Archive for the ‘ Interviews ’ Category

19042010-32.jpgOyez, oyez amis du doom qui tâche ! Après le brillant retour en forme du prêtre Messiah et de ses comparses de Candlemass, voici le retour de Cathedral qui nous livre un album jubilatoire, varié et passionnant. Lee Dorrian nous en conte ici la génèse…

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Alors Cathedral est de retour ?
Lee : mmm on peut dire ça, il y a ce nouvel album dont nous sommes très heureux, et puis nous avons été absent un certain temps pour un certain nombre de raison. 3 années d'absence en raison de problèmes de management, de problèmes avec la maison de disques, et des problèmes line up… Et j'ajouterais des problèmes liés au matériel que nous avions composé. Dans l'espace de 3 mois nous avons composé une quinzaine de chansons. Nous étions à Liverpool et nous nous disions à l'époque, avec Gary et Brian, que ce n'était pas assez bon. Au départ c'était simplement dans la continuité de l'album précédent, mais nous en sommes sortis avec quelques chose de plus fort. Et quand les autres gars me disaient qu'on pouvaient entrer en studio, je préférais leur répondre que nous n'étions pas encore prêts.


Après toutes ces années, je pense qu'il est vraiment nécessaire que nous sortions un album qui attire l'attention parce qu'il a un contenu fort, que de se lancer dans la routine, d'être en pilotage automatique, c'est vital pour nous d'une certaine manière, d'autant plus que nous ne sommes pas un groupe metal à la mode. Nous devons composer le matériel le plus intense possible, notre expérience fait que nous savons parfaitement ce que nous ne voulons pas, mais nous devons quand même prendre du temps pour définir le son et l'orientation musicale de nos albums. En fait tout s'est vraiment déclenché quand nous avons composé la première chanson "Tree Of Life & Death", nous étions ensemble en répète et elle a fonctionné très rapidement. Et au fil du temps nous sommes devenus plus confiants. C'était en fait un très long processus pour aboutir à cet album, nous avions besoin d'être préparés, par exemple avec la chanson "The Garden", la plus longue de l'album, il nous a fallu 5 jours pour la mettre en place et la composer. Nous avions envie que chaque chanson soit bien équilibrée entre les mélodies et les passages aggressifs, pour que cela donne une dynamique et de bons contrastes à l'album.
Tu vois nous avons fini par savoir ce que nous voulions, et à ce moment là il a fallu chercher le producteur adéquat, nous avons choisi Warren Ryker et nous sommes très contents du résultat, l'album montre toutes les facettes de Cathedral, on va du hard rock mélodique au doom agressif.
 
Si l'on compare cet album avec le précédent, ce qui est frappant c'est la variété des compos du petit dernier…
Lee : absolument, il sonne plus grand, le spectre musical est plus large, et je pense que nous avons appris avec les erreurs du passé, le fait est que nous ne pouvions que faire mieux en variant le style des chansons, d'autant que cela ne brouille pas l'identité de Cathedral cela rend l'album vraiment dynamique. Il y a des passages jazzy, des riffs qui sonnent vraiment comme des décharges éclectriques et le tout ressemble en fait à un jeu d'ombres et de lumières.
 
Tout en gardant la signature sonore du groupe…
Lee : oui, mais nous avons accentué le côté sauvage des guitares dans le dernier. Nous avons discuté du son avec Warren sur le tard, il est arrivé quand le processus de composition était achevé, et puis nous voulions un son plus accrocheur et agressif, comme elles sonnent en studio de répète…
 
Oui mais on reconnait le style de riffs caractéristique de Cathedral on ne peut pas se tromper dès les premières secondes…
Lee (rires) tu sais depuis toutes ces années, nous sommes ensemble depuis 16 ans maintenant, il y a des choses qui sont en place et qui viennent automatiquement et que nous ne voulons pas changer. Si tu regardes l'état de la scène metal aujourd'hui, tu dois faire preuve de beaucoup de conviction dans ce que tu fais, pour tenir en dépit des modes et changements. Alors cette signature, les atmosphères sombres, nous devions les conserver, et puis lorsque nous avons fait appel à Warren, ce n'était pas en raison de ses états de services avec Down ou Crowbar. Je me souviens qu'en fait il nous avait contacté via le site internet du label Rise Above Records en nous disant qu'il serait très motivé pour travailler avec nous, et nous lui avons répondu que ça pourrait être intéressant. Et cela s'est révélé un plaisir, en dépit du fait que pour lui ce n'était pas toujours simple, nous n'avons pas une façon de travailler très conventionnelle.
 
