Archive for the ‘ Interviews ’ Category

01. Quel est votre état d’esprit à quelques semaines de la sortie de Not The Weapon But The Hand ?

RB : Nous sommes heureux et excités. Il est normal de ressentir cela dans une certaine mesure à la sortie d’un nouvel album. C’est génial car nous voulions travailler ensemble depuis longtemps et c’est agréable de penser que cela va enfin être disponible pour tous.

SH : Oui, nous sommes très heureux du résultat, la façon dont le disque sonne. En tout cas de mon point de vue, nous avons enregistré l’album que j’espérais faire quand le projet est né et que nous avons commencé à en discuter. C’est très proche de ce que nous avions alors à l’esprit.

 

02. Revenons à l’origine du projet. Comment vous êtes-vous rencontrés et Richard quelle idée aviez-vous à l’esprit en contactant Steve ?

RB : J’aimais déjà beaucoup sa voix et ses paroles depuis bien longtemps et j’avais cette idée dans la tête. Le problème venait surtout de nos emplois du temps respectifs, nous sommes tous les deux très occupés avec nos groupes (NDLR : MARILLION & PORCUPINE TREE). Donc j’ai commencé à composer en ayant Steve à l’esprit, sans m’imposer de barrière ou de limite, en laissant mon esprit vagabonder, de façon presque inconsciente. Ces petits morceaux se sont progressivement développés, devenant alors petit à petit des compositions à part entière. J’ai alors envoyé ces ébauches, sous forme de fichiers mp3, l’une après l’autre à Steve et je l’ai laissé faire.

SH : Oui, je recevais des mp3 régulièrement, sur une période de 18 mois environ et je les écoutais dans mon quotidien, en conduisant ma voiture par exemple et je réfléchissais à ce que je pouvais en faire. J’ai finalement pu bénéficier d’un mois au calme sans autres activités en août 2011 et j’ai commencé à chanter sur ces chansons, à écrire, à ressortir des textes que j’avais rédigé précédemment pour les adapter à cette musique. La musique elle-même m’a parfois inspirée… Tout a pris corps finalement très vite une fois le processus enclenché. Et je suis très heureux du résultat. J’ai parfois essayé des choses assez radicales avec beaucoup de voix, beaucoup d’affectif mais il semble que cela fonctionne.

 

03. Comment la magie a-t-elle opérée entre vous ? Comment se sont mélangés vos univers respectifs ?

RB : Evidemment nous pensions, avant de commencer, que le mélange de nos deux univers serait bon. Nous étions confiant quant au résultat car nous aimons chacun ce que fait l’autre mais il reste toujours la peur que l’autre n’apprécie pas ce qui est proposé où que cela ne sonne pas juste. Mais heureusement nous n’avons pas eu à faire face à ce problème. Mais après réflexion le fait que j’envoie des mp3 à Steve, des fichiers définitifs à peut-être joué un rôle. Les fichiers ne pouvaient pas être édités et modifiés et cela évitait la tentation pur l’un de défaire le travail de l’autre. Et cela a marché.

SH : Je n’aurais pas voulu que cela se déroule d’une autre façon. Je ne voulais pas interférer avec ton art, je voulais travailler avec lui. J’ai fait très attention à ne pas franchir la ligne. Et si j’avais voulu modifier ton travail, j’aurais sans doute eu des difficultés à le comprendre. Ta façon de construire ta musique est tes arrangements me dépasse, honnêtement. Et j’aurais ainsi pu retirer un élément crucial sans même m’en rendre compte.

 

04. Avez-vous beaucoup discuté, échangé pendant la réalisation de cet album ?

SH : Non ce fut très naturel, mes paroles et sa musique et bam ! Tout était en place naturellement. Je chantais sur les instrumentaux, changeait la place des mots, la structure des phrases pour s’adapter à la chanson et à son rythme. L'utilisation d'une sourdine me permettait de souligner un mot en particulier sur les démos. Lors du mixage final nous avons essayé de conserver ces silences parfois très durs pour conserver l’identité de la chanson et de l’album en général.

05. J’ai fait de mon mieux mais sans succès. Que représente la pochette de l’album ?

SH : Tant mieux si vous ne reconnaissez pas de quoi il s’agit.

RB : C’est à toi de décider ce que cela représente. Cette image vient d’un photographe italien avec qui nous avons travaillé, Luigi Colasanti. C’est une de nos amis et presque un troisième membre du groupe dans un certain sens. Nous avons beaucoup de respect pour son art. Il a un grand talent pour magnifier l’objet le plus banal.

SH : en faire une photo que tu pourrais ensuite exposer dans une galerie d’art.

RB : oui, comme une peinture. Il a eu l’album presque terminé en main ainsi que le titre. Cela l’a inspiré et comme toujours il est revenu avec des propositions.

SH : Il nous a envoyé des dizaines de photos et nous avons choisi.

RB : Il travaille selon ses émotions, selon les réactions provoquées en lui par la musique.

 

06. Pensez-vous que ces projets solo bénéficient aussi, d’une façon ou d’une autre, au niveau artistique, à vos groupes respectifs MARILLION & PORCUPINE TREE ?

RB : Oui je pense que c’est positif pour nos groupes de pouvoir ainsi aller à l’extérieur et faire quelque chose de différent. Nous pouvons nous exprimer d’une autre façon. Nous pouvons ainsi revenir vers nos groupes avec un esprit frais. Et nous le faisons tous, les autres membres de nos groupes poursuivent d’autres aventures également de leur côté. Cette démarche est très saine. Cela apporte un plus à nos groupes.

SH: il serait intéressant d’étudier l’atmosphère au sein de nos groupes quand nous nous retrouvons après ces aventures personnelles pour travailler à nouveau tous ensemble, de voir l’impact que cela a pu avoir sur les sentiments et l’état d’esprit des uns et des autres. Chacun a pu vaquer à ses occupations

 

07. Même Mark Kelly !

SH: Oui même Mark Kelly qui n’avait jamais souhaité s’investir en dehors du groupe. RB : J’en parlais justement, il y a quelques semaines de cela, avec Steven (NDLR : Wilson) qui travaillait sur son projet solo. L’intérêt d’un groupe c’est le travail en commun, les équilibres qui se créent naturellement sinon cela ne sert à rien. Mais c’est une idée qu’il avait du mal à intégrer avant de d’assouvir ses besoins personnels de créativité.

 

08. Donc ces projets solos ne sont pas une nécessité pour contrebalancer la frustration générée par le processus de création collectif ?

SH : Bien évidemment, il s’agit là de la raison principale qui pousse les membres d’un groupe à créer des projets parallèles. Mais dans notre cas, je n’ai jamais considérer ce projet comme étant un album solo, simplement une opportunité rare de collaborer avec un musicien talentueux. Pas d’idée égoïste ici, juste l’envie de faire partie d’un projet que je savais être potentiellement exceptionnel.

