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Le 16 avril, un petit tremblement de terre a ébranlé le mythique Spirit Of 66 a Verviers. La cause? Chris Slade.

 
Chris qui ?, se diront certains d'entre vous… Avant de vous dévoiler de qui il s'agit, je peux déjà parier que vous avez au moins deux albums, dans votre collection de disques, où il joue de la batterie. 
 
 
 
 
 
Chris Slade est un des plus grands batteurs du monde du Rock, et sa carrière est impressionnante : il a débuté avec Tom Jones en 1965 sur le single 'It's not unusual' et, depuis lors, il a parcouru avec, entre autres, Manfred Mann's Earth Band, Uriah Heep, The Firm, Gary Moore, Asia, et bien sûr, AC/DC.
 
Maintenant que vous savez de qui il s'agit, je suppose que vous savez déjà à quoi vous attendre dans le cadre d'un concert de CS/SC. Avec Keri Kelli, le guitariste d'Alice Cooper, Chris Glen, du Michael Schenker Group, Greg D du groupe 'The Beerdrinkers' et, enfin, Leon Goewie (du groupe Vengeance) au chant, il a mis un point d'honneur à décoiffer les auditeurs avec des hits d'AC/DC… Ca décoiffe !
 
 
Chris Slade est toujours une bête a la batterie. Pour réveiller le public, il a lancé le concert avec « Dirty Deeds Done Dirt Cheap », et la machine était lancée ! Keri Kelli manipule sa Gibson comme un véritable Angus Young, et Leon hurle comme si sa vie en dépendait. Chris Glen assure quant à lui la bassé, accompagné par Greg à la deuxième guitare. L'ambiance est là dès la première note et on se casse la voix, on s'éclate ! Pour un tout petit moment, le Spirit a des allures de Donington, et on voit clairement que ces musiciens, sur scène, s'amusent encore plus que le public. C'est CA, le Rock & Roll ! 
 
Les hits se suivent l'un après l'autre : « Back In Black », « TNT », « Whole Lotta Rosie »… un véritable déluge de riffs s'est abattu sur nous. 
 
Tu aimes AC/DC ? N'hésite pas à voir CS/SC si tu en as l'occasion… Tu ne le regretteras pas ! 
 
Setlist:
Dirty Deeds Done Dirt Cheap
Shot Down In Flames
Girls Got Rhythm
Back In Black
High Voltage
TNT
Money Talks
Hells Bells
You Shook Me All Night Long
Thunderstruck
Riff Raff
Whole Lotta Rosie
 
Rappels : 
Highway To Hell
Let There Be Rock
 
 

Son: Tout à fait correct, même si rien d'exceptionnel.
Lumières: Qui pètent, comme souvent au Bataclan.
Affluence: Seule la fosse était ouverte, et bien pleine… dans les 1000?
Ambiance: Très festive.
Moments forts: Le départ en cacahuètes complet sur «Triumph or Agony »… et le n'importe quoi généralisé qui s'en suit, jusqu'à la fin. Et les quelques moments de vocalises de Fabio, évidemment et dans la subjectivité la plus totale  (FabiooOOOOoooOOOooooOOOO!!!!)

Pas trop de retard aujourd'hui, la queue est encore assez grande quand j'arrive. La salle n'est pas remplie pour autant, loin s'en faut, mais il est vrai que le parisien aime arriver à la dernière minute, pour ne pas dire « pour la tête d'affiche, le reste n'a de toute manière aucune importance », dimanche ou pas. D'un autre côté ça me permet d'être sacrément bien placée: je décide de rester là pour les premières parties, voir si je peux me débrouiller à prendre des photos depuis la foule tout en profitant de la vue nickel chrome. Car je peux certes prendre des photos « depuis le public » les yeux fermés avec mon ancien appareil photo, autant avec le nouveau… ça serait une première, donc a priori plus difficile! Le premier groupe à jouer ce soir étant très poli, il attend que je me sois tranquillement installée avant d'entrer en scène, j'aime les gens qui ont du savoir-vivre comme ça.

