peut que progresser et s’élever car nous partons d’assez bas. Les stations de radios subissent de grands bouleversements, elles changent et parfois disparaissent. Le niveau s’améliore.

JH : Nous sommes chanceux d’habiter près de Toronto car tu y trouves de nombreuses salles pour jouer et faire connaître ta musique. Les villes d’Ontario sont plutôt accueillantes t donc tu peux jouer encore et encore pas très loin de chez toi. Nous adorons également aller à Montréal à Vancouver c’est cool ! C’est beaucoup plus simple à Toronto qu’à Calgary.

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10. Dans la passé vous avez proposé des pochettes très colorées pour le EPs par exemple alors que pour Furiosity vous avez privilégié une approche plus simple, plus sombre. Pourquoi ?

JH : Cela se passe très bien avec l’artiste en charge de nos pochettes car c’est le groupe et Jeremy en particulier qui s’en occupe.

JW : Nous nous sommes occupés du visuel pour Furiosity. J’ai trouvé que c’était cool comme cela. Autrefois, comme adolescent, je lisais tous les notes des livrets des albums que j’achetais. Je lisais tout pour en apprendre le plus positif. Et j’aimais l’idée que si un de nos fans faisait cela pour notre disque, il verrait que nous nous sommes impliqués sur tous les aspects de ce disque, la musique bien sûr mais aussi la pochette, la co-production… Je savais que nous pouvions le faire avec un beau résultat si nous trouvions le bon concept. Cette philosophie de DIY est importante à nos yeux.

JH : C’est le moyen d’être sûr que tout te correspond et que les choses sont faites à ta manière.

JW : Ta remarque sur la pochette plus sombre me surprend. Quand je vois cela, je vois le groupe en train d’exploser dans toutes les directions. Pour moi c’est intense cela me rappelle les films de Star Wars quand ils passent en vitesse lumière. Pour moi, il n’y a rien de sombre ici c’est très vivant et bourré d’intensité. Je vois que cela peut être interprété d’une autre manière mais il n’y a pas de message caché ici. J’aime nos pochettes précédentes mais nous voulions bien sûr nous éloignés des clichés du genre et des associations d’idées trop évidentes avec notre nom. Nous travaillons de façon très spontané et si une idée émerge au bon moment et nous plait nous y allons dans trop réfléchir.

JH : Il faut que cela marque les gens, que cela attire l’œil dans les bacs. Et nous avions la version vinyle, en grand format à l’esprit en réalisant cette pochette pour Furiosity.

 

11. Etes-vous heureux que vos chansons soient utilisés dans des jeux vidéo (NHL 2013 et Rocksmith) et êtes-vous vous-même des joueurs ?

JW : C’est sympa et amusant pour nous. Plus généralement c’est également un bon moyen d’atteindre et de toucher les gens car en jouant le jeu ils sont obligés d’écouter tes chansons.

JH : Les jeux vidéo sont devenus peut-être le média le plus vendus dans le monde c’est donc tout bon pour nous. Etant de gros fans de hockey nous nous sommes proposés à Electronic Arts pour faire partie de la bande son du jeu NHL. Pour Rocksmith ils sont venus à nous.

JW : Et nous récoltons les fruits de cela car en lisant les commentaires sur YouTube ou Facebook tu vois que les fans sont venus à nous en jouant à NHL 2013 et ont aimé ce qu’ils ont entendus. Nous apparaîtrons bientôt dans un jeu UFC bientôt je crois. Tout aide, des bandes sons de films…

 

12. Vous allez vous produire lors du Heavy Montreal festival. Excités ?

JH : C’est monstrueux et une super opportunité pour nous. Il s’agit d’un des plus gros festivals rock et métal au Canada. Nous adorons en plus nous produire au Québec et cela s’annonce comme une super fête pour tous. Les mecs sont déjà supers excités là-bas et tout le Canada s’enthousiaste pour cet événement. Depuis la première édition nous voulons y jouer et nous sommes supers chanceux. Et notre place sur l’affiche et le temps de jeu dont nous disposerons dépendront de la lumière que nous pourrons attirer sur nous les mois qui viennent. C’est comme cela que cela fonctionne. Et vois les shows de METALLICA et SLAYER sera génial.