 

09. Richard, il semble que votre destin soit de collaborer avec des artistes prénommés Steve. Comment l’expliquer vous ?

RB : Oui, bien qu’il y ait d’autres artistes dans ma vie musicale, cette coïncidence est bizarre.

SH : Nous devrions collaborer ensemble et faire un album titré « les 3 Steve ». Mais il y aurait du sang sur les murs (rires).

10. Avez-vous déjà dû faire face au syndrome de la page blanche ?

SH : Oui mais je suis très chanceux avec MARILLION car quand j’ai dû faire face à ce problème, j’ai pu prendre du temps, me reposer et retrouver progressivement l’état d’esprit adéquat sans avoir à forcer quoi que ce soit. J’ai le souvenir qu’une fois, et c’est la seule je crois, où j’ai vraiment dû me forcer pour une chanson, « I will walk on the water ». Cela fait longtemps. EMI est venu nous voir et nous ont dit qu’ils voulaient que nous enregistrions deux chansons pour un best of je crois. Nous sommes donc rentrés en studio avec Chris Kimsey et avons mis en boite « Sympathy », une reprise que nous voulions faire de toute façon et « I will walk on the water ». Il fallait vraiment écrire dans l’urgence et nous n’avons vraiment pas apprécié. Depuis ce temps nous avons essayé de ne jamais nous retrouver à nouveau dans cette situation. Je ne réponds pas bien à la pression, à ce moment-là je me ferme et c’est fini, la compétition ne m’intéresse pas.

RB : Je ne crois pas m’être retrouvé dans cette situation pour être honnête. Il est vrai que désormais nous pouvons prendre notre temps pour faire les choses et les arranger à notre manière. Mais effectivement parfois tu es en studio et tu dois fournir du matériel. Mais la plupart du temps j’improvise en studio donc cela ne change pas grand-chose. Il y a de la pression avec la présence des autres et du producteur. Chaque fois c’est une page blanche mais chaque fois j’ai pu proposer quelque chose. Je ne suis pas et ne pourrais pas être un musicien de session. Ce n’est pas ce que je suis. Pour cet album, je n’envoyais du matériel à Steve uniquement quand la page était pleine.

 

11. A l’écoute de l’album j’ai été frappé par sa dimension visuelle. L’auditeur ferme les yeux et se laisse emporter. Partagez-vous ce sentiment et cela était-il conscient de votre part ?

RB : L’auditeur doit trouver ses propres images et ses propres explications à l’écoute de ces compositions. Par exemple où cela vous-a-t-il mené ?

 

12. Vers d’étranges paysages…

RB: Exactement, d’étranges paysages. Vous avez choisi la toute première chose qui m’a inspiré pour la composition. Dans mon cas c’était l’Islande, j’imaginais ce drôle de terrain, car parfois être là-bas c’est comme être sur une autre planète avec des formes et des couleurs visibles nulle part ailleurs. C’est peu pour construire une chanson mais j’avais ce sentiment d’immensité, d’ouverture entre terre et ciel.

 

13. Quelle chanson avez-vous composé en premier ?

Il s’agit de « Red Kite » le titre d’ouverture. Ensuite de l’ai mise de côté et j’ai recommencé à composer l’esprit libre et ouvert en essayant un autre style…

SH : C’est également le premier titre pour lequel j’ai pu rassembler paroles et mélodie. Après l’avoir terminé, j’ai voulu la faire écouter à mes enfants qui ont été soufflés. Je ne savais pas à quoi m’attendre, le résultat était-il bon ? Ils ont adoré et cela m’a donné la confiance pour lui renvoyer le titre avec ma contribution. Mes enfants ont aimé, qu’en penses-tu ? Ayant pu apposer ma patte à cette première chanson, le reste du processus a été beaucoup plus simple, relax.

 

14. C’est assez étonnant car l’atmosphère général de l’album n’est pas très relax ni joyeuse. Le dernier titre (« Not the Weapon But The Hand ») donne une coloration assez sombre à l’ensemble. Votre dernière phrase est « the world is a safer place without your beautiful face».

SH: C’est en réalité la reprise d’une phrase de la chanson « Your Beautiful Face » qui parle d’une femme magnifique que j’ai connu il y a bien longtemps. Elle était très belle et elle se savait très belle et utilisait sa beauté comme une arme. Cela servait son ambition. Et l’année dernière, je suis tombé sur sa fille qui, 25 ans plus tard, est identique à sa mère mais avec une nature plus douce, moins calculatrice. C’est pour cela que je dis que ce n’est l’arme qui blesse et qui tue mais la main qui en fait usage. Sa mère a vieilli et son pouvoir a disparu avec sa beauté.

RB : Il m’a semblé intéressant d’avoir la chanson titre à la fin, comme un court énoncé justifiant le titre. Une petite touche à la fin à la place d’une composition ambitieuse et épique.

 

15. Les préventes sur vos sites sont très bonnes. Les 1000 premiers exemplaires dédicacés ont trouvé preneur. Quelles sont vos attentes ?

SH : Nous devrons signer ces albums la semaine prochaine, beaucoup de boulot en perspectives… (rires)

RB : Nous l’avons vraiment fait pour nous et nous n’avons aucune idée du potentiel commercial de l’album. Je ne sais pas. Nous voulions faire un geste pour les fans hardcore qui voulaient l’album un peu en avance. Nous espérons rentrer dans nos frais mais pour le reste, ce n’est pas une question d’argent mais espérons que le plus de gens possible auront l’opportunité d’écouter ce disque.

SH : C’est pourquoi nous avons décidé de laisser travailler l’album par un label. En ne le vendant qu’à travers nos sites web, nous aurions fait plus d’argent mais cela aurait limité sa diffusion qu’aux fans hardcore qui connaissent déjà et apprécient notre travail. Il sera dans les bacs des magasins et les gens pourront le découvrir.

16. Avez-vous le projet de jouer cet album sur scène ? Et envisagez-vous déjà une suite ?

RB : C’est trop tôt pour le dire. Nous retravaillerons forcément ensemble d’une façon ou d’une autre

SH : J’espère que cela arrivera mais pas immédiatement, laissons vivre celui-là d’abord. On verra dans quelques années.

RB : Nous aimerions pouvoir proposer cette musique sur scène mais il faudra d’abord trouver le temps et la bonne façon de le faire. Ce n’est pas si simple de jouer ces compositions live. Nous avons assez de matériel avec de disque et nos albums solo respectifs mais les chansons ont de nombreuses dimensions qu'il sera difficile de rendre sur scène. Comment rendre compte des couches d’orchestrations et des lignes de chant…

SH : Il faudrait être une trentaine sur scène et je ne crois pas que nous pourrons le financer à moins de trouver un sponsor généreux.

