Archive for août, 2015

Wacken Open Air 2015

Wacken 2015 ! Plus d’eau ! Plus de froid et plus de boue ! L’édition 2015, je ne risque pas de l'oublier !

Les terres bénies du festoche ont souffert cette année, des jours et jours de pluie ont laissé la région en piteux état… c'était le chaos total. Dès le premier jour, l’organisation a dû prendre des mesures drastiques, comme demander aux Wackeners de ne pas venir le mardi et obliger les gens à dormir dans leurs voitures : le contraste avec l’année passée est énorme!

Certes, ce n’est pas vraiment rare d’avoir un temps de merde a Wacken, mais cette fois-ci, c'était vraiment grave.

Heureusement, côté musique, c’est bien mieux ! Plus de cent groupes sont là pour se donner à fond et moi, votre humble serviteur, je me suis dirigé vers la gadoue (sacrée, mais gadoue quand même) de Wacken.

Commençons donc avec le mecredi, un jour froid, humide et sombre mais avec quelques bonnes surprises côté musique. On n’ouvre pas encore avec les gros canons, mais on commence bien avec les Metal Battles. Apres deux groupes du battle, The Loudest Silence & Summoned Tide, l’orga a enchaîné sur les matches de catch (eh oui, y’a du catch au Wacken), et j’en ai profité pour bouffer et boire un peu.

Finalement, je me suis rendu de nouveau vers la W.E.T. stage pour Deadiron et Nik Kai. Le dernier devait jouer avec le dieu de la batterie, Mikkey Dee mais hélas… C’était sans Mikkey et avec le groupe de Nik Kai, qui, malgré son statut de jeune prodige de la guitare, était assez…. décevant. Apres Nik Kai, la sécu m’a informé que les photographes ne pouvaient plus accéder au pit photo à cause de la boue. Je suis rentré au camping, il faisait froid, je portais un sac de 20 kg… plutôt crevant !

Vers le soir, j’ai jeté un œil au concert d’Europe, et c’était énorme. Le concert était filmé pour en faire un DVD bonus pour le prochain album. Curieux de voir le résultat !

Le jeudi, c’est le premier jour ‘officiel’ et alors là, on a quelques gros noms sur l’affiche! Comme le mercredi, j’ai commencé par un groupe de Metal Battle, le fabuleusement théâtral Ethereal Sin, du Black Metal Japonais ! Je ne suis pas quelqu’un qui écoute beaucoup de black, mais j’ai bien apprécié l’enthousiasme du groupe. Ok, son anglais était presque incompréhensible, mais le reste était impeccable. Encore une fois, la sécu a limité l’accès au pit donc je me suis dirigé vers le Wackener Village pour me promener un peu en attendant U.D.O. et son orchestre.

Alors ça donne quoi, un U.D.O. avec orchestre ? Eh ben, c’est assez… spécial, le set ne consistait pas seulement de morceaux d’Accept et U.D.O., mais aussi d’autres choses bien moins connues, des trucs allemands. C’est un peu dommage, car les morceaux metal étaient costauds, tandis que le reste était lent et ennuyeux.

S’ennuyer ? Impossible avec le groupe suivant : les allemands d’In Extremo. Comme d’habitude, une vraie fête ! Mon premier concert avec eux remonte à 15 ans au Wacken, et je suis fan depuis.

La bombe du soir, par contre, fut le combo de Savatage et Trans-Siberian Orchestra, j’avaiq jamais vu Savatage en live et les voir au Wacken avec Jon Oliva, c’est comme un rêve devenu réalité. En plus, ils ont ouvert avec ‘Gutter Ballad’, ces notes inoubliable sur le piano, c’est de la chair de poule dès l’ouverture du show, c’est rare ! Apres un set assez court, TSO a pris la scène et comme d’habitude, ils ont livré un show solide, mais si tu penses que c’est fini, tu te trompes ! Apres un set court, ils ont commencé un show combiné sur les deux main stages (qui sont l’une à côté de l’autre) pour faire un set Savatage/TSO combiné, du jamais vu ! On a même eu droit à ‘Believe’ !

