Archive for the ‘ Live Reports ’ Category

Netherlands Deathfest II – 3 mars 2017

Première journée

Son : bon dans l'ensemble
Lights : moches sur les premiers titres, plus inspirés par la suite
Affluence : moyenne, record pour Terrorizer, tendance au dégarnissement pour Bloodbath
Ambiance : bonne
Moment fort : Bloodbath sur la Main Stage, Wormrot sur la second stage et Needful Things sur la Patronaat.

Une arrivée en douceur à Tilburg, sans nous perdre à Flenu et nous voilà devant la salle qui affiche clairement les couleurs :

Après avoir cédé au Netherland Deathfest Burger au Bacon, il est temps d'entamer les hostilités, impossible de s'approcher pour voir Ingrowing sur la second stage, la salle est blindée. Du coup nous avons le temps de nous placer au mieux pour assister à un concert tout en puissance d'un Exhumed en forme qui joue devant un public déjà nombreux. Un coup d'oeil à la seconde scène blindée ou Brodequin délivre une prestation musclée. 

Needful Things

On découvre sur la petite scène les tchèques de Needful Things qui sont déchainés et dont le grind donne envie de s'intéresser de plus près à leur cas. 

 Retour à la grande scène pour suivre un Discharge qui aligne une bonne partie de ses classiques (dont le fameux " Protest And Survive " revisité par Anthrax sur leur album "Attack Of The Killer Bee's"). 

Discharge

Puis les vétérans de Repulsion ne laissent rien paraitre de leurs trois décennies au compteur et délivrent leurs compos à pleine vitesse quasi sans temps mort (seul intermède quand le guitariste sera bien obligé de se démeler de tous ses cables). Scott Carlson et ses comparses livrent une prestation très convaincante.

Setlist :The Stench of Burning Death,Bodily Dismemberment, Splattered Cadavers, Slaughter of the Innocent, Acid Bath,Decomposed, Radiation Sickness, Festering Boils, Pestilent Decay, Death Dealer (Slaughter cover), Repulsion, Driven to Insanity, Eaten Alive, Crematorium, Schizo (Venom cover), Six Feet Under,Maggots in Your Coffin (avec Joacim Carlsson de General Surgery), Horrified

Terrorizer s'installe ensuite sur la scène principale, Pete "Commando" Sandoval ne tarde pas à martyriser ses fûts à la recherche du son ultime. Le temps de tout régler, et de prendre un retard certain, le voilà qui se précipite au micro pour crier son amour au public (c'était aussi émouvant que les cris d'amour d'Ozzy Osbourne ou de Lars Ulrich en fin de concert). Puis finalement Terrorizer s'ébranle devant un public fourni, pour interpréter son album "World Downfall". Mais le set laisse une impression de mollesse, tout cela manque de punch.

Wormrot

Et en désespoir de cause, voilà que le Hamster va jeter une paire d'oreilles sur la fureur de Singapour, le trio de Wormrot est particulièrement en forme sur la second stage.  Le groupe fait pleuvoir un déluge de coups sur le public, ravi, dans une salle remplie à ras bord. 

Enfin sur la scène principale, Bloodbath va livrer une prestation de tête d'affiche impeccable. Nick Holmes fait plus que le job, s'essayant entre deux blagues cyniques et coups de pieds au cul à ses collègues à un jeu de scène qu'on ne lui connaissait pas avec Paradise Lost. Très convaincant de notre point de vue, mais une bonne partie du public s'est éclipsée au cours du set, manifestement pas emballée…

Setlist : Outnumbering the Day,  So You Die, Mental Abortion, Breeding Death, Cancer of the Soul, Weak Aside, Let the Stillborn Come to Me, Ways to the Grave, Anne, Like Fire, Soul Evisceration, Mock the Cross, Eaten

Bloodbath

013 – Main stage :  Collision, Exhumed, Discharge, Repulsion, Terrorizer, Bloodbath  

013 – Second stage : Sick of Stupidity, Ingrowing, Brodequin , Gorgasm, Iron Lung, Wormrot, Martyrdöd 

Patronaat : Needful Things, Wojczech, Shrine of Insanabilis, Nocturnal Graves, Svartidaudi 

Pour la troisième date de son Magma Tour, Gojira pose ses valises à Nantes. Pour réchauffer un climat glacial, les Landais emmènent avec eux les grindeux de Nostromo pour une affiche d’anthologie.