Cathedral est un groupe hors du temps aujourd'hui par rapport à la scène metal…
Lee : J'ai l'impression que l'écart grandit aujourd'hui entre ce que nous faisons et ce qui se passe dans la scène, ou bon nombre de groupes se copient les uns et les autres, nombre d'entre eux se mordent la nuque, comme tous ces nouveaux groupes américains avec des jeunes de classe moyenne qui hurlent sans raison apparente… C'est un peu facile les hurlements, les blast beats et les gros riffs, ça sent la recette, mais sans substance… en tout cas je ne la vois pas.
 
Tu penses que la musique de Cathedral a plus de substance en revanche…
Lee : bien sûr, tout en combinant un certain succès commercial, nous avons développé un style qui n'a pas de prise avec le temps, c'est indémodable et nous pouvons assumer tout ce que nous avons fait depuis nos débuts. Tout le monde ne peut pas en dire autant…
 
L'artwork c'est un retour aux sources ?
Lee : je pense qu'il est fantastique, un des plus beaux que nous ayons eu pour un de nos albums, cela faisait  un moment que je pensais à celui là, qui se réfère au jardin d'eden, ce genre de choses. Et Dave a pris des notes d'après ce que je lui racontais, et voilà, nous avons cette couverture étrange, qui colle bien à notre univers. Nous avons une dimension étrange, que ce soit dans les textes, l'artwork et les ambiances que nuos développons, tu as toutes les pièces du puzzle là !
 
Alors ce projet de tournée avec Candlemass est tombé à l'eau ?
Lee : oui, malheureusement c'est annulé, c'est vraiment honteux, nous espérions vraiment le faire, d'autant que l'affiche avec Grand Magus et Candlemass était parfaite… Seulement voilà, Candlemass à tout mis par terre pour de sombres histoires d'argent, du coup nous n'avons pas de tournée européenne prévue avant février 2006. J'espère bien que nous jouerons vraiment en France, je veux dire par là que sommes passés 6 ou 7 fois à Paris, mais pas dans d'autres villes. Nous aimerions vraiment jouer dans plus de villes en France.
 
Qu'écoutes tu en ce moment ?
Lee : de la musique moderne, pas beaucoup en fait, je n'ai pas trop le temps…
 
Les groupes de Rise Above Records ?
Lee : (rires) évidemment ! Des groupes modernes prodigieux (rires). Plus sérieusement j'adore l'évolution de Grand Magus qui est un groupe fantastique, attention quand je parle d'évolution je ne parle pas ici de la coupe de cheveux de JB (rires). Le groupe à évolué entre blues, doom agressif et heavy metal. C'est du power metal croisé avec Candlemass aujourd'hui. D'ailleurs j'aimerais bien vu les échos rencontrés par les albums de Grand Magus qu'ils jouent en France.
 
Un dernier mot pour les fans français ?
Lee : alors que dire…  je tiens à saluer et remercier nos fans français qui nous soutiennent depuis si longtemps, je tiens d'ailleurs à présenter mes excuses quant au fait que nous ne venons pas suffisamment en France, j'espère bien que cela va changer à l'avenir. Stay True, stay heavy !!!

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Chronique de The Garden Of Unearthly Delights.

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Mat Sinner a plus d'une corde à sa basse (Bassiste dans Primal Fear, Chanteur / Bassiste de son groupe Sinner, Compositeur, Producteur, dirigeant de Nuclear Blast, etc…), donc quand l'opportunité de l'interviewer s'est présentée, je n'ai pas hésité une seconde pour en apprendre un peu plus sur le nouveau Primal Fear " Devil's Ground " prévu pour le 23 février et sur le bonhomme lui-même, véritable figure du Métal Européen.