 

13. Qu’attendez-vous de cette tournée européenne et le public est-il différent du public nord-américain ?

JW : Aujourd’hui ce sera notre premier show en France, à Paris. Et chaque public est différent. Chaque soir, chaque concert contient un part unique qui en fait une expérience spéciale. Même au Canada, l’atmosphère d’une ville à l’autre change et apporte une grande variété d’émotions pour nous. Nous avons remarqué qu’en Europe les gens sont plus excités en général pour les concerts. Nous avons tellement de nouveaux lieux à visiter et nous essayons de rester ouverts à toutes les expériences possibles.

 

14. A quelle point est-ce important pour vous que chacun des membres de MONSTER TRUCK puisse chanter ?

JH : C’est super important pour nous et cela fait partie de notre charme et de nos différences avec les autres groupes de rock. Nous pouvons ainsi proposer des harmonies complexes à plusieurs voix et cela change tout. Cela fait partie de notre concept et nous les prenons comme des instruments supplémentaires que nous pouvons utiliser.

JW : Plus largement je considère cela comme un argument artistique supplémentaire pour nous, si tu penses que dans MONSTER TRUCK les quatre membres du groupe ont une voix et s’expriment dans les chansons. Tous contribuent et chacun est une pièce importante du puzzle qui constitue le groupe. Et les gens apprécient cela, chacun possède da personnalité et apporte une valeur ajoutée. Un peu comme dans les Tortues Ninjas (rires) !

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Qui est le meilleur joueur de hockey, Wayne Gretzky or Sidney Crosby ?

JH : Gretsky

JW : je choisis Crosby. Car Gretzky jouait à une époque…

JH : où les gardiens étaient nuls, où le jeu était moins physique… blah blah blah

JW : oui mais à l’époque tu ne pouvais pas toucher les joueurs stars, ils étaient protégés. De nos jours, Gretzky n’aurait pas la place ni l’opportunité de développer aussi bien son jeu. En confrontation directe,face à face, Crosby prend sans contestation l’avantage. C’est la preuve que le jeu et la Ligue en général a changé et est devenue beaucoup plus physique qu'à l'époque.

 

02. Votre joueur de hockey favori né à Hamilton (Ontario), dans votre ville ?

JW : je n’en connais aucun !

JH : Si si, Dave Andreychuk

JW: Ouais ok Andreychuk c'est vrai

MC : Tiens, j’aurais dit Ken Dryden…

JH : Il est né à Hamilton ? non ? La honte pour nous (rires)

MC:  Et bien si ! 

JH : Je garde Andreychuk car il a joué pour les Maples Leafs !

JW : Eh bien moi je change pour Dryden. Je suis un grand fan des Habs et j’ai honte de ne pas l’avoir su.

 

03. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

JH : Beethoven la cinquième symphonie

JW : Agnes Obel « Fuel to Fire »

 

04. Premier album acheté ?

JH : PANTERA avec Cowboys from Hell

JW : Une cassette sans doute, je dirais SMASHING PUMPKINS avec Siamese Dream

 

05. Dernier album acheté ?

JH : Kingdom Come de SIR LORD BALTIMORE

JW : Aventine d’Agnes Obel

 

06. L’album qui a créé l’étincelle artistique ?

JH : PANTERA et GRAND FUNK RAILROAD

JW : NIRVANA Nevermind même si sonne vraiment cliché…

 

Tous nos remerciements à Olivier GARNIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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Le 5 avril dernier, votre serviteur a eu le plaisir de longuement s’entretenir avec Matthieu Morand que vous connaissez à travers ELVARON, SYMAKYA, LA HORDE ou encore AKROMA. Il est venu nous parler de son dernier opus, la Cène. Voici la retranscription de cette heure de discussion ouverte, passionnante et sans tabou avec un artiste sympathique et talentueux. Merci à lui de nous avoir accordé ainsi de son temps:

 

01. Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, qui est AKROMA ?

