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Alcatraz Festival Open Air 2025 – 8 Août

Son : bon dans l’ensemble
Lights : jolis sur la grande scène et l’Helldorado, parfois à la limite de provoquer une migraine ophtalmique sur la Swamp Stage
Affluence : des dizaines de milliers
Ambiance : plutôt bienveillante, quelques rares trolls, avinés trop tôt, à signaler.

Enfin nous voilà à l’Alcatraz ! Un rendez vous manqué trop souvent, notamment en raison de vadrouille au fin fond de la Bavière pour le Summer Breeze (on n’avait qu’à faire les deux, me direz vous, je n’en disconviens pas, pendant que j’y pense envoyez la moula sur le compte – payez le tour du monde permanent des festivals du monde entier au Hamster – je me ferais une joie de vous faire une étude comparative des chiottes de tous les concerts de la planète).

Premier drame à l’arrivée, devoir choisir entre un Coffin Feeder survitaminé qui dévaste l’Helldorado ou enfin revoir 3 Inches Of Blood qui rend si bien hommage aux vénérables groupes de la British Wave of Heavy Metal. Finalement, ce seront les Canadiens gore qui auront notre attention. Le groupe remporte un succès mérité devant un public conquis. On rejette un coup d’œil à Coffin Feeder qui maltraite les conduits auditifs méthodiquement, on regrette ce chevauchement.
Pas le temps de trainer, Frayle est en train de se produire dans le petit chapiteau près de l’entrée, la Morgue. Le doom atmosphérique du groupe fait son effet et le chapiteau plein à craquer est ravi, noyé dans les foggers. Snot prend d’assaut la grande scène, mais la prestation du chanteur nous laisse de marbre. Une pensée pour Lynn Strait, décidément irremplaçable.

On s’installe au frais dans la Swamp Stage, dont la programmation de haute tenue incite à élire ici mon nouveau terrier. Winterfylleth va livrer une prestation à la hauteur de sa solide réputation sur scène. Set list : First Light / Dishonour Enthroned / To The Edge of Tyranny / The Reckoning Dawn / A Soul Unbound / A Valley Thick With Oaks / Whisper of the Elements.
Wednesday 13 s’empare de la Prison Stage devant un public plus fourni, qui ne manque pas de se remuer avec les titres metal à la sauce années 80, délivrés par le groupe sûr de son fait. La fiesta, un poil sombre, passe bien l’épreuve de la scène.

La nostalgie est à son comble sur la Prison Stage quand arrive Phil Campbell & The Bastard Sons dont la setlist rend hommage à Motörhead, né 50 ans plus tôt. Les fans du groupe sont massivement présents et les titres bien exécutés avec un public ravi.  Il est temps de retourner dans la Swamp Stage, où le public s’époumone sur Take On Me de AhA, ce qui n’est pas la meilleure façon de se préparer à la déferlante qui va suivre. On est rapidement remis à notre place par des fans bataves aussi grands que torchés (alors qu’il n’est que 17h20) qui bousculent tout ce qui les séparent de la scène. Un Dying Fetus en forme livre alors un set envoûtant déconseillé aux plus fragiles.

La grande scène accueille Wind Rose, des italiens qui se prennent pour des nains perdus dans la Moria et qui chantent leur amour de creuser des trous. Visuellement amusant, sur le plan auditif, le Pavarotti / Demis Roussos qui fait office de frontman n’est pas des plus convaincants. On subit les assauts auditifs d’Absu, on jette une oreille à Wasp qui nous convaincra de nous en éloigner, pour enfin subir les assauts auditifs d’un Dark Angel percutant sur la Swamp Stage. On testera ensuite avec plaisir les gradins pour assister à une belle prestation de Mastodon sur la Prison Stage (quoiqu’en dise Brent, qui a bien du mal à digérer son éviction du groupe).

Viendra pour nous le point culminant de la journée avec Hypocrisy sur la Swamp Stage qui va sauter à la gorge du public et ne pas le lâcher jusqu’à la fin de son set intense. End of Disclosure / Left to Rot Play / Chemical Whore /  Inferior Devoties / Fire in the Sky / Buried / Let the Knife Do the Talking / Eraser / War-Path / Fractured Millennium /Adjusting the Sun / The Gathering /Roswell 47.

Après le rouleau compresseur suédois au sommet de son art, on a beaucoup de mal à être convaincu par Kreator sur la grande scène qui se donne du mal à prouver qu’il est bien une tête d’affiche, si Mille pouvait être un poil moins bavard pour commencer, ce serait déjà un bon point. Certes Violent Revolution est une bonne entrée en matière mais l’intensité n’est pas marquante.  Il a fallu trancher une dernière fois entre deux groupes, désolé pour les norvégiens de Slomosa qui avaient l’air de secouer la Morgue, on a opté pour Abbath. Un set totalement immortel, pour le grand plaisir des fans. Set list : Withstand the Fall of Time / Sons of Northern Darkness / In My Kingdom Cold / Beyond the North Waves / All Shall Fall / One by One / Damned in Black / Mountains of Might / The Call of the Wintermoon / Blashyrkh (Mighty Ravendark) / The Sun No Longer Rises

La première journée se termine avec un bilan déjà très positif pour un festival accueillant et bien organisé.