Le Stereolux est bondé lorsque Nostromo déboule sur les planches de la salle nantaise. Il faut bien mesurer l’importance de la chose : cette reformation est inespérée et nous n’aurions pas misé un kopek dessus. C’est donc la bave aux lèvres que les Suisses assènent leur grindcore cru et violent. En quarante trop courtes minutes, Nostromo se révèle fidèle à sa légende. C’est un groupe sans concession qui revit sous nos yeux. Et même s’ils sont, selon leurs dires, plus vieux et plus gros, qu’importe, l’essentiel est préservé. Et ceux qui les découvrent grâce à cette tournée pourront se satisfaire de l’entière réédition de leur catalogue. Sur scène, il s’agit d’un retour gagnant. Désormais, nous attendons une suite sur album.

Depuis ses débuts, Gojira est un groupe généreux. Que ce soit dans une petite salle ou devant des foules immenses, l’attitude du groupe est restée la même : toujours en donner plus. Dès « Only pain », la messe est dite. Le son est massif et clair, le light show parfaitement en place : le public sait qu’il va passer un moment de qualité. La set-list contient six titres de leur excellent dernier album Magma (si vous n’êtes pas d’accord avec cet avis, je vous invite vivement à lire la chronique de mon ami Mister Patate) ; l’ensemble est d’une cohérence exemplaire : l’enchaînement « Stranded » / « Flying Whales » / « The cell » / « Backbone » en laisse plus d’un sans voix. Les quatre musiciens maîtrisent leur sujet et impressionnent au détour de riffs ou de break bien sentis. Si le solo de batterie est chiant (c’est bien simple, TOUS les solos de batterie sont chiants, qu’on s’appelle Mario Duplantier ou Bernard Minet, c’est le même tarif), on ne s’ennuie pas une seule seconde. Mieux encore : des années de concerts et de tournée ont transformé Joe Duplantier en un frontman affable et communicatif. C’est du tout bon.

Le public, rassasié, fait un triomphe mérité à Gojira, meilleur groupe français en activité et quitte la salle avec des étoiles dans les yeux.

Nico.

Le black-metal est un genre extrêmement codé : corpsepaint, cuir, clous et chant de Nazgul pour les puristes ; casquettes, lunettes, moustaches et vocaux maléfiques entrecoupés de voix éthérée pour les autres. Ce soir à L’Etage, l’ambiance se dirige logiquement vers la première option. Pour la tournée " The past is alive ", qui porte bien son nom, Mayhem et Watain regardent dans le rétroviseur. Les Norvégiens célèbrent le séminal De Mysteriis Dom Sathanas tandis que les Suédois se penchent sur le nécessaire Casus Luciferi.

Dès son entrée en scène, Erik Danielsson et son groupe n’y vont pas par quatre chemins : flammes, sang et cuir sont de la partie. Rien ne manque, tout le décorum est au rendez-vous pour ce cérémonial païen. Si The wild hunt n’avait pas tenu toutes ses promesses, Watain s’offre ici un retour aux sources salvateur. Danielsson est magnétique, animal ; une sorte d’Iggy Pop jusque dans des postures ultra rock’n’roll. Ses comparses dégainent les riffs ; leur haine est palpable. Watain sublime les compos de Casus Luciferi et s’impose, musicalement, comme le digne héritier de Dissection. Watain est, aujourd’hui, la représentation la plus pure de ce qu’on peut attendre du black-metal.

En ce qui concerne Mayhem, le constat est, somme toute, moins positif. Votre serviteur est le premier à le déplorer. Si Attila Gábor Csihar assure un show impeccable et que Jørn " Necrobutcher " Stubberud se donne comme jamais, une étrange impression se dégage : le groupe est en pilotage automatique. Mayhem nous offre le même " son et lumière " qu’au Motoculor. Mais ce qui fonctionne en festival ne marche pas forcément en configuration " concert ". Si " Freezing moon " et " Funeral fog " font toujours leur petit effet, l’ensemble est noyé dans un magma sonore sans nom. La batterie de l’invisible Hellhammer prend le dessus et il faut vraiment faire un effort pour reconnaître les morceaux pourtant joués dans l’ordre du cultissime De Mysteriis Dom Sathanas. Inacceptable, tout comme cette sortie de scène respirant le dédain. Tout le contraire de la tournée célébrant l’excellent Esoteric Warfare.

Watain a donc donné le meilleur concert de la soirée. Le groupe est en pleine forme, revigoré par ce retour en arrière. Il nous fait aussi saliver d’impatience en ce qui concerne la suite des évènements. The True Mayhem, lui, reste fidèle à sa réputation : en concert, c’est la roulette russe. Et aujourd’hui, le chien du pistolet a, hélas, frappé l’unique balle du barillet.

Nico.