Le projet est né en 2003 et nous avons monté le groupe avec Alain Germonville qui est l’ancien chanteur de SCARVE. J'avais envie d’écrire quelque chose d’extrême et j’avais déjà le sujet des sept péchés capitaux en tête. Nous avons traité ce thème au sein du premier album. A l’époque en 2003, je jouais dans ELVARON dans une veine métal prog et je ne pouvais pas assouvir alors mes envies d’extrême. Je connaissais Alain depuis des années, il chantait dans de nombreux groupes de Nancy. Je l’ai rencontré par hasard, et, de fil en aiguille je lui ai parlé de ce projet et cela lui a plu.

Donc je me suis mis au boulot, une musique assez extrême avec quand même des touches progressives au niveau des structures et du concept, sept morceaux de sept minutes chacun. Nous avons passé trois ans sur le premier disque et à sa sortie l’accueil a été incroyable, nous avons été très surpris et heureux.

 

02. Trois ans parce que vous n’aviez le temps et les moyens de ne travailler dessus que par petites touches ?

Ce fut beaucoup de travail dans l’écriture. Pour la première fois je travaillais vraiment tout seul sur un disque. Avec ELVARON je suis le principal contributeur mais j’ai aussi de l’aide. Donc un gros boulot solitaire pour la musique et un long travail également pour les textes. Enfin la réalisation aussi nécessité beaucoup de temps avec sept guitaristes invités chacun faisant un solo. Donc il a fallu bien des efforts pour récupérer les parties de chacun, enregistrer moi-même la musique, jongler avec les emplois du temps pas forcément super compatibles. Bob venait d’être papa donc retard.

Mais finalement pour le deuxième opus autour des dix plaies d’Egypte, la réalisation a été quasiment aussi longue, aussi trois ans. C’est peut être un cycle sain et normal. Sur le nouvel album, la Cène, c’est encore pire car cela nous a pris cinq ans. Il y a plus de chansons, beaucoup plus d’orchestrations et donc un travail énorme à boucler. La composition a été très longue. Et là vraiment la réalisation a été très chronophage, récupérer tout le monde,  les parties des douze apôtres s'est révélé être un beau défi.

 

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03. Pourquoi ce choix d'un concept album et ce thème religieux de la cène ?

C’est vrai que dès le début nous ne nous sommes pas facilités la vie en choisissant déjà un thème biblique pour le premier album à travers les sept péchés capitaux. Même chose pour le dix plaies d’Egypte et puis là en réfléchissant au troisième album on s’est rendu compte que les sujets bibliques collaient bien à l’univers d’AKROMA. Finalement le choix de ces thèmes reste un prétexte pour écrire un scénario et une histoire. La Bible elle-même regorge d’histoires avec énormément de symbolique des nombres. Le côté mystique vient de la musique et des textes, pas par le côté religieux.

Il n’y a pas de démarche revendicative chez nous, c’est une histoire, un prétexte avec la Cène comme pour les deux autres. J’aime bien prendre l’image de David Fincher. Fait-il une attaque de la religion dans Seven ? Moi en tant que spectateur je ne pose pas la question. Et dans le métal pour certains groupes cela peut être un folklore. Mais pour nous ce n’est pas le cas, le raccourci ne se justifie pas pour AKROMA. Il n’y a pas de message de controverse pro ou antireligieuse.

 

04. Sans trahir de secret, as-tu déjà une idée du concept du prochain ?

Eh bien… Nous évoquons des choses mais pour l’instant nous ne voulons pas nous précipiter. Là le nouvel album sort, il est plutôt bien très bien accueilli même des médias et radios et donc nous sommes très heureux. Cela récompense notre boulot Concentrons-nous sur le présent et nous verrons ensuite. Je veux prendre le temps de profiter sans me projeter très loin, et j’ai d’autres projets sur le feu avec SYMAKYA et ELVARON.

