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Avantasia – Tobias Sammet, décembre 2007

De passage à Paris au mois de décembre 2007 pour présenter ce troisième chapitre de son projet Avantasia, le Hamster est allé le questionner :

C'est une petite surprise, il me semblait que le deuxième album d'Avantasia signifiait la fin de ce projet non ?
Tobias : C'est vrai, le deuxième signifait la fin de l'histoire entamée avec le premier album, et en plus j'ai dit et répété que c'était terminé avec ce projet. Il y a 6 ans, ce que j'en avais retenu c'était le stress immense de toute cette expérience.

C'était une grosse machinerie et à ce moment là je n'en voyais que les aspects négatifs qui m'avaient mis à genoux. La maison de disques attendait une grosse production, un grand truc, ils m'avaient payé en conséquence et j'avais à le faire. Il y avait tout un tas de petits problèmes à gérer qui s'accumulaient.
J'étais en fin de compte heureux d'en avoir fini, d'être vivant et de ne pas avoir succombé à une crise cardiaque ! Et j'étais malgré tout content du résultat, même si je me disais plus jamais ça !!!

Et puis en discutant avec des amis, ils m'ont dit que c'était idiot de ne pas y réfléchir, dès lors que j'avais plus d'expérience, un budget plus important, le feu vert de la maison de disques… Et puis il y a Sascha Paeth. Et puis j'avais ce nom, Avantasia, qui colle si bien pour faire du metal accrocheur. Et il y a tant de gens qui on prêté attention à cee projet que forcément j'étais en train d'y réfléchir à nouveau en positif. Là j'ai demandé à Sacha s'il était intéressé, il répondu "évidemment, je suis partant".

Tout le monde autour de toi avait plutôt l'air de penser que tu allais forcément le faire…
Tobias : C'est certain, les potes essayaient de me convaincre depuis un bail, et voilà qu'ils me disaient tous "on le savait bien que tu allais le faire". Et moi je leur répondu bande d'enfoirés jje n'envisageais vraiment pas de le faire… Par moment j'avais quelques craintes avec "Avantasia le retour", je ne voulais pas bousculer mes priorités, mon agenda. C'était comme se dire que tu as deux enfants et que tu dois en choisir un en priorité. Finalement cela s'est mieux passé que prévu, ce n'est pas comme Edguy, tu n'as pas un groupe à gérer, les obligations qui vont avec, notamment en termes de tournées. Je peux le faire si j'en ai envie, ni plus ni moins, il n'y a aucune obligation. Et c'est cela qui m'a convaincu, il n'y a pas la contrainte de devoir sortir un album tous les deux ans, et de tourner pendant des mois.

L'année dernière il y avait des rumeurs sur ton décès présumé et ton coming out, maintenant certains fans parlent de ta place dans la musique, de ton attirance pour Bon Jovi et Bryan Adams…
T : Oui c'est vrai je suis bien gay et mort comme tu le vois ! Evidemment dans la vie tu évolues, ce qui ne veut pas forcément dire qu'au fil des ans tu t'éloignes du metal. Mais surtout cela signifie que tu es plus confiant pour faire ce que tu ressens. Alors j'adore le heavy metal, mais tout un tas d'autres choses. Et je n'ai jamais opposé le fait que j'aimais Iron Maiden et Bon Jovi aussi ! Notamment Slippery When Wet, je n'ai pas de problème à le dire, ce n'est pas mon enemi public numéro un ! J'ai toujours composé des chansons rapides, et d'autres plus lentes.
Et je pense d'ailleurs que le nouvel album est très varié de ce point de vue. Et tu vois une composition comme Lost In Space, il y a un tas de groupes de heavy metal qui n'auraient pas le cran de compose une telle chanson. Uniquement par trouille de se prendre des commentaires désobligeants remettant en cause leur attitude metal !