Apres des bières et une bonne huit, voilà déjà le vendredi qui se pointe et le travail d’un chroniqueur n’est jamais fini. Commençons donc avec un petit Angra pour se réveiller. Apres leur passage au Hellfest l’an passé, j’avais hâte de les revoir et comme au Hellfest, ils ont livré un bon set. Pareil pour les autres Brésiliens, Sepultura : Derrick Green est un véritable monstre sur scène !

Operation Mindcrime! Queensrÿche eux aussi sont présents à Wacken. Certes, c’est sans Geoff Tate, mais cela reste un groupe solide avec quelques excellents morceaux ! Todd La Torre est un chanteur excellent et il a su reprendre ces chansons sans problèmes. Je crains que Geoff ne reviendra jamais dans le groupe : quand ils montent sur scène, ils s’annoncent maintenant sous le nom de ‘The Real Queensrÿche’

Un autre qui vient de faire assez bien de concerts en Europe ces dernières années, c’est Jeff Waters avec Annihilator! Encore une fois, Jeff nous a donné un show acharné, avec plein de classiques et quelques nouveaux.

Zakk Wylde : plus besoin de le présenter, guitariste d’Ozzy Osbourne et le boss du Black Label Society, c’est toujours une fête quand il passe en tour ! Des morceaux qui nous frappent dans la gueule, des soli géniaux et même un piano sur scène. J’ai beaucoup apprécié.

On a vu pas mal de groupes Allemands annoncer leur départ pour finalement revenir quelques années plus tard. Cette fois, c’est au tour de Running Wild, qui avait joué son dernier concert au Wacken 2009 et qui revient maintenant. Fondés en 1976, ils sont les Pirates Metalleux d’origine ! Un show excellent avec plein de classiques!

Le temps file… déjà le samedi, je commence le jour avec un bon petit coup de Kataklysm pour me réveiller! Le soleil revient petit à petit, et je découvre Avatar sur la Headbangers Stage : excellent !

Une autre bonne surprise : Beyond The Black, un groupe de symphonic metal Allemand avec une chanteuse bien charmante! Parlant du Symphonic Metal, l’ensemble ‘Rock Meets Classic’ de Mat Sinner est là aussi et putain, quel show ! On retrouve à nouveau Jennifer Haben de Beyond The Black comme guest, avec entre autres Michael Kiske, Joe Lynn Turner et Dee F’cking Snider!

Sabaton eux aussi étaient présents à Wacken, et ils ont de nouveau mis le feu au Wacken. Ils sont très populaires en Allemagne et, comme d’habitude, le public a crié plusieurs fois ‘Noch Ein Beer’.

J’avais décidé de me passer de Judas Priest, ils ont fait un bon show au Hellfest et j’ai visité le Wet & Headbangers Stage pour me taper un peu de Obituary et Blood Red Throne !

Finalement, le Wacken, même en plein désordre et chaos, même sous la pluie et dans un pied de boue, ça reste une fête… et comme le dit leur slogan, Rain or Shine, Wacken 2016, je serais là !

Ami de l’extrême bonjour ! Oui cette chronique s’adresse à toi et rien qu’à toi puisque nous allons parler ici de Black Death Metal donc tous les autres peuvent passer leur chemin ! Comme je le disais il y a peu à propos de Abyssal et de son titanesque Antikatastaseis qui a bien traumatisé le petit monde du Metal Extrême surtout celui qui aura su se donner la peine de s’aventurer dans un territoire hostile mais au combien séduisant (cf : ma chronique de dernier album ici). Cet album va marquer à jamais et pour longtemps les esprits de cette scène et bien au delà !  J'en suis certain et prends les paris !  Il n’en demeure pas moins que l’année est encore loin d’être fini et que toute une scène s’active et œuvre dans les tréfonds du mouvement indépendant.

