Archive for janvier, 2016

Raptor King – Dinocracy (EP)

oshy_09012016_Rapto_KinTous les goûts sont dans la nature mais RAPTOR KING semble tout faire pour ne pas mettre l’auditeur dans de bonnes dispositions. La pochette de cet EP dessert franchement le groupe et donne envie d’assez rapidement reposer le cd chez le disquaire. Nous vous encourageons cependant à ne pas céder à cette tentation et à donner sa chance au trio de Boulogne-Billancourt. La suite vous appartient mais il serait dommage de ne pas écouter ces chansons à cause de ce visuel.

Surprenant de lire qu’ils se qualifient eux-mêmes de groupe de sludge. Ce sont eux les spécialistes mais les cinq titres rapides et rentre-dedans présentés ici semblent difficilement rentrer dans cette catégorie. RAPTOR KING distille un heavy métal bourrin gavé de testostérone et enrichi de touches multiples entre punk, hardcore ou thrash. La musique reste assez accessible mais le power trio se démarque des autres par ses options au niveau du chant. Un chant clair, puissant et grave, est utilisé en alternance avec une voix beaucoup plus extrême, tantôt « growlée » tantôt hurlée et criarde. Cela peut avoir un certain charme mais le résultat laisse ici particulièrement dubitatif. RAPTOR KING se transforme en joli rouleau compresseur mais les titres s’enchaînent sans grâce ni charme. « Da Fuck Where I Just Lend » ouvre l’EP et laisse apparaître quelques jolies promesses avant que la suite ne se gâte. Au moins le trio semble faire preuve d’un bel humour et vit à fond son concept dinosaure.

Dinocracy reste bourrin du début à la fin et ne parvient pas à complètement convaincre. Quelques riffs pourront susciter un peu d’intérêt ici ou là mais sur la longueur, ces quelques éléments restent bien maigrelets. L’envie d’y retourner peine à émerger après chaque écoute. RAPTOR KING a raté sa cible.

Oshyrya (05/10)

 

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Dooweet Agency / 2015

Tracklist (21:14 mn) 01. Da Fuck Where I Just Lend 02. The Campaign 03. Jugular 04. Acolytes 05. In Your Face

 

Je vous ai fait plusieurs fois part de mon admiration en faisant l’éloge du travail d’un artiste originaire des Pays-Bas  Mr. Maurice de Jong alias Mories dans mes papiers et plus particulièrement lors de la chronique du dernier album de Gnaw Their Tongues ici. Si vous avez bien suivi, je vous expliquais l’existence de cet autre projet Cloak Of Altering qu’avait ce grand stakhanoviste ! Sa précédente réalisation Plague Beasts qui est en écoute ici de Cloak Of Altering m’avait particulièrement marqué lors de sa sorti dans le courant de l’année 2014. En effet cet alliage hybride de Black Metal Atmosphérique ou Ambient voire Symphonique, de Metal Industriel et de Musique électronique comme le Breakcore m’avait complètement enivré ! Dans la mouvance de formations tels que Gorgonea Prima, Wormlust, Darkspace ou nos français de Alien Deviant Circus, le style pratiqué par Cloak Of Altering est toujours progressif par moment Ambient aux atmosphères aériennes mais à d’autres instant il peut se montré très chaotique et dissonant voire proche de la cacophonie ! Un Cocktail parfait pour vous fumer le cerveau et emporter ce qu’il en reste aux confins de la galaxie ! 

Manifestation est le cinquième effort studio de ce projet entamé en 2006 sous le nom de Ophiuchus (dont l’unique album est en écoute ici) puis en 2011 sous le nom de Cloak Of Altering. Ce dernier album est sorti au mois de décembre 2015 via le label américain Crucial Blast (Facebook ici et site là) au format cd digipack. Comme à son habitude Mories s’est occupé de tout de la prise de son aux travaux post enregistrements et comme d’habitude le résultat est à la fois déroutant mais génial ! Je vais être franc avec vous d’emblée ! Il va m’être difficile de vous dresser un portrait détaillé chanson par chanson tant les compositions sont extrêmement riche et ont un spectre musical dense. De fait je vous recommande une écoute au casque vous pourrez ainsi mesurer toute cette richesse et les développements plus ou moins tordus mais toujours enivrants que Cloak Of Altering propose !