Stonehenge festival 2025

Affiche stonehenge festival 2025Steenwijk – Pays Bas

Son : variable (plutôt bon sur la grande scène, pas toujours à la hauteur sur la seconde scène).
Lights : discrets dans l’ensemble, affreusement moches pendant le set de Dismember.
Affluence : SOLD OUT
Ambiance : sympa, sauf en toute fin journée quand les zombis torchés incapables de se tenir debout te rentrent dans le lard.

Photos : cliquer ici.

Après avoir pris toutes les dispositions pour renvoyer l’équipe au complet (éviter le train, ses grèves, ses attentats,  ses pannes, penser à prendre des pneus neige cloutés montés sur un panzer capable de nager), nous revoilà prêts a passer la journée sur le parking ou se déroule l’ancêtre des festivals metal des Pays Bas.

Points positifs, une affiche alléchante et un public contenu a une jauge supportable (les organisateurs mettent un point d’honneur a rester sur le même lieu tout en refusant de céder à une expansion qu’ils voient comme une dérive). Points négatifs : pour la fraction belge, la bière locale, la Grolsch est un épouvantable attentat, une insulte au houblon. Et l’organisation maintient envers et contre tout son enchainement permanent des groupes sans réserver la moindre pause. C’est compréhensible de vouloir caler un maximum de groupes à l’affiche mais quand on veut mettre trop d’ingrédients, ça déborde et ça saoule.

Pour nous le festival va vraiment démarrer avec le groupe danois Maceration qui maitrise parfaitement le death metal à la manière de son voisin suédois, un set accrocheur a tel point qu’on va rester sur notre faim et regretter qu’il soit si court. Surtout que Burial Remains qui prend le relais sur la grande scène ne nous convainc pas plus que ça. Mais ils nous laisseront plus de souvenirs que Berzerker legion.

Les vétérans de Master marquent les esprits, le festival est grimpé d’un bon cran, plus d’ambiance, un set efficace. Disharmonic orchestra prend le relais, mais le côté avant garde progressif fait un poil retomber la kermesse. Macabre recevra un meilleur accueil, Massacre nous a incité a aller voir le festival de schlager local sur la grand place, permettant aux belges de sortir de l’asphyxie grâce à l’administration in extremis de Duvel en intraveineuse.

Puis vient le grand enchainement infernal, Malevolent Creation nous laisse perplexe, on a encore assisté à un show d’une sorte de cover band diminué qui fait ce qu’il peut mais sans vraiment décoller. Anaal Nathraakh laisse la rédaction divisée, des bonnes balances et un début de set horrible (en particulier au chant -inaudible-) ou un bon concert. Ce n’est décidément pas possible pour ce qu’il reste du groupe de convaincre sur scène. Un autre groupe de Birmingham suit sur scène, Napalm Death avec un Barney qui donne tout ce qu’il peut mais qui n’est pas au meilleur de sa forme. Une fois encore soit on a aimé les efforts de Barney, soit on est pour la retraite anticipée du groupe. Par la suite, Nile nous met tous d’accord, de près ou de loin ce groupe demeure toujours aussi pénible.
Autopsy, armé de lights et de fumée abondante est le seul groupe de la journée a rendre dignement hommage à Black Sabbath. S’ensuivra un set convaincant
Black Sabbath (Black Sabbath cover) (Intro Part) / Twisted Mass of Burnt Decay / In the Grip of Winter / Charred Remains / Service for a Vacant Coffin / Disembowel / Gasping for Air / Ridden With Disease / Pagan Saviour / Severed Survival / Critical Madness.

Et pour conclure la journée Dismember (dont le seul point négatif sera de mon point de vue de photographe le set de lumières moches), le groupe tient toujours fermement le flambeau du death metal suédois, et livre un set efficace mais un peu court, et donc un peu frustrant. Setlist : Soon to Be Dead / Casket Garden / Tragedy of the Faithful / Dismembered / On Frozen Fields / Fleshless / Skin Her Alive / Dreaming in Red /Override of the Overture

Quant à savoir si nous mettrons les pieds l’année prochaine a Steewijk ? Pas évident quand on sait qu’une semaine après la fin de l’édition 2025, le festival 2026 est déjà annoncé complet (alors qu’Asphyx, Benighted, Grave, Rotting Christ sont annoncés à l’affiche).