RB : Nous trouverons des solutions.

 

17. Quand vous avez commencé à jouer avec JAPAN ou THE EUROPEANS, espériez-vous sortir encore des albums et tourner dans le monde 30 ans plus tard ?

RB : Oui cela fait partie de nos rêves. D’abord on rêve de faire un concert puis on voit des affiches de son groupe dans la rue sur Piccadilly par exemple. Puis tu joues au Marquee et c’est fantastique. Les WHO ont joué là-bas, les STONES également. Des années plus tard tu foules les planches de l’Hammersmith Odeon et ainsi de suite… C’est incroyable.

SH : Oui et cela m’étonne encore de constater que je suis encore là à faire ce métier. Quand tu as 17 ou 22 ans et que tu montes un groupe, tu n’imagines même pas avoir 55 ans, tu penses être mort avant d’atteindre 55 ans. En tout cas c’est ce que je pensais.

RB : Ah je te croyais plus jeune que moi (rires)

SH : (rires) mais j'ai pris ce chiffre au hasard ! Quand j’ai commencé, le concept d’être dans la cinquantaine me paraissait être du domaine de l’impossible. J’aurai été terrifié de penser encore dormir dans une couchette de bus à mon âge. C’est fascinant de pouvoir encore vivre cela.

RB : Tout le sel de la vie vient de ces petits pas. Par exemple nous nous sommes produits à l’Albert Hall une très grande salle à Londres. Je n’ai jamais cru cela possible.

SH : Je suis très jaloux

RB : Ou le Radio City à New York, l’équivalent aux Etats-Unis avec une grande histoire. C’est dingue !

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques,…) ?

RB : «God Only Knows» (THE BEACH BOYS)

SH : «Imagine» (JOHN LENNON)

 

02. Premier album acheté ?

RB : le premier album de ROXY MUSIC mais je ne suis pas sûr mais c’est trop beau pour être vrai

SH : A Hard Day's Night (THE BEATLES)

 

03. Dernier album acheté ?

RB : 50 Words for Snow de KATE BUSH

SH : Greatest Hits de ROBERT PALMER

 

04. Quel son ou bruit aimez-vous ?

RB : le petit jingle avant les annonces à l’aéroport Charles de Gaulle. Je ne sais pas si cela a changé. Et je l’ai utilisé pour un titre de JAPAN en le recréant. Il s’agit du titre «The Tenant» sur Obscure Alternatives. Cela m’obsédait.

SH : la pluie sur le toit.

 

05. Quel son ou bruit détestez-vous?

RB : Un réveil, la mélodie me déprime toujours.

SH : Mon garçon de 3 ans en train de pleurer.

 

06. Si le paradis existe, qu’aimeriez-vous entendre Dieu vous dire à votre arrivée ?

RB : Je ne crois ni en Dieu ni au Paradis mais si j’avais tort il pourrait me dire « tu n’y croyais pas et pourtant tu es là »

SH : « Tout va bien, tout le monde est là, tes parents t’attendent juste à côté d’ici »

 

Merci à Roger pour son aide.

Chronique de l'album ici

Gilby Clarke au Bannerman's

(Edinburgh, Scotland), 08/02/2012

 
 
En tournée à travers l'Europe pour la première fois depuis ce qui semble être un siècle, Gilby Clarke a accepté de répondre à quelques questions de Metalchroniques.fr avant son concert dans la capitale écossaise. A l'aise dans cette petite salle qu'est le Bannerman's, il a apprécié l'accueil du staff et de ses fans et s'est installé pour une petite discussion avec nous. L'ex-guitariste de Guns'n'Roses, guitariste mercenaire et producteur a discuté avec nous de ses activités, de sa vie, de ses ex-compagnons et de ses plans futurs composés d'une seule et unique chose : sa musique. Voici ce que ce gentleman du rock'n'roll avait à nous dire :
 

Metalchroniques.fr – Bonjour Gilby, commençons tranquillement cette interview, comment s'est passée la tournée jusqu'à présent ?
Gilby Clarke – En fait ça se passe très bien ! Ouais, vraiment bien, même si ça n'a pas commencé de façon parfaite… On a débuté en Italie ou la compagnie aérienne a perdu mes bagages, et le premier concert a été annulé après qu'ils aient endurés la pire tempête de neige depuis 27 ans ! Les routes étaient fermées et on pouvait même pas aller jusqu'à la salle… Alors on a du annuler le concert. Mais après ça, ça s'est bien passé, on s'est remis en route, le public a été génial et les groupes prennent du plaisir à jouer, tout se passe bien.
 
M – Ok, super ! Tu sais que beaucoup de gens veulent t'entendre parler de Guns'n'Roses donc commençons par ça pour pouvoir passer à autre chose après.
GB – Pas de problème !
 
M – Pour commencer, même si cela peut sembler un peu cynique, qu'est-ce que tu penses du fait que la majorité des gens résument ta carrière à ces trois années passées dans GnR ?
GB – Et bien, je ne pense pas vraiment que c'est le cas, je pense que si tu demandes aux gens comme ça sans réfléchir qui est Gilby Clarke, la plupart d'entre vont te répondre “Ah ouais il était guitariste dans Guns'n'Roses”. Je ne pense pas que cela soit une mauvaise chose, je pense plutôt que c'est une bonne chose. GnR en tant qu'expérience pour moi a été géniale, c'était fantastique, c'était exactement ce que je recherchais quand je me suis lancé dans la musique et que je voulais jouer de la guitare. Je voulais un bon groupe, avec de la bonne musique et de bonnes parties de grattes, et c'est exactement ce que ce groupe était ! Tu sais, ce n'était pas de mon ressort si le groupe s'est séparé, j'aurais aimé savoir quoi faire pour aider, mais je n'y pouvais rien… Mais c'était génial et je pense que pour chacun d'entre nous, quoi qu'on fasse, on restera toujours les mecs de GnR. Tu vois, Slash a eu une carrière impressionante depuis, et pourtant il est toujours Slash de GnR. Même Axl, il a continué de tourner et de faire ses énormes shows, et il reste Axl de GnR. Que ce soit musicalement, ou en tant que membre d'un groupe, je pense qu'on restera toujours tous les gars de GnR. C'est un groupe qui est très difficile à surpasser tu sais.
 
