Archive for février, 2014

Synaesthesia – S/T

oshy_02022014_SynaesthesSYNAESTHESIA où la douce nostalgie pour un rock prog des années 70 qui faisait la part belle aux claviers et aux atmosphères libres et éthérées. Gage de qualité pour le vieil amateur comme moi, ce disque sort chez GEP, un label culte de rock prog qui a publié tous les albums des fabuleux IQ. Ce nouveau projet est principalement l’œuvre d’Adam Warne, un multi-instrumentiste très talentueux de vingt ans qui se lance enfin dans le grand bain. Ce premier disque a été créé sous l’aile protectrice de Michael Holmes, la guitariste d’IQ, qui s’est chargé de la production et a supervisé l’enregistrement aux Aubitt Studios. Tous les instruments sont joués par Warne à l’exception des guitares par Nikolas Jon et Ollie Hannifan.

Ce disque aura le grand plaisir de faire prendre un bain de jouvence aux amateurs de douceurs prog des décennies précédentes. Ces sons de claviers si typiques et ces mélodies finement ciselées font mouches. Mais Warne a su ne pas s’enfermer dans le passé et propose des passages plus modernes que ne renierait pas PORCUPINE TREE voir MUSE. L’album commence par un met de choix avec un « Time, Tension & Intervention » de plus de vingt-trois minutes. Malgré sa longueur cette chanson passe toute seule, avec élégance et naturel. Le timbre de voix très simple et doux de Warne fait des merveilles et se fond parfaitement à la musique proposée. L’amoureux des claviers comme moi prendra un plaisir fou à l’écoute de ces chansons. Le son est excellent, très soigné et il faut se pincer pour croire qu’il s’agit là d’un premier album. La maturité affiché est impressionnante pour un artiste de seulement vingt ans. Gageons qu’Holmes a su distillé de précieux conseils à son poulain.

Aucune fausse note ni baisse de régime n’est à noter sur ce disque enchanteur à tout point de vue. Pour le progueux comme moi, ce disque s’avère être une drogue dure et il est difficile de ne pas très rapidement y revenir. J’ai pris un pied fou avec des chansons courtes comme « Noumenon ». Encore une fois ce son de claviers me donne des frissons surtout s’il est servi à merveille par un très bon rock prog. Si vous aimez les classiques de cette scène que ce soit YES ou les ténors de la scène néo-prog comme IQ ou JADIS, vous ne pourrez d’adorer cet album. Rien de bien nouveau sous le soleil c’est sûr mais une juste un plaisir immense de replonger dans cet univers.

Warne a eu la riche idée de dépasser simplement le projet de projet studio et de se lancer sur les routes pour offrir une deuxième vie live à ces chansons. Il s’est donc entouré de musiciens talentueux pour progresser. Et les concerts données par SYNAESTHESIA en première parties d’IQ aux Pays-Bas récemment n’a pu faire que grandir la fanbase de ce groupe encore très largement méconnu. Progueux, progueuses, saluez SYNAESTHESIA !

Oshyrya (8,5/10)

 

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GEP / 2014

Tracklist (54:18 mn) 01. Time, Tension & Intervention 02. Sacrifice 03. Noumenon 04. Epiphany 05. Good Riddance 06. Technology Killed The Kids 07. Life's What You Make Of It

oshy_02022014_Lake_of_TDire que LAKE OF TEARS ne m’avait pas enchanté sur son dernier album (chronique ici) est un joyeux euphémisme. Je ne sais pas donc vraiment si je dois me réjouir de voir arriver chez AFM Records ce By the Black Sea, album live enregistré par les Suédois en 2013 à Bucarest en Roumanie. Les pionniers du dark rock/métal comme dit son label font bien pâle figure depuis quelques années déjà. Mais avec huit album sous le bras depuis sa création, LAKE OF TEARS possède de quoi proposer un beau spectacle à ses fans.

Heureusement pour nous, le dernier rejeton, Illwill, n’écrase pas la setlist de ses chansons médiocres et sans inspiration. Seuls trois titres sont ici présents, les Suédois piochant assez largement dans toute leur discographie. Même Greater Art, le premier disque publié en 1994 est représenté ici. LAKE OF TEARS déploient donc sur scène progressivement toute la palette de son talent et les différentes facettes de sa musique. Il faut bien dire que nos amis ont fait très sensiblement évoluer leur musique depuis les débuts, passant d’un méta gothique, presque doom des débuts vers des chansons plus psychédélique, progressive voir même death parfois. Daniel Brennare derrière le micro et à la guitare tient presque à lui tout seul la baraque bien épaulé cependant par Fredrik Jordanius, le dernier arrivé, à la six cordes également. Son chant est loin d’être subtil, grave et assez agressif sans les subtilités ni la finesse de certains de ses collègues. Les titres de cet album live s’enchainent dans temps mort mais sans grâce non plus. Les chansons du passé passent bien mieux que les titres les plus récents. Le LAKE OF TEARS de l’époque Black Brick Road crée encore quelques émotions, nous sommes alors pas très loin d’un KATATONIA, la touche magique en moins. « The Greymen » fait mouche comme « Crazyman ». Les claviers apportent une belle touche de profondeur et amène un peu de lumière dans cet océan de déprime.

LAKE OF TEARS ne risque pas vraiment d’enrôler de nouveau fan avec cet album live qui présente un groupe assez brut de décoffrage. Les regrets sont d’autant plus forts que les chansons les plus agréables appartiennent au passé des Suédois et que les titres récents sonnent creux. Les fans seront heureux d’avoir enfin un enregistrement live de leur groupe préféré. C’est déjà pas mal.

