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Lycosia – Paris, 27/12/2011

Interview avec LYCOSIA (Christi Scythe – chant & guitares)

 

1. Quel est votre état d’esprit quelques semaines après la sortie de Midnight Rock Celebration ?

Christi Scythe : On a tous hâte de remonter sur scène. Les premières dates se sont bien passées. On travaille à ajouter certains titres de nos anciens albums pour les concerts. On a aussi commencé à coucher des titres pour le prochain album. Greg (batteur) approfondi les percussions. Je commence à maquetter les nouveaux titres chez Jesse (guitare) et Sly (basse). On sait tous qu’on a énormément de travail à abattre pour revenir sur le devant de la scène mais on est tous prêt à relever le défi.

 

2. Que pouvez-vous nous dire des sessions d’enregistrement ?

C.S : Midnight Rock Celebration a été enregistré au studio Rive K à Paris avec Vincent Brunello. L’album a été produit par Stéphane Lumbroso (PONY PONY RUN RUN, THE HIVES, LENNY KRAVITZ, M…). On est entré en studio en Juillet. J’avais d’abord enregistré une guitare témoin de tout l’album. On a enregistré les batteries en dix jours. Puis une semaine et demie pour toutes les voix et guitares. Sly a fait les basses en deux jours. En studio j’aime toujours les moments où on a des arrangements de dernière minute qui transforment un titre. C’est ce qui s’est produit sur « Divine Embrace » et « Burn Da Bitch ». Ces moments arrivent souvent quand on vient de terminer les prises de son, juste avant le mix.

 

3. Selon vous, quelles sont les principales évolutions entre Apokalipstik et Midnight Rock Celebration ?

C.S : L’évolution vers un son plus rock s’est tout de suite imposé dès que nous avons commencé l’enregistrement démo des titres de notre nouvel album. Sur Apocalipstik la production des titres aux accents indus fonctionnent mieux selon moi. Après coup je voudrais reproduire un titre comme « Follow Me » avec une texture sonore plus proche de Midnight Rock Celebration. Sur ce nouvel album on revient aux instruments turcs de manière plus prononcée. Sur Apocalipstik cette facette de notre style avait été mise en retrait au profit plutôt des sons électro. La voix est mieux travaillée sur Midnight Rock Celebration.

 

4. Avec Apokalipstick, vous êtes allés assez loin dans le trip glam/gothique. Avec le nouvel album on sent plus de retenue, de sobriété. Comment comprendre ce cheminement ?

C.S : Sur Apocalipstick le son était très saturé en général. Certains sons se sont retrouvés écrasés au mastering. Certaines fréquences se mélangeaient pour faire un bloc. Sur Midnight Rock Celebration le son est plus épuré, limpide. Cette production est plus « à l’anglaise ». Elle met l’accent sur la rythmique basse/batterie où se posent les voix bien présentes. Les claviers et les cordes ressortent bien. Contrairement au côté synthétique d’Apocalipstik on a utilisé plus d’instruments acoustiques : piano, xylophone, saz et violon. J’aime bien la texture des saz et des violons sur « Stareïe Kachtane » et « Steppe’s Reflexion ». On va développer de plus en plus ces orchestrations.

 

5. Pourquoi ce choix de proposer une chanson chantée en russe ?

C.S : C’est une démarche qu’on avait entamé à partir du troisième album avec la chanson « Scythia ». C’est une langue orientale qui fonctionne bien pour notre style de musique. On peut varier les ambiances en fonction de l’accent. On pourrait jouer sur le côté martial ça donnerait un effet plus RAMMSTEIN ou donner un accent plus oriental plus marqué genre caucasien. C’est ce qu’on entend sur « Sareïe Kachtane ». C’est une langue qui a plusieurs facettes : mélancolique, agressive, épique. Pour nous les européens ça donne une sensation exotique et énigmatique parfois. A travers ces sonorités je veux donner au public cette impression qu’on peut ressentir quand on est dans la grande steppe en Sibérie. C’est un pays très vaste où on peut ressentir les choses de manière différentes par rapport à ici. Musicalement et vocalement c’est une importante source d’inspiration pour tout le groupe désormais. J’espère qu’il y aura plus de titres dans cet esprit à l’avenir.