Tu n'en as pas marre parfois de devoir te justifier ?
T : Bien sûr ! J'en ai marre, même si je peux comprendre que certaines personnes demandent des explications, et je ne veux pas détruire les illusions de certaines à mon sujet en même temps. Alors je dois le dire prudemment, ne pas m'emporter en leur disant que le metal c'est de la merde et qu'il y a tout un tas de musiques au delà. J'ai toujours aimé Dio, Maiden, Helloween, mais aussi Journey, Adams, Def Leppard, Brian May ! Et la vie de Brian ! (rires)

Les Monthy Python ça c'est pas une surprise !
T : Exactement (rires) ! Je les aime tous ! Et je suis en paix avec moi même tu vois ? Je peux hair un tueur en série, mais pas quelqu'un qui joue de la musique que je n'apprécie pas, c'est au delà de la compréhension pour moi ça. C'est infantile.
J'espère simplement que les gens écouteront l'album avec l'esprit ouvert, parce que la fin, The Scarecrow est heavy metal, il n'y a que deux ballades ! (rires).

Tu le disais, l'album est très varié, et il y a les invités, et il y a cette chanson interprétée par Alice Cooper , The Toy Master.
T : Je pense que c'est une grande chanson, que je n'aurais pas été capable de composer il y a 6 ans tu vois. Je ne veux pas dire que les chansons des premiers albums d'Avantasia étaient mauvaises, ni celles d'Edguy, mais c'était moi à un moment particulier. C'est une chanson qui demande pas mal de maturité, pas mal d'experience.

Tu ne crains pas de composer de chansons qui pourraient coller à Edguy plus qu'à Avantasia ?
T : non je pense pas en ces termes, je les écris et elles sont à leur place, elles conviennet bien à Avantasia, et je ne songe pas à Edguy à ce moment là. Je vis au présent je me ne demande pas ce qui devrait être la direction musicale d'Edguy dans les deux trois ans par exemple.

Et il y a un concert à venir au festival de Wacken.
T : Pas seulement, nous allons jouer dans plusieurs festivals en république Tchèque aussi, ensuite cela dépendra des demandes, nous avons en tête de tourner pendant deux mois. Les possibilités ne seront pas infinies en raisons des coûts de production du show, mais tu vois je n'avais pas envisagé de telles opportunités au départ. Et puis voilà on t'offre la tête d'affiche du festival le plus important d'Europpe, et j'allais dire non ? A moins de tenir compte de la trouille de se planter, c'était pas possible, d'autant que Sascha était aussi partant pour m'accompagner sur scène. Quand tout s'enchaine bien, tu restes confiant et on devrait bien s'amuser.

Un peu d'Edguy ? Alors la tournée aux Etats Unis, c'est toujours un peu étrange de jouer là bas vu le statut du groupe en Europe ?
T : c'est nécessaire de tourner là bas, sinon tu n'as aucune reconnaissance aux Etats Unis. Nous étions contents d'aller là bas, dans un pays aussi grand, il y avait quelques clubs sympas, en espérant que quelques centaines de personnes seront là. Nous n'avons eu que trois ou quatres concerts qui n'étaient vraiment pas terribles. Les distances sont longues, c'est vraiment une autre planète. En Europe on peut tourner confortablement dans des salles de la taille de l'Elysée Montmartre. Là bas ça ne veut rien dire. Si tu es important en Amérique, il y a aura forcément un effet en Europe, par contre l'inverse n'est pas vrai du tout.

Un dernier mot pour nos lecteurs
T : Je vous remercie dêtre si tolérants et d'apprécier mon nouvel album ! (rires)

Site officiel : http://www.tobiassammet.com/
Chronique de l'album.

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D’album en album, les british de Cradle Of Filth n’ont cessé de densifier leur black orchestral jusqu’au très fourni, voire indigeste, Damnation And A Day. Nymphetamine, sorti en 2004, voyait le groupe revenir à une recette plus légère, mais ça n’était pas encore ça. Nous sommes désormais en 2006, soit douze ans après la sortie de leur premier méfait, The Principle Of Evil Made Flesh, Cradle Of Filth nous livre sa septième réalisation, Thornography, aussi simpliste, heavy et thrash que Damnation And A Day était touffu. Petites explications en direct live avec le guitariste originel du groupe, Paul Allender.

Metalchroniques – Il semble que Nymphetamine ait été pour le groupe une sorte de fin de cycle…
Paul Allender – Plus ou moins oui. On peut également voir cet album, qui était plus « simple » que Damnation And A Day comme le commencement d’une nouvelle ère pour nous. Et puis on ne peut pas faire tout le monde la même chose. Regarde, même Slayer et Maiden changent. Même s’ils gardent leur style d’origine, on sent tout de même une certaine évolution dans ce qu’ils font. Il est fondamental de changer premièrement parce que physiquement tu changes toi aussi et puis surtout parce qu’en faisant la même chose, tu t’emmerdes au bout du compte.