La soirée italienne commence avec BEJELIT:

Je ne connais pas du tout, mais c'est plutôt bien. Surprenant comme première partie de Rhapsody parce que c'est plutôt violent, mais c'est bien fait. Et le chanteur est bougrement bon. Son entrée en scène est assez assez comique: le type se dépêche, comme s'il était en retard sur ce qui était prévu, en attrapant son pied de micro derrière lui on remarque qu'il avait prévu une pose genre « yeah, je suis arrivé, admire-moi public! » et qu'il est un peu déçu de ne pas la faire, mais qu'à cela ne tienne! Il pose son pied sur un des retours et nous fait un sourire pas du tout sincère car « complètement la tête ailleurs », pour poser 1 demi seconde chrono… complètement raté, mais il a eu son moment, c'était mignon tout plein. Autre moment d'anthologie du même chanteur quand il nous fait un espèce de « pointé Travoltien [type Saturday Night Fever] version metal »… je suis sûre qu'il est très fier de son mouvement. Il a une bonne attitude en général, c'est juste qu'il nous fait profiter de quelques intermèdes comiques… surtout aux yeux de personnes ayant les idées mal placées et trouvant des aspects comiques à à peu près tout, comme par exemple votre humble chroniqueuse. J'ai bien aimé l'attitude du « guitariste de gauche » aussi, peu vu « les types à droite » (un type de taille moyenne mais cheveux laaaarges devant moi, scrmbl) donc ne détaillons pas. Ah si, un dernier truc marrant: j'ai beaucoup aimé le « pas type marche effrénée » du chanteur accompagné des trois guitaristes et bassiste autour qui faisaient des « sauts-toupies », au début d'un morceau… assez surréaliste par rapport à ce qu'ils jouent, mais sur le moment je me suis complètement imaginée au Japon, avec des gens dans la salle qui feraient la toupie pendant que d'autres auraient des « pas type marche effrénée sur place », en fonction de leur membre préféré… et ça rendait excellemment bien dans mon imagination! Il me manque parfois le public japonais… enfin, parfois seulement, je préfère largement le côté tout fou des européens/français. Les français de ce soir leur offrent un bon acceuil, pas exceptionnel mais vu le style et sachant que les gens sont là pour Rhapsody (donc du bien plus calme) c'est déjà bien d'avoir bien plus que du « simplement poli ». Pour ma part, et même si j'aime beaucoup ce qu'ils font, je ne réussis jamais à vraiment rentrer dedans, paradoxalement. Peut-être parce que c'est quand même un peu violent comme introduction quand on va voir Rhapsody, peut-être parce que c'est suffisamment space pour ne pas être totalement immédiat, peut-être autre chose… en tout cas ils m'ont donné envie d'entendre ce qu'ils font sur album, et c'est bien le but principal d'un groupe de première partie.

Pause marrante, où j'entends des gens derrière moi commenter la prestation de Bejelit, disant en gros que c'était bien, mais… le son n'était pas très bon. Et que ça détaille qu'une des guitares n'était peut-être pas assez forte, ou la batterie, ou le chant… C'est pas pour dire, mais je crois que -beaucoup- de groupes de première partie, voire même de tête d'affiche, aimeraient avoir un son aussi bon, aussi équilibré que celui dont a bénéficié ce premier groupe italien du soir! Mais bon, chacun son avis il est vrai. Tout ça sur fond d'Edguy, d'ailleurs c'est « soirée 100% Edguy » entre les groupes, quelqu'un a dû ramener sa compilation!

Enchainons avec KALEDON:

Plus calme, donc plus proche du style de Rhapsody… mais aussi beaucoup plus simple: j'accroche beaucoup moins. Pour ne pas dire que je m'ennuie un peu sur certains passages. J'ai bien aimé le côté « costumes de scène », je trouve ça plus respectueux quand un groupe montre qu'il a pris le temps de réfléchir à la manière avec laquelle il allait se montrer au public. En dehors de ça… ils en font trois caisses mais rien d'insupportable et dans le fond on sent bien que c'est avant tout un groupe qui en profite tant qu'il est sur scène, quelque part ils savent bien que non, vraiment, ça n'est pas pour eux que le public est venu ce soir. Il faut aussi dire que le public leur répond bien, alors pourquoi se gêner? Je sais qu'il y a eu quelques trucs notables pendant leur prestation, mais comme musicalement ça ne m'a pas marquée plus que ça… j'ai déjà oublié les trucs marrants autour. Pour ma part je passe une bonne partie de leur concert à tester mon appareil photo « depuis la foule », voir si je dois aller dans la fosse aux photographes ou si je peux me contenter de rester là avec ma vue plutôt très bonne… et à me demander pourquoi la majorité de mes photos finissent complètement floues, alors que mes réglages devraient être suffisamment corrects pour qu'elles soient un minimum nettes, même si pas -merveilleusement- nettes… avant de m'apercevoir que je regarde en fait « sous » mes lunettes 1/4 de seconde, avant que l'image ne soit effacée du petit écran en bas du viseur… et que mes yeux n'ont pas le temps « d'accomoder » en si peu de temps… les photos sont donc nettes, ou relativement nettes, c'était juste mes yeux! *rires enregistrés* Je peux donc tester plus sérieusement, en donnant à mes yeux le temps de s'ajuster, et le verdict est sans appel: autant, de là où je suis, je prendrais des photos correctes les doigts dans le nez avec mon ancien appareil, autant avec le nouveau… je ne possède pas encore assez les réglages pour ajuster tout ça comme il faut rapidement. Jouons donc la prudence et allons prendre des photos depuis tout devant avant d'essayer de retrouver notre place ici-même…