6. Dans ma chronique j’affirme que le son de LYCOSIA s’est un peu assagi avec des influences coldwave plus prononcées. Etes-vous d’accord avec ce constat ?

C.S : C’est surtout dans la manière de mixer et le fait d’avoir atténué les distorsions qu’on peut certainement ressentir plus de dynamique. Le jeu de Sly, le bassiste, et les effets chorus renforcent cette idée. C’est ce que je ressens notamment sur « When the Sun dissappears » et « A Way through the stars ». Sly et moi, on a de nombreuses influences communes dans ce domaine. On se comprend bien. On est des fans inconditionnels de CURE, JOY DIVISION, SISTERS OF MERCY. Quand je joue un riff, son jeu de basse suit naturellement. Il arrive à anticiper sur mon intention.

 

7. Une aura de mystère entretenue plane autour du groupe. Peu d’informations sont disponibles sur le groupe ou ses membres. Quel intérêt y trouvez-vous ?

C.S : Avec Midnight Rock Celebration on revient de cinq ans d’absence discographique. On s’est reconstitué progressivement. On avait un peu abandonné le circuit médiatique. On revient progressivement dans la scène actuelle. On a de plus en plus de dates. Les médias s’intéressent à nouveau à nous. J’ai préféré reprendre les rennes du groupe en prenant le temps de retrouver des bases saines et solides. Le milieu de la musique en général est malheureusement infesté de gens toxiques et fourbes. LYCOSIA en a déjà fait les frais de nombreuses fois. De plus le genre de musique qu’on développe a un pied dans plein de styles musicaux mais il est difficile à rattacher à une mode. On n’a donc jamais bénéficié d’un réel effet de mode pour se hisser. Ca aurait pu nous aider mais on a fait des choix différents et on assume même si c’est pas toujours facile.

 

8. Pouvons-nous espérer vous voir bientôt le groupe sur scène en France et en Europe et continuerez-vous à proposer un show très travaillé, aussi bien au niveau sonore que visuel ?

C.S : Actuellement on se concentre sur les dates. On sera en tournée dans le sud au mois de mars et dans le nord et la région parisienne fin mars et vril. Parallèlement on travaille sur de nouveaux titres. Sur scène on joue les titres du nouvel album et d’autres tirés de nos quatre précédents albums. On va pouvoir tester des nouveaux titres. On utilise de plus en plus les instruments traditionnels en concert. Ca donne de bonnes séquences tantôt métal puis goth tribales. On peut transporter notre public dans plusieurs univers, varier les ambiances. On essaye de donner du relief à nos shows. On sera parfois accompagnés d’actrice X pour illustrer visuellement certains titres. On s’amuse bien…

 

9. Vous avez à votre actif de nombreuses dates nationales et internationales. Quelles sont celles qui vous laissent les meilleurs souvenirs ?

C.S : On a plein de bons souvenirs, des déboires aussi… C’est marrant parce que les salles de concerts je les vois de la manière suivante. Dans une petite salle on se sent plus dans une ambiance répétition où ça fume partout et avec un contact plus proche du public. C’est la langue étrangère qui va surtout marquer une différence par rapport aux autres endroits. Dans des grosses salles ou sur des festivals on est plus en mode touriste. Enfin ça dépend des situations. A Prague on avait visité des clubs sympas et la vieille ville est agréable. Le top c’est quand on a tous fait un bon show que le public s’est bien éclaté. Après ça on peut faire la teuf et des fois part en vrille… mais bon ça s’est une autre histoire hé hé hé !!!