– D’un autre côté, il est assez surprenant de constater que Thornography comporte très peu de claviers. 
– Sur nos précédents albums il y avait beaucoup trop de pistes par titre. Nous nous sommes dit que l’ensemble était vraiment très, trop, dense. Pour Thornography, nous sommes partis sur le leitmotiv d’en faire le moins possible pour arriver au meilleur. Le côté symphonique, orchestral, avec tous les chœurs qui vont avec, nous l’avons fait pendant des années et pour être très honnête avec toi, ça commençait à sacrément nous gaver. Nous en sommes vraiment arrivés à un stade de notre carrière où nous nous devons de changer. En tant que groupe, nous sommes tous d’accord pour dire que c’est le meilleur album que nous ayons fait.

– Est-ce que c’est votre meilleur album parce que  c’est le plus simple que vous ayez réalisé ?
– Probablement oui. Nous sommes vraiment revenus à nos racines, à ce qui nous faisait vibrer lorsque nous étions gamins : le thrash et le heavy. Nous sommes de purs metalheads. J’ai passé toute mon adolescence à écouter Iron Maiden, Judas Priest, Motörhead et du thrash (rires). Pour cet album, nous voulions aller vers la musique qui nous a poussé à en faire nous-même. C’est pour ça qu’on trouve pas mal de duel de guitare, d’harmonies à deux grattes, de bons gros riffs bien accrocheurs, de groove. Pour en revenir  à ta précédente question, il est vrai que l’on trouve moins de claviers sur cet album, mais c’est dû  à la simplification de notre musique. Au lieu d’être un instrument à part entière comme c’était le cas par le passé, les claviers sont désormais là pour poser des ambiances et non jouer des titres comme les autres musiciens. Et franchement, on adore notre nouvelle direction.

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– En gros, vous vous l’êtes joué « on branche le matos et on joue ».
– Heu….OUAIS (rires). Bon, pas tout à fait. Nous avons quand même bossé ! (rires) Mais c’est vrai qu’au début, nous nous sommes contentés de jouer ce qui nous passait par la tête et nous creusions les idées qui ressortaient de ces jams. Cet album est donc effectivement plus cru, pas dans sa production, mais du moins dans la façon dont nous jouons. C’est beaucoup plus heavy que par le passé. En fait, nous faisons du heavy metal….enfin pas vraiment, car nous restons un peu trop extrêmes pour être taxés de groupe de heavy metal. Tiens, nous faisons du heavy metal extrême. Il y a de tout au final dans cet album : du heavy classique, moderne, du thrash, de la musique extrême, tout ce qui fait notre son aujourd’hui. L’expression peut paraître un peu galvaudée, mais il est aussi vrai que nous avons vieilli en tant que personnes et donc en tant que musiciens et ce qui nous faisait bander à nos début nous fait moins d’effets aujourd’hui. Nous cherchons plus à expérimenter de nouvelles choses. Pas expérimenter dans le mauvais sens du terme, mais plutôt dans le sens ou nous voulons nous pousser nous même à aller dans de nouvelles directions…de nous pousser au cul en fait (rires). Et c’est ce qu’à fait cet album.

– En écoutant toute votre disco, on peut se dire que vous avez cherché à vous mettre en danger sur cet album car il sort totalement les canons traditionnels du groupe.
– C’est vrai, mais comme je te l’ai dit, nous avons aussi voulu laisser notre musique respirer un peu et ne pas l’étouffer sans arrêts derrières des couches successives de claviers, d’orchestre et je ne sais quoi d’autre. Mais je reste persuadé que les personnes qui écouteront cet album vont se souvenir immédiatement de toutes les chansons en un clin d’œil. Tous les journalistes qui l’ont écouté m’ont dit qu’ils n’avaient pas cessé de headbanger (ndr – heu…pas tous Paul, pas tous, désolé). Et c’est ce que nous cherchions à atteindre : quelque chose d’immédiat, de direct. Franchement, c’est très rafraîchissant de jouer de telle choses, de ne pas avoir à me stresser de la complexité des morceaux. Attention, je ne dis pas que ça m’ennuie de le faire, mais jouer des morceaux plus simples m’apporte autre chose. Juste jouer de bon riffs et pas une accumulation de riffs. J’ai vraiment hâte de jouer ces nouveaux titres sur scène. D’ailleurs sur la prochaine tournée, nous allons changer les nouveaux titres sur scène : un soir, nous en jouerons trois puis le soir suivant, trois différents.