…Je passe une bonne partie de la pause suivante à essayer de me trouver des repères « alors, une blonde là-bas, puis viser un tshirt de femme vert, un type en blanc juste derrière moi, la fille qui s'inquiète des pogos juste à côté… tel poteau, tant de clous à droite du poteau [si si!], etc. »: un grand moment. Quand je sens que la pression commence à bien monter, et espérant avoir bien imprimé ces points de repère dans mon cerveau, je pars sur le côté… et constate que vraiment, l'impression que l'on a d'un concert ou même d'une foule change complètement à quelques mètres près: au milieu de la foule trois secondes avant, je commençais à sentir ma petite boule dans le ventre annonciatrice de bon concert à venir, alors qu'à quelques mètres de là « sur la périphérie » je suis toute zen, aucune pression, limite je pourrais discuter de mes courses de la veille avec mes voisins! La différence est vraiment très soudaine, et grande, c'est… frappant.

Tobias finit par se taire (le best-of d'Edguy n'était pas mal du tout, mais on finissait par le connaître par coeur au bout d'un moment!), et RHAPSODY entre en scène:

Je commence par m'étonner qu'il n'y ait pas d'avancée des photographes, ceux autour de moi sont statiques, je m'avance histoire de voir ce qui se passe… Diantre! Les premiers rangs de fans sont directement « mains sur la scène! » Bon ben ça tombe bien, je n'ai pas eu le temps d'oublier mes points de repère: je retourne immédiatement à « mon coin à bonne vue », il n'y a pas encore un seul musicien en scène quand je le rejoins!

Les choses commencent gentiment avec « From Chaos To Eternity », mais c'est avec « Triumph Or Agony » que l'on passe aux choses sérieuses: un énorme pogo se forme très rapidement, il ne se mettra que rarement en pause, et encore uniquement pour headbanguer et/ou sauter un peu ici et là, et pourquoi pas bras-dessus bras-dessous sur une bonne largeur de la salle à l'occasion! L'ambiance était vraiment « au poil », du début à la fin. Bon, d'accord, Fabio [Lione, chanteur] en a peut-être trop fait avec les gens des premiers rangs (les « VIP », qui ont payé dans les 150€ un accès privilégié… en plus du prix du billet lui-même), à régulièrement faire des clins d'oeil à tel ou tel croisé dans la journée… m'enfin bon, disons que c'était de bon coeur? Et puis il en fait des tonnes avec tout le monde quand il est sur scène, on est un italien qui se donne en représentation ou on ne l'est pas après tout. Il a arrêté les simagrées avec son pied de micro aussi, très bonne chose… ou sinon je n'y ai pas fait attention, ce qui est très possible, mon cerveau ayant une capacité d'auto-censure absolument phénoménale. De manière générale, vocalement, Fabio a surtout été impérial ce soir… il nous a sorti de ces trucs, dont une montée entre deux chansons pas piquée des vers (il part du très grave et monte vers l'aiguë en un souffle, les doigts dans le nez, un truc de malade!), ou pendant une chanson où il tend le micro vers une fille qui lui chante supra bien le mot suivant, avec voix très juste et un peu lyrique: il lui « répond » en prenant lui-même une voix hypra lyrique, un truc de malade encore, etc. « Lamento Eroico » n'est pas dans leur set-list du soir, donc ça compense un peu! Staropoli [Alex de son prénom, claviériste] est un peu effacé derrière, peut-être moins qu'avant… de toute manière vu la tonne de fumigènes utilisée, il doit nous voir aussi peu (et aussi rarement) nous le voyons. Alex [Holzwarth, ou « imprononçable », de son nom de famille] assure toujours le boulot, et les deux nouveaux… seront plus à l'aise au fur et à mesure de la soirée. Des solos de basse et de batterie fortement dispensables par contre, car particulièrement peu intéressants…

