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Les photos ici

L'an passé, j'avais assisté à la première édition du 'Fields Of War' Festival. Un petit festival avec un line-up composé de groupes locaux. Après une première édition réussie, l'organisation a décidé de remettre le couvert, avec 8 groupes belges au lieu de 4.

À l'affiche:
– Fireforce
– Everglow
– The Guardian
– The Wrong Kid Died
– Moon
– The Metalian
– Wings Of The Fallen
– Soul Collector

Le premier groupe, Soul Collector, est un groupe de Doom metal avec chanteuse qui vient de ma région (eh oui, faut se taper 130 bornes pour découvrir un groupe local, c'est typique). Le Doom, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé, mais ils avaient un bon groove et le côté théâtral était assez plaisant. 

Wings Of The Fallen, le deuxième groupe, avait aussi une chanteuse mais officiait dans un Female Power Metal assez simple mais efficace. C'st aussi un groupe assez jeune et la chanteuse ne me semblait pas tout à fait sûre d'elle sur scène, mais elle est sur la bonne voie. 

The Metalian est le premier groupe qui me convainc vraiment. Au chant, on retrouve le vieux chanteur du The Guardian et son entourage consiste pour le plupart des membres d'Assia, un autre groupe Belge. Du bon vieux FM Metal.

Apres The Metalian, on retrouve un des groupes qui était aussi présent lors de la première édition, Moon, mais avec un line-up radicalement différent. Au lieu du chanteur, on retrouve maintenant deux chanteuses, dont une provenant de Wings Of The Fallen. Apres le set de 'Wings Of The Fallen', on remarque visiblement qu'elle est plus a l'aise, mais le groupe manque du présence, un problème lié au manque d'expérience sans doute.

Bon, apres le Power Metal, il est temps de changer rythme : The Wrong Kid Died est un groupe de Metalcore, et effectivement, c'est du Metalcore : Comme ce n'est vraiment pas mon truc, j'en ait profité pour manger un Burger.

The Guardian alors, qui a aussi changé de line-up : aussi une chanteuse à la place du chanteur… mais quelle chanteuse! Cette dame un peu plus âgée se donne a fond et c'est bon, même très bon! 

Reste alors encore deux groupes…Everglow monte sur scène après The Guardian et, comme l'an passé au Thunderwolf Festival, ils donnent un show de haute qualité : un des groupes locaux prometteurs avec un symphonic power metal bien efficace.

Tête d'affiche, comme l'an passé : Fireforce. Je vous ai déjà parlé maintes fois de ce groupe belge qui a de l'expérience et officie dans un registre Metal classique efficace et traditionnel. Ce n'est pas un groupe de Power, ce n'est pas du Metalcore, c'est du metal pur et dur et j'adore. 

Pour un festival petit et pas cher (5 euros, c'est presque gratuit !), la qualité des groupes était assez élevée et cela prouve encore une fois qu'on doit supporter nos groupes locaux et les initiatives à petite échelle : c'est ce qui maintient la scène en vie !

Son : Bon.

Lumières : Bonnes.

Affluence : Un divan du monde plein à ras-bord.

Ambiance : Dévouée.

Moment fort : « Freezing Moon », what else ?

A regarder l'affiche, l'évidence s'impose : la soirée est placée sous le signe du metal noir. Il est donc fort logique que Merrimack y figure comme hors d’œuvre. Cette formation francilienne joue un black metal sans fioriture propre à satisfaire l'audience. Rien de révolutionnaire, c'est assez basique et très linéaire. Et le vocaliste, Vestal, en fait des tonnes. Insupportable ? Même pas ! Comme par magie (noire), ça fonctionne plutôt bien l'espace d'une demi-heure. Reste à savoir si le groupe réussira à s'extirper de la masse.

Merrimack (1)

Merrimack (2)

On ne présente plus Mayhem, ce précurseur du black metal norvégien dont l'histoire mériterait d'être adaptée sur grand écran (Harmony Korine, si tu tombes par hasard sur cette chronique…). Une chose est certaine : le groupe est vivement attendu par un public chauffé à blanc. Cela tombe bien, car ce soir , le « vrai » Mayhem ne décevra personne.

Fort d'une set-list puisant dans la quasi intégralité de leurs albums, Hellhammer et consorts prouvent que leur musique résiste à l'érosion du temps. Les quatre titres tirés de De Mysteriis Dom Sathanas sont acclamés, tout comme « Illuminate Eliminate », le formidable « Psywar » ou encore « Deathcrush ». Les 30 ans de Mayhem ne pouvaient pas être mieux fêtés.