Il est clair que les personnes sensibles aux formations que j’ai citées plus haut ou à l’univers de Gnaw Their Tongues vont adorer ! Il se peut même que certains adeptes de musique Industriel, Electro barrée, ou Ambient accrochent sévèrement au propos de Claok Of Altering ! Un collègue me disait même que cette musique lui faisait penser à une version noise et cybernétique des vielles production de Pink Floyd comme sur leur album Meddle, bien évidemment il y a un fossé générationnel entre les deux et le vecteur Black Metal est très important mais ce n’est pas une idée non avenue ou idiote ! Pour ma part j’ai aussi souvent pensé à Coil, la formation de Musique Industriel / Dark Ambient, à de nombreux passages de Manifestation. Ces éléments auraient percuté du Black Metal et d’autres trucs acides, barrés et bien heavy.  

Pour moi sans conteste un album marquant de l’année 2015 ! Je l’ai positionné en troisième place de mon top album 2015 ! C’est un voyage envoutant et très mouvementé qui peut vous emmener très loin. C’est une suite logique de Plague Beasts, album qui fut très bien accueilli en son temps.  J’ai choisi depuis bien longtemps mon camp et il est du côté de ce musicien hollandais étrange mais hyper doué : ce satané Mories a encore frappé un grand coup ! Chapeau l’artiste !

FalculA (10/10)

 
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Bandcamp Officiel où Manifestation est en full streaming 


Crucial Blast / 2015 
Tracklist (47:09) : 01 Manifestation 02 3.00348696261066 03 Stretching Infini05 Hidden Celestial Deity ty 04 Cave Systems Of The Outer Moons 06 Black Hole Cloaks 07 Parasitic Altering Sickness.

Fleshgod Apocalypse – King

Ne nous mentons pas : avec Labyrinth, Fleshgod Apocalypse s’était pris les pieds dans son beau tapis rococo et s’était étalé la face contre un sol en marbre bien traître. Victime du syndrome de la grenouille face au bœuf, le groupe transalpin nous avait affiché ses limites. Du moins, c’est ce que je pensais. Parce que King, son successeur, vient nous prouver qu’il est possible, moyennant une production et un mix de qualité, de proposer un album à la fois touffu et écoutable.

King reprend ce qui avait fait la réussite d’Agony et la chute de Labyrinth : un Death Metal brutal et racé sur lequel viennent se greffer une myriade d’éléments symphoniques. À ce niveau, King est très typé « Fleshgod Apocalypse » : l’enchaînement « Marche Royale » – « In Aeternum » (et surtout cette transition entre l’intro et le morceau d’ouverture) nous renvoient plusieurs années en arrière et rappellent l’entrée en matière d’Agony, en plus ambitieux, en plus clinquant.

Et pourtant, Fleshgod Apocalypse a aussi sensiblement changé, particulièrement au niveau de la section rythmique. Quelle évolution ! Quel bon en avant ! Là où le batteur donnait la part belle au blast continu sur les albums précédents, il a su ici varier son jeu, ajoutant de la finesse, de la variation (sans pour autant oublier de faire parler la poudre ici et là), et c’est peut-être cela qui rend cet album plus digeste que son prédécesseur. En supprimant ces rafales de blast dignes d’un décollage d’hélicoptère et en rééquilibrant le mix, Fleshgod Apocalypse a su trouver le juste équilibre. Même « The Fool » et son intro en mille-feuilles (clavecin, blast, riff tronçonneuse, violons et cuivres) arrive à ne pas tomber dans la surenchère et la bouillie sonore. Au contraire, sur ce morceau et sur « And The Vulture Beholds » (pour ne citer qu’eux), Fleshgod Apocalypse a pris une dimension monstrueuse, épique même.

Fleshgod Apocalypse a su brouiller les pistes tout en nous amenant sur un terrain connu. À toute vitesse ou frôlant le mid-tempo (l’écrasante entrée en matière de « Gravity »), tantôt classique et tantôt audacieux (l’intermède « Paramour (Die Leidenschaft Bringt Leiden) »), les Italiens effacent leur ardoise et reviennent en force avec un album sans la moindre faute de goût (à moins que vous ne soyez pas fans du chant clair du bassiste, un point de vue qui se comprend et se défend).

Mister Brute Force (9/10)

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Nuclear Blast Records / 2016
Tracklist (57:25) 1. Marche Royale 2. In Aeternum 3. Healing Through War 4. The Fool 5. Cold as Perfection 6. Mitra 7. Paramour (Die Leidenschaft Bringt Leiden) 8. And the Vulture Beholds     9. Gravity 10. A Million Deaths 11. Syphilis 12. King