Petite précision, l'interview a été réalisée avant qu'Iced Earth n'annule la tournée.
 

Salut Mat, avant de parler du nouvel album, peux-tu nous expliquer le retour de Tom Naumann, trois ans après qu'il ait quitté le groupe ?
MS : Tom a été atteint d'une infection du muscle du cœur et pendant longtemps il n'a pas été autorisé à la pratique du sport ou à faire une tournée avec un groupe. Ensuite, Henny a eu à faire un choix entre sa famille et son groupe. J'ai alors pensé que ce serait une bonne idée si Tom nous rejoignais et avait ainsi une sorte de deuxième chance. Il est impliqué à 100% et depuis novembre 2002, il est de retour dans le " Metal Commando " !
 
Que c'est il passé avec votre batteur Klaus Sperling et comment avez vous recruté Randy Black ?
MS : Klaus a toujours continué de jouer et d' enregistrer avec son autre groupe " My Darkest Hate " et avec d'autres. Il vient plus de la scène brutale et après avoir bossé ensemble pendant six ans, nous avons tous convenu que le mieux pour les deux parties était de nous séparer. Nous avons participé à une tournée aux USA et au Canada en avril et mai 2003 avec Rob Halford et Testament. Klaus ne pouvait venir avec nous pour d'autres raisons, mais le groupe a tout de même décidé de faire cette tournée. Stefan nous a recommandé Randy Black d'Annihilator, comme étant l'un des meilleurs batteurs du Métal. Nous l'avons appelé et nous nous sommes rencontrés dans un local de répétition. Randy a fait la dite tournée avec nous et après avoir quitté Annihilator, il a rejoint Primal Fear en tant que membre permanent.
 
Je pense que Randy Black a un jeu plus varié, est-ce cela qui a déterminé votre choix ou était-ce seulement lié à sa personnalité ?
MS : Randy est un batteur fantastique et il a apporté de très bons arrangements au niveau de la batterie sur nos nouvelles chansons. Il utilise pleinement sa batterie en tant qu'instrument et c'est un grand musicien. Nous avons vraiment apprécié son jeu et c'est la raison pour laquelle il fait désormais parti du groupe.
 
Quand avez-vous commencé l'écriture de " Devil's Ground " et est-ce que tous les membres du groupes y ont participé ?
MS : Nous avons débuté tous ensemble par une réunion générale après la tournée US et ensuite nous avons composé dans la direction que nous avions définie. Nous voulions plus de mélodies, des riffs plus clairs, nous voulions accorder plus d'attention aux lignes de chant et avoir des chorus plus accrocheurs. Nous avons collecté les idées et ensuite, nous nous sommes retrouvés en studio pour la pré-production, où nous avons finalisé les chansons.
 
"Black Sun" était un petit peu froid et le concept n'avait pas été compris par tout le monde, étaient-ce les raisons pour lesquelles vous êtes revenus à votre sujet fétiche : le Métal ?
MS : Bien sûr, " Black Sun " avait essentiellement été fait pour satisfaire l'ensemble du groupe et nous avions donc été obligé de faire des compromis, chose que nous ne voulons pas renouveler. C'est la raison pour laquelle nous voulions que " Devil's Ground " soit différent. Nous avons voulu capturer l'esprit du premier album, tout ce que nous avons appris ces dernières années, le tout combiné avec notre vision de l'avenir ! Les deux " nouveaux " membres sont une autre des raisons pour lesquelles " Devil's Ground " est un peu plus ambitieux que " Black Sun " !
 
La plupart des morceaux sont réellement forts et sonnent à 100% comme du Primal Fear; comment de tels titrent voient le jour afin de conserver cette identité ?
MS : Ceux qui composent dans le groupe savent exactement ce que les fans ont envie d'entendre venant de Primal Fear. C'est une musique que nous aimons personnellement, et nous sommes vraiment heureux de jouer ce que nous aimons et de ne pas avoir à faire de compromis. Si tu venais dans le local de répétition, tu entendrais que le groupe sonne réellement comme sur album lorsque nous jouons ensemble, c'est notre style.
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Combien de temps l'enregistrement de "Devil's Ground" vous a-t-il pris ?
MS : Nous avons commencé fin septembre et tout a été achevé vers le 12 décembre, soit à peu près 11 semaines.
 