Vu l'ambiance dans la salle (/les premiers rangs), je ne vous cache pas que prendre des photos (regardables) a été sportif: il fallait jongler entre les pogos, les slammeurs, les bras levés(, les lumières récalcitrantes quand on est éloigné), de temps en temps une petite percée dans les rangs de pogotteurs parce qu'ils se sont calmés, créant un magnifique trou béant et ainsi bon recul appréciable, le tout en restant le plus près possible des pogotteurs pour pouvoir profiter de l'ambiance. D'ailleurs, pour le solo de basse, je pars un peu à droite parce que vraiment de là où j'étais je ne le voyais pas le monsieur: quand je reviens, je cherche à reprendre un peu ma place, même gentiment en « partageant les lieux » avec une fille qui s'est mise à ma place… sauf qu'elle prend sa place et n'est pas du tout d'humeur à partager quoi que ce soit: en ayant marre, je lui passe devant et basta. En général je déteste faire ça, mais son attitude « j'y suis, j'y reste et je sais que je vaux mieux que le reste du monde » tenait un peu trop de la classe maternelle pour me plare. Mais avec le solo de basse, l'ambiance a beaucoup baissé: à deux personnes près, on passe du « chaud bouillant » au « juste tiède »… je finis donc par repartir vers les fous à droite, parce que sinon on s'ennuie trop!

Passons pour le reste, je pourrais détailler un paquet d'anecdotes mais ça serait trop long. Venons-en plutôt à l'essentiel, sachant que cette tournée est la première depuis le remaniement/split de l'année dernière et qu'aucun album n'est sorti entre-temps: qu'est-ce que vaut Rhapsody sans ses deux guitaristes et son bassiste, et surtout sans Luca Turilli? Eh bien… d'abord, il faut savoir que je suis un peu « groupie de Fabio Lione » sur les bords, à savoir que j'achète tout album sur lequel il chante, s'il chante un jour dans un endroit où je peux me rendre facilement vous pouvez être sûr de me voir dans la salle, etc. Ca a toujours été le cas (j'ai acheté l'album d'Athena à la fin des années 90, certains comprendront…), et ça n'est pas prêt de s'arrêter! J'admets qu'il n'a pas toujours été bon sur scène, par rapport à son jeu de scène du moins (parce que vocalement… voilà quoi!), mais aujourd'hui il est vraiment très bon… et tant pis pour les rabat-joie qui en restent à ce qu'il faisait il y a 10 ans. Sachant aussi que j'adore Rhapsody tout court, certes les derniers albums peuvent être plus lassants mais sur scène ça passe toujours très bien. Entendre et voir Fabio chanter ces morceaux est donc toujours un bonheur absolu? Les nouveaux venus donnent un peu trop l'impression désagréable de faire leur boulot et point. J'admets cependant complètement que les anciens, sauf Luca évidemment, avaient exactement le même rôle (« fais ton boulot et tais-toi ») et donnaient exactement la même impression quand ils ont commencé à tourner avec Rhapsody (Luca, Fabio et Alex compris, sur le coup): laissons du temps aux nouveaux.

Par contre il est impossible de ne pas chercher à comparer Luca et Tom Hess au niveau du jeu, puisque le dénommé Tom est quand même censé remplacer Luca au moins pour ce qui est de jouer de la lead. Et là… il maîtrise très bien les gammes et les arpèges. Pas de problème. Il lutte un peu quand il faut jouer vite, mais il s'en sort bien, et ça n'est pas comme si ces passages étaient faciles à jouer au départ (ou comme si Luca lui-même les jouait absolument toujours sans la moindre erreur). Mais… ça reste trop dans la facilité, ça manque de feeling, c'est… ça ne correspond pas vraiment à ce qu'on attendrait dans Rhapsody. Et il se plante régulièrement même en trichouillant sans arrêt sur ces versions simplifiées, 'tudju! Il n'y a qu'à voir ce qu'est devenue « Reign Of Terror », par exemple… M'enfin, on verra bien avec le temps comment il évolue. Je suis loin d'être une spécialiste de la guitare de toute manière: autant pour un claviériste je peux parler en toute connaissance de cause, autant pour un guitariste je préfère ne pas trop m'avancer! Ca m'aurait amusée d'en discuter avec un certain guitariste entre-aperçu à la sortie d'ailleurs, mais il s'est fait embarquer pour aller dans un bar quand je commençais à ranger mon appareil photo pour tapoter l'épaule (oui, j'aime prendre des photos sans intérêt… à n'importe quelle occasion, en fait!)… mais quelle idée d'aller dans un bar après un concert, vraiment! Plus sérieusement: ce concert donnait vraiment l'impression que c'est Fabio et Alex qui portent maintenant le groupe sur leurs épaules. Fabio pour la partie « communication », et vocalises évidemment, Alex pour tout ce qui est musical (sur la plupart des trucs complexes que lui et Luca jouaient « en duo », il n'y a plus qu'Alex qui les fait vraiment, Tom simplifiant et se contentant d'accompagner ces passages; oui, je sais qu'Alex utilise des samples pour ces parties, mais restons sur le principe!) Au final, je ne peux pas m'enlever de l'idée que ça va me manquer d'entendre Fabio sans Luca, et Luca sans Fabio. M'enfin « le Rhapsody de Staropoli » aurait trop perdu si Fabio aussi était allé voir ailleurs, je suppose… on verra bien.