 

05. Pourquoi le choix du chant en français ? Cela risque de limiter le potentiel du disque non ?

Oui nous avons fait un choix et en commençant nous nous sommes bien entendu posés la question de la langue. Nous ne savions pas trop où nous voulions aller mais nous ne voulions surtout pas éliminer cette option avant de la tester. Et lors de la première session d’enregistrement avec Bob, il avait ses textes dans les deux langues et on a essayé les deux. Le premier test a été en français sur « la colère », un titre du premier album, et il avait à peine chanté quatre phrases que nous nous sommes tous regardés en nous disant que nous tenions quelque chose de particulier. En français, l’expression du sentiment passait mieux, cela devenait une évidence. On s’est dit que le chant dans notre langue s’imposait à nous et nous n’avons pas réfléchi plus loin en nous demandant si cela allait nous limiter dans notre diffusion.

La meilleure preuve est qu’AKROMA est beaucoup écouté et vendu en Amérique Latine, Brésil, Chili et Argentine et je ne pense pas que les mecs se posent la question de la langue. Nous développons un univers concept et conceptuel qui ne peut être compris que si tu parles français. Comme quoi la musique se suffit aussi à elle-même, comme nous quand nous écoutons des chansons chantés en suédois, japonais ou allemand. Le choix du français a été une évidence. 

 

06. Comment rassemble t-on la crème de la scène extrême underground française sur un tel projet ?

C’est toujours difficile, même avec deux albums déjà sous le bras. Il faut arriver à crédibiliser son projet, à le vendre quelque part aux autres. Il y a sur ce disque quelques chanteurs de groupes très établis voir culte pour MISANTHROPE, pionniers du style en France. Donc j’utilise au maximum mon réseau construit petit à petit depuis des années.

 

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07. Il te faut leur faire écouter ou certains disent ok sans rien avoir écouté ?

Oui il te faut des compos sous le bras à transmettre pour qu’ils écoutent mais certains aussi acceptent d’emblée, sans avoir rien écouté. Ceux que nous connaissons, Patrick (NDLR : Germonville) de MORTUARY c’est le frère d’Alain, Frank (NDLR : Laprévotte) de LA HORDE avec lequel je travaille déjà, Laurent (NDLR : Gisonna) de DEFICIENCY c’est un groupe de mon label… Pour les douze personnes que j’ai démarchées, nous leur avons tous envoyé la musique pratiquement terminée et enregistrée pour qu’il sache à quoi cela allait ressembler.

 

08. Donc tu as composé avec un chanteur en tête avant de savoir si le mec allait accepter ?

Non j’ai composé vraiment avec un apôtre en tête et nous avions déjà planifié quel personnage intervenait à quel moment. Nous savions que nous voulions des chanteurs de métal extrême et après je me suis inspiré du texte d’Alain écrit pour chacun pour définir une ambiance et composer une musique adaptée. Le choix de la personne s’est fait par la suite et il faut convaincre. Pour S.A.S de l'Argilière nous sommes rentrés en contact avec lui grâce à Gaël Féret le batteur de MISANTHROPE qui a officié un temps avec MORTUARY. Donc le contact a pu se faire.

Mais le plus dur reste à faire, tu sais que l’artiste a reçu ta musique mais encore faut-il qu’il accepte ton projet. Il est important de dire ici qu’à aucun moment des questions financières rentrent en jeu. AKROMA est un projet collaboratif et aucun des participants n’est rémunéré. Nous avons déjà un mal de chien à sortir le disque… C’est quand même une niche bien spécifique. Ce n’est pas une histoire de gros sous. Et en plus, dans le cahier des charges il fallait que les mecs enregistrent leurs parties eux-mêmes. Donc pas de mercenaires ici.