Pour l'enregistrement, vous êtes revenu en Allemagne, pourquoi ce choix ?
MS : En fait, nous voulions rester plus longtemps en studio et pour l'album précédent, nous avions dépensé l'argent en vols et en hôtels, cette fois, tout le budget a été consacré à l'enregistrement.
 
Tu chantes beaucoup de chœurs sur cet album, est-ce une façon de t'impliquer encore plus dans le groupe ?
MS : Je fais cela depuis le premier album, donc rien de nouveau pour moi. Ralf et moi formons une bonne équipe. Je suis pleinement satisfait par cette situation. Je produis ces vocaux et nous avons une très bonne coopération.
 
L'édition limitée de "Devil's Ground" renfermera deux chansons mixées en 5.1. Qu'est-ce que cela apporte aux morceaux et avait vous le projet de sortir l'album entièrement mixé de la sorte ?
MS : Pour l'instant, je ne sais pas, mais je pense que de plus en plus de gens possèdent ce genre de matériel pour profiter pleinement du mix en 5.1, et ça a été vraiment un grand moment pour nous de faire cela. Je pense que cela apporte une nouvelle vision du mix.
 
J'ai entendu dire le même disque contiendra également une surprise, peux-tu nous en dire plus ?
MS : Nous avons enregistré une reprise de la chanson " Die Young " de l'album " Heaven & Hell " de Black Sabbath. Au départ, nous ne voulions pas inclure une reprise dans l'album, mais c'est toujours fun de le faire pour un bonus.
 
Qui a dessiné la pochette de " Devil's Ground " et quel est le concept derrière l'aigle que l'on retrouve sur chacune de vos réalisation ?
MS : Les fans ont aimé l'aigle depuis le premier album et petit à petit, cet aigle est devenu la marque de Primal Fear. Aujourd'hui cela permet à de nombreux fans de nous identifier instantanément, même sans le logo du groupe ! La nouvelle pochette a été faite par un artiste Russe, Leo Hao, qui a déjà travaillé avec Blind Guardian et Iced Earth auparavant.
 
Pour promouvoir votre album, vous allez partir en tournée en première partie d'Iced Earth, comment cela c'est-il décidé ?
MS : Nous avons pensé que cela ferait la tournée Métal de l'année. Iced Earth et Primal Fear plus une première partie assurée par les Finlandais de Thunderstone. C'est un bon package pour les fans et les pré-ventes se comportent bien. Deux concerts ont été déplacés dans des salles plus grandes et il reste encore 8 semaines avant le coup d'envoi.
 
A l'origine, vous aviez prévu une autre tournée où vous étiez en tête d'affiche, mais vous l'avez annulé pour pouvoir effectuer celle avec Iced Earth. Il semble que les groupes qui devaient ouvrir pour vous sont mécontents. Que c'est-il passé (lire en fin d'interview le communiqué de Brainstorm qui était avec Rob Rock l'autre groupe concerné) ?
MS : Nous avons annulé notre tournée car nos partenaires et nous même avons pensé qu'il était mieux pour l'avenir du groupe d'accepter cette belle offre d'Iced Earth. Sur notre tournée en tête d'affiche, nous devions prendre tous les risques financiers nous-même, c'est l'une des raisons pour lesquelles les autres ne devraient pas se plaindre. Mais en fait ce que tu dis n'est pas exact, Rob Rock ne s'est jamais plaint, il nous souhaite le meilleur et nous sommes toujours de bons amis. Nous avons pensé qu'il s'agissait d'une situation tout à fait compréhensible et qu'en aucun cas cela constituerait un point qui serait discuté en public par des gens qui ne connaissent pas l'histoire.
 