– Justement, vu la simplification des nouveaux morceaux, comment allez vous faire la transition sur scène entre l’ancien et le nouveau matériel ?
– Il est évident que nous ne pouvons pas passer sous silence ce que nous faisons dans le passé et nous allons donc devoir piocher intelligemment dans nos vieux titres. Quant à l’infrastructure scénique, nous devons encore discuter avec notre stage manager pour décider de ce que nous allons proposer. Musicalement, il va être intéressant de découvrir comment les nouveaux titres vont se mêler aux anciens sur scène. Ca ne va pas être facile, mais nous savons que nous pouvons le faire.

– Lors des précédentes sorties du groupe, ça semblait vous emmerder un peu de donner des interviews alors que maintenant, vous avez l’air ravis de le faire. 
– Tu n’as pas tort. Nous nous sentons libérés de quelque chose. Je ne saurais pas te dire quoi. Tu sais, cette évolution musicale ne s’est faite totalement naturellement (ndr – ben tiens !) au fur et à mesure que nous vieillissons. Tu vois, je n’écoute plus du tout Nymphetamine, alors que je n’arrête pas d’écouter Thornography.

– Tu en viens à dire qu’avant Thornography, vous étiez enferrés dans une sorte de cercle vicieux musical ?
– Je crois oui. Le line-up, tel qu’il était à l’époque, était vraiment branché sur le death-metal, qui n’est pas franchement ma tasse de thé. Ici, il n’y a plus d’influences death, mais plus thrash. Cet album vient vraiment de notre cœur, aussi bien de la façon dont il sonne que de la façon dont nous le jouons, dont nous l’avons produit.

– Depuis les débuts de Cradle, le groupe a toujours été plus ou moins considéré comme un groupe de black, alors que d’album en album et principalement sur Thornography, on peut s’apercevoir que vos racines sont finalement assez éloignées de cette musique, de la Norvège et de tout ce qui va avec, les déguisements mis à part. 
– Je vais te dire, depuis le début du Cradle, je n’ai jamais considéré que nous étions un groupe de black metal. Nous n’avons jamais sonné comme Emperor, Burzum ou Dimmu Borgir (ndr – no comment). En revanche, au niveau des atmosphères, nous pouvons être considérés comme un groupe de black. Et encore, simplement à cause des claviers. Et puis franchement, tu n’as pas besoin de jouer stupidement vite ou de sous-produire ton album pour être un groupe de black metal (rires). Nous somme vraiment un groupe de heavy extrême. Je ne tente pas de nous réduire à de simples images. Je serais tenté de dire voilà notre musique, voilà notre album, nous somme Cradle Of Filth et faites vous votre idée.

– Tu considères que vous avez été victimes de votre temps étant donné que vous avez commencé à percer lors de l’avènement du black ?
– Je suppose oui. Il y a quelques temps, nous étions en Grèce pour donner un concert et ensuite, nous nous sommes retrouvés dans un pub pour boire un verre. J’ai rencontré un fan et nous avons commencé à nous engueuler à propos du black pendant trois heures parce qu’il considérait que je ne pouvais pas en jouer car dans la vie de tous les jours, je n’étais pas fringué comme il le fallait (rires). Mais tous ses arguments tournaient autour de ça, du fait qu’un musicien comme moi devait vivre de telle ou telle façon…bref ! J’en suis arrivé à un point ou j’ai réalisé que le plus gros problème était que ce gamin et moi étions de deux générations différentes. En fait, il ne connaissait rien au black, ni à rien d’autre en metal sinon qu’un musicien évoluant dans tel ou tel style devait agir, vivre de telle façon sans en dévier. 