M – Tu viens de mentionner Slash, mais de façon intéressante tu mentionnes aussi Axl. Je discutais avec Bumblefoot récemment et on parlait de cette histoire avec le nouveau GnR. Qu'est-ce que tu en penses toi ? Est-ce que tu penses que c'est toujours le même groupe que l'on pouvait voir dans les années 90 ?
GB – Et bien, “officiellement” c'est toujours GnR, tant qu'Axl chantera dans le groupe et en détiendra les droits, ce sera toujours GnR. Mais je pense qu'il ya un moment dans la vie où il faut savoir tourner la page. Tu vois, Axl l'a fait, il a monté ce nouveau groupe et il est heureux, et ça devrait être la même chose pour les fans. Dans la vie il faut faire des choix, tu dois choisir : est-ce que tu veux voir ce nouveau groupe ou pas ? C'est à toi de voir. Tu sais, personnellement je n'ai toujours pas vu ce groupe. Et je ne suis pas en train de déclarer quelque chose, mais honnêtement ça ne m'intéresse pas. Je pense qu'ils sont un excellent groupe, qu'ils ont fait un excellent album, Chinese Democracy est énorme, mais ce n'est juste pas un groupe que j'ai envie d'aller voir tu vois. Et je suis pas en train de dire qu'ils sont bons ou mauvais, c'est juste une question de goûts personnels. Donc ouais je pense que c'est GnR, honnêtement, et même si c'est plus le groupe qui a lancé le trucs, cinq mecs et Appetite for Destruction, c'est plus ce groupe, mais tu sais quoi ? Ca ne l'était pas non plus quand j'étais dedans, les choses changent…
 
M – En sachant que tu traînes toujours avec les gars, que tu joues avec Slash, etc. Qu'est-ce que tu penses de l'entrée du groupe au Rock'n'Roll Hall of Fame ? Tu voudrais y prendre part ?
GB – Et bien, ils ont publié un communiqué officiel, et ils ont décidé d'inclure les cinqs mecs originaux, évidemment, ainsi que Matt et Dizzy, mais pas moi. Et à mon avis, c'est pas normal. Si ce n'était que les cinqs mecs originaux, je serait cool avec ça, ils ont créé le groupe et l'ont lancé avec des musiques excellentes, ça me va parfaitement. Mais si ils veulent aussi inclure Matt et Dizzy, alors je devrais y être aussi. Tu sais, je devrais vraiment y être. J'étais pas sur les albums Illusions, et c'est là qu'ils ont fait la coupure. Je le sais parce que je les ai eu au téléphone, mais j'étais dans le groupe quand les albums sont sortis, et j'étais sur la tournée. Si ça ne tenait qu'à moi, j'y inclurais tout le monde ! Bumblefoot, et même le gars bizarre avec son seau ! Tout ceux qui ont participé au groupe ! Tu vois, ce groupe a une histoire particulière, et c'est génial ! C'est ce qui le rend si spécial ! Donc ouais je voudrais inclure tout le monde… M – Concernant ton boulot en tant que producteur, j'ai essayé de retenir tous les groups avec qui tu as travaillé… GB – Oh mon dieu, même moi je ne peux pas !
 
M – Tu pourrais résumer ça pour nos lecteurs ? Tu as travaillé avec tellement de groupes, comme Vains of Jenna, et…
GB – Et Alice Cooper, et les LA Guns… Tu vois avec la production… Depuis que j'ai commencé en tant que guitariste, et depuis que je suis dans la musique, j'ai toujours été bon à la production, poser les sons et arranger les titres. Depuis tout jeune je pense que j'étais dans la production… Mais j'ai eu une vraiment mauvaise expérience quand j'étais dans mes deux premiers groupes. On a signé un contrat, ils ont engagé un producteur, et je ne suis vraiment pas satisfait des trois ou quatres premiers disques que j'ai fait parce que je ne pense pas qu'ils soient si bons que ça ! 
 
Le groupe n'était pas bien représenté. Donc quand j'ai eu l'occasion de produire moi-même, j'ai toujours travaillé dur, je veux toujours représenter le groupe correctement. Je ne veux pas que tu puisses comparer trois disques que j'ai produit et que tu puisses dire que je suis derrière tout ça. Je veux qu'ils sonnent différement, comme le groupe, pas comme moi. Et je pense que surtout si le groupe est jeune, il doit sonner comme quand il était jeune, avec les erreurs et tout ça, ça doit transparaître sur l'enregistrement. Donc en tant que producteur, c'est ce que j'essaie de faire, faire en sorte que le groupe sonne bien sur l'enregistrement. C'est pour ça que je travaille avec tellement de groupes, de hard rock, de rock, mais aussi de pop ou de country, j'ai même travaillé avec une chanteuse solo… Evidemment je préfère le rock'n'roll, je préfère travailler avec un groupe. Je suis là depuis un moment maintenant, et sans pouvoir dire que je sais tout sur tout, au moins je peux partager mon expérience… Et j'apprécie vraiment ça, j'adore cette connection tu vois, quand je travaille avec un batteur, avec un guitariste, les voir heureux. On enregistre une musique et cette musique prend vie… J'aime cette interaction…
 
M – En tant que guitariste, tu as un son très établi et que n'imorte qui peut reconnaître sur un titre, très rock et bluesy, assez rauque… En tant que producteur, comment te détaches-tu de ce son si personnel ?
 
GB – Et bien, tu vois, quand tu rentres dans mon studio il y a tout mon équipement de branché, les amplis et les micros, c'est assez simple pour quelqu'un de débarquer et de dire “Je vais juste utiliser ton Marshall, je vais essayer ta guitare…” Mais je suis toujours prudent et je réponds “Non s'il te plaît, utilise ta propre guitare, je veux que tu sonnes comme toi, pas comme moi.” Donc ouais si tu écoutes mes disques il y a des gars qui jouent sur ma guitare, parce que, tu vois, j'ai du bon matos, mais je veux que les groupes sortent avec leur son, pas le mien. Parce que ce que tu me dis est un vrai compliment. En tant que guitariste, un des trucs les plus durs en tant que musicien, c'est d'avoir sa propre identité. Que quelqu'un écoute un disque et dise “ouais c'est lui qui joue”, c'est génial. Des gars comme Jimi Hendrix, Eddie Van Halen, ou Slash, tu peux entendre ces mecs, quel que soit le titre qu'ils jouent tu peux les entendre, et pour moi c'est vraiment abusivement talentueux.
 
M – En parlant de ça, Slash dit dans sa biographie qu'il était vraiment à l'aise en jouant avec toi, qu'il pouvait s'amuser… Est-ce que tu as retrouvé un jour quelqu'un avec…
GB – Avec qui je peux jouer ?
 