Pense-tu que la position de première partie d'Iced Earth est meilleur pour Primal Fear que celle d'effectuer une tournée complète en tête d'affiche, mais si les salles prévues étaient plus petites ?
MS : Simplement OUI. Iced Earth est un grand groupe avec de bonnes chansons et nous jouerons une heure, qu'est-ce qui pourrait clocher ? Nous sommes prêts et plus il y a de monde dans le public, mieux cela est pour nous. Nous avions effectué nos cinq dernières tournées en tête d'affiche, puis est venue la tournée avec Rob Halford aux Etats-Unis, et nous nous sommes bien amusés, même si nous n'étions pas en tête d'affiche. Nous allons essayer de prendre du plaisir en Europe cette fois.
 
Je vous ai vu au Wacken Open Air l'été dernier, comment appréhendez-vous ce genre de concert ?
MS : Wacken est toujours un concert à part, des fans de Métal de toute l'Europe, certainement de monde entier, s'y retrouvent. A chaque fois nous adorons jouer à Wacken et nous espérons y retourner très rapidement. (ndr : Primal Fear y est confirmé en 2004)
 
Ca a été très intéressant d'y voir également ton propre groupe Sinner, mais n'était-ce pas trop compliqué de jouer deux concerts différents en deux jours ?
MS : Si bien sûr, ça a été très dur pour moi et je ne referai pas la même chose dans les mêmes circonstances ! Même si le concert de Sinner a été le plus plaisant que nous ayons donné. Les fans nous ont réellement bien traités.
 
Sur quel matériel joue-tu ?
MS : J'ai à peu près 20 basses différentes de marques Warwick, Music Man, Gibson, Fender et Rickenbacker. J'utilise un Ampeg SVT Pro 2 avec deux baffles 8×10 Ampeg. Mon matériel comporte aussi un ampli Warwick Quad et deux baffles 4×10 de marque Warwick. Tout mon équipement peut être consulté sur me site web www.matsinner.com.
 
Utilises-tu le même matériel en studio et sur scène ?
MS : Oui, j'ai beaucoup de possibilités et je change en fonction des circonstances.
 
Fin 2003 a le premier DVD de Primal Fear a été commercialisé. Comment ce projet est-il né ?
MS : C'est fou. Nous avons vendu plus de DVD que nous ne l'aurions jamais espéré. Les critiques ont été bonnes, en fait cela s'avère une parfaite entrée en matière pour " Devil's Ground " ! Le montage du DVD a été une autre histoire. Ca a été très long de tout mettre bout à bout jusqu'à ce que nous soyons satisfait.
 
Beaucoup de groupes on réalisé ce genre de produit l'année dernière, étant impliqué dans Nuclear Blast, la réalisation de ces projets est plus aisée que pour les VHS ou s'agit-il simplement d'un effet de mode ?
MS : Le DVD est un bien meilleur support que la VHS et les enregistreurs de DVD vont très rapidement remplacer les magnétoscopes. En plus d'offrir une image claire et de grande qualité, les options sonores sont très intéressantes.
 
Le CD promo de " Devil's Ground " est protégé contre la copie. Des maisons de disques comme EMI ont eu des problèmes avec ce système, comme des jugements perdus en France, pense tu que ce procédé sera étendu aux disques du commerce ?
MS : La différence est qu'un CD promotionnel peu être protégé contre la copie sans problème, de par son usage. La version définitive ne le sera pas et donnera toutes les possibilités d'écoute aux fans. Discuter des problèmes des groupes, des maisons de disques, éditeurs et toutes les autres composantes de l'industrie du disque est une autre histoire et prend désormais trop e temps. Mais les fans doivent vraiment faire attention si ils veulent pouvoir encore voir leurs groupes favoris dans quelques années.
 
Primal Fear faisant quasiment un album par an, te reste-t-il du temps dans l'optique d'un nouvel album de Sinner ?
MS : En ce moment, je suis concentré à 100% sur Primal Fear. Nous allons tourner pour le nouvel album jusqu'à noël prochain et il n'y aura pas le moindre instant pour Sinner. Après cela, nous déciderons ce que nous ferons. Certainement un nouvel album de Primal Fear car l'esprit du groupe est à son sommet !
 