 

10. Comment voyez-vous la scène métal française ?

C.S : Traditionnellement on n’est pas considéré comme un grand pays du rock pourtant le vent tourne. Il y a des groupes qui arrivent à faire quelques percées. Perso, je ne suis pas fan des groupes qui chantent en français : question de goût ! Il ya tout de même des groupes qui passent bien comme BLACK BOMB A. Je trouve que la scène française est maintenant plus originale que de nombreuses scènes étrangères. Les français doivent redoubler d’efforts pour espérer sortir du lot. La scène française est donc plus inventive que d’autres contrairement aux américains qui s’appuient trop sur leurs acquis. En France on a digéré de nombreuses influences pendant des décennies. Avec la crise le soutien des médias (presse, web, radio) existe toujours mais leurs situations financières restent fragiles. On manque surtout d’appuies en France pour pouvoir mieux nous exporter. LYCOSIA existe depuis 15 ans et comme beaucoup d’autres on survie. Peut être qu’un jour notre heure viendra… Tant que j’ai des choses à exprimer je continuerai à faire de la musique. Les gros médias nous ferment les portes et nous empêchent de nous imposer mais la scène underground continue à produire des choses intéressantes. Un groupe comme GOJIRA montre qu’il ya quand même des possibilités mais c’est très rare.

 

11. Pensez-vous proposer dans l’avenir un Cd/DVD live ? Aimez-vous ce type de produit ?

C.S : C’est un de nos objectifs. On aimerait sortir un DVD live avant la sortie du sixième album. Avec LYCOSIA on pourrait présenter un aspect différent de notre musique. Souvent c’est en live que le public comprend que nous avons toujours eu une ligne directrice. Chaque album de LYCOSIA a une production différente. C’est à travers le live qu’on pourrait rassembler tous nos albums avec un son unique.

 

12. Tradition oblige, on vous laisse le mot de la fin …

C.S : Merci à Métal Chroniques pour votre soutien à LYCOSIA et à la scène métal. A bientôt sur la route ! Keep on rockin !

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

 

1. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques,…)?

CS : Waoo c’est chaud, il ya tellement de perles !!! Alors 1981 « Too Fast for Love » de MÖTLEY CRÜE pour le titre et aussi l’album!!!

Jesse Richard (guitare) : « Shine on You Crazy Diamond » de PINK FLOYD

Sly (Basse) : Il y en a tellement! Pour l’album je dirais Appetite for Destruction de GUN’S AND ROSES et le titre: « Paradise City »

Greg (Batterie): BEHEMOTH « At the Left End ov God »

 

2. Premier album acheté?

C.S : Je devais avoir 10 ou 12 ans : AC/DC Flick of the Switch

J.R : Blood Sugar Sex Magic de RED HOT CHILI PEPPERS

Sly : Kick de INXS

Greg : The Final Countdown de EUROPE

 

3. Dernier album acheté ?

C.S : Viva la Lola! de LOLA ANGST

Sly : The Great Mass de SEPTIC FLESH

J.R : N-plant de BIOSPHERE

Greg : Midnight Rock Celebration de LYCOSIA

 

4. Quel son ou bruit aimez-vous ?

C.S : Le son des nouveaux titres de LYCOSIA en répétition après avoir fait : Un, deux, trois, quatre !!! Boom !!!

J.R : Le son des feuilles dans les arbres.

Sly : Les glissés de David Gilmour sur « On the Turning Away ».

Greg : La voix féminine…

 

5. Quel son ou bruit détestez-vous?

C.S : La sonnerie du réveil de mon téléphone elle est pourrie. Ca m’énerve alors je me lève pour l’éteindre. Et parfois je m’endors à nouveau.

J.R : Le son d’un avion qui passe au dessus de ma tête

Sly : Le larsen

Greg : Le son de mon réveil le matin

 

6. Si le paradis existe, qu’aimeriez-vous entendre Dieu vous dire à votre arrivée ?

C.S : Midnight Rock Celebration !!!