Mhm (8)

Après un énième changement de line up (exit Blasphemer, enter Teloch), on pouvait craindre que cette nouvelle mouture de Mayhem soit encore en rodage. Il n'en est rien. Le groupe affiche une santé insolente. Necrobutcher s'implique au delà de tout et taquine le public. Hellhammer, planqué derrière son kit, martyrise avec brutalité ses fûts. Teloch enchaîne les riffs. Le guitariste s'est approprié, sans problème, l'ensemble du répertoire. Il réussit aussi l'exploit de synthétiser les différents styles de ses prédécesseurs. Impressionnant.

Et enfin, le fameux Atilla Csihar fait le show. Vocalement en forme ce dernier, au taquet, navigue plus que jamais dans cette interzone où le ridicule n'est jamais loin. Le voir danser une sorte de tecktonik avec son crucifix en os est un grand moment. Alors, génialement ridicule ou ridiculement génial ? La question se pose encore.

Mhm (15)

Le concert de ce soir est la preuve que Mayhem reste le groupe indispensable qu'il n'a jamais cessé d'être. En prenant de l'âge, en traversant les épreuves sans sourciller, il continue d'être à l'avant-garde d'un style qu'il a créé. Avec la sortie imminente de Esoteric Warfare, c'est un nouveau chapitre de l'histoire de Mayhem qui s'ouvre. Espérons qu'il soit aussi galvanisant et passionnant que ces trente premières années.

Nico.

Son : Bon, quoique un peu fort.

Lumières : Adaptées à chaque set.

Affluence : Un Trabendo plein comme un œuf.

Ambiance : Concernée.

Moment fort : Le final de Cult Of Luna.

Ce soir, éclectisme et variété musicale sont de mise. God Seed et Cult Of Luna sur une même affiche, ce sont deux mondes qui s'entrechoquent. Différenciables, les deux poulains de l'écurie Indie Recording ont pourtant quelques points communs : abrasifs, honnêtes, ils produisent une musique de qualité. Ce qui augure une bonne soirée.

God Seed débute le bal. Auteur d'un I Begin qui s'est avéré être une excellente surprise, King et Gaahl ne mégotent pas et agrippent l'audience par le col. Avec une set-list alternant morceaux de leur premier effort (« Lit », le single « This from the past ») et titres de leur ancien groupe (« Sign of an open eye », « Exit »…), God Seed remporte la mise. King fait un boulot impressionnant et ses compères tissent un black metal direct, efficace.

Mais les yeux sont tournés vers le chanteur : Gaahl. Il est magnétique, possédé et dégage une aura malfaisante. Ce personnage complexe et charismatique en DIABLE représente la définition de ce que doit être un chanteur de black metal : cru et sans concession. Difficile de croire qu'il s'agisse du même personnage, affable et sympathique, discutant un peu plus tard avec ses fans.

GS (1000)

Au bout d'une heure de show, le quintet se retire et laisse la place aux Suédois de Cult Of Luna. Et l'ambiance de basculer dans un autre univers.

Déjà évoqué dans nos colonnes, le cas Cult Of Luna en concert reste unique. Pas de demi-mesure : soit on adore, soit on déteste. Pour son dernier concert avant un break d'une durée indéterminée, le groupe de Johannes Persson se doit d'être à la hauteur. Banco. Cette soirée, si elle doit être le chant du cygne (même provisoire) du groupe en France, confirme tout le bien que l'on pense de la formation…

ART

Cult Of Luna, mené par le charismatique Fredrik Kihlberg, entame le débat avec quelques morceaux tirés du superbe Vertikal. Sévère et exigeant, le septet débute dans la sobriété un parcours de deux heures. La scène sombre, brumeuse (Cult Of Luna est un cauchemar pour un photographe de concert), est raccord avec cette musique hypnotique. On entre en transe, malgré une chaleur rapidement étouffante. Sensation troublée par le retour aux affaires, l'espace de quelques morceaux (« Ghost trail », « Beyond fate »), de Klas Rydberg, premier chanteur démissionnaire de l'époque Eternal Kingdom. Une très bonne surprise.

Copie de COL (44)

S'ensuit une montée musicale vertigineuse où les émotions, la violence musicale et l'atmosphère tendue se mêlent pour ne former plus qu'un. C'est sur un « Leave Me here » plus qu'intense que se conclut l'affaire. Une impression reste : les musiciens ont tout donné, la ligne de rupture n'était plus très loin. Ce concert s'est joué comme s'il s'agissait du dernier.

Épuisé, le public sort de l'étuve, conscient d'avoir assisté à une date inoubliable.

Nico.