 

09. Sans dénoncer personne, tu as tous ceux que tu voulais ?

Non bien sûr, j’ai eu plus de dix refus. J’ai contacté je pense autour de vingt-cinq chanteurs, certains de gros groupes et sur ces vingt-cinq, au final, douze ont accepté le pari. Le plus chiant ce n’est pas les mecs qui te disent non de suite, c’est ceux qui te disent oui et au bout d’un an te disent finalement qu'ils ne vont pas le faire. Et c’est arrivé bien sûr. Tu as tout planifié et c’est mort donc il te faut un plan B et un plan C au cas où. A un moment donné tu épuises aussi ton réseau et donc cela devient difficile pour atteindre de nouveaux gars…

Le seul exemple que je peux donner c’est Stéphan Forté d’ADAGIO à qui j’ai demandé car il a fait un peu de chant extrême sur ces albums comme Archangel in Black. Mais cela n’a pas pu se faire pour x raisons et ce fut vraiment dommage. J’aurai adoré l’avoir sure le disque mais au niveau timing cela ne collait pas. Mais je comprends. Mais comme je le disais ce n’est pas le plus chiant. Nous avons ramé pour nous retourner suite à l'abandon de certains, d’où le temps de réalisation.

 

10. Donc tu récupères les pistes de chant de chacun et tu assembles après le patchwork ?

Au niveau de la musique tout est enregistré par AKROMA en studio tous ensemble au même endroit. Nous sommes cinq dans le noyau dur du groupe : Thomas Das Neves le batteur, Pierre-Yves Martin : à la basse, Alain « Bob » Germonville au chant, Laura Kimpe au chant féminin et puis moi. Tout est enregistré et sauf les blancs des douze apôtres. Bob a écrit les paroles a chanté ses parties et les interventions des autres ont été toutes définies.

A ce moment-là, j’envoie le mp3 au chanteur en lui précisant que son intervention est entre 2 mn 15 sec et 5 mn 32 sec et qu’il doit chanter ça. Et pour surtout tu chantes dans ton style donc pour S.A.S de l'Argilière : « tu nous fais du MISANTHROPE ». Il faut que le mec l’interprète selon son style et sa patte. Nous lui laissons une liberté totale, il peut même changer les paroles, des mots, il fait comme il veut.

 

11. Et donc tu reçois son fichier en retour et… ?

Là, la chanson prend tout son sens ! Et Je ne pense pas que sur les interprétations des chansons telles qu’elles apparaissent sur le disque, tu puisses noter des ratés. Les mecs bossent sérieusement et puis ils vont apparaitre sur un disque. Pour certains avec une expérience établie, ils ne peuvent pas faire n’importe quoi.

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12. Donc j’ai bien compris, pas de mauvaises surprises, mais alors des bonnes, des approches que vous n’aviez pas du tout envisagées ?

Non pas vraiment car nous n’avions rien envisagé. Nous avons été soufflé par certains comme par Matthieu Jouvert de GRAZED qui interprète l’apôtre Thomas. Il a fait un truc de fou, totalement déjanté et génial dans l’esprit et l’interprétation. Mais tout était sinon calé d’avance. Et nous avons imposé les apôtres aux chanteurs sollicités sans possibilité de choix. Bien sûr on s’est posé la question pour Judas mais finalement pas de souci.

 

13. Comment trouve-t-on l'équilibre entre douceur des orchestrations et violence du chant et des riffs ? Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes….

La phase de composition se fait toujours en deux parties. D’abord ce que j’appelle l’ossature du morceau où j’écris uniquement la partie guitares. Et donc là cela sort des tripes. A partir de cette base j’écris les arrangements et les orchestrations, une démarche donc beaucoup plus réfléchies et posées. Pour cette deuxième phase, pas de tâtonnement, j’écris de manière académique à travers des partitions. Enfin j’attaque la réalisation avec Cubase, avec des séquenceurs… C’est difficile pour moi de te dire combien de temps cela a pu prendre car je ne fais pas que ça. Cela s’étale toujours sur des mois. J’ai toujours des idées, des bribes de (peut-être) futures chansons mais j’ai toujours un moyen de les enregistrer ou les écrire sur mon téléphone…. Je ne laisse rien passer et ensuite je le retravaille.