J.R : Bienvenue !

Sly : T’inquiètes pas…

Greg : Vous vous êtes trompé !

 

Interview avec Matthew Leone (basse & chant)

 

01. Après des mois de travail, l'album est sorti en septembre. Excité ?

Nous avons vraiment un sentiment de libération pour plusieurs raisons: d’abord nous avons réussi à accomplir ce projet un peu fou de créer une mythologie propre MADINA LAKE, un nouveau groupe, à travers ces 3 albums. Cela s’est finalement bien en place, la création de cette ville imaginaire et nous sommes arrivés naturellement à la conclusion souhaitée depuis le début du projet. Les événements imaginaires et réels se sont étrangement mélangés, avec ce que j’ai dû subir l’année dernière, par exemple. Nous avons vécues une période difficile dans le groupe. Nous avions composé quelques titres mais sans vraiment suivre un chemin clair et tracé. Nous avons été lâchés…

 

02. Tu parles de la fin de votre contrat avec Roadrunner ?

Oui nous nous retrouvions sans contrat, plus de manager, plus d’agence de booking pour les concerts plus rien, tout le monde nous a abandonné après mon agression. C’est ainsi que fonctionne le business. Par contre la société de management est revenue après car il y a avait de nouveau de l’argent à se faire avant de nous larguer à nouveau. Mais cela nous a ouvert les yeux sur la réalité, nous étions volé par notre management. Mais pour répondre à ta question, après ma convalescence, nous nous sommes remis au travail, très concentrés cette fois et nous savions où nous voulions désormais aller. Tout est devenu très clair. Nous avons tout fait par nous même, nous n’avions plus de producteur. Cela a été gratifiant pour nous. Nous avons fourni un album complet et terminé sans pression d’aucune sorte. Au moment de donner l’album à notre label, j’étais serein et comblé. Je n’attends pas d’avoir la réaction des gens ou de savoir si l’album s’est bien vendu car nous l’avons fait pour nous.

 

03. Pour revenir à l’origine du groupe, quand et comment avez-vous créer le concept de MADINA LAKE et quelles ont été vos principales sources d’influences ?

Bien sûr nous sommes de grands fans du travail de David Lynch. Nathan et moi en grandissant avons toujours été attirés par les mondes imaginaires. Hors la musique est un medium puissant car en écoutant une chanson tu peux laisser ton imagination s’envoler chez toi ou tu vas à un concert et le monde extérieur disparait. Nous voulions utiliser cette mystique, des merveilles en créant une cille imaginaire dans laquelle les gens pourraient s’immerger et échapper de la réalité. C’est aussi ujn moyen pour nous de parler de façon détourné des sujets de société qui nous touchent, de la culture américain, les valeurs contemporaines horribles, la futilité de société de consommation, les névroses créées par la recherche insatiable de l’argent, de la beauté…

 

04. De ton point de vue, quelles sont les plus importantes évolutions entre Attics to Eden et World War III ?

Notre plus gros problème concernant Attics to Eden a été notre producteur David Bendeth.C’est un « faiseur de tubes » et les guillemets sont importants. Ils veut venir en studio et composer des chansons, engager lui-même des musiciens de studio…. Et il nous a lui-même dit qu’il l’avait fait pour de grands groupes, tu ne me croirais pas, mais je ne veux jeter la pierre à personne. Bref il a voulu agir ainsi avec nous et nous ne l’avons pas accepté. Donc nous avons lutté chaque jour en studio. Nous sommes toujours très fiers du disque mais rétrospectivement nous nous rendons compte des compromis que nous avons dû accepter.

05. Vos chansons sont très entraînantes, catchy. Est-ce important pour vous de proposer des titres que l’on peut immédiatement fredonner ?