M – Ouais, quelqu'un avec qui tu te sentes autant à l'aise…
GB – Non, non pas vraiment ! Oh pardon ce n'est pas vrai… J'ai mon bon pote Ryan Roxie, on joue ensemble, et lui et moi on joue vraiment bien ensemble. Mais, euh, non… Parce qe tu vois les guitaristes sont difficiles. C'est dur de les faire jouer entre eux, parce que les guitaristes, pour la plupart, ils n'écoutent pas [rires] ! Ils font juste leur truc et n'écoutent pas les autres gars. Pour être honnête c'est pour ça que les Stones sont si bons, ils jouent ensemble et ils s'écoutent. Même dans GnR, je pense que je m'adaptais plus à Slash qu'il ne s'adaptait à moi. Mais c'est parce qu'il était la base du groupe. Mais j'aimais ça, j'appréciais être là pour le soutenir. Mais il faut un guitariste vraiment mature pour faire ça, quelqu'un qui sache écouter.
 
M – Je ne peux pas trouver d'autres mots pour te décrire que celui de mercenaire. Tu as joué avec tellement de groupes et de personnes, tu fais tellement de concerts différents… Avec Camp Freddy, Slash, sur VH1… Qu'est ce que tu recherches exactement quand tu acceptes toutes ces collaborations ?
GB – Waw, et bien, parfois, ou la plupart du temps, je dirais que les concerts sont un peu un job tu vois. C'est comme ça que je travaille, mais aussi en tant que musicien je recherche des connections. C'est ce qui me permet de continuer à avancer, je vais avoir cinquante ans cette année, et si je joue encore c'est parce que j'ai cette sensation quand je joue. J'apprécie encore de faire un concert, de créer ces connections. Donc c'est un boulot mais j'aime aussi jouer, j'aime ce sentiment. C'est tellement fun de jouer dans Camp Freddy, parce qu'on y joue pour s'amuser, entre potes…
 
M – Et concernant ta carrière solo, quels sont tes plans maintenant ? Tu as sortis un best of…
GB – Ouais une compilation…
 
M – Ouais mais c'était il y a des plombes maintenant, quels sont tes projets ?
GB – Et bien disons que j'ai un album à moitié prêt. Et je dis ça parce que je sors un album quand j'ai dix bons titres de prêts, dix titres avec lesquels je suis satisfait. Et je déteste l'admettre mais je n'ai pas eu dix bons titres depuis presque dix ans maintenant. Donc ouais je pourrais mettre quelques titres ensemble et sortir un disque, mais je ne pense pas que j'en serais heureux. C'est juste que j'aime mes albums, les albums que j'ai fait pour mon plaisir. J'en suis satisfait. Evidemment il y a des trucs que je pourrais changer mais j'en suis satisfait. Donc jusqu'à ce que j'ai quelque chose qui me rende heureux, quelque chose que les gens vont apprécier et, tu sais, acheter, je ne pense pas vouloir faire quelque chose. Mais j'y arrive, j'ai cinq titres de prêts et honnêtement je pense que ça prend forme.
 
M – Et quand tu fais toutes ces collaborations, je ne peux même pas les compter…
GB – Moi non plus ! [rires]
 
M – Qu'est ce que tu recherches ?
GB – Je vois pas où tu veux en venir…
 
M – Tu veux juste jouer avec des amis, bosser comme tu le disais avant, ou trouver une nouvelle inspiration ?
GB – Je pense que c'est un peu de tout ça. Mais si tu me poses la question de ce que je voudrais faire, je dirais “être dans un groupe”. J'ai toujours détesté me retrouver solo, je l'ai toujours dit. Tu sais en tant que musicien je dois être dans un groupe, composer des titres, enregistrer et être créatif. Mais il n'y a pas de groupe en ce moment, on est toujours en train de chercher autour de nous : “Est-ce qu'il y a un nouveau groupe dans le coin ? Quelqu'un qui cherche un groupe ?” Et c'est pour ça que je joue avec tous ces artistes diférents. J'ai tourné avec MC5 pour un moment, avec d'autres groupes. Mais pour être honnête on ne dirait pas qu'il va y avoir un autre groupe dans le future. Tu sais, on a commencé Rock Star Supernova avec de bonnes intentions, on voulait juste un nouveau groupe, je pensais vraiment qu'entre moi, Jason [Newsted, ex-Metallica] et Tommy [Lee, Mötley Crüe] on pourrait monter un nouveau groupe, mais ça n'a pas marché. Et quand ça nous est arrivé j'étais vraiment dégouté. Quand des choses comme ça se passent, ça te pousse à réfléchir.

 
M – En parlant de Rock Star Supernova, quelle était votre idée derrière ce projet ? Parce que sur le papier, ta guitare, la basse de Jason et la batterie de Tommy, ça sonne vraiment spécial… Que vouliez vous faire de ça ?
Et bien je pense que Tommy et moi sommes plus proches l'un de l'autre qu'on puisse le penser. Si tu nous demandes à tous les deux quels sont nos groupes préférés, Cheap Trick sera forcément dans les deux ou trois premiers. Ce qui fonctionne avec Tommy et moi c'est qu'on aime la pop, on aime ce qui se fait actuellement, donc l'aspect principal quand on a commencé Rock Star Supernova c'est qu'on ne voulait pas être un groupe de metal, on se voulait un groupe à la sonorité actuelle, tout en restant nous-mêmes. Je voulais mon son, celui de Tommy et de Jason, mais le côté le plus difficile avec ce groupe c'est qu'on avait pas le temps tu vois. Avec Tommy toujours entre les concerts avec le Crüe… Si on avait eu l'espace suffisant pour se développer comme Velvet Revolver, je suis certain que ça aurait pu fonctionner…
 
M – Une petite appartée mais qu'est ce que tu penses de la situation actuelle dans Velvet Revolver ? Je pense que Slash est vraiment difficile… GB – Vraiment ?!
 
M – Ouais, je veux dire, il ya tous les chanteurs du monde qui ont tenté de décrocher le job, ils ont même eu Corey Taylor récemment, et je ne sais pas si tu as entendu ce qu'ils ont fait ensemble mais apparement ça sonait plutôt bien, donc quel est ton avis sur le problème ?
GB – Et bien, honnêtement je ne sais pas d'où vient le problème mais de mon opinion, et ça n'engage que moi vu que je ne sais pas, je pense qu'il a juste de hauts standards. Je veux dire il peut entendre Steven Tyler, et il ne sera pas heureux tant qu'il n'aura pas ça. Parce que, tu vois, GnR était un super groupe, même avec toutes les merdes, mais Slash pouvait jouer, Axl pouvait chanter, Duff était à la basse et Matt, mais il y avait aussi ce sentiment, et tu sais en tant que musicien quand tu as ce sentiment, ou quand tu ne l'as pas… Et c'est probablement ce qu'il recherche, il attend ce sentiment. Il ne sera pas heureux tant qu'il ne pourra pas se dire “C'est le meilleur groupe dans lequel j'ai joué…”
 
