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Fergie Frederiksen aura traversé les difficultés récemment. L'ex chanteur de Toto, Trillion et Leroux a dû lutter contre un cancer du foie extrêmement grave, qu'on a cru au premier abord inopérable. L'histoire a toutefois une issue heureuse puisque Frederiksen a miraculeusement survécu, combattant le crabe en enregistrant ce qui aurait pu être son dernier album solo. La musique semble bel et bien avoir joué un rôle thérapeutique puisque c'est à travers l'enre-gistrement de ce fort bien nommé Happiness Is The Road, que l'artiste a su trouver la motivation pour continuer et lutter.

Au final, Frederiksen est toujours parmi nous, nous proposant par ailleurs un album solo de très belle facture et une qualité d'ensemble que l'on n'imaginait pas de prime abord. Cette fois, ce n'est pas Tommy Denander qui a soutenu Frederiksen comme leur de leur album en commun mais le multi-tâches Dennis Ward, qu'on ne présentera pas aux habitués des productions Frontiers, à la guitare, aux claviers et à la production. Cela garantit dans tous les cas une qualité d'interprétation et de production sans faille ; ici elle est encore une fois patente.  

Mais le plumage ne suffit pas à faire un bon disque et il faut examiner le ramage. Celui-ci est au diapason. Les compositions œuvrent dans une AOR très classieuse, rappelant évidemment Toto, sans que l'influence du fameux Isolation ne soit pour autant écrasante. On remarquera d'ailleurs qu'avec l'âge Frederiksen pousse nettement moins dans les aigus – ce qui est était perceptible déjà sur Baptism In Fire – ce qui sied bien à une musique élégante et plus apaisée que jadis. Beaucoup préféreront je pense ce nouveau registre, et ce d'autant plus que son chant reste excellent. Cela nous donne lieu à un bon lot de refrains très réussis (« Elaine », « Happiness Is The Road » etc.).

Étant donné le contexte de son enregistrement, ce Happiness Is The Road est assurément une bonne surprise. Et un plaisir auditif bien réel.

 Baptiste (7,5/10)

Site Officiel

 

Frontiers / 2011

Tracklist (54:11) : 01. Angel (Mirror To Your Soul) 02. Elaine 03. First To Cry 04. Follow Your Heart 05. Happiness Is The Road 06. I Still Believe In Love 07. Lyin’ Eyes 08. Love Waits For No One 09. Writing On The Wall 10. The Future Ain’t What It Used To Be 11. The One 12. The Saviour

Ten – Stormwarning

Ten et son leader Gary Hughes laissaient les amateurs du combo de hard mélodique britannique sur une mauvaise impression d'essoufflement, notamment à la suite de quelques disques médiocres. Le départ de Vinnie Burn à la guitare au profit de remplaçants bien plus fades n'augurait rien de bon et l'on peut ainsi comprendre que Gary Hughes se fût tourner vers une carrière solo pourtant peu mirifique. 

Pour ce nouveau disque, le groupe a cherché clairement à rectifier le tir et s'est appliqué : la production qui était devenue un point faible du groupe a été attribuée au renommé Dennis Ward et Gary Hughes a cherché clairement à placer haut la barre pour ses compositions. On constatera les gros efforts qui ont été fait sur ce dernier plan : seule une chanson descend sous la barre des cinq minutes, les autres adoptant plutôt un format long, entre 6 et 7 sept minutes. Les parties musicales sont nombreuses, les entremêlements de guitares et de claviers bien agencés et les refrains très soignés. Cela fait au final un très bon lot d'excellentes compositions qu'il faudrait être bien mesquin pour critiquer en bloc. Grosso modo, l'on se trouve, au niveau de l'inspiration, dans le sillage de Spellbound (album qui profitait lui aussi d'une pochette effecuée par Luis Royo) ou X, ce qui est plutôt flatteur. 

Les plus étroits d'esprit trouveront tout ceci très daté, et il est vrai que la production de Dennis Ward – certes supérieure à ce que Ten nous avait habitué – ne modernise pas vraiment une musique à contrecourant des modes. Gary Hughes n'a jamais cherché à s'adapter au contexte musical des années actuelles et – à mon sens – cette obstination l'honore. Si un défaut peut bien être déniché c'est au niveau de la voix de Gary Hughes qui, bien qu'agréable et harmonieuse avec la musique proposée, manque toujours de puissance et de variation. L'homme compense par un gros travail au niveau des mélodies vocales et des chœurs (« Center Of My Universe », le somptueux « Book Of Secrets » ou « Love Song »). Dans tous les cas, sa voix fait partie intégrante de la musique de Ten et il faut l'admettre telle quelle. Et puis l'on sait que l'homme se moque des persiflages pour tracer sa propre route. Si c'est pour réaliser des disques à la manière de ce Stormwarning, qu'il continue.