Non, cela n’a jamais été un objectif pour nous. Pour moi cela vient de diversité de nos influences et des types de musique que nous écoutions en grandissant. Nous écoutions tous PAUL SIMON ou NOTORIOUS BIG. Nous aimons les refrains forts, les mélodies qui claquent. Cela nous fait inconsciemment nous sentir bien, c’est notre motivation. Nous n’avons pas l’ambition de passer sur les radios et cela ne risque pas d’arriver…

 

06. Comment travaillez-vous sur vos pochettes d’album ? Vous transmettez le titre des chansons, les paroles aux artistes et les laissez travailler ou vous les guidez pas à pas pour obtenir exactement ce que vous voulez ? Et est-ce Adalia sur World War III ?

Oui c’est bien Adalia. Voilà comme cela se passe. Nous écrivons d’abord un synopsis. C’est un concept étalé sur 3 albums. Pour le premier j’ai rédigé l’histoire qui nous sert de cadre, la narration pour chacun des 3 chapitres. Et l’aspect visuel est déjà intimement lié à ce synopsis. Nous essayons de suivre l’environnement, les pensées du personnage dans sa quête. Nous présentions d’abord le personnage dans son image de perfection, puis avec Attics to Eden son parcours mental et psychologiques et enfin avec ce nouvel album ses vulnérabilités. J’ai donc envoyé à l’artiste tout ce travail, toutes nos idées… Et c’est le point de départ. Nous n’avons toujours atteint nos objectifs mais nous sommes assez proches et j’aime en particulier l’expression de cette femme sur la pochette, c’était important pour moi.

 

07. Que peux-tu nous dire de l’enregistrement des clips de «Hey Superstar» et «Imagineer». Y prenez-vous du plaisir ou est-ce une épreuve ?

Nous en parlions l’autre jour car nous devions commenter nos vidéos, mais avec MADINA LAKE nous n’avons jamais été satisfaits des clips vidéo qui sont sortis. Car c’est, à nouveau, forcément le fruit d’un compromis. Nous avons rédigé un synopsis qui a été envoyé au label. Ils trouvent un type qui accepte de faire une vidéo comme réalisateur. Nous sommes excités en pensant que nous allons enfin faire la vidéo que nous aimerons. Nous nous présentons au studio et le plateau ne ressemble pas du tout à ce qui était prévu, l’histoire développée n’a rien à voir avec notre concept… Donc les clips vidéo ont toujours été une source de frustration pour MADINA LAKE. Nous n’avons jamais été satisfaits.

 

08. Mais désormais dans le business musical, c’est vraiment un passage obligé ?

C’est une bonne question. Dans le business actuel, la plupart des gens pensent que les artistes ont plus de contrôle que précédemment sur leur carrière et les produits qui sortent. Mais en vérité c’est faux car cette liberté ne peut être monétisée et ne peut suffire à faire vivre les gens à part quelques exceptions. Donc pour tenir, tu dois faire des compromis et accepter les demandes des autres quoique tu en penses. Heureusement pour World War III nous avons finalisé le disque bien avant de signer un contrat donc il est vrai et représente ce que nous sommes à 100 %. Le label veut faire un clip, pouvoir le diffuser sur MTV. Nous acceptons et bien sûr nous sommes pris dans cet engrenage. Cela ne m’empêche pas de dormir mais je garde comme grande ambition de pouvoir un jour faire assez d’argent, non pas seulement pour vivre mais pour pouvoir faire les choses à notre manière sans interférences.

 

09. Quand vous avez terminé d’enregistrer World War III, n’ayant pas de contrat, avez-vous envisagé de le vendre directement aux fans via votre site internet ou de proposer aux fans de la financer ?