Dark Descent Records (facebook ici) fait partie des nombreux activistes de cette scène au même titre que Profound Lore Records dont je n’ai de cesse que de vous vanter les mérites. Bref aparté : nous n’avons pas fini de vous en parler de Dark Descent Records vu que le label va s’occuper du prochain Tyranny la cultissime formation de Funeral Doom Metal finnoise qui fait son grand retour et risque de faire couler beaucoup d’encre sous peu. Ce prolifique label américain nous propose une nouvelle production des canadiens de Adversarial en ce moi d’Août ! J’avais déjà mis ce groupe dans mes petits papiers l’année dernière quand j’ai fait la découverte de la discographie de leurs tarés de compatriotes Antediluvian avec qui ils avaient partagé un split album très réussi Initiated in Impiety as Mysteries (2012). Vous pouvez écouter cet acte de terrorisme Black Death Metal via Bandcamp ici.

 
En activité depuis 2007 Death, Endless Nothing and the Black Knife of Nihilism est le second album de Adversarial. Au menu des réjouissances : toujours ce Black Death Metal dévastateur qui emprunte beaucoup de tournures guitaristiques au Death Metal des grands chefs de Immolation (je pense notamment à un album comme Failures For Gods) auquel on ajoute en filigrane du chaos et de la technique barrée et dissonante à la manière d’un Ulcerate ou d’un Portal et quelques ligne de leads guitares atmosphériques à la mode Black Metal, le tout étant joué sur des  rythmiques endiablées et ultra speed rappelant méchamment ce que pouvait faire des groupes brésiliens à la fins des 90s comme Krisiun, Abhorrence ou Rebaelliun voire plus récemment les chiliens de Inferis (le groupe de Death pas de Power Heavy hein).


Le son  de l’album a un cachet très raw mais chose surprenante il reste net et clair ! Cela  nous permet de constater que ce power trio sous ses apparences de grosses brutes sont en réalité de sacrés musiciens. Le mastering de Damian Herring est très bon en ce sens  et a bien mis en valeur tous les instruments et notamment les parties de batterie qui sont vraiment hallucinantes !  L’artwork quant à lui est correct et dans l’esprit du genre.

 
Quel panard que d'être malmené sur « Dissenting the Waking Shell », « Eonik Spiritual Warfare » ou le très Blackisant « Lone Wresting Hymns to the Warmoon of Chaos ». Des morceaux qui vous pètent à  la tronche et pareils à des rafales de kalachnikov mais qui savent vous hypnotiser bien sournoisement ! Vous voyez le genre ? ! Le groupe a aussi eu la bonne idée d’intercaler entre ses engins de destruction massive des plages Ambient ce qui lui permet d’aérer un peu le tout car la charge est brutalement intense. Adversarial  par moments baisse de régime et ralenti le tempo ce qui le fait un peu ressembler à Abyssal comme sur  « Old Ruins Slumber in a Crushing Hatred of Man »  ainsi que « Immersion Void Paragon» et sa plage « Intro ». Des compositions vraiment bonnes en la matière avec leurs relâchements quasi Doom Death Metal  et des errances mélodiques / atmosphériques fatales.


Bien plus passionnant, brutal et méchant que le dernier Krisiun. Une vraie bonne surprise que cet album et ce du premier au dernier morceau ! J’ai pris un pied monstre et une bonne claque ! Bref un chouette exercice de style qui ravira les plus bourrins d’entre vous ! Personnellement j’ai adoré ce skeud mais serez-vous seulement de taille à encaisser la charge ? 