Oshyrya (5,5/10)

 

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AFM Records / 2014

Tracklist (74:03 mn) 01. Intro – To Die Is To Wake 02. Taste Of Hell 03. Illwill 04. The Greymen 05. Boogie Bubble 06. Cosmic Weed 07. As Daylight Yields 08. The Shadowshires 09. Raven Land 10. Sweetwater 11. Demon You / Lily Anne 12. House Of The Setting Sun 13. Making Evenings 14. Crazyman 15. So Fell Autumn Rain 16. Forever Autumn

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Audience : salle au 9/10ème blindée

Lights : gros moyens mis en œuvre pour DREAM THEATER, très efficaces

Son : très bon

Ambiance : très bonne

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Les fans parisiens de DREAM THEATER n’ont franchement pas de quoi se plaindre. Les américains viennent dans la capitale avec une régularité métronomique pour régaler les amateurs. Comme le disait James Labrie après les deux premières chansons, le groupe vient en France depuis 1992. Contrairement aux deux dernières tournée, pas de première partie ici mais une « An Evening with » qui annonce plus de trois heures de musiques. Le concert commence tôt, dès 19h30 et le Zénith n’atteindra son plein potentiel de spectateur qu’à la fin du premier acte.

Avant le début des hostilités, la scène est caché par un grand drap blanc qui autorise la diffusion de différents petits films. A 19h30 exactement le show débute sur la musique de « False Awakening Suite » intro du dernier album éponyme en date. Sur la bâche tendue devant la scène l’ensemble des pochettes des albums du groupe est évoquée à travers des petites animations et les réactions du public donne déjà une bonne idée albums des favoris du public. A l’applaudimètre, Metropolis, Part 2: Scenes From a Memory, Train of Thought, et Octavarium remportent les suffrages. Le Rideau tombe et DREAM THEATER entame son set avec un « The Enemy Inside » jouissif en live comme sur disque. Le groupe est bien en place, le kit de batterie de Mangini est conséquent comme d’habitude et cache presque complétement le batteur. A sa droite, l’inusable Jordan Rudess et son claviers orientable. Devant, le trio magique composé de James Labrie au micro, John Myung à la basse et John Petrucci à la guitare. « The Shattered Fortress » arrive ensuite pour notre plus grand plaisir. Les lignes de chant traditionnellement prise en charge par Mike Portnoy reviennent ici à John Petrucci qui assure sans difficulté.

Bien sûr le niveau technique est extraordinaire, à les voir cela semble facile alors que les prouesses musicales s’enchaînent. Le son est puissant et clair, un vrai plaisir. Le groupe joue devant un backdrop représentant un mur couvert de tag. Une partie de cette mise en scène accueil un écran où des images défilent régulièrement. Chaque musicien est également équipé autour de lui de petites caméras qui invite les spectateurs à admirer la maîtrise d’un Petrucci, Rudess ou Mangini. La réalisation en direct et l’enchainement des séquences est vraiment jouissive. Mention spéciale au petit dessin animé réalisé pour « Enigma Machine ». Cella colle parfaitement avec l’ambiance de cette chanson. Mangini propose pendant cette chanson un court solo de batterie. C’est intelligemment fait et assez court pour ne pas ennuyer tout le monde. James Labrie est très en voix et propose comme à son habitude, après ses problèmes de santé aujourd’hui derrière lui, une performance sans tâche.

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Le temps passe à vitesse grand V devant tant de maestria. Un « Trial of Tears » extrait de Falling into Infinity surprend agréablement au milieu des chansons de cette premier acte extrait majoritairement des trois derniers disques. Après 1h20, James Labrie annonce un petit entracte, parfait pour s’humecter le gosier. Après 15 minutes de pause, le deuxième acte prend son envol avec un beau cadeau pour les fans des débuts. L’album Awake est à l’honneur avec pas moins de cinq chansons jouées. Album difficile, il prend sur scène une autre ampleur. Quel plaisir de retrouver un « Space-Dye Vest » plus joué depuis des lustres ! Ce deuxième acte se termine par « Illumination Theory » titre fleuve de vingt-deux minutes du dernier album.

Déjà 2h30 de musique et voici que le deuxième acte se termine. Le public ravi en redemande et DREAM THEATER s’exécute avec des rappels qui vont mettre le feu au Zénith. Les américains ont l’excellente idée de proposer quatre extrait du remarquable Metropolis, Part 2: Scenes From a Memory. Le public adore et fait connaître son bon plaisir en applaudissant et hurlant à tout va.

 

Conclusion

Beaucoup, dont votre serviteur, trouve que les deux derniers disques avec Mike Mangini sont un chouia en dessous des albums précédents. Par contre sur scène, DREAM THEATER reste une machine de guerre qui éclabousse de toute sa classe et écrase joyeusement la concurrencé. Et vous connaissez beaucoup de groupes régale sont public avec plus de trois heures de concert ? La setlist est extrêmement intelligente et ils n’ont pas à ressortir encore et encore leurs vieux classiques (pas de « Pull Me Under » ici) pour satisfaire leur public. Du grand art !

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Setlist

Act I

False Awakening Suite

The Enemy Inside

The Shattered Fortress

On the Backs of Angels

The Looking Glass

Trial of Tears

Enigma Machine (With drum solo by Mike Mangini)

Along for the Ride

Breaking All Illusions

 

Act II

The Mirror

Lie

Lifting Shadows Off a Dream

Scarred

Space-Dye Vest

Illumination Theory

 

Encore:

Overture 1928

Strange Déjà Vu

The Dance of Eternity

Finally Free

Illumination Theory (Outro)

 

Tous nos remerciements à Roger Wessier & Caramba Productions.

Site internet ici

Chronique du dernier album