Un dernier mot pour nos lecteurs ?
J'ai toujours passé de bons moments à Paris. J'ai vraiment hâte d'être en mars pour le concert de l'Elysée Montmartre. Pendant ce temps, jetez une oreille à notre nouvel album " Devil's Ground " et un œil à notre nouveau clip vidéo " Metal Is Forever ".
 
Line up :
Ralf Scheepers : chant
Tom Naumann : guitare
Stefan Leibing : guitare et claviers
Matt Sinner : basse et chant
Randy Black : batterie
 
Site du groupe
 
Chronique de 
"Devil's Ground" (cliquer ici)
 
* Communiqué de Brainstorm :
 
18.12.03
Here's a statement from the whole band:
The rumors have come true, the Primal Fear / Brainstorm / Rob Rock Tour has been canceled, because of reasons you already know*.
So far, …so good. We can live with that. Tours get canceled for many reasons. But if only half of all this is true what we got to know the last two days about the when and how, we just say "fuck you"! This is not what "metal" is all about. We don't need false thank you and excuses, it would have been way more honest to simply tell us the truth about what's going on and when plans started to change.
We put all plans for our own tour on hold (this was our own decision, so we don't blame nobody else for this) due to being part of that tour, so for us it is just a question of honour, to inform people about when things are starting to change. Seems like some people give a shit about all that. Very metal indeed!
We always made our own way and have been true to ourselves and will do this in future, no doubt about it. Let's see if things will clear up but at this point and how things look right now, we are deeply dissapointed about this way of behaviour.
Anyway, we have already started making new plans and we will be back with a vengeance!
Brainstorm !
 

 

Impressionnés par la qualité de la dernière production du Radioactive de Tommy Denander, Yeah, nous avons cherché un peu à éclairer la genèse de ce second album et les motivations du principal animateur de ce projet.

tommy_denander

Une des particularités de cet album – et sur ce point il rejoint le précédent Ceremony of Innocence, c'est la multiplicité des chanteurs.

Pourtant à la base Yeah devait réellement être enregistré à la manière d'un vrai groupe plus que d'un projet. J'ai contacté Jorn Lande pour qu'il interprète tous les morceaux et, joint à Pat Thern à la batterie et à Chris Demming aux Backing vocals, cela devait prendre la figure d'un vrai combo. Mais il s'est avéré qu'avec Masterplan, Jorn Lande n'avait plus le droit de chanter pour des projets annexes. Donc j'ai dû laisser tomber.

Je me suis adressé à mon ami Geir Ronning, mon complice de Prisoner, auquel j'ai proposé de remplacer Jorn Lande. Il avait la voix pour le remplacer. Mais il avait d'autres engagements et avait du mal à trouver du temps à dégager pour Radioactive. Finalement il n'a chanté que sur quelques titres. J'ai donc diversifié les chanteurs. J'ai ainsi fait appel à Mikael Erlandsson qui avait effectué une super performance pour un morceau que j'avais écrit avec Chris Demming pour l'Eurovision Contest. Sa prestation nous avait pas mal soufflé et j'ai fait appel à lui, tant est si bien qu'il interprète maintenant quatre chansons sur l'album. Mais j'ai aussi contacté Kimmo Blom d'Urban Tale pour « Not That Innocent » car c'est un groupe d'amis depuis qu'on a travaillé ensemble… Les qualités vocales comptaient beaucoup mais aussi le contact humain. 

En fait l'ensemble a pris un peu la forme d'une suite d'incidents et d'opportunités. Et puis les amitiés et les échanges musicaux que j'entretiens depuis longtemps ont beaucoup joué aussi de telle manière que je me suis retrouvé avec cinq chanteurs. Mais je suis très content du résultat.

Oui car, malgré la multiplicité des chanteurs, on retrouve une profonde unité dans l'ensemble…

Effectivement, c'est ce que tout le monde me dit : c'est cohérent et cela sonne comme un groupe et non comme un simple projet. Et ce d'autant que j'ai la conviction d'avoir varié les morceaux et d'éviter les redites. C'est ma plus grande réussite ! Sur ce disque, on peut retrouver des chanteurs à la voix plutôt grave comme Geir Roning ou plus haut perchée comme Fergie Frederiksen. Et pourtant l'unité reste là. 