Chez moi, j'ai souvent l’oreille accroché par des éléments rythmiques. Par exemple, et je ne sais pas si je devrais le dire, dans mon ancien appartement, chaque fois que je faisais la vaisselle, l’eau s’écoulait dans l’évier pendant une demi-heure et par intermittence il y avait des bruit d’écoulement, comme  un rythme et à l’époque je construisais des chansons à partir de ça. Comme quoi l’inspiration peut venir de tout et n’importe quoi, vraiment. C’est totalement chaotique, aléatoire et pourtant tu peux construire à partir de ça. Mais le plus souvent j’ai des idées pour la guitare et je les mets en œuvre rapidement. Je pars toujours d’une ligne de guitare pour faire mes arrangements, orchestrations.

Bref, pour revenir à ta question, il n’y a pas de volonté consciente entre violence et douceur, c’est naturel et cela fait partie du style AKROMA qui ne me semble pas très commun, en tout cas en France. Ce mélange entre une musique mélodique et un chant très violent ce fait mystérieusement.

 

14. Question de béotien mais au niveau des orchestrations, tu peux toujours en rajouter, donc à quel moment tu t’arrêtes ?

Il existe quand même des traités d’orchestration qui ont été écrits notamment celui de Berlioz au XIXème siècle. Il y a des notions de timbre par exemple et moi je suis limité de toute façon par l’orchestre en lui-même. Tu ne peux pas faire jouer un nombre infini d’instruments en rajoutant bêtement des couches. Ma limite reste ce qui est jouable réellement par un orchestre symphonique relativement imposant. Je voulais pouvoir porter cela sur un spectacle si l’opportunité se présentait. Et c’est pour cela qu’il n’y a pas de parties de synthés sur le disque tout est fait par des instruments d’orchestre. C’est important pour moi au niveau du rendu, j’ai fait un travail d’orchestration et de direction virtuelle comme un chef d’orchestre avec les nuances et les coups d’archer que je voulais quand cela doit être arco ou pizzicato… Mon approche a été vraiment celle d’une écriture orchestrale.

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15. Vous avez tourné un clip pour « Simon ». Comment cela s'est passé et aimes-tu ce genre d'exercice ?

Et bien c’est la première fois dans ma carrière que je faisais filmer un clip de manière professionnelle. J’ai trouvé cela extrêmement intéressant et surtout très différent à mes attentes. Cela s’est passé de manière très fluide et nous n’avons pas eu à refaire douze mille fois les mêmes choses. Nous avons tournée dans une véritable église, à Dieue-sur-Meuse. Et ce n’a pas été très difficile de convaincre le prêtre qui s’appelle Bertrand Monnier et qui est fan du groupe depuis plus de dix ans. Donc cela aide, il savait que nous n’étions pas armés de mauvaises intentions. C’est un prêtre extrêmement actif en Meuse pour essayer de dé-diaboliser l’image du métal et il travaille avec une association localement…

Nous nous étions engagés à respecter le lieu, pas de sang, de croix en feu, de vierges… Et à nouveau le thème biblique est un prétexte, on ne prend pas parti. Avec Maxime Fournier qui a réalisé, un jeune réalisateur parisien qui a fait des merveilles et nous avons tout bouclé en une journée. C’est un exercice très amusant et nous avons activement participé à tous les aspects car le mec nous a fait un prix donc le deal était que nous mettions les mains dans le cambouis. Quand nous ne tournions pas, nous nous occupions des lumières… Pour la scène où Laura est dans la nef latérale, c’est le batteur qui fait le réflecteur pour éclairer comme il faut, ambiance bougie.

