Archive for janvier, 2010

Convulse – World Without God

convulse-worldComme je le disais dans ma chronique de Nirvana 2002, le Death old school a le vent en poupe, cela ne fait aucun doute ! Que ce soit dans le cadre de compilations plus ou moins réussies (la compil Swedish Death Metal faisant d’ailleurs figure de rétrospective idéale dans le genre), de nouveaux groupes désireux de faire revivre ce Death à l’ancienne (les Suédois de Katalysator, entretemps devenus Invidious) ou d’anciens groupes soudainement revenus à la vie (Nirvana 2002 qui monte sur scène, Seance qui fait son retour avec un nouvel album 16 ans après leur dernier méfait en date), le Death old school semble omniprésent.

Relapse l’a bien compris et a décidé de fouiller dans ses archives pour nous faire redécouvrir quelques-uns de ses anciens groupes disparus trop tôt. Après Nirvana 2002, voici le tour de Convulse, combo finlandais disparu il y a 16 ans, après la sortie de Reflections, leur deuxième album, mais nous nous intéresserons à World Without God, premier album du groupe qui vient d’être réédité après avoir été agrémenté de quelques bonus.

Bien que cet album ait déjà 18 ans, il convient de reconnaître qu’il a bien vieilli, mine de rien ! À l’instar d’un Grave, Convulse nous balance dans la tronche un Death Metal gras, lourd, malsain. Après une brève intro mêlant piano et violons, World Without God, le titre éponyme, déboule sur un riff pachydermique avant que Rami ne se mette à chanter… enfin, chanter, gronder serait un terme plus adapté, tant son timbre grave semble tout droit sorti d’un caveau. Chaque morceau frappe fort, cette prod’ loin d’être parfaite renforce encore cette sensation de frénésie, d’énergie que l’on ressent à l’écoute de l’album. Les versions démo, quant à elles, sont relativement proches des versions finales, à tel point que l’on est en droit de se demander si elles étaient absolument nécessaires sur cette réédition (les fans du groupe étant peut-être parvenus, à l’époque, à mettre la main sur une édition originale de la démo en question).

Pour un premier album, Convulse avait, à l’époque, frappé très fort, mais peut-être n’était-ce pas suffisant pour se distinguer… Eh oui, c’était la grande époque du Death scandinave : Grave venait de sortir You’ll Never See, Entombed avait sorti Left Hand Path et Clandestine peu de temps avant, Dismember nous avait claqué Like an Everflowing Stream… Pas évident de se démarquer, n’est-ce pas ? Malheureusement pour eux, là où Entombed, Grave ou Dismember ont poursuivi leur carrière avec succès, Convulse mettra la clé sous le paillasson deux ans plus tard alors que leurs albums étaient tout aussi prometteurs que ceux de leurs rivaux… Dommage, qui sait où serait Convulse aujourd’hui s’ils avaient persévéré…

Mister Patate (08/10)

www.facebook.com/Convulse

Relapse Records / 2010 

Tracklist : 1. Introduction 2. World Without God 3. Putrid Intercourse 4. Incantation of Restoration 5. Blasphemous Verses 6. False Religion 7. Resuscitation of Evilness 8. Infernal End 9. Godless Truth 10. Powerstruggle of Belief 11. Putrid Intercourse (demo) 12. Godless Truth (demo) 13. Resuscitation of Evilness (demo) 14. Powerstruggle of Belief (demo) 15. Countess Bathory (live) 16. Incantation of Restauration (live)

 

Jorn – Dio

jorn-dioUn mot rapide, avant d'entamer cette chronique de la dernière réalisation de Jorn Lande, sur l'objet de l'attention du chanteur norvégien : Ronnie James Dio. La nouvelle de son décès a beaucoup secoué le petit monde du métal et sa mort a pris un aspect très symbolique, sans doute bien plus que celle de Peter Steele. Expliquons pourquoi. 

Dio, immortel comme sa musique ? 

Dans l'imaginaire de ses fans – et ils étaient nombreux – Ronnie James n'était en rien associé à la morbidité comme l'était Steele, malgré qu'il eût toujours interprété des paroles ésotériques et mystérieuses. Car, volens nolens, la fantasy dont se revendiquait Dio ne renvoyait pas tant à celle de Moorcock que celle de Tolkien ou de Lord Dunsany : son univers était plus celui des elfes bardés de boule de cristal que des Mélnibonéens tourmentés. Il est d'ailleurs significatif que les albums les plus sombres de la période Dio, (Angry Machines et tutti quanti) n'aient pas vraiment convaincu. Tout cela participait de la création d'une image quelque peu intemporelle du chanteur auquel on attribuait souvent les surnoms de « lutin », « elfe » etc. À vrai dire Dio semblait aussi immortel que les histoires qu'il racontait et qu'il chantait avec une conviction de possédé sur scène. À travers sa mort, nous saisissons soudainement à quel point toute une génération de musiciens se dirige lentement vers la porte de sortie, et ce non de manière artificielle et violente, mais de la façon la plus naturelle qui soit. Espérons que cela ne scelle pas le décès du heavy metal pour autant. 