Set-list de Rhapsody:
(Intro: Ad Infinitum)
From Chaos to Eternity
Triumph or Agony
Unholy Warcry
Lost in Cold Dreams
Land of Immortals
Aeons of Raging Darkness
-solo de batterie
The March of the Swordmaster (rallongée au milieu)
Dawn of Victory
-solo de basse
The Village of Dwarves
The Magic of the Wizard's Dream
Holy Thunderforce
– Rappels 1 –
Reign of Terror
Knightrider of Doom
– Rappels 2 –
Epicus Furor
Emerald Sword
Heroes Of The Waterfall's Kingdom – The Splendour Of Angel's Glory

Conversation marrante à la fin du concert, alors que je suis en train de discuter avec « un habitué des concerts de Rhapsody »: un vigile arrive pour nous dire que « écoutez, maintenant, soit vous faites signer quelque chose, soit vous partez! » (beaucoup moins agressivement qu'ils ne l'auraient fait à l'Elysée-Montmartre ceci-dit, c'est toujours plus agréable) S'attendant à voir les groupes de première partie qui en train de signer des trucs au merchandising, nous tournons la tête en disant: « boh non, a priori c'est bon on va pouvoir… aaaah bah non! C'est les gars de Rhapsody! » Ils ont juste pris le temps de se mettre un coup de serviette dans la figure a priori, et hop les voilà derrière le stand de goodies à signer tout ce qui se présente, c'est sympa! Enfin, « ils »… Alex et les deux nouveaux guitaristes. Mais bon, c'est toujours ça, ils ont bien pris le temps de signer tout ce qui se présentait, discutant avec qui voulait etc. D'ailleurs j'ai eu droit à l'histoire de l'entrée de Tom Hess dans le groupe, puisque quelqu'un devant moi lui a posé la question, voici donc l'Instant Biographie:
[/Biographie Mode On]
En 1998 ou 1999, le jeune Tom Hess entre chez un disquaire aux Etats-Unis [oublié quelle ville]. Quand il entre, il entend la première note du premier album de Rhapsody, et c'est la révélation. Il devient fan du groupe, et surtout de son chanteur. Il se dit immédiatement: « UN JOUR, JE JOUERAI DANS CE GROUPE! », c'était devenu un véritable but dans sa vie! Alors il travaille, travaille, et en 2004 il envoie un enregistrement à un responsable de label [il a littéralement dit « pas Nuclear Blast, tel-autre-label », mais j'ai zappé le nom qu'il a cité; a priori celui de Joey DeMaio, où Rhapsody fût pendant un temps, et ça serait logique vu la suite], en disant en gros: « voilà ce que je fais, j'aimerais bien travailler avec Fabio Lione? » On lui répondit que pour Fabio ça ne serait pas possible, par contre il y a ce nouveau groupe qui cherche un guitariste: c'est comme ça qu'il a rejoint HolyHell [qui est sur le label de DeMaio]. Ensuite en 2011 Luca lui proposa de rejoindre le groupe, six mois après le dit-Luca quittait le groupe pour faire son truc de son côté… et voilà!
[/Biographie Mode Off]
(Enfin, c'est sa version, il y a sans doute de l'édulcoré ici et là… mais passons, « cela ne nous regarde pas ».)