M – Est-ce que tu regrettes parfois ne pas faire partie de Velvet Revolver ?
GB – Non, pas du tout, tu vois je pense que ce que Dave a fait pour ce groupe est incroyable. Il a aidé à forger un son pour ce groupe et je pense que si j'étais le guitariste ça sonnerait plus comme GnR et Dave a contribué à créer cette nouvelle identité et à donner de la texture au groupe, il faut lui laisser ça…
 
M – Evidemment je ne remet pas ça en question mais je parle plus d'un point de vue personnel.
GB – Je vois ce que tu veux dire, mais à ce moment là j'étais très heureux d'avoir Rock Star Supernova…
 
M – En parlant de ce groupe, il est facile de faire le rapprochement avec Mötley Crüe, puis Sixx A.M. et la scène actuelle. Qu'est ce que tu penses de la scène hard rock actuelle à LA ?
GB – Pour être honnête c'est nul… Je ne dis pas que Sixx A.M. sont nuls, mais la scène l'est. Quand je joue tous ces concerts, c'est toujours dans des petits clubs. Mais 90% du public est jeune, tu sais, et ils s'habillent toujours avec les mêmes fringues noirs et les bandanas qu'on avait à l'époque, ils cherchent des nouveaux groupes mais ces jours-ci les labels ne sortent plus de nouveaux groupes de hard rock. Donc les seuls qui sont encore là sont les mêmes qu'il y a vingt-cinq ans ! Il n'y a rien de neuf… Buckcherry sont là pour défendre la scène ! Sérieusement c'est le seul nouveau groupe de hard rock, et c'est tellement triste ! Mais les labels ne travaillent plus avec les groupes de hard rock de nos jours…
 
M – Pas de marché ?
GB – Je pense qu'il y a un marché, il n'y a juste pas de groupes… Tu sais la musique a été là depuis un moment maintenant et ils ont trouvé le truc. Quelques bons titres avec un mec qui sait à peu près chanter et qui est plutôt mignon et voilà t'as la formule qui marche cinq fois par ans. Les groupes sont difficiles, regarde un groupe comme GnR, c'est beaucoup de boulot et les gens doivent s'entendre… C'est beaucoup de boulot d'être dans un groupe…
 
M – Pour en revenir à toi, tu es en tournée maintenant, qu'est ce que tu attends des prochains jours ?M
GB – Et bien, comme je le disais, jusqu'à présent ça a été très bon, on s'est bien amusé et on a bien joué. J'espère juste que les fans vont continuer à venir ! Tu sais je me sens bien parce que je peux jouer mes titres. Quand je suis avec un autre groupe je ne peux pas les jouer, donc c'est… Que ça soit cent personnes ou cinq milles, ça me donne de l'énergie, ça continue de m'imbiber d'énergie créative…
 
M – Et en ce qui concerne les tournées, la production, les enregistrements, enfin tout quoi, tu vois cette année 2012 comment ?
GB – Tu sais j'ai déjà mes plans, je vais être sur la route, de retour aux Etats-Unis puis en Europe en Mai. J'ai beaucoup de dates qui arrivent, jouer en Suède, donc je ne vais pas être de retour dans les studios pour trois ou quatre mois… 
 
M – Tu vas produire quelques bons trucs ?
GB – Ouais je travaille avec un groupe qui s'appelle Hotel Diablo et ils sont géniaux. Je pense que le chanteur est extraordinaire. Ils ont pas encore tout à fait fini l'album, ils ont déjà sept ou huit titres de prêts, mais je sais qu'ils vont aller loin…
 
M – Alors après avoir parlé de ta carrière, de tes concerts, faisons un pas de plus dans le future… Tu peux me dire comment tu te vois dans dix ans, quand tu en auras soixante ?
GB – [rires] Je peux vraiment pas répondre à ça maintenant, mais si je devais être honnête je dirais que je me suis toujours vu dans un groupe pour jouer du blues, du vieux rock, tout ça…
 
 
M – On te reconnait bien là… GB – Carrément, je serais le mec le plus heureux du monde…
 
M – Et si ils te demandent de participer au Rock'n'Roll Hall of Fame, tu y vas ? GB – Oh oui carrément, si ils me contactent je serais heureux d'y aller !
 
M – Tu n'as pas été sur scène avec GnR depuis 94… GB – Non… M – Izzy y est allé… GB – Ouais… M – Duff y est allé…GB – Ouais… M – Alors qu'est-ce que tu attends ? GB – Je pense que, hum… Tu sais quoi je vais être direct : Axl ne m'a jamais appelé…
M – Ca me semble être une bonne réponse. Tu seras en Europe cet été, Axl y sera aussi… Si il lit mon article et te passe un coup de fil, tu y vas ?
GB – On ne sait jamais… Comme je l'ai dit avant je ne fais aucune déclaration mais je ne les ai jamais vus et je n'ai même jamais été dans la même ville qu'eux quand ils jouaient… Même quand ils étaient à LA je n'étais pas en ville ce jour là…
 
M – On a parlé de Rock Star Supernova, donc si tu devais former un autre groupe sans l'aide d'une émission ce coup-ci, tu appellerais qui ?
GB – Oh waw ! Je continue de penser que Tommy est un de mes batteurs préférés et il est tellement créatif, toujours en train d'essayer quelque chose de nouveau, toujours à la recherche d'un nouveau truc… Pour la basse… Bordel c'est une question difficile ! Parce que tu sais à la basse j'aime les gars comme Paul McCartney qui sont très mélodiques et tout… En tant que chanteur je pense que je prendrais Chris Cornell qui reste un des meilleurs chanteurs, sa voix est naturellement si bonne… Mais il y a tellement de gens que j'admire, et quand tu mets des musiciens ensemble c'est tellement difficile de les faire sonner correctement… Tu m'as vraiment posé une colle là… 
 
M – Une dernière question, tu peux jouer une reprise pour m'impressioner ce soir, avec le groupe prêt et tout, tu choisis quel titre ?
GB – Waw, si je devais jouer une chanson ce soir ce serait… Oh je sais ! [Gilby chantonne la mélodie] Hard Rock Bottom de UFO !
 
Ce soir là Gilby jouera effectivement un excellent concert devant une poignée de personnes dans cette fantastique petite salle. Devant une centaine de fans dévoués il débarque sur scène avec le batteur et le bassiste du groupe suédois Badmouth, sa première partie sur toute la tournée, et jouera de gros classiques, se lançant dans des reprises de GnR (It's So Easy et Knockin' On Heaven's Door), et même si il ne jouera finalement pas de UFO il impressionera quand même son public avec des versions très énergiques et personnelles de ses morceaux, incluant la fameuse reprise des Stones, Dead Flowers. Des lumières minimalistes et un son très bien géré auront contribué à un show durant tout juste plus d'une heure, laissant son public conquis et lessivé.
 