Comme tous les ans, le Muscadeath nous donne rendez-vous au Champilambart de Vallet. Depuis plus d’une vingtaine d’années, le festival est une bulle d’air frais où se retrouvent une poignée de passionnés réunis par l’amour du blast beat et du riff assassin.

En 2024, l’organisation n’a pas bougé d’un iota et c’est tant mieux. Pourquoi changer une formule gagnante ? Habitués et néophytes (re)trouvent donc facilement leurs repères. Niveau programmation, un menu attrayant mêlant noms établis et découvertes nous est proposé.

Cette année, nous ferons un focus sur les formations qui se sont distinguées lors de ces deux jours de fureur musicale. Et ce, sans dénigrer les découvertes (Ruyyn, War Inside et Malkavian) ; des valeurs sûres (Hate et Mortuary) ; la subtilité de Pénitence Onirique ; l’efficacité de Vorhees et d’Aborted qui puise malheureusement toujours autant son inspiration chez Carcass.

Houle, second groupe programmé lors de la première journée, a le vent en poupe : signature sur le label des Acteurs de l’ombre ; E.P et excellent album ; concert remarqué au dernier Hellfest. Houle prouve en moins de 3/4 d’heure que cette reconnaissance est méritée. Son black-metal épique nous conquiert avec ce concept original tourné autour de l’océan. Les musiciens sont au cordeau mais, ce qui impressionne le plus sont les vocaux de Adsagsona. Le public réserve un triomphe aux Franciliens. S’il continue sur cette lancée, Houle ira loin.

Dark Funeral est la tête d’affiche du premier jour. Le groupe de Lord Ahriman fait preuve d’un professionnalisme exceptionnel. Dès « Nosferatu », Dark Fu nous emporte dans un tourbillon qui ne cessera qu’avec «Where Shadows Forever Reign ». La troupe sait aussi se ménager avec un « When I’m gone » intense et touchant. Heljarmadr est un frontman charismatique, théâtral, aux vocaux efficaces. Les musiciens sont bien rodés et retranscrivent avec talent les classiques du groupe (« Ravenna Strigoi Mortii », « My funeral » , «Shadows Over Transylvania »). Si la fatigue commençait à poindre le bout de son nez, Dark Funeral procure un regain d’énergie pour l’ultime rendez-vous : Hail to Dark Funeral !

Disfuneral est la découverte de la seconde journée. Et quelle trouvaille ! En quelques notes et accords, nous devinons que Disfuneral a été biberonné au Sweadeath. Celui de Dismember, Entombed ou encore Nihilist. Voix putride, dissonances, pédale Boss HM2W et riffs ultra caloriques sont au rendez-vous. Les Nancéiens connaissent leur partition sur le bout des doigts et nous livrent un set enthousiasmant. Résultat, nous nous ruons sur leur premier album Blood red tentacle.

Nous n’aurions pas misé un kopec sur Karras. Imaginez le tableau, un groupe de death/grind avec un ancien Aqme et un membre de Mass Hysteria. La bonne blague. Et bien, nous nous trompions ! Tout d’abord, parce que Étienne Sarthou (ici à la batterie) a depuis longtemps fait ses preuves avec Freitot, Grymt et les excellents Deliverance et que Yann Heurtaux (guitares) a du se remémorer ses débuts au sein de Necropsy. Mais le vrai plus est Diego Janson, (ex Sickbag) qui insuffle une vraie dynamique au trio. Karras propose un show époustouflant où se mêlent un esprit punk cradingue, des riffs agressifs et une distorsion constante. Il n’en fallait pas plus pour se procurer leur dernier effort None more heretic.

Tout au long de la seconde journée, nous croisons beaucoup de spectateurs avec des t-shirts Bolt Thrower. Logique car l’avant dernier groupe est Memoriam, des vieux briscards dont Karl Willet est le beugleur en chef. Oui, celui de feu Bolt Thrower qui nous a enchantés pendant de nombreuses années. Et même si Memoriam n’est pas du même calibre que son précédent groupe, le quatuor propose un death-metal mid tempo lourd comme une enclume qui vous tombe sur la tête. Le set est plaisant ; Willet est heureux de dispenser la bonne parole. Ses acolytes (dont Frank Healy – Benediction, Cerebral Fix) assurent le job avec savoir-faire et humilité. Pépère peut être mais au final très efficace.

Comme toujours, le Muscadeath est une belle expérience. Un festival à taille modeste qui n’a pas les yeux plus gros que le ventre et dont le but est de satisfaire un public passionné avec une programmation de qualité sans cesse renouvelée. Donc merci pour tout à Ben et à Carnage Asso et vivement l’année prochaine pour l’édition 2025 qui aura lieu les 19 et 20 Septembre !

Nico.