Ce fut très marrant. Et ce n’est pas exclu d’en faire d’autres selon le retour, nos moyens et le scénario que nous pourrions monter. Si j’avais le choix et un budget illimité, l’idéal serait de faire Judas et d’illustrer le dénouement de l’album. Je ne veux pas dévoiler l’intrigue… Cela voudrait dire avoir les douze chanteurs, un gros budget décor…

 

16. Gros travail sur la partie visuelle et graphique de l'album le livret. Comment as-tu bossé avec l'artiste ?

Pour cet album nous avons bossé avec Florian "Le Chromatorium" Le Guillou à la création graphique. Je suis très sensible à cet aspect et cela revêt une grande importante pour AKROMA et ceci depuis le premier album, cet aspect est indissociable de la musique et des textes à nos yeux. Pour la Cène, nous avons changé de graphiste. Ce fut le résultat d’une rencontre, une envie de changer, d’avoir un œil neuf sur notre musique. J’avais vu le travail de Florian et j’ai senti que son univers pouvait coller à notre projet, qu’il pouvait saisir l’essence de notre travail. Et il a fait des merveilles, il a super bien bossé et je le recommande à tous mes collègues.

L’histoire de cette pochette est assez rocambolesque. C’est lui qui est venu avec cette idée, il avait carte blanche. Et il a visé au centre, génial. Ce fœtus entouré de cette couronne d’épines dit tout, il n’y a rien à expliquer. Il ne pouvait pas faire mieux. Florian a aussi fait tout le livret. Au début nous voulions reprendre la célèbre peinture de Léonard de Vinci mais sont rentrés en jeu des questions de droit que nous n’avions pas prévues. C’est assez compliqué donc le travail rapide et de grande qualité de Florian, avec une vision juste, nous a séduit.

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17. Ton avis sur les ténors du genre black symphonique comme BEHEMOTH ou DIMMU BORGIR ?

Je connais très mal la carrière de BEHEMOTH, je suis plutôt amateur de DIMMU BORGIR qui reste une grosse influence pour nous. Et toute la controverse sur le fait qu’ils soient devenus accessibles et donc vendus pour certains ne cesse de me surprendre. Les mecs ont vraiment écouté ce qui passe à la radio ? Il faut relativiser et en plus on s’en tape. Je ne vais pas me faire des amis mais il ne faut pas pousser.

J’ai vu récemment à la TV une émission où les mecs se filment dans un bar entre « acteurs » du métal. Et un des mecs disait : « oui les mecs qui sont signés chez Nuclear Blast, ils font que de la m… » car ils n’ont plus la rage en étant chez un gros label. C’est complétement idiot comme idée, et DIMMU BORGIR considérés comme des vendus cela me défrise… Ils n’ont jamais fait de true black Métal et je trouve très bien qu’ils soient plus exposés et que des artistes représentent la scène quelque soit leur esthétique. Je ne veux pas rentrer dans la guerre.

 

oshy_itw_Akrom_0718. Que peux-tu nous dire de tes activités de patron de label (FANTAI’ZIC Production) ? Nécessité lié au business ? Tu commences à t'ouvrir à des groupes hors de tes projets, quelles sont tes ambitions ?

Tu as bien résumé. J’ai créé le label en 2004. Au départ, cela me permet d’abord de faire de la coproduction et de mettre le nom d’une association sur une réalisation de groupe. Et finalement quand Thundering et consorts se cassent la gueule, en 2009, c’est là que je me retrouve devant un mur. J’avais déjà sorti cinq albums sur ce label alors défunt et du jour au lendemain, en 2009, tous les disques sortent du circuit de distribution. Les albums n’étaient plus disponibles sur les plateformes type iTunes et autres, tout le stock a été revendu aux enchères… Donc ce fut très violent, le lendemain j’allais à la FNAC et je voulais acheter un album d’ELVARON et la réponse était, "ELVARON connait pas". Tout sort du réseau. Donc si je ne passe pas ce mur, non seulement je n’avance pas mais en plus j’existe plus. Donc je me suis sorti les doigts…