Merci à Gilby Clarke pour cette longue conversation, mais aussi à Chris Lemon pour avoir arrangé cette interview et à toute l'équipe du Bannerman's pour sa gentillesse et sa dévotion au rock'n'roll !

In Flames, Paris – 28/11/2011

Interview avec IN FLAMES (Daniel Svensson – Batterie) à l’Olympia (Paris), 28 Novembre 2011

 

01. Après des mois de travail, l'album est sorti il y a 6 mois de cela. Quel est votre sentiment le concernant ?

Nous sommes au milieu d’un cycle de tournée et tout arrive en même temps. Nous n’avons donc pas vraiment le temps de revenir sur le passé et sur l’album. Mais nous sommes très heureux du résultat, les critiques sont positives et les ventes sont bonnes. Nous étions numéro 1 en Allemagne par exemple et déjà disque d’or en Suède. Le retour a dépassé nos attentes jusqu’à présent.

 

02. Que pouvez-vous nous dire sur les sessions d'enregistrement de ce nouvel album ?

Ce fut facile pour nous. Nous possédons notre studio ce qui simplifie beaucoup les choses, nous n’avons pas la contrainte du temps. Nous pouvons y travailler autant que nécessaire. En gros, Björn (Gelotte – guitares) arrive en studio avec un ensemble de riffs ou des idées de chansons. Nous nous asseyons tous ensemble pour écouter ces idées et nous commençons à construire des chansons à partir de cela. Nous faisons de rapides démos pour graver le tout avant de laisser passer un peu de temps avant de réécouter les démos et faire les modifications nécessaires. Nous faisons une seconde production puis l’enregistrement final. Ce fut la session la plus intense, celle qui a nécessité le plus de travail et de temps depuis les débuts d’IN FLAMES.

 

03. De ton point de vue, quelles sont les plus importantes évolutions entre A Sense Of Purpose et Sounds of a Playground Fading ?

Je ne sais pas trop. C’est plus facile pour quelqu’un d’extérieur au groupe de juger. Nous essayons toujours de continuer à nous développer en tant que musiciens et comme groupe et nous ne souhaitons ne pas nous répéter. C’est une évolution naturelle d’IN FLAMES. Ce n’est pas si différent d'A Sense Of Purpose, certains titres sont aussi expérimentaux à la manière de « The Chosen Pessimist ». Nous essayons de proposer quelque chose de nouveau et c’est le son actuel d’IN FLAMES.

 

04. C’est un processus naturel comme tu le dis ou le résultat d’une discussion concertée entre vous après la tournée et un peu de repos ?

Nous allons être sur la route sans doute encore deux ans pour cet album. Ensuite nous nous reposerons et nous ne serons pas en contact les uns avec les autres pour quelques semaines pour recharger les batteries. C’est un processus naturel. A la fin d’un enregistrement, il est dur de penser déjà à faire mieux pour le prochain mais quand le temps vient, nous recommençons ce processus et cela vient assez facilement jusqu’à maintenant. C’est dur à expliquer mais nous aurons besoin de repos sans aucun doute à la maison après la tournée.

 

05. Comment travaillez-vous sur vos pochettes d’album ? Vous transmettez le titre des chansons, les paroles et les laissez travailler ou vous les guidez pas à pas pour obtenir exactement ce que vous voulez ?

Auparavant, nous demandions simplement une pochette et nous acceptions ou refusions le résultat. Maintenant il y a plus de travail en amont. Tout part des paroles d’Anders, il faut discuter avec lui pour savoir ce qu’il veut dire, c’est souvent assez personnel. Il a partagé et échangé des idées avec Dave Correia. Je ne pense pas que Dave ait écouté l’album en amont. Il y a beaucoup de discussions avant que nous soyons satisfaits. Il est important que cela épouse le sentiment général et la musique de l’album, la vibe.

06. La pochette est assez sombre, gothique avec ce corbeau, la mort. Partagez-vous cette vision de l’album ?

Pas au niveau musical car les chansons sont presque heureuses et entrainantes. Par contre au niveau des paroles, les thématiques sont plus lugubres. Mais cela convient bien à cet album et reflète avec justesse l’atmosphère du disque.

 

07. Que peux-tu nous dire de l’enregistrement des clips « Deliver Us » et « Where The Dead Ships Dwell ». Y prenez-vous du plaisir ou est-ce une épreuve ?

Nous n’aimons pas filmer de vidéos c’est un des mauvais côté du business. Nous voulons juste jouer notre musique et la partager. Mais il faut réaliser des vidéos, c’est important et nous le comprenons. Nous souhaitons toujours proposer un produit pour lequel nous pouvons être fiers. Nous avons eu cette drôle d’idée de tourner dans cette grande roue de manège. Ce fut une idée commune bien qu’à l’origine elle vienne d’Anders. Cette roue est à Göteborg où nous habitons donc à force de la voir, nous avons eu cette envie. Nous voulions faire quelque chose de spectaculaire et différent des autres groupes, ne pas être cliché. Et le jour du tournage, en réalité tu t’assieds et tu attends toute la journée le temps de positionner les caméras… Mais je trouve que le résultat est bon et avant j’avais peur de l’altitude et depuis je suis guéri. Lors du tournage nous avons dû faire plusieurs tours de roue pour enregistrer les différentes séquences. C’était finalement amusant. Pour la deuxième vidéo, nous avons travaillé vite pour nous adapter à la sortie du deuxième single «Where The Dead Ships Dwell». Nous n’avions pas le temps, la tournée arrivait donc nous avons demandé à nouveau à Patrick (Ullaeus – réalisateur) de proposer une idée adaptée à la chanson. Et finalement le résultat est lui aussi très bon. C’est une des rares vidéos où le groupe n’est pas présent. Nous lui faisons confiance et nous travaillons avec Patrick depuis 2004. Il est très bon.

 

08. Pourquoi avoir quitté Nuclear Blast et qu’avez-vous trouvé chez Century Media que vous n’aviez pas chez NB ?

Nous avons eu une très longue relation avec Nuclear Blast, je ne sais plus, 15 ans au moins ? Mais parfois il faut changer les choses pour que de nouveaux événements puissent intervenir. Century Media avait un projet intéressant pour nous, des propositions prometteuses et créatives pour vendre nos albums. Ils connaissent le boulot et nous les avons déjà côtoyés, le business de la musique n’est pas si grand. Ce fut une transition facile.

 

09. Quelle a été votre réaction à l’annonce du départ de Jesper Strömblad (Guitares) après avoir travaillé 15 ans avec lui ?