Je décide de rester autour de la salle après le concert, voir comment tout ce monde se comporte envers « les fans tardifs »… et pour voir si Fabio continue d'être de bonne humeur envers les fans, après « l'épisode Kamelot ». Mais les gens désertent dans les bars alentour petit à petit, pendant que je m'amuse à traficoter les réglages de mon appareil en photographiant les arbres autour (ne jamais me laisser seule avec un appareil photo et la capacité de tourner autour de trucs… complètement improbables):

…et encore, il n'y avait pas de pigeon dans le coin! [<- Phrase très pertinente, sérieusement, je vous promets.]
Le temps de sortir de ma rêvasserie il n'y a plus personne autour, à entendre deux petits jeunes qui revenaient de je ne sais où Fabio venait de passer tranquille (puisqu'il n'y avait personne pour l'arrêter)… et je suis tellement sur mon petit nuage que je me mets à fredonner cet air « que je ne sais pas du tout d'où il me vient, mais je le chantonne depuis toujours dès que je suis zen-cool-tranquille-bien, par contre impossible de m'en souvenir quand je ne suis plus dans cet état d'esprit! »: autant rentrer en profitant de cet état d'esprit très positif!

Je t'autorise donc à retourner à « ta vraie vie », Ô Lecteur qui a eu la patience de lire jusque là. Je suis trop gentille, je sais, ça me perdra.

– Polochon.
Photos de Rhapsody (celles des premières parties sont loin d'être merveilleuses: je vous les épargne.) –

Accept (+ Hell mais pas vu) au Bataclan à Paris, le 6 avril 2012

-AVERTISSEMENT: COMPTE-RENDU LONG-
(Et à fortes tendances à la digression.)
(Z'êtes prévenus.)

Dès le matin, cette journée a été placée sous le signe du n'importe quoi généralisé: je m'aperçois à la dernière minute que j'arriverai certes à temps pour Accept, mais aucune chance pour que je voie la moindre première partie… ma foi, il faudra donc rapidement se mettre dans le bain! Puis, dans le milieu d'après-midi, le doute m'assaille: c'est dans quelle salle déjà ? J'ai oublié de regarder en partant ce matin, et aucune connexion internet à proximité pour aller vérifier! Parce que je pourrai voir Accept en entier, et sans problème, si je vais directement à la bonne salle… mais si je me trompe, le temps de retraverser Paris… ben ça sera mort, en fait. Je ne vous cache donc pas qu'en arrivant devant la salle, sachant que le Bataclan a la bonne habitude d'inscrire en grosses lettres noires sur sa façade le nom de celui qui joue le soir, mon premier réflexe n'est même pas de traverser la route, mais de scruter « les lettres du soir »… à condition qu'il y en ait tout court, d'ailleurs: il est tout à fait possible que personne n'y joue ce soir! D'où un énorme "ouf" de soulagement en constatant un énorme "ACCEPT" depuis l'autre bout du trottoir: je suis bien au bon endroit, j'ai certes raté toutes les premières parties, mais je suis largement à l'heure pour Accept, ouais!

Premier « Oh, ça faisait longtemps ! » de la soirée devant l'entrée de la salle, en croisant quelqu'un déjà vu à Steel Panther deux semaines avant: fut une époque on pouvait se croiser plusieurs fois par mois, concerts obligent, mais là ça faisait des années qu'on ne s'était plus vus? Et là, deux fois en deux semaines… ça faisait longtemps!

Mais je dois faire vite: il faut récupérer un pass photo, sortir l'appareil, enlever le manteau et tout le bardas, se frayer un chemin vers l'avant alors que la salle est déjà assez pleine (mais pourquoi y a-t-il toujours un embouteillage humain autour du bar, on se le demande!)… or je suis déjà plus qu'en retard! Donc je fonce, qui m'aime (ou pas) me suive (ou pas).

Le temps de préparer l'appareil photo comme il faut, ACCEPT entre en scène:

Nous entrons en rang d'oignons dans "la fosse aux photographes", j'en profite pour réajuster mes lunettes dont les branches sont un peu écartées en ce moment… et là, malheur!, le pont se plie en deux.
[Petit aparté historique]
Episode 1: 2006, Polochon est au Japon pour suivre la première tournée d'un groupe… dans la continuité d'un groupe qu'elle vénère, pour résumer. Sur la dernière date, à Tokyo, pendant une chanson tendance ballade qu'elle aime sans plus, elle attrape ses lunettes pour les nettoyer un peu: Oh ben ça c'est drôle, la branche gauche reste sur son oreille! Elle n'a que la branche droite et la partie avec les verres en mains! Bon, ben nettoyons et remettons tout ça à peu près en place, on fera réparer en France, autant mettre un bout de scotch discret après le concert… [j’ai réussi à faire de sérieux exercices du cou sans faire voler mes lunettes pendant le reste du concert, ne me demandez pas comment…]
Episode 2: 2007, Polochon est au Japon pour autre chose et profite de l'occasion pour aller au "concert de Noël" du même groupe. Pendant une chanson tendance ballade, sans doute la même, elle remonte ses lunettes qui commencent à tomber de son nez. Et… tiens, c'est marrant, on dirait que ça remonte au milieu et à droite, mais pas à gauche? [Attrapant les lunettes par la branche droite, pour les enlever/faire pivoter un peu] Oh, ben ça c’est drôle, la même branche gauche s’est cassée! Apparemment le même truc brisé dans la partie avec une petite vis! Heureusement que Polochon rentrait en France deux jours après!]
[Fin de l’aparté historique]
J'essaie donc de remettre le pont en place, en évitant de le briser, histoire d'éviter un "épisode 3"… j'ai à peu près réussi, à savoir que si vous regardez ces lunettes de haut vous voyez que ça n'est pas tout à fait droit, mais de face on n'y voit que du feu! Il n'empêche que, sur le moment, j'ai vécu un grand moment d'amusement, sur le thème du: « Oh, ça faisait longtemps ! »…