Oui nous y avons pensé et nous avons d’expérience dans ce domaine car avant mon accident, nous avons trouvé un accord avec une société qui s’appelle Pledge Music. Ils incorporent dans leur offre des dons pour des associations. Nous avons donc proposé un EP et choisit la lutte contre le cancer du sein pour récolter des fonds. 50 % de l’argent ainsi récolté allait directement à cette association. Cela parait être une bonne idée mais nous nous sommes vite rendus compte que c’était beaucoup trop de travail pour nous, l’impression de disque, les frais d’emballage et d’envoi et nous avons fini par perdre de l’argent. Donc nous n’avons pas persévérer pour World War III.

 

10. Qu’est-ce que cela fait de travailler avec un de ses héros, Billy Corgan des SMASHING PUMPKINS ?

Mon Dieu, c’est dur à décrire. C’est une de nos idoles, pour moi et Nathan en tout cas, depuis des années. C’est un mentor pour nous et c’est le premier groupe qui m’a fasciné et pour lequel je suivais toute l’actualité et tous les sorties. Mais nous ne le connaissions pas personnellement. Et puis les tragiques circonstances de l’année dernière nous ont donné l’opportunité de le rencontrer et de travailler avec lui. Au final, il a été génial, encore mieux que ce que je pouvais imaginer. Un artiste incroyable, un bel esprit, et nous avons appris plus pendant ces sessions que pendant les 6 années précédentes. C’était surréaliste… Je serai fier de ce moment là toute ma carrière, même si nous espérons faire de grande chose par nous-mêmes en tant que MADINA LAKE. Mais sur un plan personnel ce fut immensément gratifiant.

 

11. Est-ce que cela aide au niveau business de pouvoir proposer un titre écrit avec Billy Corgan ?

En fait, j’espérais que le label capitalise, mette un peu plus en avant cet aspect de l’album. Bien sûr cela aide, on nous interroge comme tu le fais sur cette collaboration. L’histoire est incroyable et j’aime beaucoup la chanson. Mais en même temps, il y a un fossé générationnel important et j’espérais pouvoir ainsi créer un pont entre les genres et les publics. Mais à priori, de nos jours, les plus jeunes ne savent pas qui est Billy Corgan ou les SMASHING PUMPKINS…

 

12. Pourquoi avez-vous décidé de proposer l’album en streaming sur votre site très peu de temps avant sa parution ?

C’est uniquement la décision du label… (blanc) Comme d’habitude nous aurions fait les choses très différemment si nous avions pu…

 

13. Après ton agression l’année dernière, que penses-tu du fonctionnement de la société américaine et des valeurs qu’elle diffuse ?

Je n’ai pas changé d’opinion à cause de mon accident, c’était déjà le cas auparavant. Je ne peux pas supporter la société américaine contemporaine. Je ne me suis jamais senti impliqué culturellement. Nous allons dans le mur, notre système de valeur est foncièrement défectueux. Cela crée des névroses chez les gens à la poursuite d’idéaux creux et vains. Nous essayons de nous conformer à des archétypes idiots. Tout n’est qu’illusion. Nous essayons de copier des modèles de perfection arbitraires. Ce style de vie est très dangereux. C’est la base du concept que nous développons sur ces trois albums. Et la fiction a rattrapé la réalité, nous dénoncions ce qui n’est arrivé. Je vous envie car ici vous pouvez trouver une certaine sérénité, une paix qui nous échappe aux USA.

14. Vous avez proposé l’album à travers différentes offres, chacune proposant des bonus particulier. Est-ce important pour vous d’offrir ce type d’éditions limitées et êtes-vous, vous-même, des collectionneurs ?

Oui j’aime ce genre d’éditions. Je n’ai jamais collectionné les comics, ou des figurines ou des jouets mais j’aime la mystique l’aura qui entoure un groupe. Nous parlions tout à l’heure des SMASHING PUMPKINS, à l’époque, je ne pouvais en savoir assez sur eux. Je découpais les articles de presse, j’essayais de deviner leurs motivations… Donc j’aime proposer des produits originaux qui permettent à chacun de trouver son bonheur et d’investir ce qu’il souhaite dans le groupe.