A ce moment-là, je ne voulais plus d’intermédiaire. J’avais assuré mes arrières avec la structure en 2004. Et donc je suis reparti à zéro pour m’assurer d’une distribution et d’une disponibilité de mes albums, uniquement eux d’abord, dans les bacs. Donc j’ai eu la chance de rencontrer un bon distributeur qui nous met les disques en rayon. Et donc rapidement, en tant que label, même si tu ne sors que tes albums, tu es sollicité. Je reçois des choses régulièrement. Il y a trois ou quatre mois de cela je reçois un super truc venant d’Ukraine, ils voulaient que je les signe. Mais avec les événements géopolitiques là-bas, je n’ai plus de nouvelles. J’ai beaucoup hésité à sortir des albums en dehors de mes projets mais j’ai finalement publié le DEFICIENCY sans prendre beaucoup de risques car l’album était déjà sorti mais sans distributeur. Je l’ai fait rentrer dans mon catalogue et il devenait donc disponible en numérique. Leur projet m’intéresse et je les ai signés pour qu’ils bénéficient eux-aussi de ce que j’avais pu avoir avec Thundering au début des années 90.

Je pense avoir fait un bon choix, je savais que les mecs allaient se défoncer pour le disque et c’est un groupe local, vers chez moi. Je vise d’abord avec FANTAI’ZIC des groupes lorrains, une mission de service public au niveau local. Je reste ouvert aux propositions, j’écoute et je réponds toujours. Je ne veux pas faire du volume, .je ne sors pas plus qu’un album tous les six mois. Jusqu’à début 2016, mon calendrier de sortie est déjà fixé. Nous devons sortir dans les mois qui viennent le nouvel album de LA HORDE puis celui d’ELVARON et puis un SYMAKYA, trois de mes albums. Et alors début 2016, DEFICIENCY peut-être s’ils souhaitent continuer à bosser avec moi. 

 

19. Des nouvelles de tes autres projets comme SYMAKYA et ELVARON ?

ELVARON l’album est écrit et en cours de réalisation. Maïa Mazaurette va nous en écrire le scénario mais aussi des textes à partir de ma musique. Pour SYMAKYA, pour l’instant rien n’est écrit mais j’ai beaucoup d’idées, tout dans la tête. Pour LA HORDE, la réalisation est pratiquement terminée, en espérant le sortir en octobre.

 

20. Que penses-tu de la scène métal hexagonale vue de Lorraine ?

Et bien je la vois surtout en Lorraine malheureusement. Je dois bien avouer malheureusement être beaucoup moins actif en tant que spectateur que je n’ai pu l’être dans le passé. Moi j’ai toujours cru et soutenue nos groupes. Je trouve notre scène française très novatrice, elle prend des risques parce que nous sommes en France, bien éloigné des courants mainstreams. Nos meilleurs groupes sont ceux qui osent et ne se fixent aucune limite. Il existe beaucoup de groupes mais le problème de notre pays se concentre surtout au niveau des infrastructures : labels, salles…

A Nancy, il existe pas mal d'endroits mais pour jouer il te faut produire ton show et cela me gonfle. L’aspect concert me fatigue. AKROMA sur scène sera envisageable dans de bonnes conditions, avoir les artistes, théâtralisé le spectacle… Comme pour les albums, nous ferons les choses si nous pouvons les faire dans de bonnes conditions sinon nous nous abstiendrons.

 

Et enfin "Le Quizz De Métal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Cygnus X-1 Book II: Hemispheres” de RUSH sur l’album Hemispheres. Elle fait vingt minutes, le summum de tout, je l’écoute depuis la naissance… J’ai grandi avec cette musique.

 

2. Premier album acheté ?

Trilogy de MALMSTEEN

 

3. Dernier album acheté ?

DREAM THEATER le dernier

 

04. L’album qui a allumé ton étincelle artistique ?

Pas un disque mais une cassette vidéo : Concert à Tokyo de MALMSTEEN en 1985. Grâce à cette vidéo j’ai eu envie de faire de la guitare. J’étais jeune et avant de voir cette vidéo, je croyais que Malmsteen c’était le chanteur (rires)

 

05. Son ou bruit que tu aimes ?

Non, rien de spécial ne me vient là à l’esprit.

 

06. Son ou bruit que tu détestes ?

Le polystyrène, je ne supporte pas.

 

Chronique de l'album ici

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