Archive for août, 2016

Long Distance Calling – TRIPS

oshy_01082016_Lon_Distanc_CalliLONG DISTANCE CALLING reste un groupe assez étonnant à la première écoute, nous sommes assez loin des canons du rock progressif même si tous les éléments sont bien présents. Le quartet allemand ne cessera de surprendre ceux qui les découvrent, comme votre serviteur, grâce à cet album. Notre camarade Nico nous avait mis la puce à l’oreille en 2013 en multipliant les louanges sur leur disque précédent, The Flood Inside (chronique ici), publié en 2013. Cette éclectisme et cette fraîcheur fait plaisir à attendre et reste l’un des points forts du groupe en 2016 avec ce cinquième opus, TRIPS.

Le disque s’ouvre sur un « The Gateway » un peu old school qui évoque un THE ALAN PARSONS PROJECT des meilleures années. Et puis le groupe prend alors une autre orientation à partir de « Reconnect » puis « Rewind » des titres plus classiques avec le chant omniprésent de Petter Carlsen, chanteur norvégien invité pour tenir le micro. Exit Martin Fischer (ex-FEAR MY THOUGHTS) qui officiait en 2013. Nous sommes ici plus proches d’un groupe de rock/métal progressif moderne à la KARNIVOOL ou JOLLY. « Trauma » enfonce le clou avec quatre minutes d’un métal progressif instrumental racé et accrocheur. Les allemands alternent alors titres rapides et chansons plus douces et posées. Ces respirations sont plutôt bienvenues et démontrent tout le savoir-faire des teutons. Ils parviennent à mêler avec grâce puissance et énergie, subtilité et douceur. Ce disque nous invite effectivement à faire un voyage, les paysages se font et se défont, les sentiments émergent et disparaissent. TRIPS se termine avec une longue composition instrumentale de plus de douze minutes, « Flux ». LONG DISTANCE CALLING nous invite alors à une promenade intérieure, une introspection sur notre passé et notre avenir espéré, entre touches vintages et psychédéliques. Réussir à tenir l’auditeur sur un si long instrumental était un sacré pari relevé haut la main par le groupe.

Qu’il est difficile de synthétiser TRIPS tant cet album s’avère riche et touffu. Que vous soyez fan de rock progressif des années 80 ou de la vague plus contemporaine, vous trouverez bien du plaisir à l’écoute de ce disque réussi de la première à la dernière note. LONG DISTANCE CALLING ouvre un champ des possibles et laisse l’auditeur s’y engouffrer. Ce voyage sera passionnant.

Oshyrya (8,5/10)

 

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InsideOut Music / 2016

Tracklist (48:53 mn) 01. Getaway 02. Reconnect 03. Rewind 04. Trauma 05. Lines 06. Presence 07. Momentum 08. Plans 09. Flux

oshy_01082016_Proje_AlcazPROJECT ALCAZAR symbolise la volonté d’un homme, le guitariste américain Chris Steberl, de se faire un nom et d’exprimer sa liberté artistique et sa créativité. Dans le genre virtuose de la guitare, il a suivi le cursus habituel, commençant à un très jeune âge et poursuivant depuis une route longue et semée d’embûche jusqu’au sommet. Après avoir fait partie de multiples groupes, il monte un groupe instrumental du nom d’ALCAZAR. Plusieurs EPs sont publiés ainsi qu’un album, Reasons for a Decade, en 2001 chez Lion Music. La suite passera par une longue collaboration avec un groupe local, THE DIVIDE, avant que la fibre instrumentale ne le reprenne et qu’il s’attaque, après une pause de dix ans, au deuxième chapitre de son PROJECT ALCAZAR, Chasin’ Voodoo toujours chez Lion Music.

Yngwie Malmsteen, Jason Becker et Richie Kotzen font partie de ses guitaristes de référence et cela s’entend. Et il s’agit là déjà d’une belle victoire pour Sterberl qui n’a pas à rougir de sa maîtrise technique face à ces virtuoses. Il « shred » avec naturel et aisance ce qui montre la travail qu’il a su accomplir toutes ces années. Un disque instrumental comme Chasin’ Voodoo n’est pas facile d’accès, il s’agit d’un exercice très particulier qui n’intéresse finalement qu’un public assez réduit. Mais cela, Sterberl n’en a cure et il se fait plaisir avant tout à travers ces dix nouvelles compositions. Sur la forme, rien à redire, il a su s’entourer d’une équipe solide autour de lui pour donner vie à ces chansons. Doug Bryant tient la batterie et Matt Cistone assure les lignes de basse. Pour le reste, Sterberl se charge de toutes les parties de guitares bien sûr et de claviers. L’éclectisme et la variété semblent avoir été le mot d’ordre au moment de composer cet album. Bien sûr, on tombe forcément un peu dans la démonstration technique, cela fait partie du jeu, mais les titres s’avèrent plaisant dans l’ensemble, variés au niveau des atmosphères ou des rythmes. Pas de longueurs excessives, on ne dépasse pas les six minutes, et chacune de ces chansons pourraient avoir une autre vie avec l’adjonction d’une ligne vocale. Signalons la présence d’une reprise de « White Room » de CREAM, un single issu de l'album Wheels of Fire de Cream sorti en 1968.

Chasin’ Voodoo reprend les choses exactement où Reasons for a Decade les avaient laissées. On retrouve cette même patte, ce savoir-faire indéniable pour exprimer une large palette d’expressions et de sentiments à travers la guitare. Chris Steberl impressionne par sa virtuosité et ses qualités de compositeurs. Espérons que ce nouvel opus lui mette à nouveau le pied à l’étrier et l’emmène vers de nouvelles aventures.

Oshyrya (07/10)

 

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Lion Music / 2016

Tracklist (48:10 mn) 01. Rio Da Duvida 02. Chasin’ Voodoo 03. Crackerjack Style 04. Stranger Ave 05. Cher Chez Moi 06. At Any Rate 07. City of Shadows 08. Wait Up 09. Saliv8 10. White Room