Je n’ai pas vraiment été surpris car cela grandissait depuis des années. Nous nous y attendions tous et cela est venu lors d’une période de calme où nous ne faisions rien, entre des tournée et avant de commencer le processus d’enregistrement. C’est dommage car il était et reste une partie importante du groupe. Il a fait ce qu’il devait faire. Et maintenant Niclas (Engelin – Guitares) est avec nous et il fait du très bon boulot. Il était déjà là pour la précédente tournée et la transition entre Jesper et Niclas n’a pas été éprouvante. C’est dommage mais c’est ainsi.

 

10. Niclas a été un choix évident ?

Oui car nous avions déjà travaillé ensemble pour plusieurs tournées quand il a remplacé Jesper. Et cela se passait si bien au niveau personnel et professionnel que nous n’avons même pas envisagé quelqu’un d’autres. Nous lui avons proposé et il a accepté.

 

11. Que pourrais-tu nous dire de l’évolution musicale du groupe depuis ton intégration juste avant l’enregistrement de Colony ?

Je ne sais pas. Comme je l’ai déjà précisé ce serait plus simple de demander à quelqu’un extérieur au groupe. Pour moi, vu de l’intérieur c’est dur à dire et à analyser. Comme je l’ai déjà précisé nous essayons toujours de suivre notre propre démarche et cela nous a aidés. Nous n’avons jamais suivi aucune tendance. Le succès peut arriver en une nuit mais tout peut disparaitre aussi vite. Nous avons notre propre méthode pour composer, produire et jouer notre musique.

 

12. Votre son s’est nettement assagi depuis Colony. Est-ce un processus naturel car vous avez tous vieillis et êtes plus matures ?

Oui, et cet album est dans un certain sens beaucoup plus mature. Je ne sais pas si cela vient de notre âge, c’est possible. Mais surtout le point principal est que nous avons voulu écrire des chansons adaptées à la scène, à un environnement live. Ce n’était pas le cas pour les premiers albums. Les chansons étaient bonnes sur disque mais fonctionnaient mal sur scène. Mais comme nous sommes un groupe de scène, désormais nous mettons l’accent sur cet aspect lors de l’écriture de nouvelles chansons. Cela fait partie de notre évolution.

 

13. Le DVD Used and Abused, In Live we Trust est sorti en 2005. Depuis vous avez sorti 3 albums. Avez-vous un projet d’album live dans les tuyaux ?

Non, nous n’avons discuté d’aucun projet tous ensembles. Il y aura forcément des choses dans l’avenir mais rien n’est planifié pour l’instant. Et je n’aime pas les albums live. Ils sonnent plus mal que le live, tu ne peux pas faire l’expérience d’un concert via un disque. Et pour de nombreux albums, les groupes retravaillent le son et réenregistrent des parties en studio. Par les fans hardcore, c’est un élément de collection mais personnellement cela ne m’intéresse pas et je n’en achète pas. Le DVD c’est différent car tu as aussi l’aspect visuel. Cela viendra mais rien n’est décidé pour le moment. Nous enregistrons toujours des shows pour des besoins dans l’avenir, les gros shows en Suède par exemple ou des séquences backstage mais pour le moment pas de projet en vue.

 

14. Vous fêterez en 2013 les vingt ans de la sortie du premier album d’IN FLAMES Lunar Strain. Avez-vous déjà discuté entre vous pour définir ce que vous pourriez proposer pour cet anniversaire ?

C’est beaucoup trop loin pour nous. Nous nous concentrons sur le présent et sur la tournée actuelle. Nous vieillissons et il devient dangereux de se projeter si loin dans l’avenir. Mais 20 ans c’est une longue période et un anniversaire important donc nous ferons sans doute quelque chose mais rien n’est encore planifié.

 

15. Quand vous avez commencé avec SACRILEGE en 1995 espériez-vous vendre des disques et faire le tour du monde en tournée 16 ans plus tard ?

Non bien sûr, c’était juste un loisir. Je ne gagnais pas d’argent avec SACRILEGE. Mais j’étais déjà à cette époque un grand fan d’IN FLAMES et quand ils m’ont proposé de rejoindre le groupe c’était énorme pour moi. Ce n’était encore qu’un petit groupe et quand je vois maintenant ce que nous avons fait c’est impressionnant. Je n’aurais jamais pu rêver aller aussi loin. Si tout s’arrêtait aujourd’hui je serai très heureux et reconnaissant pour ma carrière. J’ai eu tellement d’expériences, je suis très heureux.

16. Quels sont vos attentes et espoirs pour l'avenir d’IN FLAMES ?

Que nous puissions rester uni en tant que groupe, proposer une bonne tournée et poursuivre notre développement. Surtout ne pas stagner et conserver cette colère pour grandir. Je suis confiant, nous n’avons pas de problème de motivation. Cela se passe très facilement en ce moment, nous avons survécu à beaucoup de choses, les fans sont à nouveau rassemblés et si nous pouvons poursuivre sur cette lancée et sortir de bons albums, je serai très heureux.

 

17. Avec l’espoir secret de voir revenir Jesper ?

La porte reste ouverte mais tu ne sais jamais ce qui peut arriver. Il s’agit de nous cinq pour le moment et ce ne serait pas juste de dire cela vis-à-vis de Niklas. C’est désormais un membre permanant et nous n’allons pas le virer. Cela reste hypothétique.

 

Le "Quiz Metal Chroniques Quiz" pour conclure cette interview:

1. Quelle est votre chanson préférée ?

Ah c’est dur, cela change selon les périodes de ma vie. « Arise » de SEPULTURA n’est peut-être pas ma chanson favorite mais cela a été une grande influence et inspiration quand j’ai commencé à jouer. Je l’ai tellement écouté.

J’ai toujours été intéressé par la musique et comme mon frère jouait de la batterie mes parents avaient acheté un kit. Je n’étais pas spécialement intéressé par la batterie, je n’avais pas d’idoles batteurs, c’est le hasard qui m’a poussé vers cet instrument. Mais sans cela je ne serais pas ici avec vous.

 

2. Premier album acheté ?

Inside the Electric Circus de WASP

 

3. Dernier album acheté ?

Le nouvel COLDPLAY (Mylo Xyloto). J’aime beaucoup, en particulier les titres plus mélancoliques.

 

4. Quel son ou bruit aimez-vous ?

Les vagues et les mouettes.

 

5. Quel son ou bruit détestez-vous ?

Les gens qui ronflent dans le tour bus.

 

6. Si le Paradis existe, que voudriez-vous entendre Dieu vous dire à votre arrivée ?

Savoir que j’ai été un très bon parent. En tout cas je l’espère, ah ah !

 

Merci à Valérie pour son aide.

Lien vers la chronique de l'album ici