– D’ailleurs, tu n’a pas honte, toi un musicien de Cradle, de faire cette interview avec un bonnet sur la tête et d’être fringué en beige et non en noir ?
– (rires). Tu as raison, je suis un imposteur (rires). Et toi, t'as pas honte d'avoir les cheveux courts? (rires)

– Non plus, un partout la balle au centre. Pour finir, si tu devais faire la pub de Thornography en quelques mots, que dirais-tu ?
– C’est un album bourrés de riffs fantastiques, de super harmonies…bref, c’est notre meilleur album qui nous dévoile enfin tels que nous sommes. Si vous aimez le heavy metal, vous devez posséder Thornography. (verison deluxe)

theorderofthedragon.com

www.facebook.com/cradleoffilth

 

Blockheads – Avril 2006

Le groupe de grind lorrain Blockheads a retourné le Galaxie lors de la dernière édition du Metal Therapy et arrive très bientôt avec son nouvel album Shapes of Misery (voir chronique), votre site préféré en a profité poser quelques questions à Nico, batteur du groupe, à propos de leur musique, de leurs idées et des frasques de son chanteur sur scène…
 
18042010-01Metalchroniques – Tu peux peut-être commencer par présenter Blockheads ?
Nico – Ok. Bon ben on est Blockheads, on vient de Nancy, ça fait plus de dix ans qu’on tourne. On a commencé en 92 avec un album un peu particulier, on a changé un peu depuis. Là c’est notre quatrième album qui sort après Last Tribe, Watch Out et Human Parade voici Shapes of Misery, qui est prévu pour le 15 Mai normalement.
 
– Vous avez l’air d’avoir beaucoup de choses à dire, avec un côté assez militant, tu peux nous parler un peu des sujets que vous abordez ?
– On est pas militant en fait… On expose des choses, on essaie de faire passer des choses aux gens, de les faire réagir… La décision qu’ils vont prendre après ça ne nous regarde pas, chacun a ses opinions… On essaie juste d’expliquer et de montrer les choses. Après ce qu’on peut aborder comme sujet, c’est toujours les sujets liés au social, à la politique et aux problèmes qu’on peut rencontrer à droite à gauche comme le travail des femmes, on défend surtout certains droits.
 
– Et sur le nouvel album en particulier ? Vous parlez de quoi ?
– Euh… Il y a un titre sur l’autorité des gens, et sur les problèmes de la main mise sur l’argent et les problèmes actuels. On parle aussi de l’exploitation des mines en Afrique qui vont, pour faire plaisir à des gens qui veulent un diamant au cou, faire des exploitations terribles avec des gamins qui bossent dans des conditions atroces. C’est dire un petit peu, que pour avoir tout ça vous faites du tort et vous créez le bordel.
 
– Je n’ai pas encore pu écouter l’album en entier, mais je trouve qu’il en ressort quand même des influences hardcore.. Et punk comme pour le deuxième titre…
– Oui tout à fait…
 
– Quelles sont vos réelles influences au final ?
– Nos réelles influences… Blockheads est toujours resté sur une ligne qui est assez claire : l’application du grindcore. Point. Après il a toujours été vrai pour nous qu’il faut trouver le morceau qui apportera le plus d’énergie et c’est avec cet esprit là et ce but là que nous nous sommes tournés vers des styles de musique dans lesquels on va trouver des chefs de file qu’on apprécie encore beaucoup même si ils ne nous influencent plus autant… Et effectivement on a des groupes qui nous ont beaucoup impressionné dans le style hardcore et logiquement dans le style grind. Après c’est normal qu’il y est des influences, un style nous semble puissant et c’est comme ça qu’on arrive à avancer dans le style. Quand tu dis punk ouais c’est pas étonnant que ce soit dans le chant ou dans certains rythmes.
 
– Et justement tu dis que tu veux appliquer le grind à fond mais on sait assez que le grind est applicable de différentes façons, donc tu te situes comment sur la scène française et par rapport aux autres groupes ?
– On a jamais cherché à se situer… Pour savoir si on est un grand groupe ou… Après sur la scène, comment on se situe ? On est grindcore pur. Quand je dis pur ça ne signifie pas puriste mais on reste attaché à tout ce qui fait le grindcore comme Napalm Death, Carcass, Terrorizer… Et pour les différentes branches qui se sont constituées comme avec Gronibard et le pronogrind, ça a bien évolué et ils ont du succès ce qui est super pour eux, on s’entend bien et on a déjà joué ensemble, mais on préfère leur premier groupe qui était plus grind… Après nous on est resté dans ce genre précis mais il y a des gens qui font très bien du porno ou du goregrind…
 
– C'est sur scène visiblement que vous prenez toute votre ampleur comme on a pu le voir avant (cf live report du Metal Therapy 2006), quel est votre but quand vous débarquez sur scène ?
– Ben le but est exactement le même que celui qu’on poursuit avec nos albums : c’est d’être efficaces à 200% et quand tu cherches ça sur l’album il faut que ce soit net propre et énergique donc sur scène tu ne peux pas rester dans ton coin… Il faut faire bouger les gens, et un concert qui est réussi pour nous c’est un concert avec du bordel partout et la scène en bordel et où on sent que les gens ne sont pas là pour écouter de la musique mais pour la vivre.
 