 

15. Quand vous avez commencé l’aventure MADINA LAKE, espériez-vous tourner dans le monde entier et rencontrer des fans dévoués partout ?

Nous sommes très reconnaissants et nous savons que nous avons beaucoup de chance de pouvoir ainsi compter sur nos fans. J’ai toujours douté du fait que l’Amérique puisse comprendre et adhérer à notre musique. Mais nous sommes heureux de pouvoir ainsi connecter un groupe si varié de gens, de cultures. Bien sûr ce ne sont pas des foules entières mais nous sommes fiers de cette démarche. C’est très gratifiant, nous sommes chanceux.

 

16. Comment se déroule la tournée jusqu’ici ?

La tournée se passe merveilleusement bien. C’est la première fois que je peux réellement tester ma résistance physique après ma convalescence. Jusqu’ici tout va bien. Pas trop de problèmes. Je fais attention, je prends 27 vitamines chaque jour. Si on prend la gravité du traumatisme crânien que j’ai subi, je n’ai pas à me plaindre. Il existe une échelle de 1 à 10 pour cela et j’étais au niveau 10. Je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières mais le contexte est important. Les médecins disent que pour un trauma niveau 5, il faut minimum 4 ans pour guérir. Donc pour moi, je risquais de rester dans un état végétatif si je ne me réveillais pas. Heureusement je me suis réveillé et il me faudra peut-être 8 ans pour guérir. Donc je continue à faire des exercices pour renforcer mon cerveau, des tests de mémoire… Je travaille dur pour revenir à un bon état physique et je suis capable d’assurer cette tournée. C’est génial.

 

17. Quelles sont vos attentes et espoirs pour l'avenir avec MADINA LAKE ?

C’est une bonne question. Nous nous trouvons à un moment de notre carrière ou nous avons tellement d’espoirs et d’ambition pour les années à venir. Nous sommes accros à l’idée d’achever quelquechose sans jamais y parvenir. Je peux parler pour Nathan et moi, nous avons pu atteindre certains objectifs. Ce n’est pas le succès, pas l’argent mais le sentiment du devoir accompli grâce à ce que nous avons créé. Je ne pense pas à l’avenir, j’aime ce disque, je ne peux pas être plus heureux et je veux en faire un autre, encore meilleur. Nous avons des idées mais rien de clair, pas de concept, nous n’en avons pas encore discuté entre nous. Nous avons sur la tournée le matériel pour coucher nos idées. Nous profitions au maximum de cette tournée et ensuite nous verrons.

 

Le "Quiz Metal Chroniques Quiz" pour conclure cette interview:

1. Quelle est ta chanson préférée ?

« Rocket » des SMASHING PUMPKINS.

2. Premier album acheté ?

Appetite for Destruction des GUNS N’ROSES

3. Dernier album acheté ?

AWOLNATION

4. Quel son ou bruit aimes-tu ?

Le tonnerre.

5. Quel son ou bruit détestes-tu ?

Les gens narcissiques qui parlent trop.

6. Si le Paradis existe, que voudrais-tu entendre Dieu te dire à ton arrivée ?

Mon accident a renforcé mes croyances. Nathan et moi n’avons pas été élevés dans une religion particulière, nous avons naturellement développé un sens du bien et essayons de vivre au mieux. Faire le bien, être gentil avec les gens permet de se sentir en paix, cela change aussi subtilement notre physiologie. Tout est vibration et il faut rechercher l’harmonie. J’ai vécu des expériences incroyables, indescriptibles, cela dépasse les 5 sens. J’ai fais 3 fois un arrêt cardiaque et chaque fois j’ai vécu la même expérience : une sérénité absolue, tout est sensation, pas de mots. Nous pouvons tous être excités…

 

Merci à Roger pour son aide.

Archspire Interview @ Mass Deathtruction Festival 2011

Archspire Interview @ Mass Deathtruction… par Hectic Case & Metalchroniques

www.myspace.com/archspire