Je pense que cette unité tient à la manière de composer, c'est ma griffe, ma patte que l'on retrouve sur tout l'album qui fait la liaison. Et puis il y a une démarche spécifique que j'ai voulu adopter en faisant ce nouveau Radioactive : proposer quelque chose qui sorte du lot par rapport aux productions actuels.

Il faut dire que la qualité sonore exceptionnelle est pour beaucoup dans l'unité générale.

Même si l'album a été fait rapidement et que j'ai eu parfois la pression du temps, notamment dans le choix des chanteurs, la production a été très travaillée. Pourtant les chanteurs ont dû enregistrer séparément dans des studios respectifs car nous étions dispersés. Et pourtant il y a de l'agressivité qui perce, tout comme l'unité dont on parlait tout à l'heure. J'ai eu la chance de pouvoir me dégager du mixage sur quelqu'un d'extrêmement brillant, Anders « Theo » Theander. Je n'aime pas particulièrement mixer et si je peux me décharger de cette tâche avec en plus quelqu'un de fort sur le marché, c'est parfait.

En fait c'est peut-être ma manière d'enregistrer qui fait que cet album ne semble pas surproduit ni artificiel. Je suis très spontané. Quasiment toutes mes rythmiques sont faites en une seule prise chez moi, grâce à mes ordinateurs. Mes soli sont aussi très généralement fait à 90 % des cas en une seule prise. En fait je conceptualise très bien ce que je veux faire et une fois que c'est entendu, l'enregistrement peut se faire de manière très rapide et naturelle. C'est très important car je tenais à avoir un son net mais aussi avec de la dynamique et de la spontanéité. Sur ce point, une de mes références reste Van Halen. Tu sais que les prises du premier album étaient faites du premier coup et live ! Comme quoi la perfection n'a pas besoin d'être ruminée longtemps, longtemps.

J'aimerai évoquer le contraste entre les deux albums. On le perçoit au niveau du titre tout d'abord : Ceremony of Innocence cela ne sonne pas comme Yeah. 
C'est clair qu'il y a une certaine cassure : " Ceremony of innocence " c'est plus subtil, ça se prête à plusieurs lectures, on peut un peu extrapoler. Yeah c'est brut, direct. C'est l'impression que je voulais donner. Je voulais faire un album de guitare et cette fois elles sont très mises en avant. Je voulais ce son agressif et tranchant. Sur cet album, je suis plus proche de Giant ou Van Halen que de Toto par exemple. Alors que le premier album de Radioactive est très teinté de « West coast » avec un son plus aérien et plus léger. Et puis il y avait le jeu de Jeff Porcaro inimitable, qui donnait un aspect différent à la musique de Radioactive alors.

Cela signifie qu'il y a une différence entre le Tommy de 1991 (date de l'enregistrement du premier Radioactive) et celui de maintenant. Je pense à l'influence de Toto que tu as toujours revendiquée. 

Tout à fait : en dix ans tu peux imaginer tous les changements. Moi aussi j'ai entamé tout un périple musical, une forme de voyage personnel en quelque sorte. Mais attention : je reste toujours un fan des vieux Toto, notamment de la période Isolation. Je pense que l'on peut le percevoir sur un morceau comme « Demon ». Mais il est évident que j'ai beaucoup mûri et que les influences ne s'expriment plus de la même manière.

En fait, tu sembles suivre un peu inverse de ce que vivent la plupart des musiciens, lorsqu'on suit l'ordre chronologique entre les deux albums de Radioactive ? 

Oui ! En général, plus on est jeune, plus on est fou et on cherche l'agressivité, puis avec l'âge on prend de la bouteille et on met la pédale douce. Moi c'est tout le contraire : j'involue ! Je me fais plus agressif et " brut " que jamais !

Et il y a cette très belle ballade « Over You » qui est d'ailleurs la seule sur l'album… Elle sort du lot des ballades habituelles. 