Baptiste (8/10)

 

Frontiers / 2011

Tracklist (59:20) : 01. Endless Symphony 02. Centre Of My Universe 03. Kingdom Come 04. Book Of Secrets 05. Stormwarning 06. Invisible 07. Love Song 08. The Hourglass And The Landslide 09. Destiny 10. The Wave 11. The Darkness

Une gifle et quelques larmes… ce sera sans doute l'effet provoqué par ce Homegrown – Alive in Lugano pour les nombreux fans du groupe suisse. À une autre époque, on aurait écrit « le groupe de Steve Lee » mais depuis ce maudit accident sur une autoroute américaine, Gotthard est orphelin de son chanteur. Orphelin tout court même, tant Steve Lee incarnait parfaitement l'esprit du groupe en un mélange de talent, de classe, d'honnêteté et de profonde chaleur humaine. Personnellement j'ai toujours le plus grand mal à accepter son décès et je n'arrive pas encore à concevoir ce que sera le groupe sans lui, puisque les quatre autres musiciens ont décidé de continuer malgré tout et de chercher un remplaçant à une des plus belles voix contemporaines du hard rock.

Mais avant de se tourner vers l'avenir, Gotthard a tenu à publier un des derniers enregistrements du groupe, enregistrement effectué dans ses terres de Lugano pour la tournée du très bon Need To Believe. Même si la parution du disque était envisagée du vivant de Steve, sa sortie posthume prend la forme d'un très bel hommage au chanteur disparu.

Un hommage somptueux

Voici pour les larmes. Quant à la gifle, il suffira d'écouter les premiers mesures du surpuissant « Unspoken Words » pour en prendre une bonne. Faisons vite : ce live à Lugano est colossal et, bien que d'une durée plus courte que le déjà bon DVD/CD Made In Switzerland, s'avère encore supérieur. Malgré des conditions difficiles et un manque de sommeil patent, le groupe affiche une forme phénoménale. ll est vrai que le public entièrement dévoué à Gotthard ici, soutient le groupe de toute son âme.

Mais franchement entendre la version de « Hush », le sublimé « Need To Believe » ou le nouveau classique « Lift U Up », convaincra même le plus réticent de la classe incontestable d'un groupe totalement maître de son propos. Quant à Steve Lee (dont on imagine comment mal il aurait pu overduber ses parties), son chant est somptueux notamment sur la power ballade « Unconditionnal Faith » ou sur le duo « purplesque » avec son vieux complice Leo Leoni.  

Un live encore supérieur au précédent

On avait dit plus tôt que ce live est sans doute supérieur à Made In Switzerland du fait de la fougue affichée. La différence de setlist est une des autres raisons qui le rendra tout à fait recommandable. En effet, les « classiques » sont peu présents (« Hush », « Sister Moon » et… malheureusement le trop rabaché « Heaven ») et l'essentiel est concentré sur les trois derniers albums du groupe. Il y a donc ici une grosse place réservée à Need To Believe, mais aussi deux titres du très bon Domino Effect et les deux hits de Lipservice (« Lift U Up » et « Anytime Anywhere »).

Voilà encore une occasion de constater la haute tenue de ces trois disques qui ne jurent en rien à côté de G., Dial Hard voire le plus mélodique Human Zoo. On regrettera toutefois la mise de côté du très puissant « Firedance » issu du formidable premier album, pour des raisons de place. À la place nous avons le dernier morceau de Steve Lee, « The Train », envisagé pour un D-Frosted n° 2. On comprend le besoin de cette ultime révérence mais la qualité du titre ne le rendait pas indispensable. 

C'est bien la seule ombre au tableau. Elle ne m'empêchera pas de considérer ce Homegrown comme parfait. Steve Lee méritait un testament à la mesure de son talent. Le voici.

Baptiste (10/10)

 

Nuclear Blast / 2011

Tracklist : 1. Intro 02. Unspoken Words 03. Gone too Far 04. Top Of The World 05. Need To Believe 06. Hush 07. Unconditional Faith 08. Acoustic Medley 2010 (Sweet Little R' R' / Angel / One Life One Soul) 09. Shangri La 10. I Don't Mind 11.  Heaven 12. Oscar Goes To…13. Lift U Up 14. Leo vs Steve 15. Sister Moon 16. Anytime Anywhere 17. Train (Unreleased studio track)