– Et ça va votre chanteur ne s’est jamais blessé ?
– On a rarement eu de blessures sur lui mais sur les autres oui, comme des coups de micro qui se sont perdus dans les dents des gratteux (rires) mais ça va d’habitude ça se passe plutôt bien ! Il est souple donc il hésites pas à rentrer dans le tas…

18042010-02– Pour les concerts, vous avez fait de grandes choses quand même…
– Oui enfin il n’y a jamais eu de grosses tournées, plutôt des grosses dates.
 
– Et justement une tournée ça ne vous dit pas ?
– On est en train d’en monter une qui arrive très bientôt d’ailleurs puisqu’on part dans le Sud-Ouest, du côté de Bordeaux et c’est vers fin Mai pendant les jours fériés. On va faire une série avec Bordeaux, Angoulême, Poitiers et Toulouse. On fait ces quatre dates là pour l’album et après on essaiera d’en faire plus sur Le Havre et d’autres à la maison. Mais on ne peut pas faire des tournées tout le temps puisqu’on a chacun des boulots et voilà ça reste rare…
 
– Et tu me disais avant que votre concept studio se retrouve sur scène, mais est ce que vos compositions passent d’abord par la phase de la scène ou est ce que vous les enregistrez avant ?
– Ils sont tous passés en live. En fait on ne fait pas une tournée pour promouvoir un album, on fait juste un album quand on a assez de bons titres pour les mettre sur un skeud et les sortir, c’est ça qui détermine notre manière de faire. Tous les morceaux qui sont sur l’album, on les jouait déjà, parfois même depuis trois ans.
 
– Et sinon pour les futurs projets du groupe ?
– Nos projets c’est d’essayer de continuer avec cet album, de sortir une version vinyle, parce que c’est un truc qui nous tient à cœur et après ben de partir pour cette fameuse tournée dans le Sud-Ouest. On a aussi un festival en République Tchèque où on va jouer et qui va sûrement être un très beau concert et après à la rentrée on va essayer de lancer une tournée vers le Nord ou vers l’Est.
 
– Et puisque tu parles de dates à l’extérieur, quel est votre rapport avec l’étranger ? Vous restez particulièrement français ou…
– Non, non ! On bouge beaucoup et on aimerait bien bouger encore plus vers l’étranger parce que c’est quelque chose qu’on aime beaucoup, on a déjà fait des dates en Autriche et en Allemagne, on aimerait bien faire l’Angleterre… Mais ça dépend des années… Après c’est vrai qu’on ne fait pas énormément de concerts sur le final. Là ça va reprendre.
 
– Vous essayez surtout de faire des grosses dates ?
–  Ben c’est surtout des dates à placer quand on a tous le temps…
 
– Oui vous avez déjà joué avec Napalm Death ?
– C’était un concert excellent avec Nasum, Nostromo et Napalm, une excellente affiche pour un excellent concert…
 
– Sinon vous vous concentrez uniquement sur Blockheads ou est ce que vous avez tous des petits projets à côté ?
– On a pas de petits projets pour la bonne et simple raison que l’on ne pourrait pas se le permettre au niveau temps. Par contre notre bassiste a rejoint récemment un groupe de grind à Nancy… Mais bon il a un peu de temps et il habite à Nancy même donc il arrive à concilier les deux.
 
– Tu as un dernier mot à dire pour le public ? C’est comme ça d’habitude qu’on laisse finir nos interviews…
– Un dernier mot pour les fans ? Ben j’espère que ça leur a plu. Merci à tout le monde, ça c’est classique ; par contre ce qui est moins classique c’est que quand vous venez en concert n’hésitez pas à monter sur scène et à foutre le bordel… C’est le moteur principal du groupe, on ne fait pas les concerts pour nous mais pour le partage…

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