Rien que pendant ces trois chansons passées à photographier, je trouve que leur manière de communiquer ou interagir avec le public sent beaucoup le pre-fabrique. On pourrait me dire que c'est fréquent avec les groupes qui ont de la bouteille, et c'est sans doute vrai… mais si vous prenez un groupe comme Saxon, qui est certes une exception pour beaucoup de choses, ils ont de la bouteille, beaucoup, et pourtant ils sont loin d'avoir une attitude qui sent le pre-fabriqué! Herman Frank, "le guitariste de gauche" est un peu bizarre aussi, limite à bouder même s'il n'a pas forcément l'air de mauvaise humeur… 'zarb. Wolf Hoffmann (« le guitariste de droite ») en fait des tonnes, un peu trop pour que ça paraisse même sincère, mais on va dire qu'il assure le spectacle. Au final seuls Mark Tornillo ("le chanteur") et Peter Baltes (« le bassiste ») ont une attitude à peu près normale etc. Très en voix le dénommé Tornillo d'ailleurs, évidemment Udo peut manquer sur certains titres mais le passé est le passé, et à la rigueur c'est pas plus mal en concert de voir un type qui se bouge sur scène que quelqu'un qui reste planté au milieu du début à la fin.

Le public répond de bon coeur, même si c'est surtout devant que ça bouge vraiment, derrière… ça reste assez calme. Enfin, si vous oubliez les quelques hurluberlus derrière moi: déjà en revenant de mes photos, cherchant un endroit où je pourrais voir correctement et avoir son correct, le type croisé à l'entrée m'attrape par le cou pour me coller une énorme bise: il a de la chance que ma phase "on me touche = je me liquéfie sur place" soit terminée depuis quelques temps! Par contre aucune chance pour que je "saute en choeur" quand ils s'attrapent bras-dessus bras-dessous, c'est gentil d'essayer de m'y inclure… mais là y'a trop de contact si je ne suis pas à 200% dans ce qui est joué je suis encore trop "consciente" pour ne pas paniquer si autant de surface est touchée d'un coup! Bouah, vade retro! Il y a des choses qui ne se perdent pas, eh non eh non… Mais donc: comme ils sont à un endroit où on entend et voit bien, j'en profite pour rester dans le coin au début… même si je trouve qu'on n'entend pas assez la basse? Bon allez, essayons de nous décaller à droite… mouais, le son est certes meilleur, mais la vue très mauvaise: retournons apprécier le spectacle! Je me retrouve un peu devant les hurluberlus décrits au-dessus, qui font tellement les zouaves qu'à un moment je m'aperçois qu'il y a un petit trou derrière moi, de temps en temps je sens des cheveux en furie dans mon dos, enfin on va dire qu'il y avait "un mini-coin très ambiancé" dans le fond quoi! A un moment je vois même un Organisme Génétique s'installer à ma gauche [si si… désolée, j’ai trop vite bifurqué sur « O.G.M. »], des années que je ne l'avais plus vu dans la foule à un concert, une ou deux fois il est parti complètement en cacahuètes tellement il était dans le truc: là aussi de grands "Oh, ça faisait longtemps!" Pendant ce temps des trucs volent régulièrement ici et là dans les premiers rangs, en particulier une écharpe qui a d'abord été tournée au-dessus d'une tête de manière très énergique, avant d'être lancée en l'air dans un mouvement d'une esthétique rare, c'est tout juste si elle n'a pas touché le plafond. Je suis encore toute émue en me remémorant cette performance artistique; la pauvre écharpe a apparemment été perdue, mais son propriétaire peut se réconforter en se disant qu'elle a vécu un dernier instant de bravoure qui marquera les mémoires. Au moins.