Revenons plus prosaïquement à Jorn Lande. « Prosaïquement » car ce disque de reprise de titres chantés par Dio semble arriver un peu trop à propos. Alors que Dio vient de rendre l'âme, Jorn Lande consacre un disque entier à reprendre ses chansons, qu'elles soient issues de l'époque de Rainbow, de celle de Black Sabbath ou de sa carrière solo. Seul apport original de Jorn : un long – et longuet – titre en ouverture du disque dédié à son idole, « Song For Ronnie James ». L'hommage n'est d'ailleurs pas si mal venu et l'idée de reprendre dans les paroles des extraits des titres des morceaux de Dio n'est en soi mauvaise ; malheureusement la chanson s'étend à n'en plus finir et elle ressemble trop à du Jorn Lande pour convaincre.

Des qualités réelles… d'interprétation uniquement

Passons aux reprises elles-mêmes. Les esprits chagrins – ou facétieux – constateront que certaines étaient déjà présentes sur d'autres disques du norvégien comme « Straight Through The Heart », issu de son récent live, ou « Kill The King », présent sur son album de covers, Unlocking The Past. Même si les versions sont elles-mêmes très bonnes, on ne peut dire que cela soit très frais… Quant aux morceaux interprétés pour l'occasion, ils sont tout à fait impeccables et connaissent parfois une nouvelle jeunesse comme un « Sacred Heart » devenu réellement puissant. La fidélité est de mise partout et malgré un son évidemment plus agressif et une production plus massive, les chansons ressemblent beaucoup aux originaux. Elles sont surtout l'occasion de redécouvrir des titres plus méconnus comme « Push » ou les deux extraits du sous-estimé Dream Evil. Et si Jorn a fait l'impasse sur quelques classiques archi-connus comme « Holy Diver », il a quand même fait la part belle au premier disque solo de Ronnie avec cinq titres sur les treize. 

Le plus gros défaut réside en fait ailleurs : le choix des titres ne donne un aperçu que déformé de la carrière de Dio puisque Rainbow n'est que survolé et Black Sabbath très minoré. Par ailleurs, il aurait pu être très intéressant d'entendre du Elf, notamment chanté par Jorn Lande. Toutes ces réserves m'empêchent de considérer ce disque comme l'hommage que l'on attendait envers l'une (la ?) des plus grandes voix du métal. Peut-être faudrait-il que Jorn se montre moins stakhanoviste et n'enquille pas les disques comme des plans quinquennaux. Sa musique y gagnerait assurément.

Baptiste (6/10)

 

Site officiel

Frontiers / 2010

Tracklist (66:20) : 01. Song For Ronnie James 02. Invisible 03. Shame On The Night 04. Push 05. Stand Up And Shout 06. Don't Talk To Strangers 07. Lord Of The Last Day 08. Night People 09. Sacred Heart 10. Sunset Superman 11. Lonely Is The World – Letters From Earth 12. Kill The King 13. Straight Through The Heart (live)

 

AOAA_-_The_Reign_Of_DarknessDébarquant de leur Angleterre natale après une démo “Welcome to Sludge City” en 2006 et le premier album studio « Before the Throne of Infection », Annotations of An Autopsy (aka AOAA) nous revient ici avec son deuxième album, « The Reign of Darkness » (et accessoirement premier album sous le label Nuclear Blast). Enfin, accessoirement, c’est un poil vite dit parce que toute sortie NB, The Reign of Darkness bénéficie d’une production soignée, certes parfois pas toujours très naturelle, mais la qualité est là. Débutant sur une intro lourde, lente et oppressante qui nous fait sentir que le danger est tout proche et qu’il va s’abattre sur nous, «The Reign of Darkness » est bien nommé.

En effet, tout baigne dans une atmosphère sombre, à mi-chemin entre l’abattoir désaffecté (mais pas désinfecté) et des cachots humides. Le tout bien étayé par un chant très varié, oscillant entre cris rageurs, growls terrifiants et paroles à la limite du chuchotement pour nous mettre encore plus mal à l’aise. Mais il n’y a pas que le chant et l’ambiance qui soient malsains, les guitares ne sont pas en reste avec ces riffs lourds, entêtants mais qui savent aussi se faire destructeurs pour nos cervicales. Côté batterie, le damné officiant derrière les fûts est un sacré métronome même si son jeu n’a pas grand-chose d’innovant. Malheureusement, aussi bon que soit cet album, il n’en reste pas moins qu’il ne propose pas grand-chose de vraiment innovant.

Surfant sur cette vague death avec des éléments hardcore, AOAA se vautre un peu, passant à côté de ce qui aurait pu être un grand album du death tant on sent la maitrise ainsi que la volonté et le potentiel d’en faire plus. Peut-être ont-ils voulu fédérer un plus grand nombre de personnes en passant par NB pour être plus connu avant de proposer un son plus « personnel ». Il ne démérite pas certes mais est trop anonyme encore pour être vraiment un grand album. Peut-être au prochain…

Supercastor (05.5/10)

myspace.com/annotationsofanautopsy

Nuclear Blast / 2010

Tracklist : 01. And So It Begins… 02. In Snakes I Bathe 03. Born Dead 04. Bone Crown [feat. Erik Rutan] 05. Emptiness 06. Catastrophic Hybridization 07. VII: The Horror, The Destruction… 08. Impale The Sun 09. Portrait Of Souls 10. Cryogenica 11. Into The Black Slumber