Dimmu Borgir – Grand Serpent Rising
Posted by Mister PatateMai 27
Il fut un temps où Dimmu Borgir était un gros poisson dans l’aquarium du Black Metawl. De 1997 à 2004, le groupe aligne 4 albums, un EP, un petit live et un DVD chez Nuclear Blast, une participation à l’Ozzfest, une grande frite, un milkshake banane et tutti quanti. La bande à Shagrath pèse dans le game, la maison Donzdorf est contente, les fans aussi, tout va bien dans le meilleur des mondes. Six ans plus tard, l’édifice présente les premières fissures, Abrahadabra vient briser la tradition des noms d’albums en trois mots (et le petit cœur de toute une cohorte de fans) et le groupe entame une longue « traversée du désert » ponctuée d’une sortie en 2018 (Eonian, pour celles et ceux qui n’ont pas suivi l’actu du groupe) et du départ de Galder en 2024 (ce dernier ayant décidé de relancer Old Man’s Child).
En 2026, donc, Dimmu Borgir, c’est plutôt Shagrath & Silenoz + friends. Mais quand le duo annonce un nouvel album avec une flopée de guests (des membres passés ou actuels d’Entombed, The Crown, The Kovenant, Chrome Division, Vader, Vesania, etc.), le retour du titre en trois mots et une allusion phallique à peine voilée, mon rythme cardiaque s’emballe. Et si, par une magie inexplicable, Dimmu était parvenu à mettre à profit cette longue pause pour revenir à son niveau d’antan ?
Disons qu’il y a du mieux, mais le patient Dimmu est encore convalescent.
Commençons par les reproches.
Grand Serpent Rising est long. Très long. Trop long. 69 minutes et 18 secondes d’après Metal-Archives. Même Death Cult Armageddon n’était pas si long (et quand bien même, on le lui aurait pardonné parce que Death Cult Armageddon, lui, est homogène). Pour le coup, nos compères auraient pu 1. raccourcir certains morceaux pour les rendre percutants ou 2. écrémer la setlist pour concentrer l’énergie de l’album. Ok, après 8 ans d’absence, on a beaucoup de choses à se dire, Shagrath, mais pour citer un influenceur : abrège, frère. Prenons l’intro, « Tridentium » : presque 4 minutes de build-up, pas un frisson et ces quelques petites secondes de silence avant « Ascent », la vraie entrée en matière. Vous direz que je chipote, mais quand on fait le parallèle avec l’enchaînement « Fear and Wonder » (moins de 3 minutes, montre en main) – « Blessings Upon the Throne of Tyranny » sur Puritanical Euphoric Misanthropia, la différence saute aux oreilles ! Ça, c’était du gauche-droite intro-premier morceau ! Mais ça, c’était il y a 25 ans. Et il y a 25 ans, bah, même moi j’étais encore fringant.
Grand Serpent Rising est lent. Enfin, non, je reformule. Il y a 25 ans, Dimmu Borgir, quand Nick Barker se mettait à blaster, ÇA POUSSAIT. Ici, même quand le compteur grimpe dans les tours, le groupe semble adopter un train de sénateur. Mais là aussi, peut-être que le temps à fait son œuvre. Ajoutons à cela la cruelle absence d’ICS Vortex (oui, je sais, son départ remonte à 2009, mais certaines blessures se referment moins vite que d’autres) et vous avez les principaux défauts de ce nouvel opus. Comme je le disais il y a huit ans : « Les Norvégiens ont perdu de leur mordant et mettent désormais en avant le côté épico-théâtral de leur musique. » (1)
Et pourtant, dans l’ensemble, je trouve un côté sympa à ce Grand Serpent Rising. Cet album est un instantané de la musique des Norvégiens en 2026 et je mentirais si je disais que je me suis fait chier tout au long de l’album. Si on parvient à faire cette petite gymnastique cérébrale consistant à accepter le fait qu’un groupe évolue et que, non, il ne sortira pas un Enthrone Darkness Triumphant 2.0, la pilule passe tout de suite mieux. Comme son prédécesseur, Grand Serpent Rising a suffisamment de qualités pour faire passer un bon moment, quitte peut-être à skipper, selon vos envies, certaines pistes que vous jugerez plus faiblardes. (2)
Nuclear Blast Records / 2026
Tracklist (69:18) 1. Tridentium 2. Ascent 3. As Seen in the Unseen 4. The Qryptfarer 5. Ulvgjeld & blodsodel 6. Repository of Divine Transmutation 7. Slik minnes en alkymist 8. Phantom of the Nemesis 9. The Exonerated 10. Recognizant 11. At the Precipice of Convergence 12. Shadows of a Thousand Perceptions 13. Gjǫll
(1) J’avais également dit : « Remplacez Shagrath par une chanteuse lambda et vous avez un groupe de Pouffe Metal (et c’est peut-être justement la présence de Shagrath qui me rend si indulgent avec le groupe) », mais je m’égare.
(2) Ce qui, à mes yeux, est une hérésie, un album étant logiquement un tout indissociable.



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