Étant donné le contenu de mon album, beaucoup plus agressif, je ne pouvais pas multiplier les ballades, mais j'ai tenu à en mettre une. Toutefois elle est beaucoup plus sombre que de coutume dans ce type de morceau. Il ne s'agit en rien d'une ballade d'AOR classique, typiquement adressé à un public exclusivement féminin etc. J'y ai introduit des samples et des loops, plus une partie en arpège un peu déconcertante. Geir Roning y place de très belles parties vocales et il y a des cassures qui ne sont pas les crescendos habituels des ballades.

La couverture conserve cependant un côté AOR assez marqué avec ce paysage étrange et futuriste et cette pyramide. 

C'est Rainer Kalwitz qui un jour me l'a envoyé par e-mail. Il apprécie beaucoup ce que je fais et j'ai évidemment aimé. Il ne s'agit pas tant d'une couverture qui serait liée directement à des paroles du disque que d'un choix esthétique et artistique. C'est ce qui me touche et me plait. Et le thème des OVNIs qui est directement abordé dans l'illustration me touche particulièrement. Si tu veux tout savoir, je suis extrêmement intéressé par les OVNI et j'ai moi-même connu quelques expériences en la matière dans ma jeunesse. Mais on s'éloigne de la musique, là.

Justement, ton propos c'est d'apporter quelque chose de nouveau à l'AOR ?

Tout à fait. J'estime que le genre stagne depuis 10 ans : les productions sont médiocres et les groupes sont souvent peu inspirés. En plus il y a un phénomène de complaisance : toutes les critiques sont positives et les notes dans les différents sites pointent toutes vers au moins 80 sur 100. On comprendrait mal, en les suivant, pourquoi nous en sommes là. C'est un petit milieu, d'ailleurs pas toujours si honnête – voir les démêlés que j'ai avec Z record, où j'ai été directement escroqué par celui que je croyais être un ami -, qui reste bloqué sur une autre époque. C'est perceptible au niveau du son des productions notamment, qui est très daté années 80. 

Ceci dit le tableau n'est pas si sombre car on observe actuellement des groupes qui sortent du lot et qui apportent quelques choses. On the Rise et Urban Tale sont extrêmement talentueux. Et puis il j'ai la chance d'être bien soutenu par MTM mais un un autre label comme Atenzia fait du bon travail. Pour moi il s'agissait d'aller au-delà de tout ça, de placer de nouveaux standards pour l'AOR du nouveau millénaire. Ce n'est pas être prétentieux mais être exigeant. Et cet effort s'est fait au niveau de la production mais aussi des influences musicales. J'écoute beaucoup de choses diverses, cela va de la pop au groupe de métal progressif les plus récents comme du Dream Theater par exemple. Et tout cela se ressent, je suppose, dans ma musique.

Il y a certaines parties techniques très rapides sur « 7 am » ou « Make it Mine » qui pourraient relever de la musique progressive. 

Assurément. C'est une influence présente. En fait ma manière de composer n'est pas typiquement AOR même si c'est mon genre de prédilection. J'apprécie souvent les structures complexes, les rythmes syncopés, les contretemps et – comme tu l'as fait remarquer – les accélérations à certains moments. J'effectue toujours un gros travail en guitare rythmique. Sur certains points d'ailleurs je me considère plus comme un guitariste rythmique qu'un soliste. À chaque fois j'essaye de multiplier les parties rythmiques pas tant en surchargeant et en entassant les pistes, qu'en variant les parties et en cherchant à enchaîner les rythmiques .

Tu sembles non seulement travailler énormément tout ce que tu composes pour Radio-active et mais mettre tout ton cœur dans ce groupe…

Tu sais que j'anime pas mal de projets différents entre Prisoner, Rainmaker etc. mais pourtant Radioactive, c'est un peu différent. On a évoqué la possibilité que je sorte ce CD seul sous mon nom mais ça n'aurait pas eu de sens car Radioactive fait intimement partie de moi. Ce n'est pas que je ne m'investisse pas autre part, mais Radioactive c'est une partie de moi-même avant tout.

Propos recueillis par Baptiste par téléphone

 

Site officiel de Tommy Denander