Le son est globalement bon… jusqu'à ce qu'une enceinte déclare forfait (je suppose). A savoir que quand ils commencent "No Shelter", on entend un bruit bizarre au niveau des enceintes… et le son devient minable? L'ambiance tombe comme un soufflet dans la salle, attendant de voir comment ça allait tourner, parce que c'est juste impossible d'apprécier un concert avec un son pareil. L'Organisme Génétique se tourne rapidement vers moi (ou l'ingé-son derrière moi, aussi), voir si c'est juste ses oreilles… mais non, tu peux en croire mes sourcils pliés au possible, le son est bel et bien devenu aussi pourri qu'il était bon la minute d'avant! Il part immédiatement vers l'avant, sans doute pour voir d'où vient le problème et comment gérer ça. Le groupe continue de jouer, enchaine sur "Pandemic"… et le public commence à lancer des huées, "LE SON!!!", pendant que dans les gradins certains font des simagrées pour montrer qu'il y a vraiment un énorme problème de son. "The show must go on", nous le savons tous, mais pas forcément dans n'importe quelles conditions! A la fin de cette chanson, le groupe finit par dire quelques mots pour dire qu'ils vont essayer de voir ce qu'ils peuvent faire, on peut aller au merchandising etc. en attendant, et "tuti quanti". Ils mettront 10mn à revenir, mais le son est à nouveau très bon, ils refont "Pandemic" histoire de, et le public est à nouveau remonté comme un ballon, sans doute plus encore qu'avant cette pause forcée!

Globalement, ce concert fut donc bon, voire très bon. Malgré tout… un petit quelque chose indéfinissable fait que je n'arrive jamais à rentrer dedans à 100%, les bons moments s'enchaînent avec les très bons, mais… je m'amuse certes, mais sans jamais décoller. J'attendais certainement plus de ce concert, surtout suite aux commentaires sur leur tournée précédente, d'où une petite déception peut-être? Mais bon, rien n'est jamais parfait en ce bas monde: c'était déjà très bien comme ça.

Set-list d'Accept:
(Intro: Heaven And Hell, de et par Black Sabbath)
Hellfire
Stalingrad
Restless And Wild
Living for Tonite
Breaker
Son Of A Bitch
Bucket Full Of Hate
Monsterman
Shadow Soldiers
– Solo de guitare: Wolf Hoffmann)
Neon Nights
Bulletproof
Losers And Winners
Aiming High
Princess Of The Dawn
Up To The Limit
No Shelter
Pandemic
(Pandemic le retour, avec un bon son)
Fast As A Shark
-Rappels-
Metal Heart
Teutonic Terror
Balls To The Wall

Petite note comique à la fin du concert, pour un dernier "Oh, ça faisait longtemps!": deux types viennent vers moi me demander si je pourrais leur faire passer mes photos, puisque "vu le matériel tu as forcément pris de bons clichés"… euh, ouais, enfin c'est uniquement le troisième concert que je couvre avec, je suis donc loin, trèèèèès loin de le posséder parfaitement! Mais là n'est pas la partie comique: ils en viennent à me demander si je viens à tous les concerts, automatiquement, mettant du temps à comprendre que je suis là par plaisir, non ça n'est pas en tant que pigiste qui n'en a rien à faire mais bien parce que j'aime cette musique, oui quelqu'un avec mon style peut apprécier cette musique, bon ok je vous le répète une deuxième fois, bon ok une troisième, etc. J'ai vraiment dû réfreiner un fou-rire en entendant leur "non parce que, quelqu'un avec ton style, tu n'aimes certainement pas…", ça faisait tellement longtemps, limite ça m'a donné envie de ressortir le kilt avec le pull rose et le hérisson pelucheux si je décide d'aller au Hellfest finalement, histoire que les gens comprennent bien pourquoi ils se font cette remarque en me voyant… Parce qu'ils ont mis du temps à comprendre, les bougres. C'est vrai quoi, il est inscrit dans le marbre que quelqu'un qui apprécie le metal s'habille forcément en noir, si c'est une fille les trucs moulants un peu gothiques sont un passage obligatoire, etc. etc. Bah tiens, et n'oublions pas de toutes passer à la casserolle en coulisses après un concert, surtout si c'est un groupe des années 80!
…Et après les metalleux viennent se plaindre des clichés qui ne leur plaisent pas, non mais j'vous jure…

– Polochon
Photos d'Accept. –