FalculA 8/10 


Facebook officiel
Bandcamp Officiel (quelques morceaux sont en streaming)


Dark Descent Records / 2015 (le  21 août) 
Tracklist (37:23) : 01. Dissenting the Waking Shell 02. Intro 03. Immersion Void Paragon 04. Eonik Spiritual Warfare 05. Interlude 06. Cursed Blades Cast Upon the Slavescum of Christ 07. Old Ruins Slumber in a Crushing Hatred of Man 08. Lone Wresting Hymns to the Warmoon of Chaos 09. Death, Endless Nothing and the Black Knife of Nihilism.

https://www.youtube.com/watch?v=tmnfZPjw5j8

Fear Factory – Genexus

Fear-Factory_GenexusFear Factory c'est d'abord un son, unique et reconnaissable entre tous. Une marque de fabrique que peu de groupes possèdent à un tel niveau. Et on sait avant même de se lancer dans l'écoute du neuvième album studio du groupe de metal industriel à quoi s'attendre. Quand on associe Rhys Fulber et Andy Sneap on sait aussi qu'on aura un son en béton à l'arrivée. Et ça se confirme dès le titre qui ouvre l'album. Le percutant" Autonomous Combat System "  qui résume à lui seul les forces et faibleses de l'album et du groupe.

On retrouve un Fear Factory mordant qui délivre quelques claques bien senties, dans une veine somme toute classique et sans grande surprise. Si l'on est fan absolu du groupe (jusqu'à avaler sans rechigner la pilure amère du faux pas de Transgression), cet album est jouissif. On se retrouve en terrain connu, au fond le groupe ne prend pas de risques inutiles et revisite les albums qui ont fait sa renommé.

Si l'on apprécie le groupe plus que de raison, à l'image d'un fan d'AC / DC ou Slayer, cela ne devrait poser aucun inconvénient majeur. Pour d'autres cette absence de nouveauté sera sans doute aussi agaçante et lassante que pour les autres groupes, dans ce cas contentez vous de Demanufacture et Digimortal et Osbolete et passez vous de cet effort. De mon point de vue, Fear Factory ayant une recette unique en son genre ça ne me dérange pas le moins du monde. Pour en revenir à cet opus, Fear factory pioche habilement dans le meilleur de sa discographie. Un " Protomech " pourrait être sorti de Demanufacture ou Obsolete, au délà de la filiation évidente, il faut reconnaitre au titre une force de frappe redoutable.

Le groupe se cantonne sans doute à une recette dont les principaux ingrédients ne changent pas, mais au moins il évite l'autoparodie. On a, au détour des morceaux, quelques changements subtils, le batteur Mike Heller ne se contente pas de matraquage synthétisé à l'extrème, certains morceaux dévoilent une batterie au son organique qui s'insère bien dans la machinerie, notamment sur "Dielectric". La section rythmique se fait encore plus lourde et écrasante sur le très accrocheur " Soul Hacker", qui détonne avec une tentative de solo qui ne devrait pas rester dans les annales. Fear Factory pioche aussi du côté de Digimortal, avec le très abordable " Church Of Execution ". Alors que nombre d'albums s'essouflent au fil des compos, faute de jus, Fear factory délivre ses compos les plus lumineuses en fin de parcours. Le contraste se ressent à partir de  "Regenerate ", suivi d''un énergique " Battle For Utopia", agrémenté de vocalises et de claviers aux tons plus légers que le pilonnage du début de l'album. La conclusion en forme de ballade industrielle, devrait sans doute soulever des haut le coeur aux réfractaires amateurs de brutalité sans merci, pourtant l'atmosphère qui se dégage du titre ne fait pas tâche dans le paysage. C'est une sortie en douceur pour un album qui peut figurer en bonne place dans la discographie du groupe. Genexus illustre bien le regain de forme et d'inspiration de Fear Factory qui passe bien le quart de siècle. 

Hamster (08/10)

www.facebook.com/fearfactory

www.fearfactorymusic.com

Nuclear Blast Records / 2015

Tracklist (47:55)

1. Autonomous Combat System 2. Anodized 3. Dielectric 4. Soul Hacker 5. Protomech 6. Genexus 7. Church of Execution 8. Regenerate 9. Battle for Utopia 10. Expiration Date